18 février 2008
Les deux faces de mon dimanche
Hier persistait sur Paris ce
beau temps froid et sec qui s’est installé dans la durée. Bon, je sais, il ne
pleut pas assez, on commence à parler de déficit pluviométrique et de nappes
phréatiques qui se renouvellent insuffisamment, mais ne boudons pas ce qui par
contre peut mener à notre plaisir de promeneur…
Et j’en ai bien profité hier
en effet.
Nous avons été marcher à
Fontainebleau. Cette forêt est un magnifique terrain de jeu, par sa variété,
les zones de grandes futaies, les bassins sableux, les platières surélevées,
les buttes dont certaines sont assez raides, les fameux rochers enfin, où, dans
un autre temps, nous nous entraînions à la varappe. On s’est contenté de
marcher cette fois-ci mais c’était une vraie marche de toute la journée, de
celles dont on rentre en sentant ses muscles. On est recru de bonne fatigue, on
sent que la machine a bien tourné, qu’elle s’est décrassée, mise en condition
aussi pour la semaine de raquettes qui nous attend début mars dans les neiges
balkaniques.
Il m’en faudrait plus des
journées comme celle-ci ! Elles me font le plus grand bien. Mais il faut
assumer ce qui va avec. S’obliger à se bousculer le dimanche matin, alors
qu’avoir une matinée pour prendre son temps c’est aussi très précieux, assumer
le temps de bagnole pour aller sur place et surtout le temps de retour
inévitablement marqué par des embouteillages, ce sas obligé qui nous fait
sentir à quel point, dans notre quotidien urbain, on est loin de la campagne et
de la nature.
Nos promenades virtuelles,
quels que soient leurs charmes, n’atteignent pas au bonheur du corps qui
simplement se meut dans l’harmonie.
Pourtant en rentrant je me
suis replongé dans les plaisirs des promenades internautiques. J’ai passé un
très agréable moment à faire défiler les signatures musicales posées par les
uns et les autres et qu’Ondine a organisé dans un véritable concert sur sa
terrasse musicale. Je m’y suis promené, basculant d’une ambiance à une autre,
retrouvant des morceaux très connus mais en découvrant d’autres aussi, devinant
derrière les musiques un petit peu de celles et ceux qui les ont déposés. J’ai
complété mon écoute à allant voir des blogs que pour beaucoup je ne connaissais
pas. Et j’ai aussi pas mal navigué en glissant de cercles en cercles à partir
de l’onde de tags qu’a également relayé Ondine. Certains de ces sites m’ont
accroché, d’autres moins, ce qui est normal. Certains me donneraient l’envie
d’aller y voir de plus près. Et je sais que je pourrai difficilement le faire.
C’est là la limite du plaisir et c’est là qu’il peut se muer en
frustration : on est devant des potentialités infinies mais le temps
manque. On ne fera qu’entrouvrir beaucoup de ces lucarnes, on les refermera
très vite non sans une pointe de regret.
Ondine est dans une phase
très active de mises en liens internautiques. C’est très sympathique et je me
réjouis de tout ce qu’elle fait, de tout ce qu’elle crée, de ces liens
merveilleux que l’on pourrait saisir, actualiser, faire sien. Mais il faut
savoir baliser le temps. Ondine l’a bien senti d’ailleurs, en évoquant au
travers d’une lumineuse promenade, cette sorte de « post-partum » à
laquelle elle s’est trouvée confrontée après son intense plongeon en
sociabilité internautique.
J’ai pu associer dans mon dimanche le plaisir tranquille de mon pas dans la forêt et le plaisir du voyage et des mises en lien par écran interposé sans qu’ils soient en concurrence, sans qu’ils n’entrent en collapsus temporel. L’un a su équilibrer l’autre et c’était bien.
(Les photos sont cliquables)
Commentaires
AH! les photos sont magnifiques...
et elles témoignent en effet d'une merveilleuse balade ensoleillée
Je suis allée me promener aussi en forête de Soignes, hier, et les étangs étaient gelés au matin, même si par après un soleil pourtant froid a réchauffé l'eau...c'était magique
Une synthèse en douceur de ce qui attend un internaute au charisme aussi rassembleur que celui d'Ondine. Son initiative restera dans les annales! Et parlant du temps, en général, les billets postés le dimanche dans les blogs que je fréquente portent en eux l'aura de cette pause céleste qui est tant appréciée chez les voyageurs de ce monde, virtuels ou pas. Train de vie oblige et planète tournant à une vitesse qui nous éloigne de notre propre personne, il faut ouvrir la boîte invisible du temps (boîte de Pandore ?) et oser méditer tant qu'il fera jour.
Merci pour ces mots, cette promenade chez toi. En ébullition toute la nuit sur un autre projet (pas bloguesque) qui finalement, sera peut-être mort-né à cause de mauvaise volonté de la part de ceux qui m'avaient contacté jadis pour l'assumer (les délais sont très serrés). Parfois, il faudrait apprendre à arrêter le temps et apprendre à vivre.
Oui Coum c'était beau. Et j'ai pensé aussi aux forêts ardennaises au-dessus d'Hurtebise, me disant qu'elles devaient être bien belles dans ce clair temps d'hiver, pensées-souvenirs !
C’est joli Claudio ce que tu écris et ça porte loin, au-delà de l’aspect plaisant et sympathique de ces liens par la grâce de la musique et d’une talentueuse organisatrice.
Je connais bien ce que tu dis, Ondine! Il m'est arrivé plus d'une fois de m'investir dans des projets au-delà du raisonnable, de ne pas savoir à temps renoncer . La juste persévérance peut se transformer en acharnement absurde. Là aussi il faut apprendre le lâcher prise.
Bonjour
Bonjour,
Je viens sur votre site depuis celui de Samantdi. "Valclair", cela me disait quelque chose. Vos archives remontent à 2005, je suis pourtant à peu près certaines d'avoir lu quelques billets de vous il y a quatre ans. Je crois même me rappeler que le fond de page était bleu clair, et que vous militiez pour la publication libre. Militantisme noble d'ailleurs, et heureusement qu'on a internet pour ça.
Pour en revenir au sujet qui nous intéresse ici, je trouve moi aussi assez déplacé cette initiative de Monsieur Sarkosy, car je suppose que si à l'âge de dix ans on m'avait imposé cela, ça m'aurait inquiétée.
Cela dit, c'est tout à fait dans l'esprit moderne de notre société actuelle, en pleine dérive...
Cordialement,
Dzana
Pardon
Toutes mes excuses, le commentaire ci-dessus était dédié à l'article précédent "Fuite en avant"...
C'est exact, Dzana, j'ai commencé à écrire en ligne en janvier 2003, les archives sont accessibles d'ici par le lien "Valclair l'ancien".
Bienvenue par ici en tout cas.
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