01 décembre 2006
Tramway
Ce matin je suis parti de
chez moi alors qu’il faisait nuit encore. Le jour s’est levé pendant les 20-25
minutes de marche qu’il me faut pour rejoindre mon bureau. Beau ciel, des
nuages en longues traînées qui se colorent de reflets orangés sur un fond plus
sombre, je me sens bien...Je pourrais presque dire que c’était une promenade.
J’ai été au travail d’un pas allègre, peut-être aussi parce que c’est la fin de
semaine, le début du week-end...
J’arrive à la hauteur du
tramway. Les travaux ont duré longtemps, deux ans au moins, j’en perd le compte
exact. Ils ont entraîné de sacrées perturbations de la circulation, fermeture
de voies, contournement des parties en chantier par des chicanes étroites, tout
cela entraînant d’innombrables embouteillages et d’encore plus innombrables
discussions de café de commerce pour critiquer cette réalisation et la
politique de la municipalité qui fait tout pour embêter les pauvres
automobilistes. Il faut dire qu’il y a eu des moments difficiles même pour les
piétons obligeant à de contournements longs et en plus sans cesse changeants en
fonction de l’évolution des travaux.
Mais enfin c’est terminé et
je pense que ça sera plutôt bien. L’espace désormais semble plus aéré, les
voies pour les voitures sont réduites, des pistes cyclables ont été tracées
(encore que j’ai l’impression qu’il y a à certains endroits des ruptures de
continuité qui seront gênantes et dangereuses !). Il fallait donc bien en
passer par là. (Cela dit ce n’est que le début, même si c’est fini chez nous,
il n’y a qu’un petit tiers de la petite ceinture qui est équipé, la partie sud,
pour la suite du tracé les études sont encore en cours donc ce n’est pas fini
du tout ! )
Moi évidemment j’ai pris ces longues perturbations plutôt bien. Je sais ce que disent les banlieusards. Que ça ne me coûte pas beaucoup à moi qui ait le privilège d’habiter à Paris même et de pouvoir aller à mon travail à pied. Que c’est un luxe de quasi bobo de pouvoir vivre presque sans voiture et qu’il est alors facile de tenir de beaux discours sur la réduction de la place des bagnoles dans les villes. Que c’est un privilège social que de disposer d’un appartement très sympa à Paris dont je n’aurais pu devenir propriétaire si je n’avais pas acheté au bon moment et si je n’avais pas eu une aide familiale, que nous ne pourrions pas louer un tel appartement au prix du marché actuel avec nos salaires de fonctionnaires. Cela est vrai, j’en suis conscient, je reconnais ce privilège, il n’empêche, il n’y a pas d’autres options que de réduire la place de la voiture, sinon on ira à l’engorgement généralisé et à l’aggravation drastique des problèmes de pollution. Les londoniens vont plus loin que nous avec leur système de péage en centre ville.
Les premières rames ont commencé à circuler en septembre tandis que s’achevaient les finitions. C’était la période de formation des conducteurs. Maintenant il y a une phase de répétition générale, les rames circulent à leur rythme normal, s’arrêtent aux arrêts. Simplement elles ne prennent pas de voyageurs. La mise en service effective est pour la mi-décembre. Mais les rames passent, elles glissent avec leur bruit caractéristique, le petit bonhomme rouge clignote à leur approche pour avertir le piéton qui s’apprête à traverser tandis que se fait entendre le tintement grêle de leurs avertisseurs sonores…
