29 avril 2006
La fiction ou le journal
J’ai écrit hier soir ma
petite nouvelle érotique, m’étant laissé délicieusement entraîner dans le
sillage du petit jeu libidino-littéraire initié par Ségolène. Je viens de la
poster.
J’ai comparé mon plaisir
d’écriture entre l’autre jour où j’ai laborieusement repris mes notes de voyage
et hier où j’ai joué de l’imaginaire et de mots de fiction. Il n’y a pas photo.
C’est évident que mon plaisir est plus grand dans la fiction. Toute la fiction
naturellement, pas seulement l’érotique qui a certes ses charmes particuliers
mais aussi ses lourdeurs et ses redondances.
J’ai écrit ce texte un peu
jeudi soir, je l’ai terminé hier. Mais je n’ai pas eu envie de le poster tout
de suite. J’ai fait un tirage papier. Je l’ai relu ce matin, je l’ai peaufiné,
j’ai enlevé quelques mots, changé quelques tournures, presque rien. J’aime bien
ce moment là aussi presque à l’égal de celui où l’histoire se met en place. Le
temps parfois laborieux de la rédaction est passé, on sait qu’on est arrivé au
bout, l’objet est là, juste on se donne encore ce petit plaisir de justement
faire durer le plaisir.
Longtemps je n’ai pas écrit
de fiction tout bêtement parce que je ne m’y sentais pas autorisé, je ne m’en
sentais pas le talent, parce que je n’avais pas de lecteurs aussi et qu’il ne
me semblait même pas concevable d’en avoir. Peut-être aurais-je dû chercher à
travailler (oui, travailler, car ça ne vient pas de soi, ça ne vient pas dans
l’évidence) cet aspect de mes goûts plus tôt, tenter d’en faire quelquechose,
peut-être mais je ne réécrirai pas l’histoire.
Mais maintenant j’ai le
sentiment que le journal parfois s’interpose, qu’il occupe des moments que je
pourrais utiliser avec plus de plaisir en m’évadant dans la fiction, qu’il
m’empêche de prendre le temps de me lancer. Parfois il y a cette quasi
obligation morale que je me donne de rédiger telle page suite à tel livre lu, à
tel film vu, à tel moment passé que je veux engranger. Ne pas s’obliger. J’ai
écrit cela souvent. Mais j’ai parfois du mal à ne pas m’obliger.
Je vais sûrement essayer
d’écrire un peu plus de fiction quitte à ce que ce soit au détriment du
journal.
Enfin je dis ça, je ne sais
pas en fait, la pulsion du journal est très forte aussi, on verra…
Et puis au fait cette petite
fiction, des fois qu’on veuille la lire, voilà, c’est ici.
26 avril 2006
Voyage tunisien
Voilà j’ai achevé la mise en
forme et la retranscription de mes notes prises au jour le jour. Je vais
choisir quelques photos pour compléter et hop, en ligne…
C’est
vrai que je me suis un
peu forcé à faire ça ce soir, chaque jour qui passe et ça refroidit et
l’envie
s’atténue. L’envie ce soir peut-être que ç'aurait été plus d'aller me
balader chez les autres et d'aller faire de la "communication"ou
peut-être dans la foulée de « la petite
bande » (oui, un peu proustien ça !) d’entrer dans le jeu des
écritures érotiques... Enfin next time …
Pour l’instant retour en Tunisie...
Dimanche 16 :
Voyage sans problème hier
jusqu’à Tunis pour retrouver les amis avec lesquels nous allons passer la
semaine. Nous récupérons une voiture de location et en route pour la côte. Nous
allons à Hammamet où nos amis ont gagné deux chambres pour la semaine par un
système promotionnel, c’est l’occasion qui a fait les larrons.
Je craignais à priori un peu
l’endroit sachant le type de tourisme de masse qui s’est développé dans la région
mais l’hôtel est très agréable, à quelques minutes à pied de la médina par la
plage, c’est un hôtel relativement ancien et de taille modeste. Assis sur la
terrasse de notre chambre on ne voit que la mer, les palmes qui viennent
jusqu’à notre fenêtre, des oiseaux nombreux qui pépient et virevoltent, si l’on
se penche on aperçoit à gauche la vieille ville, à droite des maisons et des
hôtels noyés dans la verdure, les immenses constructions récentes sont au loin,
formant une ligne blanche étincelante sur l’autre côté de la baie. La côté ici
est jolie, elle n’est pas rectiligne, c’est une succession d’échancrures que
vient lécher la mer.
Nous avons passé la matinée
à arpenter la vieille ville encore très calme, les gens sont gentils, le
commerce à touristes pas trop agressif, et d’ailleurs c’est ce qui est agréable
il y a aussi beaucoup de touristes locaux, on est dimanche, il y a des familles
tunisiennes, des groupes d’ados aussi, garçons et filles, décontractés et qui
ressemblent à la jeunesse de chez nous, les voiles sont loin
d’être
majoritaires.
Dans l’après-midi nous avons
le plaisir d’un premier long bain de mer, l’eau est un peu fraîche, mais tout à
fait supportable, le plaisir de nager dans la mer plutôt que dans la piscine de
l’hôtel vaut bien le petit pinçon que l’on ressent en entrant.
