11 mai 2007
Enfui!
Confusion totale de mon
esprit dans le trouble de l’éveil.
Des mots me viennent pour
dire cette confusion et flottent en moi. Autant les écrire. J’allume, je prends
mon carnet à côté de mon lit.
Déjà ça change. Vite,
j’essaie de les retenir ces mots car déjà ils me fuient.
Il y a le fiston qui me
dit : « Tu écris un journal intime » sans que je sache vraiment
à son intonation si c’est une interrogation ou une affirmation. En tout cas je
ne nie pas, je ne confirme pas. Je fais comme si je n’avais rien entendu. En
même temps je réfléchis. Ou et quand a-t-il pu le lire ? Il n’est pas
question d’internet mais plutôt de cahiers. Mais sur quelles pages a-t-il pu
tomber ? Des pages récentes ? Celle où je parle de sa mère dans des
termes pas forcément amènes ? Celle où j’évoque une certaine soirée qui
doit avoir lieu bientôt ?
Mais, rien à faire,
l’essentiel s’est effacé. Je sais maintenant que le fiston ne m’a pas
dit : « Tu écris un journal intime ». Je ne suis plus dans cette
situation où « je ne savais pas si j’étais un philosophe chinois rêvant
qu’il est un papillon ou un papillon rêvant qu’il est un philosophe
chinois », cette situation d’entre-deux qui m’avait semblé durer longtemps
pourtant et où j’échafaudais. Il y avait une forêt de pensées. Mais à vouloir
coucher les mots, je les ai perdus et j’ai perdu les pensées et j’ai perdu les
images d’où je les échafaudais et qui pourtant étaient pléthore. Il ne me reste
rien…
Décidément après un ricochet
vide, un rêve et ses alentours qui s’en est allé…
Y a-t-il quelque chose que
je cherche à me cacher à moi-même ?
Commentaires
on cherche tous à se cacher quelque chose...
parfois on trouve
parfois on a finalement pas tellement envie de trouver, parce que, au fond, tout au fond, on sait déjà ...
Bon, Marie a été plus rapide que moi, j'allais dire la même chose, à quelques mots près :-)
Comme Marie et Ex Nihilo...pareil :)
avec le sentiment peut être d'une culpabilité...
je comprends ta déception de sentir des vérités t'échapper...
parfois on dit quelque chose...
et c'est exactement l'inverse que l'autre entend
C'est bizarre...
Il n'y a pas de vérité, que des vérités
Et chacun croit que sa vérité est la bonne
A plusieurs degrés... Il y a les situations que tout le monde connaît. Mais tant qu'on n'a rien dit, on peut faire "comme si". Et comme le philosophe et le papillon. A partir du moment où une chose est dite et entendue, la réalité de la chose fait irruption. Ce ne sont pas forcément des vérités, juste une réalité, et là, au deuxième degré...
Toute réalité n'est pas facile à regarder en face de soi. Alors que, comme l'écrit Marie, on ne trouve pas, parce qu'on sait déjà. Mais voilà, ça arrive au conscient.
Ceci dit, c'est une manière aussi de se renvoyer des faits qui comptent, des pages qu'on a écrites, quelque chose qu'on attend... C'est fugace, ça a existé, c'est venu, ça viendra, et puis, c'est parti, au moins déjà dans l'écriture.
(Pas facile de s'exprimer sur tout ça...)
Moi aussi c'est le mot "caché" que je voulais faire sortir.
"Mais à vouloir coucher (cacher) les mots (les maux)...."
C'est toi qui sais.
toujours eu peur d'écrire ce que je ressentais sur un ptit book :-) ... ma mère l'avait trouvé étant jeune..et lue bien sur...donc depuis cela m'est resté en tête.....
Curieux ça, coucher-cacher je n'avais pas fait le lien sémantique!
Quant aux mots qui disent autre chose que ce que l'on pense (ou qui sont entendus différemment) bien sûr c'est fréquent. Les mots ou les pensées du rêve ont eux une polysémie, une toute puissance qui leur fait tout dire et c'est aussi pour cela que ces mots s'affacent, même si on ne veut pas les cacher, lorsqu'on veut les coucher, les cadrer, les couler dans les mots plus étriqués de l'état de veille.
je ne sais pas pourquoi ça me fait penser à l'histoire d'Orphée et Eurydice...
Orphée croit avoir sauvé sa muse, elle sort de l'ombre.. lui ne doit pas la regarder, mais il se retourne.. et elle disparait...
Alors il se retrouve face à lui même...
il me semble que c'est dans l'espace littéraire de M. Blanchot j'avais lu cette histoire...
Tu as du ressentir une forte émotion à l'idée que ton fils aie pu lire ton journal. C'est peut-être même ce qui t'a éveillé. C'est vrai que les rêves disparaissent très vite, une dizaine de seconde et pssss plus rien, nos neurones se remettent en place et effacent tout consciencieusement. C'est quelquefois très dommage...
Je crois que l'on a toujours quelque chose à se cacher soi-même...
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=74141&pid=4912265
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :