02 juin 2006
Le poids des mots
Comme je le disais dans une
précédente entrée, je m’interroge sur l’idée de soutenir Ségolène Royal. Ses
récentes interventions me refroidissent sérieusement.
Je sais que dans nos
quartiers protégés, avec nos gamins dans des lycées de centre ville on n’est
pas confronté aux mêmes tensions que ceux qui vivent dans les quartiers
difficiles, qu’on perçoit ça de loin et qu’on est plus à l’aise pour tenir des
discours bien balancés sur ces questions. Je n’ai pas une vision seulement préventive
autour de la sécurité. Je sais que la répression et la fermeté s’imposent. Je
comprends l’exaspération qui peut saisir ceux qui sont directement confrontés à
des situations très difficiles et je comprends même que cela puisse les
conduire à des dérapages.
Les responsables politiques
au moins devraient se garder de ces dérapages. Qui en l’occurrence n’en sont
pas, mais de la tactique pour ratisser large. Attention à ce qu’à trop vouloir
ratisser d’un côté on ne perde de l’autre.
Il y a la façon de dire. Il
y a les mots qu’on emploie. Les mots ont une symbolique aussi. Les termes
« d’encadrement militaire », « de remise au carré » me
paraissent très, très mal venus. Certes il ne faut pas de langue de bois, il
faut appeler un chat un chat, la fermeté nécessaire doit être dite mais il n’y
a pas besoin d’en rajouter dans le choix des mots, pas besoin d’en utiliser
certains dont les connotations vont bien au-delà du souhaitable. Là on rentre
dans autre chose, dans une volonté de concurrencer Sarkozy sur son propre
terrain y compris en utilisant les ressorts les plus contestables et
démagogiques.
Un mauvais point, madame
Royal !
Mais trêve de ces
considérations. Pour le moment je boucle ma valise et m’apprête à partir quelques jours. J’ai souvent des journées charrette
mais c’est vrai que c’est aussi la contrepartie de cette liberté de m’organiser
dans mon travail qui me permet de prendre des jours à peu près quand je veux et
ça bon sang que c’est précieux. Cette année j’en profite largement…
Et en plus, ce matin,
quoiqu’il fasse encore très frais, il y a du soleil, ça sent le printemps.
Cool !