Les échos de Valclair

Scènes de vie, pensées, rêveries, promenades et voyages, l'intime se dessine à travers le quotidien, livres lus, films vus, réflexions sur la littérature et l'écriture...

27 février 2006

Sans couette (bis)

Que ne ferais-je pour compléter la collection de Dame Traou !

Voici donc quelquechose d'un peu plus conforme à l'âge requis par la "consigne".  Mais guère en ce qui concerne  la chevelure! De ce point de vue, à tout prendre, l'autre valait mieux...

J’ai été déjeuner avec mon père hier. J’en ai profité pour aller mettre le nez dans les albums photos familiaux. Un joli voyage que nous avons fait ensemble avec plaisir et nostalgie et puis j’ai embarqué quelques clichés non sans promettre de les ramener sans faute après les avoir scannés.

Mais lequel choisir ? Ce sont de petites photos en général de format presque carré. Il y a peu de portraits en fait, ce sont plutôt des scènes de groupe, vu d’assez loin avec des personnages minuscules. Et puis il y a des photos d’un peu plus grande taille, faites par des professionnels dans des occasions commerciales, celle-ci à côté d’un Saint Nicolas, ce devait être lors d’une visite chez mes tantes de Belgique, celle là entre les pattes d’un ours blanc débonnaire ce devait être lors d’un séjour à la montagne. Il y a des photos d’école aussi, avec des photos de classe mais j’en ai peu datant de l’école primaire. Certaines années j’ai plutôt des portraits faits à l’école comme celui-ci.

Encore une fois je n’ai pas la date et ne saurait mettre un âge exactement. Mon père non plus. Ma mère elle aurait su peut-être. Allez disons à neuf-dix ans mais sous toutes réserves, en tout cas pas mal de St Epimaque d’Egypte avant la photo en poils et cheveux que j’ai mise l’autre jour.

J’ai un vague souvenir du moment. Ou je crois en avoir le souvenir. Il me semble que c’est le photographe qui avait apporté ce nœud papillon que l’on voit ici, ce devait être la première fois que je mettais une chose pareille, chacun le mettait à son tour le temps de la photo, c’était étrange, ce drôle de truc à élastique qui serrait un peu le cou…

Il y a ce côté petit garçon sage, cet air un peu figé qu’a dû m’imposer le photographe, un regard ouvert quand même, mes oreilles légèrement décollées que ne masquaient pas encore une abondante chevelure. Il y a le porte plume, ce n’était pas encore le temps de la généralisation du stylo bille, il y a le livre de classe ouvert avec sa page imagée et puis le panneau derrière, je crois me souvenir d’une série sur les saisons, là c’est l’été qui est représenté…

C’est sympa de prendre le temps de regarder une photo de près en cherchant à traquer tout ce qu’elle contient d’ambiance, cela fait madeleine finalement, des tas de choses remontent qu’on croyaient oubliées.

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26 février 2006

Mon écot pour Garfieldd

D’abord quand j’ai vu cette chaîne de soutien financier à Garfieldd, le proviseur sanctionné pour blogging intempestif, je me suis dit : non, je ne vais pas donner, parce que tout de même il y a des misères bien plus graves à soutenir de par le monde ou au pied de nos immeubles. Une absence de salaire de quelques mois pour un proviseur ça oblige sûrement à jongler un peu mais ce n’est pas tomber dans une dèche irréversible, ce n’est pas la mort.

Et puis finalement j’y suis allé tout de même de mon petit écot symbolique.

Pour redire mon sentiment que la sanction qui le frappe (suspension jusqu’à la prochaine rentrée avec retrait de salaire) reste totalement disproportionnée au regard des faits reprochés même si naturellement c’est moins pire que la révocation que le ministère avait d’abord décidé…

Pour marquer une solidarité à Garfieldd qui ne soit pas que de mots. Nos amis les analystes nous le disent assez, ça ne compte vraiment qu’à partir du moment où on y va de nos sous.

Pour dire à Garfieldd qu’on ne l’oublie pas, lui et tout ce que sa grave mésaventure symbolise, notre mobilisation n’était pas qu’un feu de paille.

Pour manifester tout simplement ma sympathie, tiens c’est comme si je lui offrais un disque ou un bouquin à Garfieldd, c’est un petit présent, le mot dit bien ce qu’il veut dire.