Lundi 17 :
Réveillé par le muezzin à
cinq heures. La nuit est encore profonde. Hier je ne l’avais pas entendu parce
q’il était couvert par le vacarme de la mer très agitée déferlant sous nos
fenêtres. Franchement je préférais les vagues, je m’étais rendormi sans peine
bercé par le ressac pourtant violent, le muezzin dont les longues modulations
semblent ne pas devoir finir me tient désagréablement en éveil, sa mauvaise
sono métallique se détache sur le fond de silence. Cette présence quotidienne
et envahissante de la religion m’est pénible, plus encore s’agissant de l’islam
à cause de cette progression partout de l’islamisme militant, radical,
intolérant, de l’islamisme qui voile les femmes et sème les interdits. Je ne
peux m’empêcher de faire l’amalgame entre Islam et islamisme, j’ai tort
peut-être, mais il est de fait que je supporte de plus en plus mal toutes les
calottes.
Le jour s’est levé. Nous
partons tout à l’heure pour aller visiter Carthage. Constance se prépare avant
que nous ne descendions prendre le petit déjeuner. Je suis sur la terrasse.
Ciel voilé. Air doux. Mer étale. Trois barques dans la baie avec des pêcheurs
occupés à remonter leurs filets. La plage est vide. Pas même un joggeur
matinal.
Jeudi 20 :
Ce même moment d’attente
comme l’autre jour avant d’aller déjeuner. J’aime ce petit moment. Nous partons
pour Kairouan tout à l'heure. Il y a dans ce côté tourisme intensif que nous
pratiquons quelquechose qui ne me convient pas trop. Trop de voiture. On veut
peut-être trop en voir. Chaque jour on est parti à neuf heures, de retour
seulement pour le dîner, pas même le temps de se poser sut la terrasse ou sur
la plage et d’aller nager. Mon rythme à moi aurait été plus lent, m’autorisant
des moments de simple et passive contemplation mais nous suivons nos amis qui
sont plutôt dans l’activité intensive. Mais c’est aussi le paradoxe, j’aime
aussi tout découvrir, je n’envisage pas de laisser filer un jour sans être de
la partie comme je pourrais très bien le faire.
Lundi donc Carthage,
remontée tout d’abord vers Tunis, traversée très urbaine de ses faubourgs, sale
lumière entre la brume et un nuage de pollution qui semble peser sur la ville.
Visite évocatrice de Carthage malgré le caractère peu spectaculaire des ruines,
la colline de Byrsa d’abord, restes puniques dégagés au flanc de la colline
totalement remodelée par les romains sur Carthage écrasée, le tophet, cimetière
punique perdu dans un vallon de fleurs et de verdure, lieu dit-on des fameux sacrifices
d’enfants, visite des ports ensuite, simplement deux lagunes endormies
entourées de villas modernes mais les maquettes sont parlantes et permettent à
l’imagination de filer vers ce lointain passé, les thermes d’Antonin, dans un
beau parc le long de la mer, l’opulence romaine à l’apogée de l’Empire à
quelques siècles des guerres puniques. Tout ça parle, me fait remonter des
souvenirs du « De viris » et de ma lecture de Salammbô. J’aime bien.
Montée ensuite à Sidi Bou Saïd. C’est joli, léché, relativement paisible
finalement, tout cela naturellement serait plus beau sous un soleil plus franc.
On prend un café sur la terrasse de l’inévitable Café des Nattes en compagnie
des fantômes de Gide, et de quelques autres. Les voyages en ces temps, pour le
petit nombre qui le pouvait, pas de doute que ce devait être
quelquechose !
Mardi nous descendons loin vers le sud, jusqu’à El Jem. Paysage plus sec déjà, les oliviers principalement ou de la steppe rase. Magnifique amphithéâtre romain aux proportions impressionnantes. Beauté de la pierre ocre. Très beau musée aussi avec notamment de magnifiques céramiques. Quartier de villas autour du musée dont une est reconstituée de façon très pédagogique. Déjeuner au restaurant « le bonheur », je garde un bon souvenir de ce lieu, tout un programme que ce nom délicieux. Retour par la côte. Mahdia jolie petite port tranquille, avec sa forteresse sur la pointe et au-delà ce très beau cimetière musulman dont les tombes à l’éclatante blancheur contrastent sur le fond de mer. Passage ensuite à Monastir, forteresse impressionnante certes, cité chic peut-être en son centre mais dont l’urbanisme semble avoir été particulièrement destructeur. Nous ne nous attardons pas…
Mercredi montée au cap Bon. Nous passons par l’intérieur, petites routes tranquilles loin de la presse de la côte, les vignes, les oliviers, les céréales dan une zone de collines très douces, multiplicité des verts, c’est une campagne riche, c’est plaisir de la voir en cette saison, j’imagine que tout cela est sec et jaune en plein été. Nous montons au sommet du cap, brève promenade très ventée sur la crête. Au retour arrêt sur le site punique de Kerkouane, qui vaut par sa situation en bordure de mer et par son petit musée intelligemment didactique, beauté des vieilles pierres qui se détachent sur fond de ciel et de mer. Nous déjeunons dans un restaurant de poisson à Kabiria, le loup et le pagre juste grillés et légèrement aromatisés avec le vin local, un assez surprenant muscat sec cela valait la peine et faisiat contraste avec nos habituelles gargotes du midi comme avec la cuisine internationale plutôt aseptisée de l’hôtel le soir. Promenade sur la plage puis retour laborieux, interminable traversée des grosse bourgades qui occupent la côté de façon presque continue où se mêlent activités agricoles, industrielles et de plus en plus touristiques.
