Les échos de Valclair

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08 septembre 2007

Comptabilité vélibienne

Au cours de ces deux dernières semaines je me suis amusé certains jours sur mon chemin à comptabiliser les vélos personnels et les vélibs, ce fameux service de mise à disposition (presque) gratuite de vélos par la municipalité et dont j’imagine vous ne pouvez pas ne pas avoir entendu parler même si vous n’êtes pas parisien.

On s’amuse comme on peut ! En fait cette curiosité bizarre a fait remonter à moi des souvenirs d’enfance oubliés et plutôt agréables, de ces moments où dans les longs parcours automobiles on se lançait, ma petite sœur et moi dans des comptabilités variées, sur les types de voiture ou surtout sur leur provenance à partir des plaques minéralogiques.

Alors voici mes résultats, avec les lieux et les moments, le premier chiffre donne les vélos personnels, le second les vélibs :

Un soir de semaine vers 18 h rentrant du bureau, dans une zone périphérique : 27 ; 16

Un autre soir idem : 25 ; 8

Un jeudi vers 16h, entre deux réunions dans le centre de Paris, parcours dans le quartier latin et le quartier du Châtelet : 40 ; 29

Un samedi après-midi entre le secteur Italie et le quartier bibliothèque : 11 ; 21

Idem le lendemain dimanche : 21 ; 21

En partant au bureau un matin de semaine vers 8h30 : 17 ; 7.

Bon je vais arrêter là, ce petit jeu n’est amusant qu’un moment. Et il n’y a pas de quoi faire vraiment à partir de là une analyse du type et des lieux d’utilisation des vélibs. Mais ça me permet de conforter mes propres premières impressions.

Incontestablement il y a une augmentation de l’utilisation du vélo en ville qui n’est pas anecdotique ou marginale, quelles que soient les situations. Cela dit plus on est proche du périphérique plus la proportion semble baisser. Il y a pas mal de banlieusards qui viennent à Paris avec leur vélo, l’extension de vélib à la banlieue proche dont on parle serait sûrement un pas important. Enfin il semble, à voir les chiffres du week-end, que l’usage ludique et de promenade reste dominant.

D’ailleurs moi-même je n’ai presque jamais utilisé mon propre vélo pour aller travailler. Je mets 20/25 minutes à pied entre mon domicile et mon bureau, moins de 10 à vélo mais n’empêche je persiste à y aller à pied. Je ne sais pas trop pourquoi j’ai cette réticence. Peut-être parce que j’ai envie pendant ce sas de pouvoir me permettre de décrocher quasi totalement. Le vélo nécessite de conserver une attention plus grande que la marche, où l’on peut fonctionner quasiment au radar, en réservant son attention à un visage croisé, à la forme d’un nuage, à sa propre rêverie intérieure.

Je suis très content en tout cas de cette initiative de la municipalité. L’un dans l’autre ça ne peut que faire progresser l’usage du vélo, faire que les cyclistes se sentent moins isolés, plus forts, plus reconnus. C’est un mouvement qui est en cours depuis des années d’ailleurs, en lien avec la mise en place des pistes cyclables ou des voies partagées (quelle que soient les critiques qu’on puisse faire à certains cheminements ou aménagements très mal fichus). Moi qui ai quasiment toujours fait du vélo à Paris (mais toujours dans un contexte de promenade) je sens cette montée en puissance s’affirmer année après année, vélib tombe sur un terrain mûr. Cela dit ça peut avoir quelques effets pervers, en faisant oublier des risques qui restent présents, en donnant un sentiment de toute puissance au cycliste. L’an dernier j’ai bataillé dur avec le fiston, qui utilise son vélo quotidiennement pour aller au lycée et parfois dans le stress d’un départ « à la bourre », pour qu’il accepte de porter un casque et j’étais à peu près parvenu à le convaincre. Là c’est beaucoup plus dur, le casque reste sur son étagère. (Bon, je sais, moi-même je ne porte pas de casque !)

Il y a une grosse station vélib juste sous la fenêtre sur laquelle donne notre chambre. Il n’y a pas de doute, ça n’améliore pas la qualité du silence nocturne. Notamment à l’heure de fermeture des cafés et bars nombreux dans le quartier, l’abord de la station vélib est le dernier lieu où l’on cause et parfois de façon, disons, assez sonore quand les gens sont légèrement éméchés. On a même droit de temps en temps à d’assez jolis concerts de sonnettes. Mais bon de ça, je ne me plains pas, il faut bien qu’ils soient quelquepart ces braves vélibs, ça peut m’occasionner quelques insomnies supplémentaires mais il y a les bouquins et même, n’est-ce pas, il y a les blogs !

Posté par Valclair à 14:03 - Varia - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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