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25 février 2006

Claustrophobie

Il se trouve que j’étais aujourd'hui en milieu d’après-midi dans le quartier des Halles. Je me suis dit, je vais en profiter pour aller au cinéma et faire quelques achats à la Fnac. Je fréquente peu ce genre d’endroit surtout le samedi après-midi, je comprends aisément pourquoi !

La foule est compacte, trop compacte. Les queues devant l’UGC s’entremêlent et saturent l’espace, je ne me sens nulle envie finalement de poireauter dans cet étouffoir pour aller au cinéma, tant pis pour « L’Ivresse du pouvoir », ce sera pour un autre jour. Si j’aime tant les salles du MK2 bibliothèque c’est aussi parce qu’elles donnent sur des espaces ouverts, que la plongée dans l’espace clos et noir de la salle, ce moment où l’on s’abstrait, où l’on rentre dans le cocon, n’est qu’une parenthèse qu’environnent les ciels.

Pour rejoindre la Fnac, il me faut traverser le vaste espace souterrain que bordent les boutiques du lieu, temples de tous les achats, où se pressent les foules, toutes sortes de foules, celles d’ici et celles que le RER fait débarquer du fond des banlieues, celles qui peuvent consommer, celles qui en rêvent seulement ou qui viennent y réanimer leurs compréhensibles frustrations.

A la Fnac même étouffoir naturellement, la circulation entre les rayons n’est pas fluide, il fait une chaleur étouffante, comment me sentirais-je à l’aise pour farfouiller à la recherche des deux trois titres que j’avais en tête ou pour trouver l’oiseau livre inconnu qui m’aurait fait de l’œil.

Je n’y traîne pas longtemps, je me sens trop oppressé, je sors de là les mains vides mais sans regret. Ouf, dehors un air vif et même un timide rayon de soleil qui cherche à percer le couvert de nuages. Beaucoup de monde encore dans la rue mais là ce n’est pas du tout pareil, il y a l’espace au-dessus de moi, tous ces gens qui passent peuvent devenir un spectacle, la variété de la rue peut devenir un plaisir, ces gamins sous leurs casquettes et leurs capuches, cette tribu de gothiques dans leurs grands manteaux noirs, avec leurs visages émaciés, leurs piercings et leurs breloques cuirs et métal, ces filles sapées qui traînent leurs sacs aux armes des boutiques où elles ont fait leurs achats, ces touristes en goguette, et puis les autres, tous les autres, tous ces mondes qui se croisent et que traverse un Valclair vaguement ahuri mais qui respire… Je marche jusqu’à la Seine, je passe un moment encore à regarder couler le fleuve, puis je prends le bus qui me ramène dans mon petit coin de Paris presque provincial, le bus les voies d’en dessus naturellement, pas le métro et les voies d’en dessous…

Place Saint Michel je croise encore un autre monde ! Devant la fontaine s’agite une bande de crapauds et de grenouilles, brandissant des pancartes « sauvez les tout-petits », réclamant l’abolition de la loi Veil et chantant des cantiques autour d’un curé en soutane à gueule de para. Manquaient plus que ceux-là, tiens !

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23 février 2006

La part de l'intime

La part d’intime que l’on peut donner de soi est une interrogation récurrente chez les blogueurs, en liaison avec la question de l’anonymat. Chacun trouve son compromis, plaçant le curseur là où il juge bon qu’il soit. Et non sans le déplacer parfois, évoluant, modifiant la part respective à donner à l’intime et à ce qui l’est moins.

Certains évoluent par petites touches, par glissements, comme c’est mon cas. D’autres envisagent des changements plus radicaux et assumés comme tels. C’est ce qu’a fait Coumarine par exemple tout récemment qui parle carrément d’un changement de cap.