Vendredi 21 :
Hier journée
à Kairouan. La grande mosquée est superbe. La beauté de la pierre ocre y est
pour beaucoup. La sobriété et la puissance des formes contrastent avec
l’élégance des décors, avec les colonnes de marbre et de porphyre, les arrondis
des arcs. La salle de prière ne se visite pas mais s’observe seulement de
l’extérieur. Je suis mécréant mais il me semble que je peux visiter des lieux
avec respect et discrétion, que je peux y compris m’imprégner d’une ambiance,
d’un climat spirituel et je regrette donc de ne pouvoir entrer. Visite de deux
zaouias aussi, lieux de pèlerinage autour de tombeaux de personnages saints,
cours aux beaux décors de céramiques, les oiseaux circulent partout, ils
pépient, emplissent de leur chants les galeries, se posent sur les lustres
qu’ils font se balancer. Longue promenade aussi dans la vieille ville, un peu au hasard des
ruelles, l’ambiance y est agréable, paisible, feutrée dès lors que l’on sort
des rues les plus commerçantes envahies par les échoppes pour touristes.
Pour une fois nous sommes de
retour à l’hôtel vers six heures ce qui nous permet enfin de jouir de cette
belle plage, long bain revigorant, délassant après la voiture puis lecture sur
le sable tandis que le soir tombe avant de nous offrir un coucher de soleil
somptueux.
Aujourd'hui promenade dans un tout autre cadre à Zaghouan au pied du djebel du même nom, agréable petite ville qui domine une riche plaine agricole, promenade dans ses rues escarpées, arrêts auprès de ses fontaines, traversée de son marché loin ici de tout envahissement touristique, montée jusqu’au Temple des Eaux construit sous Hadrien, c’est de là que part le réseau qui alimentait la Carthage romaine et qui contribue aujourd'hui encore à l’alimentation en eau de Tunis. J’espérais de belles eaux vives. Malheureusement le réseau est souterrain, les fontaines romaines ne sont pas en fonctionnement. Nous grimpons ensuite presque au sommet du djebel, arrêt là haut dans l’air vif de la montagne, les senteurs du maquis en pleine floraison, nous admirons un aigle au vol majestueux que nous avons longuement le temps d’observer la jumelle.
Au retour crochet par le village berbère ruiné de Zriba, accroché dans les rochers. Au milieu des ruines seul subsiste, parfaitement entretenu, éclatant de blancheur la zaouia d’un saint personnage qui reste un lieu de pèlerinage fréquenté. Forte impression de ce lieu.
Samedi 22 :
Voilà nous nous apprêtons à
repartir. Séjour un peu bref, il aurait fallu rester un ou deux jours de plus
pour traîner et profiter du lieu même indépendamment de nos visites. Les
vacances c’est aussi buller un peu, bouquiner, c’aurait été écrire peut-être,
un peu plus que ces brèves notes…
Enfin je suis content de ce
voyage quoiqu’il en soit. Un point qui m’a fait plaisir aussi en dehors de
l’aspect touristique est le sentiment d’être dans un pays engagé dans un
développement tout de même relativement harmonieux. Je sais bien entendu ce
qu’il en est de la restriction des libertés et du caractère autocratique du
pouvoir. Mais il y a manifestement l’émergence réelle d’une classe moyenne, il
n’y a pas que les villas des richards et les quartiers réservés pour les
touristes côtoyant des bidonvilles, les faubourgs se construisent d’immeubles
et de maisons d’habitations correctes, on ne se sent pas continuellement
agressé par la misère, les enfants semblent très scolarisés, et pas seulement
au niveau primaire, il y a beaucoup d’écoles secondaires et supérieures et qui
sont mixtes, avec beaucoup de filles, le plus souvent non voilées et que l’on
voit se promener, s’amuser avec les garçons dans un climat qui semble
décontracté. C’est cela surtout qui semble de bon augure, cette scolarisation
importante, cette jeunesse ouverte, ces jeunes femmes pleines d’allant…
Bye, bye Tunisia...
24 avril 2006
Erotisme et pornographie
La lecture chez Ségolène de
diverses considérations et discussions autour de l’écriture érotique me donne
envie de rebondir. Hé, hé la transcription de mon voyage qui n’est pas du tout,
du tout dans ce registre attendra quelque peu…
J’aime bien pour ma part ce
genre d’écriture, j’aime la lire, j’aime l’écrire.
