13 janvier 2008
Incarnation
Je faisais ce matin un petit
zapping dans le blogomonde, une tournée des blogamis que je n’ai guère été
visiter ces derniers temps. Je suis dans une phase où j’ai pris un peu de
champs par rapport à internet et à l’écriture, vous le voyez d’ailleurs, il n’y
a pas beaucoup de billets chez moi depuis ce début janvier même si les sujets
sur lesquels j’aimerais me pencher ne manquent pas.
Bref, ainsi me promenais-je,
un peu distraitement, avec la radio en fond sonore...
Je suis arrivé chez Ondine.
Je n’avais pas encore vu ses vœux et le cadeau
qu’elle nous fait pour ce passage d’année. J’ai lancé. J’ai éteint la radio
évidemment. Je me suis mis à écouter, à écouter vraiment. Malgré la sonorité un
peu défaillante liée sans doute à l’instrument sur lequel elle a joué, ou
peut-être justement à cause de cette imperfection qui donne la vérité d’un
moment plus que ne le ferait un enregistrement épuré, nettoyé,
professionnalisé, c’était une présence tout à coup qui m’était donnée. Beaucoup
plus forte que dans les mots. Comme une incarnation. Merci Ondine.
C’est étrange la force de ce
sentiment de proximité au moment où arrive le son. Il y a des formes diverses
de progressive dévirtualisation avant que, peut-être, on ne finisse par
rencontrer les personnes en face à face. La photo que l’on échange en est une.
Mais le son, qu’il soit celui de la voix ou, ici, celui transmis par les doigts
courant sur les touches du clavier musical, me paraît intensément plus puissant,
plus charnel.
Je me souviens d’avoir eu
déjà ce sentiment, il y a longtemps à l’échelle d’internet. C’était Lou, je ne
sais si elle s’en souvient, il me semble que c’était pour souhaiter des vœux
mais je n’en suis plus très sûr, en tout cas elle disait une courte phrase et
en un instant elle était là, avec la rondeur de sa voix, avec son accent
québécois, ça m’avait fait une impression incroyable, le sentiment d’une
première et puissante dévirtualisation en un temps où ma pratique d’internet ne
m’avait encore fait rencontrer personne.
Depuis Ondine a mis aussi un
prélude de Debussy arrimé à sa jolie nouvelle « ce que dit le vent
d’ouest » et à la météo québécoise du moment, ici la sonorité est
parfaite.
Commentaires
Euh... je rougis assez férocement à la lecture de ce billet (dont la mise en ligne m'a été soufflée à l'oreille par mon technicien du son)... De m'incarner ainsi, de la sorte, n'était même pas prémédité quand j'ai enregistré, les yeux brillants, deux pistes (l'autre viendra éventuellement).
Après hésitation, je me suis dit que, de cette façon, je pouvais faire un pas vers la réalisation de l'un de mes rêves 2008 i.e. m'assumer à la fois comme pianiste et auteur de fiction. À travers Mozart, c'est moi toute entière, sans fard, hier comme demain et ce, même si, bien sûr, je changerais des trucs si je le réenregistrais de nouveau aujourd'hui. Merci de cette écoute, de cet accueil.
P.-S. Le Debussy est tiré d'un CD, ce qui explique la sono exceptionnelle... Dans quelques mois, je l'aurai fait mien, lui aussi, tout comme l'Ondine de Debussy, pièce que j'aurais certainement enregistrée si j'avais eu un vrai piano sous les doigts. (Mon pseudo n'a pas été choisi au hasard!)
Peut-être que cette absence de préméditation est aussi un élément qui s'entend ou se devine ou s'invente dans l'écoute et qui lui rajoute une part de son charme... Sourire...
Je me souviens très bien du message sonore de Lou, et j'avais trouvé l'idée excellente. Le son incarne, dévirtualise l'auteur des mots que nous lisons.
La formule musicale d'Ondine joue ce rôle...
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