Confusion totale de mon esprit dans le trouble de l’éveil.

Des mots me viennent pour dire cette confusion et flottent en moi. Autant les écrire. J’allume, je prends mon carnet à côté de mon lit.

Déjà ça change. Vite, j’essaie de les retenir ces mots car déjà ils me fuient.

Il y a le fiston qui me dit : « Tu écris un journal intime » sans que je sache vraiment à son intonation si c’est une interrogation ou une affirmation. En tout cas je ne nie pas, je ne confirme pas. Je fais comme si je n’avais rien entendu. En même temps je réfléchis. Ou et quand a-t-il pu le lire ? Il n’est pas question d’internet mais plutôt de cahiers. Mais sur quelles pages a-t-il pu tomber ? Des pages récentes ? Celle où je parle de sa mère dans des termes pas forcément amènes ? Celle où j’évoque une certaine soirée qui doit avoir lieu bientôt ?

Mais, rien à faire, l’essentiel s’est effacé. Je sais maintenant que le fiston ne m’a pas dit : « Tu écris un journal intime ». Je ne suis plus dans cette situation où « je ne savais pas si j’étais un philosophe chinois rêvant qu’il est un papillon ou un papillon rêvant qu’il est un philosophe chinois », cette situation d’entre-deux qui m’avait semblé durer longtemps pourtant et où j’échafaudais. Il y avait une forêt de pensées. Mais à vouloir coucher les mots, je les ai perdus et j’ai perdu les pensées et j’ai perdu les images d’où je les échafaudais et qui pourtant étaient pléthore. Il ne me reste rien…

Décidément après un ricochet vide, un rêve et ses alentours qui s’en est allé…

Y a-t-il quelque chose que je cherche à me cacher à moi-même ?