Il n’y a pas de doute
qu’érotisme peut être facilement connoté positivement alors que pornographie
l’est beaucoup plus difficilement. Cela tient d’emblée à la nature des mots
eux-mêmes, à leur origine, à leur étymologie. Il y a l’amour dans éros alors
qu’il n’y a que la prostituée dans pornê…
Ce n’est pas une question de
degré ou du caractère explicite des termes utilisés. Il y a de l’érotisme très
hard qui ne recule pas devant les mots les plus crus et peut s’amuser même de
leur accumulation. Ce n’est pas non plus une question de comportement
moralement acceptables ou pas. Il y a un érotisme noir, lié à la mort,
susceptible de véhiculer des comportements inacceptables en ce qu’ils bafouent
les individus, les privent de leur liberté, en font sous la contrainte de purs
objets (j’exclue de là naturellement les soumissions acceptées qui tiennent du
jeu) mais qui néanmoins peut produire des textes puissants qui touchent aux
zones troubles de notre psyché.
J’ai plus envie de dire que
la différence tient surtout à la position de celui qui écrit (ou dessine ou
peint ou photographie), est-ce qu’il cherche à produire de la beauté (fut-elle
noire) ou des émotions qui touchent à l’affectivité (fussent-elles moralement
inacceptables) ou se contente-t-il de viser sans aucune recherche à créer un
pauvre mouvement mécanique vers le bas du ventre. Compte aussi beaucoup, mais
sans doute est-ce la même chose, la capacité d’une certaine mise à distance
entre la façon d’exprimer et le fait brut décrit et cela quels que soient les
moyens très variés, parfois opposés (c’est ce qui fait le charme, la richesse
de ces écritures) qui sont utilisés pour marquer cette distance : la
recherche poétique, le jeu subtil du scénario, la parodie, l’humour, etc… (Anne
Archet par exemple utilise avec brio ces deux derniers ingrédients).
Personnellement je me sens
beaucoup plus en phase et à l’aise avec un érotisme dionysiaque, solaire,
expression de la vie, qu’avec l’érotisme noir qui a trop à voir avec la mort.
En gros Henri Miller, Anaïs Nin plutôt que Bataille ou Sade mais je reconnais
qu’il peut y avoir de très belles choses dans l’érotisme noir (disons chez
Bataille, pour Sade là vraiment j’ai du mal, d’ailleurs je n’en ai pas lu
beaucoup, ça me tombe des mains d’ennui une fois passé le petit plaisir de
découvrir des termes savoureux et une langue qui n’est plus la notre).
Sur le net le peu de choses
que j’ai croisé m’a paru plutôt faible à l’exception d’Anne Archet déjà citée,
d’Aurora dans une moindre mesure (peut-être parce que le canton particulier de
la libido qu’elle explore n’est pas ma tasse de thé) et aussi du Pink Blog
d’Hélène.
Hélène fut une diariste que
j’ai beaucoup apprécié mais qui a fermé son site pour diverses raisons. Elle a
laissé ses nouvelles en ligne, certaines sont excellentes. Très simples
souvent, sans scénario ultra sophistiqué mais montrant avec bonheur en
s’appuyant sur tous les sens et toutes les émotions comment monte le désir chez
une femme. Nous avions convenu d’ailleurs de nous lancer dans des écritures à
quatre mains, à partir d’un scénario bâti en commun pour voir ce que cela
donnerait sur un même thème une écriture d’homme, une écriture de femme. C’est
à ce moment là qu’elle s’est éloignée d’internet, elle n’a pas donné suite mais
moi j’ai écrit ma petite nouvelle dans mon coin, elle dort quelque part au fond
de mon ordinateur.
Ça me fait penser, tiens, à
cette idée que j’avais eu après mon dernier week-end d’écriture d’ouvrir un
blog parallèle pour y mettre quelques textes de fiction. Je vais m’en occuper,
sûr, pour mettre des textes comme celui ci entre autres et leur donner un tout
petit peu de vie maintenant que j’ai plaisir à être lu…
Et puis au fait Coumarine
pourrait aussi nous concocter quelquechose un de ces jours dans les consignes
de Paroles plurielles… Aïe, aïe, si elle le fait, je crois bien que je ne
pourrais pas me défiler, que me sentirais obligé d’aller jouer de mes mots…
23 avril 2006
Retour
Retour hier dans la nuit.
Content mais un peu pompé. Impression de sortir d’une bulle d’absence. Absence
qui était certes une présence au moment immédiat, au déroulé de jours
plaisants, très, trop occupés peut-être. Mais absences à tout ce qui fait
l’ordinaire de ma vie, mes occupations habituelles, ma dispersion à la fois
souhaitée et subie, le quotidien, mon travail, mes écritures, ma vie et mes
relations blogosphériques.
Je reviens dans ma vie
clivée avec d’autant plus d’intensité qu’il ne me manque pas de choses à faire
dans trente six directions en rentrant. Ranger nos affaires et la maison,
ranger la cave (on m’a livré du vin pendant mon absence, j’en profite pour
remettre de l’ordre dans un capharnaüm de bouteilles, je tenais un livre de cave
auparavant mais je l’ai laissé à l’abandon, je ne sais plus où j’en suis),
discuter philo avec le fiston s’affolant naturellement à la dernière minute sur
sa dissertation à rendre demain, préparer ma propre rentrée pour une semaine de
travail qui s’annonce particulièrement chargée, aller faire, cahin-caha dans
tout ça, mon tour chez les diaristes, j’y ai repéré déjà des choses qui
m’interpellent et qui me donnent envie de rentrer à nouveau dans ce flux de
paroles et d’échanges, je vais et viens et virevolte mais que de choses à lire
si on se laissait aller, de liens en liens …
Et puis naturellement revenir
aussi sur le voyage, faire défiler et organiser les photos prises, reprendre
les notes que j’ai écrites au jour le jour sur mon petit carnet rouge et les
transcrire sur word pour pouvoir ensuite les mettre en ligne, voilà je vais m’y
mettre, demain ou après demain vous pourrez partir en voyage à ma suite si le coeur vous en dis…
14 avril 2006
"April snow"
Cette semaine de quasi
vacances pour moi a été assez cinéma.
