31 décembre 2006
Un joli conte de Noël
Je viens de terminer
« Montedidio » d’Erri de Luca. C’est un écrivain italien que je ne connaissais
pas et que j’ai découvert avec grand plaisir.
Montedidio est un très beau
texte en effet. Ce n'est pas qu'un conte de Noël, loin de là, mais ça peut aussi se lire comme tel. C’est le récit d’une année, vu par les yeux d’un gamin
napolitain à la fin des années 50 qui accède tout juste à l’écriture, à la
langue des autres, à l’italien qui vient se superposer au napolitain de ses
parents. Lui a été à l’école mais désormais il a treize ans et commence son
apprentissage de menuisier chez Mast’Errico. Il nous raconte le monde par ses
yeux d’adolescent sur un ton, avec des mots qui collent toujours parfaitement
au personnage, à son milieu, à sa culture. C’est écrit dans une belle langue, à
la fois simple, charnue et poétique.
Le narrateur nous fait
percevoir la vie dans le Naples populaire de ce temps là, les petits métiers,
la chaleur du petit peuple et de ses solidarités, il évoque les premières
nostalgies à l'idée de l’enfance qui s'éloigne et les bonheurs de l’entrée dans l’âge adulte, de tout
ce qui s’ouvre et s’offre aux jeunes forces adolescentes. Il évoque aussi
l’histoire récente, les temps de la guerre, ce qui peut en être perçu par lui à
travers ce qu’en dit le beau personnage discret et pudique du cordonnier juif
bossu (à moins qu’il ne soit ailé!), resté à Naples, arrêté là sur son chemin
vers Jérusalem au sortir des tourmentes de l’Europe centrale.
Le récit s’achemine vers les
fêtes de fin d’année, moment douloureux de la mort de la mère aimée mais aussi
moment de l’initiation amoureuse, de l’entrée dans la vie adulte. Pour le
passage à la nouvelle année, les personnages vont observer depuis la plus haute
terrasse de Montedidio, Naples embrasé de feux d’artifice, le jeune héros peut
y lancer son « boumeran » vers les étoiles, Maria sa jeune amoureuse
peut écarter l’ombre du méchant vieux qui la poursuivait de ses assiduités,
Rafannielo, le cordonnier juif peut s’envoler vers Jérusalem.
Cela fait un très joli conte de fin d’année. Je suis heureux après mes sentiments plutôt désenchantés de ces derniers jours de terminer mon année sur cette lecture dont j’ignorais qu’elle était ainsi de circonstance. C’est introduire par les mots, par la littérature, un peu de vraie magie de Noël, une magie qui, celle-ci, contrairement à celle dont nous rabâchent les marchands, n’est pas frelatée…
Que ce joli conte vous soit un viatique!
Excellente année 2007 à toutes et tous, lectrices, lecteurs et ami(e)s fidèles ou passant(e)s de hasard...
Commentaires
Tu en parles si bien de ce livre, que tu donnes envie d'y plonger dès le 1° janvier!
Belle année à toi, cher Valclair. Qu'en 2007 la réalité soit parfois encore plus belle que le rêve le plus fou. Amicalament.
Très belle année à toi. Qu'elle soit pleine de découvertes...;-)))
Tu nous donnes vraiment envie de lire, que dis-je de nous précipiter vers ce livre...
Très heureuse Année 2007 Valclair !
Pas étonnée du tout que ce livre te plaise...sûrement te ramène t-il à quelques " clefs de ta nostalgie "...telles que tu as su/pu les livrer ces derniers temps...
Val en Napolitain se serait quelque chose :))
Bons baisers de Paris et...une trés Bonne Année à toi !!
Merci de vos voeux, chères amies
Et une pensée particulière à chacune de vous
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