J’essaie pour ma part de préserver autant que possible une part d’intime assez importante. J’ai évolué, je l’ai assez dit, et notamment lorsque je suis passé à la démarche plus relationnelle du blogging, lorsque j’ai accepté de rentrer (avec modération) dans le jeu des commentaires. J’écris mon journal sur word et je laisse de côté certaines entrées que je ne mets pas en ligne, mais assez peu finalement,. Et j’ai tenu tout de même à faire figurer ce mot « intime » sur le petit résumé figurant en haut de ma page. Je l’ai fait à travers cette formule que j’aime bien « l’intime se dessine à travers le quotidien ». C’est pour dire que je ne vois pas mon expression dans un processus systématique et totalitaire de mise à nu. Je la vois plutôt comme une sorte de dévoilement progressif. Je sens qu’une figure se construit peu à peu au travers des réflexions d’apparence « extimes » sur ce que je lis, sur ce que je vois, à travers des remarques, des pensées, des sentiments, des relations évoquées, avec des mots qui sont vrais quoique pas forcément très explicites notamment dans ce qui touche ces deux derniers points. C’est une figure floue qui se construit, nimbée d’une ombre qui atténue la précision des traits, mais une figure vraie et qui exprime le profond de moi.

Ce n’est pas facile bien sûr et pas sans contradictions. Le curseur va et vient autour d’un impossible point d’équilibre, on se dit, là peut-être je dis un peu trop, là au contraire je suis trop frileux pour me faire bien comprendre, mais je reste dans cette tension, je préfère cela à la tentation de deux blogs séparés, l’un qui serait public et extime et l’autre qui serait privé et intime.

Il ne s’agit pas de tout dire. On ne se met pas tout nu en présence des autres comme commentait justement Alain chez Coumarine. Mais c’est bien de se déshabiller un peu tout de même, d’oser se mettre en jeu au regard des autres. Je suis convaincu que c’est ainsi, bien plus que dans des ressassements d’écritures solitaires, que l’on se met en jeu au regard de soi,

Et puis oser se dévoiler c’est une forme de don de soi et c’est parce qu’on donne qu’on recevra.

Amis blogueurs, ne délaissez pas trop la part de l’intime !

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21 février 2006

Sans couette

Ça oui, sans couette, mais sérieusement en barbe et cheveux le Valclair  !

Je m’amuse à suivre le fil lancé je ne sais d’où et suivi par de charmantes demoiselles, Mesdames Traou, Tita, Samandti, Vroumette, entre autres pour celles que je lis et par quelques jeunes messieurs. Traou vient de relancer la machine en offrant la galerie complète ici

J’ai cherché des photos d’enfance d’abord pour être dans le ton. Curieusement je n’en ai pas. Je n’en ai pas ici disons. Il y en a des quantités naturellement chez mon père, dans notre maison du sud-ouest aussi, je me souviens d’avoir feuilleté ces albums avec mon grand-père, nous les commentions mutuellement, il adorait cela tout à la fin de sa vie et c’étaient de beaux moments de partage. Mais ici pas la plus petite photo de l’enfant Valclair. Il faudra que j’en pique, tiens, dans les albums familiaux…

Alors j’ai cherché plus récent. Plus récent mais qui remonte quand même à plus ancien que la plupart des photos de nos jolies amies vu mon âge canonique. J’ai trouvé des photos d’adolescence ou d’adolescence prolongée, dans ce milieu ou cette fin des années 70, sur celle-ci j’ai une vingtaine d’années et quelques poussières, je n’en connais pas la date exacte…

Je me dis : est-ce que je casse un peu plus mon anonymat ? Pourrait-on me reconnaître ? Y a-t-il des gens d’aujourd'hui qui pourraient faire le lien ? Ou des gens de cette époque passant par ici par hasard ? Franchement je ne crois pas, je me trouve tellement différent. Et puis même cela serait-il... Je prends le risque. Moi-même il me semble que je ne me reconnais pas. Le regard pourtant, ça ne change pas un regard. Mais c’est curieux car je ne me retrouve même pas tant que ça dans le regard, dans cette expression un peu surprise, un peu interrogative. Je scrute. J’essaie de descendre jusque dans ce regard là, oui, c’est moi évidemment mais il me faut m’en convaincre.

La chevelure et la barbe ! Impressionnante ! Que voulait-elle dire ? Bien sûr c’était une certaine mode, c’était la volonté d’être conforme à un certain non conformisme très cohérent avec l’époque. Mais peut-être aussi de façon plus intime et inconsciente, une façon de se cacher, de s’enfouir…

Voilà je donne ça, c’est un jeu. Mais le faisant j’ai le sentiment aussi de donner un peu plus de moi, après mes mots, cette image, oui, c’est plus sérieux qu’il n’y paraît, si je m’enfouissais alors, je crois qu’aujourd'hui, de plus en plus, je me publie…

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Val, dans sa vingtaine, né à la Saint Epimaque d'Egypte (pas mal ce saint quand même, tiens Epimaque, pour un des mes gars, j'aurais du y penser!)