J’ai vu « Truman
Capote », pas mal du tout, assez profondes questions sur le destin, le
déploiement d’histoires de vie si différentes à partir de traumatismes
d’enfance qui se font écho et puis surtout cette composition d’acteur si
extraordinaire de Paul Seymour Hoffmann en Capote, à la fois touchant et
profondément exaspérant, ce rôle il fallait le faire, il fallait l’assumer,
chapeau…
Puis j’ai vu « Oublier
Cheyenne », film sympathique, c’est bien de dire « la vie est plus
magique que vous ne le pensez » mais tout de même le film est un peu
lourd. Je sais bien tout ça est sûrement au second degré, il n’empêche les
caricatures faciles du débat, être dans le monde ou hors du monde, participer à
la société telle qu’elle est ou s’en abstraire radicalement, donnent lieu à des
dialogues qui ne passent vraiment pas quel que soit l’indulgence que l’on
voudrait avoir. Film mineur, très mineur.
Enfin j’ai vu « April
snow », une très jolie romance coréenne, ce film là m’a plu avec évidence.
J’en suis sorti, et c’est cela qui compte finalement plus que les qualités
cinématographiques intrinsèques, avec une allégresse de cœur, une petite
musique douce au fond de moi. Ce n’est certainement pas un chef-d’œuvre, rien
d’exceptionnel dans la façon de filmer, pas de spectaculaire ou de composition
d’acteur exceptionnel, juste un film bien construit, des sentiments vrais, une
tendresse palpable pour ces personnages ordinaires confrontés aux trahisons
amoureuses, à l’accident dramatique, à la mort et à de possibles renaissances.
Les sentiments sont constamment pudiques et le rapprochement amoureux qui
s’esquisse lentement puis se réalise est empreint d’une grande émotion. Il n’y
a aucun méchant là-dedans, que des personnes confrontées à leur désir de vivre
et à leur sentiment profond de compassion qui perdure malgré les trahisons pour
ceux qu’ils ont aimés, qu’ils aiment encore. La scène où les futurs amants se
rapprochent est lente, le déshabillage mutuel auquel ils procèdent est fait
d’attente, de retenue, de sensualité vibrante. C’est une scène soft et pourtant
d’un merveilleux érotisme. Par moments le film paraît un peu lent, il
s’attarde, on est au bord de l’ennui mais cette lenteur est naturellement
voulue, elle marque que le désir justement est souvent, plus qu’emballement
brutal, effet d’un lent apprivoisement. On craint un moment que le film ne se
termine en queue de poisson, chacun des protagonistes repartant de son côté
avec ses douleurs. On se dit : mais bon sang, les portables à quoi ça
sert, qu’il s’appellent mais qu’ils s’appellent donc, qu’ils ne laissent pas
passer leur chance… Il y a la neige et il y a les fleurs printanières perçant
sous la neige. La vie continue. Les deux protagonistes savent finalement
l’accueillir. C’est de cela qu’on leur est redevable lorsque revient l’écran
noir et qu’on repart dans le concret de sa propre vie. C’est cela qui met au
cœur ce sentiment doux qu’on emporte en les quittant : oui la vie
continue, les amours continuent, sachons nous aussi les accueillir…
Neige et fleurs… J’ai
regardé la météo sur la Tunisie. 14 à 28 degré, dans les jours qui viennent là
où je vais demain et pour une semaine, ça me plait bien ça, j’en ai besoin en
sortant de ces frimas qui persistent, il n’y aura pas de neige mais la caresse
du soleil…
13 avril 2006
Willy Ronis
Mes pas hier m’ont mené à
l’Hôtel de Ville où j’ai vu l’exposition du photographe Willy Ronis.
Un vrai plaisir. D’abord il
n’y a pas à dire une belle photo noir et blanc, dans un bon tirage, en soi,
c’est beau. Le jeu des lignes et des formes, le contraste des vides et des
pleins, la structure de l’image y apparaissent avec plus de force, de pureté
que dans la photo couleur. Il me semble qu’on est plus facilement conduit au
sens profond de la photo comme si les couleurs, si belles parfois pourtant et
auxquelles désormais on est tellement habituées, détournaient et dispersaient
l’attention en saturant l’espace de trop d’éléments et de trop d’informations.
