J’ai regardé hier« Lady Chatterley et l’homme des bois », la version télévisuelle du film de Pascale Ferran que j’avais fort apprécié au cinéma et que j’avais évoqué ici.

J’avais un peu hésité d’abord à regarder. Je suis toujours réticent à revoir sur le petit écran des films vus au cinéma, ayant souvent été déçu au point parfois d’affaiblir par cette seconde vision dans les mauvaises conditions de la télévision l’image que je pouvais garder d’un film. Mais là j’avais lu qu’il s’agissait d’un film différent puisqu’il est plus long de près d’une heure et que la narration y est traitée différemment, accordant une grande part à la voix off. Et puis j’étais dans la disposition d’avoir envie de me coller toute la soirée devant la télé, de me laisser aller un peu à la passivité de recevoir simplement des images.

J’ai aimé. Il faut se laisser bercer, sa laisser porter par la durée, même lorsque celle-ci à priori peut paraître excessive. C’est à ce prix qu’on rentre dans le tempo même de la relation des amants qui est tout le contraire d’un coup de foudre, un long apprivoisement. L’apprivoisement n’est pas seulement celui qui permet de conduire à la première relation sexuelle entre des personnes que les conventions sociales normalement conduisaient à ne pas se rencontrer, il se poursuit au-delà, c’est cela qui est beau surtout et magnifiquement rendu, la façon dont la sensualité s’enrichit à mesure qu’elle se charge d’une meilleure connaissance et reconnaissance des corps mais aussi de tout ce qui se construit dans une relation qui s’approfondit dans tous ses aspects et devient véritablement amoureuse. La longueur du film permet aussi d’accorder encore plus de place à la nature, d’inscrire la montée de la sensualité entre les amants dans les rythmes même de la vie au travers ses métamorphoses. Marina Hands est magnifique dans ce film, vraiment magnifique, j’aime qu’elle ne soit pas forcément en tous points conforme aux canons les plus classiques de la beauté mais qu’elle devienne justement d’une bouleversante beauté par la lumière qui émane d’elle, par les regards, par les sourires à travers lesquels s’exprime son simple, son merveilleux épanouissement.

Le traitement par la voie off est un peu curieux. Celle ci raconte le film au moment où il se déroule ou souvent en très léger décalé, l’évocation de l’action qui va survenir précédant de très peu son apparition à l’image. Cela crée une sorte d’effet de redoublement qui renforce l’attention, solennise l’action la plus simple, la magnifie. Mais à la longue tout de même je ne sais pas si le procédé ne devient pas un peu gênant, pesant, comme s’il nous indiquait ce qu’on doit voir. C’est surtout sensible à la fin du film mais comme je l’avais remarqué à ma première vision j’ai une réserve sur cette fin, alors une chose explique peut-être l’autre.

Le texte lu en voix off est assez blanc, purement descriptif, sans fioritures poétiques ou littéraires, je ne sais pas trop si c’est la reprise exacte du texte du roman, c’est possible, c’est à vérifier. C’est vrai que je veux relire ce roman, enfin le lire plutôt dans cette version, encore un livre de ma PAL à emporter en vacances, enfin une PAL encore virtuelle car il n’est même pas acheté.

J’en profite pour signaler le commentaire sue ce livre par Hélène dont j’apprécie toujours autant le blog « Vous aimez lire ? ».