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20 février 2006

Mes films de la semaine

Donc je l’écris mon grain de sel « critique » sur mes films de la semaine dernière. Á la va vite, sans vraiment creuser comme j’aime parfois le faire, juste pour laisser trace pour moi et aussi pour dire des impressions qui parfois justement ne collent pas avec la critique dominante.

« Lord of war » par exemple, très encensé, franchement je n’ai pas aimé. Bien sûr c’est correct du point de vue des idées, ça dénonce ce qu’il faut dénoncer mais ça ne suffit pas. Les personnages m’ont paru faux, sans nuances, des caricatures sans épaisseur. Le bien et le mal s’opposent de façon emblématique et tellement lourde, éventuellement au sein d’un même personnage. Comment croire une seconde à ce trafiquant isolé et solitaire, sans réseaux et sans équipe qui va lui même négocier dans la gueule du loup, comment croire à cet espèce de flic désincarné incarnation de la morale ? Le film n’aide pas à comprendre la réalité du fonctionnement de ces immondes trafics et perd du coup beaucoup de sa force de dénonciation. On dira que le film ne se veut pas réaliste, qu’il s’agit de montrer des archétypes, certains critiques y vont même de la « distanciation brechtienne » et tutti quanti. Bof, je n’ai vu qu’une grosse machine américaine, tournée certes avec l’efficacité habituelle mais dans laquelle je ne suis pas rentré vraiment et au total, malgré les rebondissements et la rapidité de l’action, je me suis ennuyé.

Tout l’inverse pour « Le petit lieutenant », à la sortie plus discrète. Je pensais voir simplement un bon polar d’ambiance. C’est bien plus que cela. Il y a certes la description pour le coup vraiment réaliste, sans complaisance mais sans manichéisme non plus de la police judiciaire mais il y a aussi une histoire tragique et des personnages magnifiques, auxquels on croit profondément et vers lesquels peut aller notre émotion.

J’ai bien aimé « Le secret de Brokeback Mountain », qui montre, la difficulté, il faudrait plutôt dire l’impossibilité de vivre son homosexualité dans l’Amérique de ce temps là (mais c’était pareil ailleurs et ça le reste dans tant d’endroits) et dresse en arrière fond un juste portrait de cette Amérique profonde. Il y a la beauté des paysages qui n’est pas qu’un décor. Ce si bel espace de montagne et de nature est le lieu de communion et de liberté pour les personnages, seul cadre dans lequel peut s’épanouir leur amour. Enfin ce film est aussi tout simplement une belle histoire d’amour au long cours, magnifiquement interprétée.

J’ai quelques réserves sur « The ballad of Jack and Rose », j’ai bien aimé dans l’ensemble, le thème m’intéressait, c’est sensible, bien fait, bien interprété, les images sont parfois très belles mais… C’est curieux je n’arrive pas trop à voir d’où proviennent mes réserves, quelquechose ne passe pas très bien, peut-être à certains moments le personnage de Jack tout simplement, ses relations à sa fille, dans l’ensemble ça colle et puis il y a des moments où ça accroche, où j’ai l’impression que le film en fait un peu trop mais sans pouvoir citer de scènes ou de faits en particulier.

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19 février 2006

Retour aux écoles

Toutes les nuits en ce moment je me réveille vers quatre heures. Je me sens alors tout vif l’esprit délié. Je bouquine dans mon lit ou descends dans la chambre d’ami avec le portable pour écrire un peu. Vers six heures, six heures et demi le sommeil me reprend, je monte me recoucher, me rendors sans peine jusque vers neuf heures. Tout ça va bien tant que je suis en vacances mais ce rythme fera moins mon affaire à partir de demain où il faudra que je me lève précisément au moment où revient le sommeil.

Cette seconde phase de sommeil est précieuse, je me réveille reposé après elle alors que si j’enchaîne après mon insomnie j’ai tout au long de la journée le sentiment d’un manque. Cette période de la nuit est celle aussi souvent où je rêve, celle plutôt où j’ai le sentiment de passer assez facilement et avec une certaine délectation d’un côté ou de l’autre du miroir.