Et puis les sujets de Ronis
me touchent particulièrement. Pour un amoureux de Paris comme je le suis c’est
toujours émouvant de voir des lieux que l’on connaît, que l’on a vu évoluer,
tels qu’ils étaient quand on était enfant, tels qu’ils étaient même du temps de
la jeunesse de nos parents. Et puis Paris est peuplé, habité de tout son peuple
de petites gens et d’ouvriers, marqué par les luttes, celles de 1936, celles de
la libération, marqué par l’ambiance bonne enfant de ses fêtes, fêtes foraines,
bal popu, fêtes de l’Huma, c’est tout cela que fait revivre Ronis, tout un
Paris disparu.
On comprend que ces photos
aient beaucoup de succès. L’identification est facile. Ce petit gars qui court
en portant son pain à peu de chose près ç’aurait pu être moi.
Certains brocardent un peu
ce genre de photos à cause de leurs sujets trop faciles, d’un « humanisme »
jugé un peu mièvre mais est-ce un mal d’avoir des sujets que tout le monde peut
s’approprier parce que tout le monde peu ou prou s’y retrouve.
J’ai suivi les vidéos dans
l’expo qui présentent des interviews de Ronis. C’est désormais un très vieux monsieur
mais qui parle avec chaleur de son parcours et de sa démarche. On le sent en
sympathie profonde avec les personnes qu’il photographie et c’est cela qui rend
ses images si attachantes.
Les moments les plus
émouvants sont ceux de retrouvailles avec certains de ses anciens
« modèles », modèles sans le savoir, personnes prises en instantané
et qui se sont reconnues et se sont manifestées auprès de lui des années plus
tard. Il a retrouvé par exemple soixante-cinq plus tard cette petite fille que
l’on voit toute fiérote sur les épaules de son père le 14 juillet 1936, c’est
une vieille dame, on assiste à leurs retrouvailles, c’est émouvant.
Sortant de là, j’avais des
envies de photographie pour moi même, je n’avais pas mon appareil avec moi et
je l’ai regretté.
12 avril 2006
Albums photos
Avant de partir m’aérer pour
une semaine j'ai voulu profiter du début de mes vacances pour mettre de l’ordre
dans mes photographies. Mettre de l’ordre cela veut dire organiser proprement le
classement de mes photos dans mon ordinateur, coller dans des albums celles des
photos que j’ai faites tirer, il y en a, vu le retard accumulé, quelques
centaines, noter les sujets, les lieux, les personnes dans le petit listing
dont je les accompagne. Le numérique de ce point de vue n’arrange pas les
choses. Je tiens à continuer à faire certains tirages papier. C’est une façon
de matérialiser l’image, de lui donner une autre vie que celle qu’elle peut
avoir en défilant sur l’écran de l’ordinateur. Mais on fait de plus en plus
d’images, il faut les gérer sur l’ordinateur, choisir celles que l’on veut
tirer, gérer ensuite celles que l’on a tiré. Bref les activités parasites mais
nécessaires se multiplient…
Il y a certes un aspect qui
m’est agréable dans la réalisation de mes albums, celui de la composition de pages
harmonieuses dans la mise en page, le choix des images, l’équilibre des
couleurs. Immédiatement après l’avoir fait j’aime à feuilleter l’album, c’est
une réalisation concrète, c’est un objet qui vaut pour lui-même.
Mais comme c’est fastidieux
aussi, surtout quand on a laissé s’accumuler du retard !
Et je ne peux m’empêcher en
le faisant de me demander à quoi ça rime et si le jeu vraiment en vaut la
chandelle, sur quelle névrose cela prend appui et pourquoi je me sens une
espèce d’obligation à la faire.
En vérité je le sais. C’est
ce côté accumulateur de ma personnalité, cette volonté de retenir, de conserver
à tout crin, comme si l’accumulation était une assurance contre la mort. Il y a
au surplus, mon côté légèrement obsessionnel, la volonté de maîtriser en
organisant, en classant, en répertoriant, la volonté de constituer des séries,
de supprimer les lacunes, d’atteindre à d’hypothétiques totalités. Les deux
névroses vont souvent ensemble. Mais pas toujours. Il y a aussi des
accumulateurs bordéliques, les gens incapables de jeter mais qui laissent le
strates s’accumuler dans un capharnaüm indescriptible. Ça ce n’est pas moi.
J’essaye toujours de me mettre en situation de m’y retrouver dans ce que
j’accumule. Mais à quel prix ?
C’est une vieille affaire.
J’ai été collectionneur de timbres dans mon enfance et il y eu certaines années
au début de l’adolescence où ma collection était devenu une véritable obsession
qui me faisait rêver la nuit. Je me suis ensuite intéressé à d’autres choses,
mes années d’activisme militant ont naturellement éradiqué ce genre de tendances
mais elles sont restées, inexprimées, sous-jacentes, ne demandant qu’à
ressurgir sous d’autres formes une fois clos ces temps où l’on était
exclusivement tourné vers un futur qu’on croyait plein de promesses. Mes
accumulations de livres, mes accumulations de mots, cette volonté de
« tenir journal » bien antérieure à mon écriture en ligne, mes
accumulations de photographies, tout cela relève à coup sûr de cette même
tendance comme ma volonté de faire tout cela de façon cohérente, organisée,
maîtrisée. Mon journal ce ne sont pas seulement les mots vivants au moment ou
je les écrits, Mes photos pas seulement le plaisir du moment où je les fais.
