07 septembre 2007
Entrée en week-end
Ouf! J’en ai fini de ma
deuxième semaine de travail. Elle a été sérieusement corsée finalement. Un peu
comme chaque année, la première, que pourtant je redoutais, s’était révèlée
assez soft, l’équipe n’étant pas encore au complet, nos partenaires extérieurs aussi
n’étant qu’à moitié rentrés. C’est pendant la deuxième semaine que ça
s’accélère et sacrément, que surgissent les imprévus et les situations à
dénouer d’urgence, que je prends la mesure des difficultés qui risquent de
marquer l’année. Alors les journées sont plutôt longues, au point que je ramène
du travail à la maison ce qui est plutôt rare pour moi. Et comme en plus
j’avais pas mal de choses sur le feu dans le cadre de mon activité associative,
ça a fait beaucoup.
Du coup je n’ai pas mis le
nez chez mes blogamis depuis plusieurs jours, ni prolongé les explorations que
j’avais entamées sur de nouveaux continents de la blogosphère. Le peu de
lecture plaisir auquel j’ai pu m’adonner s’est concentré sur Green, que je n’ai
pas voulu lâcher, un petit paquet de pages chaque soir, à ce moment délicieux
où je me glisse entre les draps, où je ferme les écoutilles sur le présent et
sur les quotidiennetés, où je m’évade. Pour ça Green c’est mieux que les blogs,
il me porte plus loin ! Le voici rentré de la « Terre
lointaine », oscillant dans sa vie de jeune homme entre aspirations
religieuses et fièvre de désirs charnels, le voici entrant à petits pas dans le
monde littéraire du milieu des années vingt…
Mais enfin voilà ma semaine
est finie, j’ai terminé tout ce que j’avais à faire et pu préserver mon
vendredi après-midi, je suis rentré à la maison sans aucun dossier, voilà,
voilà, clôture côté boulot jusqu’à lundi matin. Je peux librement m’occuper du
reste.
03 septembre 2007
Frénésie cinéma
De la même façon que j’ai eu
à mon retour de vacances, après le sevrage de l’été, une forte pulsion de
découverte et redécouverte de sites de diaristes, j’ai eu aussi des grandes
envies de cinéma que j’ai concrétisées en voyant pas moins de trois films ce
week-end.
Ah, plonger dans la magie de
la salle obscure ! Ça a finalement assez peu à voir avec la vision d’un
film à la télévision. Il y a tout ce qui environne, cette attente, la lumière
qui s’éteint, les premières images. On entre en cinéma.
Cela dit je n’ai rien vu de
particulièrement inoubliable.
Je n’ai pas aimé du tout
« Naissance des pieuvres » quoique je reconnaisse un ton et sûrement
de la sincérité à la jeune réalisatrice. Mais je n’ai pas cru une seule seconde
aux personnages. Sans doute se veulent-ils stylisés et en partie
décontextualisés. L’absence radicale des parents, certainement volontaire pour
centrer le propos sur la seule subjectivité des jeunes filles est telle que
les personnages en deviennent peu crédibles. Je sais bien que l’adolescence est
compliquée, contradictoire, pleine de sautes d’humeur et de comportements
irrationnels et que l’approche de la sexualité notamment est souvent très
difficile, source de douloureux conflits intérieurs. Mais, et peut-être est-ce
ça qui m’a finalement surtout gêné, j’ai trouvé la représentation qui en est
donnée ici d’une froideur, d’une tristesse, d’une inhumanité glaçante, à
l’image de ces ballets de nageuses désincarnées, de ces couloirs nus de
piscine, de ces banlieues sans âme.
J’ai vu le dernier
Chabrol « La femme coupée en deux ». Ça ne peut pas être mauvais
du Chabrol, il y toujours une qualité de mise en scène, de bons acteurs bien
dirigés, une satire féroce des turpitudes et/ou des ridicules des puissants, qu’ils
soient parvenus médiatico-littéraires ou représentants d’une vieille
bourgeoisie à demi-dégénérée mais aux pouvoirs encore redoutables. On ne
s’ennuie pas vraiment, on ne passe pas un mauvais moment mais il y a eu des
Chabrol meilleurs, mieux rythmés, plus subtils, aux personnages plus finement
sulfureux, bref ce n’est pas un grand cru. Et puis sur le fond c’est toujours
un peu pareil, du Chabrol quoi.
Enfin hier soir j’ai vu
« Boarding gate ». Des trois films c’est celui que j’ai le mieux
aimé. C’est l’autre face de la mondialisation. Presque comme des lignes de
crédit qui basculent d’un simple clic, les personnages, particulièrement
l’héroïne principale mais les autres aussi, passent d’un côté de la terre à
l’autre. Ils sont sans attache et sans racine, l’amour existe peut-être mais
comme un attachement violent et essentiellement précaire, pas en tout cas comme
une relation véritablement humaine. La confiance entre les êtres n’existe pas
car la trahison est partout. Les êtres sont durs, terriblement seuls, portés à
une sorte d’incandescence douloureuse par les stimulants de tous ordres. Le
film est excellemment rythmé, les cadrages, la lumière, le son ne sont jamais
anodins, ils créent une ambiance d’urgence, de course assez désespérée, à la
vie, à la mort, dans ce monde violent et terriblement déshumanisé. Là deuxième
partie surtout lorsque l’héroïne se retrouve à Honk-Kong est excellente, le
rythme ne laisse aucun répit au spectateur et pourtant tout ça ne paraît jamais
gratuit et s’inscrit dans une sorte de poème, de lyrisme de la fuite qui est
très prenant.
Mais il n’y a rien dans ces
films qui m’ait conduit à l’émotion véritable, rien qui ne me mette de la joie
ou éventuellement de la tristesse au cœur d’une façon à ce que je me sente
enrichi. Je préfère infiniment les films dans lesquels je retrouve une humanité
à ma hauteur. Au fond j’aime ce qu’on pourrait appeler des films humanistes
même si le terme fait un peu vieux jeu dans notre climat post moderne. Bref le
modeste « Fils de l’épicier » (que j'ai à peine évoqué personnellement mais vous pouvez voir l'appréciation de Fauvette très proche de ce que j'aurais pu écrire) est pour moi de bien plus de prix que
ce Chabrol aux recettes éprouvées ou que ce brillant « Boarding
gate ».
Là c’est du spectacle.
Parfois du bon spectacle. Mais du spectacle seulement. Une distraction, un
divertissement au sens fort, quasi pascalien, de ces mots. Quelque chose qui occupe mais du coup
détourne de ce qui pourrait être plus essentiel.