Je suis au lycée. Je suis grand, je suis adulte, c’est moi aujourd'hui mais je suis avec mes petits camarades de classe, qui ont eux tout à fait l’âge idoine, l’âge de Bilbo, mais cette différence ne pose aucun problème, ne se remarque même pas. Mon problème c’est qu’on est février et que je m’aperçois que j’ai oublié d’aller à tous les cours d’histoire et de géo depuis le début de l’année scolaire, que je ne connais même pas la prof. Je suis avec mes camarades de classe, une jolie brunette notamment qui a l’air de m’avoir à la bonne, on discute de comment je vais faire pour réintégrer le cours, jamais je ne serais accepté, le lycée on n’y va pas à la carte, moi de toute façon je n’ai pas séché, j’adore l’histoire-géo, j’ai juste « oublié ». On se demande comment cette absence a pu passer inaperçue. La jolie brunette s’inquiète particulièrement pour moi, elle me dit que jamais elle n’oserait, elle, se présenter devant la prof dans une telle situation, moi je me sens plutôt à l’aise, très assuré (moi qui pourtant manque si souvent d’assurance dans ma vie réelle), je lui dis que ça se passera très bien, que j’ai le niveau de toute façon, que j’ai accumulé pas mal de culture au cours des années, qu’il ne faut pas s’inquiéter pour moi, elle me regarde avec des yeux enamourés…

Je m’éveille. Je suis encore dans le rêve. Je me sens très bien, cette demoiselle est bien jolie, je suis ravi d’aller découvrir ce cours, ma réintégration va bien se passer j’en suis sûr. J’ai fait des études de fac en histoire-géo de toute façon, donc… Donc il se pourrait bien que je ne sois plus élève au lycée… Ben oui, ça fait une paye que je ne suis plus au lycée, et je m’éveille tout à fait alors et réintègre mon moi d’aujourd'hui et dans tout cela il y a un parfum délicieux de nostalgie.

Ce n’est pas la première fois que je fais ce genre de rêve où je me crois redevenu lycéen ou étudiant. Comme si je recherchais les bonheurs que, l’un dans l’autre, mes années d’école m’ont apporté. J’ai aimé mes écoles. J’y ai toujours été à l’aise ou du moins c’est le souvenir dominant que j’en ai. J’étais bon élève, bien calibré, bien scolaire. J’ai aimé le rapport avec mes enseignants, ce qu’ils m’ont apporté, dans les disciplines littéraires surtout, en sciences c’était autre chose, j’étais moins performant et moins motivé. Avec mes pairs, à partir de l’adolescence du moins, à partir du moment où a commencé à se poser la question « des filles » c’était plus compliqué, mon assurance avec mes profs étant l’image inversée de ma maladresse et de mes blocages avec les demoiselles. Je rêvais de boums où il se passerait quelquechose, mais il ne s’y passait jamais rien, j’y traînais ma gêne et des désirs inaboutis, alors tant qu’à faire je préférais encore les cours rassurants et la lecture des livres.

Ah jolies jeunes filles d’antan, je reviendrais si volontiers vers vous! Remontent vers moi des chansons de Maxime Le Forestier tellement entendues ces années là :

« Ce soir à la brume
Nous irons ma brune
Cueillir des serments
Cette fleur sauvage
Qui fait des ravages
Dans les coeurs d’enfants… »

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18 février 2006

Google or not Google

Il y a pas mal de diaristes qui ont une méfiance plus qu’affirmée à l’égard de Google soit par peur de l’intrusion soit parce qu’ils pensent que Google ne leur amène que de mauvais lecteurs ou en tout cas des lecteurs pour de mauvaises raisons.

Et chacun alors de sortir le florilège des requêtes qui on mené jusqu’à eux, de façon mi amusée mi agacée. Il faut dire qu’il y a quelquechose d’assez drôle à les parcourir, certaines étant particulièrement baroques ou salaces ou les deux. En absence d’utilisation des guillemets certaines associations de mots utilisés n’ont strictement aucun rapport avec le fond de la page pointée. La confrontation entre ces mots et le page en question est parfois savoureuse, par la collision qu’elle provoque entre des univers totalement différents et peut conduire à de sympathiques compagnonnages. Cela dit il est vrai qu’il faut se méfier en les reprenant, les accusations contre Garfieldd se sont appuyées notamment sur le fait qu’il aimait à citer les plus chaudes des associations de mots ayant conduit chez lui, ce sont ces mots qui n’étaient pas de lui qui ont été utilisés pour présenter son blog comme pornographique.