C’est aussi volonté de conserver, de classer, d’indexer, d’archiver et ce d’une
façon que je juge souvent moi-même excessive, j’y vois en quelque sorte une volonté
d’embaumer au mépris de la vie vivante.
Car ce travail là c’est du
temps aussi. Et qui se heurte de plus en plus au temps qui passe, au temps qui
file. Qui paraît à mesure justement que l’on prend conscience que se réduit le
temps qui reste, de plus en plus inadéquat et dépourvu de sens. Qui n’est qu’une
tentative dérisoire et naturellement vouée à l’échec de vaincre le temps et de
ne rien perdre à jamais de ce qui a traversé nos vies et dont les livres, les
mots, les photos sont les traces tremblantes...
Dit en d’autre mots
c’est : j’ai passé ma matinée, belle matinée soleilleuse, à classer mes
photos, à les coller dans mes albums, à organiser mes notes, n’aurais-je pas dû
plutôt me promener nez au vent, attentif au vivant de l’instant, visages
croisés, chants d’oiseaux, nuages parcourant le ciel… Avec mon appareil photo
pourquoi pas mais pour le plaisir de l’acte lui-même, de la composition de
l’image, de l’instant saisi, pas pour l’accumulation à venir...
10 avril 2006
Lectures de Philippe Besson
Je viens de lire coup sur
coup deux livres de Philippe Besson, un auteur que je connaissais pas
jusqu’ici.
C’est Coumarine qui me l’a
fait découvrir. Lors du dernier week-end d’écriture à Hurtebise les incipit qui
nous étaient proposé étaient des phrases tirées d’ « Un garçon
d’Italie », du coup nous avons évoqué ce livre et cet écrivain assez
longuement et j’ai eu envie d’aller vers lui.
J’ai lu d’abord
« L’arrière-saison », Besson invente son histoire à partir de la
contemplation d’un tableau d’Edward Hopper. Une image est souvent un très bon
déclencheur d’écriture, je m’en rends compte pour moi-même, et particulièrement
avec des tableaux de Hopper dont les personnages saisis à l’arrêt, dans des
ambiances et des postures d’attente sont très propices au déclenchement de
l’imagination, tout de suite on se raconte des histoires qui pourraient être
les leurs.
Et là ça fonctionne en effet
très bien, on entre d’emblée dans l’ambiance de ce café, que l’on suppose dans
un bout du monde un peu assoupi avec des personnages que l’on devine au bord
des confidences. Besson s’évade de l’image, ses propres personnages sont plus
jeunes, socialement plus brillants sans doute, ils sont dans la modernité (un
téléphone portable joue un grand rôle) et non pas dans les années cinquante
mais le climat profond est bien le même, celui d’une arrière saison, arrière
saison de l’été finissant magnifiquement rendu, arrière saison des amours…
Rares paroles échangées, analyse au scalpel des paroles et des sentiments
qu’elles révèlent ou qu’elles masquent. Deux heures de la vie d’une femme à un
moment clé, où se racontent l’histoire d’une relation morte et où s’écrit,
derrière la douleur, l’espoir peut-être d’une renaissance. C’est excellent,
d’une grande finesse d’analyse, c’est écrit d’une plume sobre mais acérée et
très bien construit selon une progression qui nous maintient en haleine tout au
long de ce beau suspense sentimental à la fois poignant et doux.
J’ai pris dans la foulée
« Un garçon d’Italie ». C’est très différent mais c’est excellent
aussi. L’ambiance est plus dure ici, plus tragique. C’est une polyphonie de
trois monologues, celui d’un homme retrouvé noyé et qui raconte depuis sa place
de mort, celui de la femme de ce mort qui enquête, qui s’interroge sur qui
était vraiment celui qu’elle aimait, celui de l’amant de ce mort, le
protagoniste de sa vie secrète, le bel ange porteur de désordre, porteur de la
sexualité cachée, présence aussi à travers lui de la réalité et de la dureté
des rapports de classe. On pense très fort à Pasolini. Le récit croisé révèle
peu à peu la double vie du narrateur, la fait sortir du secret. Les monologues
du mort sont assez impressionnants, description minutieuse de l’autopsie, des
préparatifs sur le cadavre, de l’enterrement, pensées et souvenirs qui se
déroulent à propos d’avant et pensées aussi de ce qui continue au-dessus de la
tombe dans ce monde des vivants, dans ce monde de ceux qui restent, de ceux
qu’il a aimé. Ici on n’est plus dans la douceur mélancolique de l’arrière
saison, on est dans l’après, on est dans le tragique de ce qui est forclos, du
destin accompli.
08 avril 2006
Des mots, encore des mots
De mots en mots, de liens en liens jusqu’où
irais-je ? Où et comment s’arrêter ? A un moment je m’étais dit
« je vais en rester là, j’ai ma bande peu ou prou, puisque je ne peux pas
tout suivre, je m’en tiens là et basta, je m’interdis d’aller fouiller chez les
autres pour éviter de tomber dans le trop plein, pour éviter le risque de
saturation… »
Mais c’est un peu absurde. Le principe même du web et
le plaisir que l’on y prend c’est cette libre circulation, c’est la découverte
nouvelle, c’est ce basculement fascinant d’une personne à une autre, d’un monde
à un autre.
