Maintenant que notre chère Ségolène a déserté (on l’espère temporairement) la blogosphère, voilà que je me suis tourné vers l’autre Ségolène

J’ai été ce soir pour la première fois faire un tour un peu approfondi sur son site.

Deviendrais-je ségolénien ? Jusque là dans le troupeau des éléphants je dirais que je me sentais plutôt strauss-kahnien (les paillettes et la démagogie de l’inoxydable Jack non merci, celui-là m’exaspère depuis très longtemps, Fabius je lui en veux de son opportunisme qui l’a porté vers un non au référendum dont on voit bien qu’il n’a créé aucune dynamique, quant à Jospin si je lui garde un certain respect pour une forme de droiture et d’honnêteté qui lui a beaucoup coûté, je ne le vois pas remettre ça, fini avait-il dit, donc fini cela doit être, il y a d’autres choses à faire dans la vie, sachez passer la main, Messieurs.

Alors Ségolène pourquoi pas ?

Il n’y a pas de doute qu’elle renouvelle. Sa démarche à partir du site et des forums peut être jugée démagogique. N’empêche, elle est profondément en adéquation avec ce mouvement de la société qui fait que nos blogs, dans leur immense diversité et au-delà de leurs aspects parfois narcissiques témoignent aussi d’une prise de parole qui renvoie à la société globale, on est là dans une amorce de formes nouvelles de la démocratie. Je ne suis pas naïf et je ne crois pas qu’il y a là une panacée qui peut remplacer tout ce qui s’éteint des anciennes structures, des fraternités militantes mais il y a sûrement quelquechose qui s’invente. Ségolène est celle qui s’avance avec le plus de détermination sur ce terrain là.

Je ne partage pas tout ce qu’elle dit. Mais ça ne me déplait pas, d’accord ou pas d’accord sur tel ou tel point, qu’elle ose sortir de certaines langues de bois convenues y compris en disant que sans être blairiste tout n’est peut-être pas à rejeter dans ce qu’a fait Blair, parangon dans nos milieux du social traître, ou qu’il y a peut-être à réfléchir sur comment aider les familles à tenir leur rôle éducatif.

Je vois dans son attitude une façon d’aborder la politique de façon pragmatique, ne s’encombrant pas d’idéologies, de toutes les idéologies, les marxisantes ou les libertaires. Le programme est un peu court. Est-ce qu’on élit sur un programme ? De moins en moins. Certains diront que c’est justement cela qui est catastrophique, que c’est la mort de la politique, c’est le règne des personnes, c’est la peopolisation (oups, l’affreux néologisme !). Peut-être qu’il y a un équilibre médian à trouver. Car les programmes trop ficelés, les « demain on rase gratis » on a déjà donné... Peut-être qu’on élit à la fois sur une personne ou plus exactement sur l’idée que l’on se fait de la façon dont cette personne va pouvoir faire face, sur une approche et une attitude, sur quelques propositions et engagements concrets et limités pour démarrer…

Et puis j’aime bien sûr que ce soit une femme. Certes pas de sexisme à l’envers. Thatcher aussi était une femme (enfin, je crois…). Le sexe n’est pas en soi une garantie mais l’élection d’une femme à la Présidence ça ferait plus pour faire avancer la parité que mille discours et mesurettes.

Alors je ne sais pas encore, il me faut lire et regarder ça de plus près mais disons que Ségolène pourquoi pas, ça fait son chemin en moi…

Et puis, pour redescendre de Désirs d’avenirs à ma blogosphère, je dois dire que j’ai trouvé dans ma promenade une petite chose drôle et piquante. Parmi les liens des divers blogs de soutien inscrits sur le site je suis tombé sur un des tout premiers qui ait été créé dès 2004, je vois qu’y poste toujours une certaine Miniquiche, d’aucuns parmi nous l’apprécient de longue date comme une blogueuse essentielle quoique devenue très discrète. Et je crois même savoir que c’est à partir de ce blog que Ségolène (l’autre, vous me suivez) a commencé ses propres promenades et sa propre vie bloguesque. La boucle est bouclée. De Ségolène en Ségolène. Le monde est petit finalement, très petit.

Après tout ça j’ai été jeter un coup d’œil à nouveau sur Ségolène, l’autre, celle dont je croyais qu’elle avait arrêté. Mais, c’est qu’elle est revenue notre Ségolène! Re-bienvenue alors, Ségo ! Décidément tout va vite sur le net. Sa cure de silence a été de bien courte durée. Ah, décidément, il est bien vrai que femme varie !