Je n’en ai pas tellement des requêtes de ce type. Peut-être que je suis un peu trop prude dans les termes que j’emploie pour avoir droit à des requêtes très croustillantes! J’ai bien quelques considérations autour des fellations dont je vois tout à fait l’origine. Et puis j’ai une « Hélène Grimaud nue » qui revient assez souvent. Certes la dame est jolie mais je ne l’ai jamais évoquée ni montrée dans son plus simple appareil !

Mais au-delà de ces amusements j’ai plaisir à voir que la plupart des gens qui arrivent par Google le font à partir de noms propres, d’écrivains ou de cinéastes ou de titres de livres ou de films. Je ne suis pas mécontent d’apparaître dans les premières pages dans la liste les réponses de Google sur des sujets comme ça. Ces gens qui passent, même s’ils ne restent pas, même s’ils ne reviennent pas, lisent ma chronique, je me dis qu’elle leur plait peut-être, qu’elle leur apporte un éclairage en tout cas, les idées ou les sentiments qui m’ont traversé et que j’ai tenté de mettre en mots sont donc reçus en partage, quelquepart, chez des inconnus, au-delà des petites bandes qui nous lisons mutuellement et ça, ça me plait bien. Je ne m’amuse pas à les compter mais à l’impression, les noms qui reviennent le plus, ce serait Nina Bouraoui puis Ron Mueck, la Mélancolie beaucoup sortie ces derniers temps, Armel Job/Helena Vanneck assez souvent aussi. Il y a eu une pointe importante aussi autour des « caricatures » et de « Charlie Hebdo », c’est vrai le sujet fait vendre, il fait marcher le commerce des vendeurs de papier et d’un même mouvement anime la fréquentation de nos petits coins de toile, c’est vrai et c’est peut-être dommage mais ce n’est pas une raison pour changer d’un iota ma position là dessus. J’ai aussi pas mal de monde sur l’expression « amitié amoureuse » et ça par contre ça me plait bien, parce que mes deux entrées sur ce thème je les aime bien, je trouve qu’elles expriment de façon très exacte ce que je pense (ce qui n’est pas toujours le cas, parfois on a du mal à trouver exactement les mots qui collent à sa propre pensée).

Et puis j’ai reçu un jour un mail d’un prof marocain vivant en Belgique qui me donnait le site du village de l’Atlas dont il est originaire, avec les projets culturels, les projets de développement en cours là-bas, c’est un village que j’avais traversé au cours d’une randonnée l’hiver dernier et que j’avais cité dans ma relation de voyage, j’ai été content de recevoir ce lien des mois après, c’était comme prolonger le voyage, c’était très indirectement approfondir la rencontre avec ce lieu (c’est vrai que ce jour là on n’avait vu âme qui vive en le traversant, la plupart des maisons sont des résidences d’été de gens qui travaillent au loin, dans les grandes villes marocaines ou en Europe et en plus il pleuvait comme vache ! On avait juste rencontré un cantonnier esseulé qui travaillait sur le route, il nous avait indiqué une maison vide accessible avec des terrasses couvertes où on avait pu se réfugier pour manger notre pique-nique, qui sait peut-être était-ce la maison du prof de Belgique…). Et ça, ce genre de petite surprise agréable auquel on ne s’attend pas c’est bien parce que Google ou un équivalent est passé chez nous qu’elles peuvent advenir.

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17 février 2006

Silence sur les silences

Je viens écrire dans l’insomnie du matin. Je voulais commencer à chroniquer mes cinémas de la semaine. Et puis ça ne vient pas. J’ai beaucoup été au cinéma ces jours-ci, trop peut-être. Enfin pas trop en soi. Trop par ce que cette consommation (c’en une ça aussi qui peut être boulimique) révèle d’absence d’autre projet pendant cette semaine. On a fait mille choses à la maison, de ces choses pas très affriolantes dont on se dit qu’il faut les faire (rangements, classements, courses diverses, petits bricolages) mais qui finalement ne sont pas si indispensables que ça quand on y réfléchit, on a entrelardé ça d’une expo, d’une rando et de pas mal de cinémas, moi j’ai un peu écrit mais moins que ce j’aurais voulu. On n’a pas été capable de bâtir un projet pour partir quelques jours en vacances alors que nous en avions la possibilité et que nous en aurions eu besoin l’un et l’autre. Et tout ça révèle au fond beaucoup sur les silences de notre couple.