Ces derniers temps j’ai beaucoup été lire La Discrète,
Arcadia, Alauda. Je suis remonté au long de leurs archives pour mieux les
connaître. Je les avais croisé à l’occcasion mais sans m’y arrêter. Elles sont
sur le versant le plus intimiste du diarisme celui qui interroge les relations,
celui qui interroge ce que nous sommes en profondeur et il n’y a pas de doute
que c’est celui là qui me touche le plus. C’est la recherche toujours de ce
« semblable mais différent » qui fonde notre sympathie (au sens
propre) et qui nous aide à avancer sur notre propre chemin, n’est-ce pas Ségolène.
Ce sont des images, forcément partielles, forcément biaisées, où sommes nous
vraiment, n’est-ce pas Traou, mais pour autant vraies, foncièrement vraies dès
lors quelles sont données dans l’authenticité, c’est un kaléidoscope de
vérités. Et c’est une parole pour qui accepte de recevoir.
Il ne faut pas trop chercher à se réguler. Il faut y
aller quand on a envie, s’éloigner quand on se sent trop envahi, faire un break
un peu plus radical pendant quelque temps même si on ressent le besoin d’un
léger sevrage. Il faut se laisser guider par les humeurs du moment. Garder sa
curiosité. Se laisser accrocher, se laisser surprendre, se laisser séduire par
des figures, pas des personnalités nouvelles. Il faut du coup accepter de
laisser de côté pour un temps certaines lectures plus anciennes. Il ne faut pas
culpabiliser comme parfois on pourrait avoir tendance à le faire en se disant
« j’abandonne des amis ». En fait les autres restent là, ne sont pas
pour autant oubliés, on y reviendra, de loin en loin ou plus souvent à nouveau.
Et ce n’est pas contradictoire avec certaines amitiés qui se construisent, qui
se structurent peu à peu, s’approfondissent.
Du coup j’ai modifié l’intitulé de mes liens. Plutôt
que « je les lis en ce moment » j’ai mis le plus vague « je les
lis souvent », souvent mais pas tout le temps, souvent c’est un terme
éminemment relatif, je vais plus intensivement chez certains à certains moments
et puis ce seront d’autres. Mais je laisse les liens. C’est pour dire que je ne
les perds pas de vue, que tous ceux là, toutes celles là, restent dans mon
horizon. Leur présence dans ma liste est une façon aussi de me les rappeler.
Naturellement il y en a quantité d’autres chez qui je vais picorer une fois ou
l’autre, qui parfois m’apparaissent plein de promesses et que pourtant je ne
mets pas en lien parce que je ne saurais plus où donner de la tête. Oui il y a
toujours le sentiment de tout ce qui échappe et qu’il faut accepter de laisser
échapper pour éviter le risque de se perdre soi …
07 avril 2006
Bizarrerie!
Je dois avouer qu’il y a
encore des choses qui me restent profondément incompréhensibles dans
« l’économie » d’internet.
J’avais cru comprendre qu’un
site « se valorisait » (en terme pécuniaire ou en terme de
reconnaissance ou de prestige) en étant connu. Il m’apparaissait donc que
relayer un site ne pouvait qu’apparaître positif à ses auteurs.
Ségolène si je comprends
bien a eu droit à une injonction sous peine de poursuite d’avoir à retirer la
citation qu’elle avait faite sur son blog d’une chanson en prenant soin
pourtant de donner le lien du site sur lequel elle l’avait trouvé !!!
Bon moi j’ai pas envie
d’aller porter des oranges à Ségolène en prison, (tant qu’à faire je préfère
qu’elle vienne boire une mousse sur ma terrasse !) alors je relaie la
campagne initiée par Tristana et relaie donc le message d’alerte :
ATTENTION !
Mérite un large détour !
Ne cliquez sur le lien ci-dessous sous aucun prétexte
!
http://www.chambre-claire.com/PAROLES/chant-revolutionnaires.htm
Mais non sans me
questionner...
Car naturellement que
faisons nous là (y compris de la part de certains en envoyant des mails
d’alerte sur l’affaire à tout leur carnet d’adresse) sinon faire de la pub au
site en question...
Au point de me dire :
mais n’est ce pas exprès ? N’est-ce pas une simple provocation précisément
pour se faire connaître ? Et le jeu de qui joue-t-on alors en faisant
caisse de résonance ?
Et en plus, pour compliquer
encore un peu les choses, ce site là moi je l’ai découvert avec intérêt, je
vais même le mettre dans mes favoris, faisant ainsi immédiatement mentir le
message que je viens de poster plus haut. Car retrouver toutes ces chansons moi
ça me fait un petit quelquechose comme de remettre sur ma platine grésillante
mes vieux disques du Chant du Monde, d’Ogeret ou de Colette Magny. Y retrouver
même Evariste, avec la photo de la pochette de Wolinski, c’est une rareté ça,
c’est un disque que j’ai eu à une époque mais qui s’est perdu dans un
quelconque déménagement.
Quand je vous dis que je n’y
comprends rien, vraiment je n’y comprends rien !