J’aurais envie de parler du silence des couples. Envie de commenter et de rebondir à partir de choses lues et de commentaires notamment chez l’ami Idéaliste. Mais j’ai de la gêne à le faire. Me voici devant ce paradoxe bien connu du blog public/intime. J’y suis de plus en plus souvent confronté parce que les interactions entre mon blog et la vie réelle sont de plus en plus nombreuses, parce que mon anonymat s’effrite et que je le laisse s’effriter. Ce dont je voudrais vraiment parler je répugne à le faire parce que je ne veux pas que ce soit « trop » public.

Entrée hors ligne alors ? En l’occurrence ça ne me satisferait pas plus car ce dont j’ai envie c’est bien de parler à d’autres là dessus, de rebondir sur leurs pensées et qu’ils rebondissent sur les miennes. Je me rends compte que même pour l’intime et peut-être encore plus pour l’intime l’apport de communication du blogging m’importe plus désormais que de me raconter et de m’analyser une fois de plus pour moi-même dans mon petit cocon loin des regards.

Avoir un blog à part, un autre blog plus intime, un blog sous clé qui ne serait ouvert qu’à un petit nombre ? Je sais que certains ont recours à ce genre de solution. Je n’en ai pas envie quant à moi, je préfère tenter de parler de tout au même endroit, d’avoir un lieu qui soit celui de l’unité de ma personne. Et tant pis si je dois gérer les contradictions de l’expression au jour le jour. Il me faut accepter qu’il y ait des moments où il soit difficile de trouver ses marques. Comme aujourd'hui. Ce n’est pas grave. Je m’abstiens et m’impose un peu de silence. Tiens un peu de silence ici… Serait-ce pour tenter de parler ailleurs, là où il faudrait vraiment le faire ?

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14 février 2006

Forêt

Á défaut de partir quelques jours en vacances comme j’aurais eu envie de le faire on a au moins été prendre un grand bol d’air aujourd'hui.

Forêt de Fontainebleau autour de Samois, bords de Seine, quatre bonnes heures de marche bien intenses. Temps plus doux, un peu de soleil le matin donnant quelques couleurs aux sous bois et aux maisons en meulière du village, chape plus grise l’après-midi, mais, pointant dans les tapis de feuilles laissés depuis l’automne, oui, les fragiles cloches blanches de quelques perce-neige…

Chaque fois que je sors ainsi je me dis que décidément j’ai de plus en plus envie de vivre au quotidien plus près de la nature. J’aime Paris, je le dis assez, mais la nature, la forêt en particulier c’est un autre besoin. Je me sens tout de suite régénéré à marcher ainsi ne serait-ce que quelques heures au milieu des arbres, une marche ou une promenade à vélo dans Paris ne me fait pas le même effet.

Je regarde avec envie ces maisons mitoyennes de la forêt, lieux frontières entre deux mondes, maisons aux limites des villages, la cour, un jardin d’un côté allant jusqu’à la rue, et de l’autre côté le terrain plus forestier, le petit portillon qui ouvre sur la forêt elle-même, on bascule sans solution de continuité du monde des hommes à celui des arbres et des bêtes, vers un monde qui attire et qui fait peur, un monde non borné où règnent des dangers auxquels à la fois on rêve et on tremble de se confronter, vieux souvenirs de contes de l’enfance qui remontent, Pierre et le Loup aussi, il me semble que Pierre poussait le portillon vers la forêt malgré les mises en garde de son grand-père et que c’était le début de son aventure…

Oups, me voici loin de ma simple et banale promenade d’aujourd'hui mais c’est venu comme ça, c’est ce qui remonte et c’est la source peut-être de l’attirance puissante que la forêt a pour moi…

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Posté par Valclair à 19:46 - Promenades et voyages - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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