Les échos de Valclair

Scènes de vie, pensées, rêveries, promenades et voyages, l'intime se dessine à travers le quotidien, livres lus, films vus, réflexions sur la littérature et l'écriture...

08 mai 2008

En Mai, fais ce qu'il te plaît

Je ne bouge pas de Paris ce week-end malgré mes envies de verdure, de grande marche dans la nature. De toute façon je travaille demain matin et puis Bilbo planche toute la journée, la grosse épreuve des ENS, six heures d’affilée, bon courage, p’tit gars.

Mais je ne peux pas me plaindre. Je me suis installé sur ma terrasse, je bouquine dans le soir qui tombe et j’ai sorti mon ordinateur aussi. Il fait bon. Il fait calme. Tous nos voisins dans notre petite copropriété sont partis. Quelques chants d’oiseau, deux chants très différents, l’un qui est plutôt pépiements, l’autre roulades, mais je suis incapable de savoir à quelles espèces ils appartiennent.

J’ai interrompu ma lecture et me suis mis à écrire parce que j’avais envie de retenir l’instant.

Enfin le retenir ! Je sais bien que c’est vain. Disons le conscientiser un peu plus.

L’heure tourne d’ailleurs. Un soupçon de vent s’est levé. La nuit commence à tomber. Je mets un pull over léger. Deux trompettistes passent dans la rue et jouent l’aubade sur la place…

Je voulais évoquer cet après midi aussi…

Longue promenade à vélo dans le sud de Paris et en bord de Seine. Puis déambulation à pied et photos dans le parc André Citroën où je n’étais pas revenu depuis assez longtemps. J’aime bien ce parc. Un peu comme celui de Bercy, il est caractérisé, outre par sa grande pelouse au milieu de laquelle trône l’aérostat qui permet de s’élever au-dessus de Paris, par quantité de micros jardins aux styles et aux aspects totalement différents permettant de changer d’ambiance en quelques pas, permettant de choisir le lieu où se poser, pique-niquer, bouquiner ou se câliner…

Depuis une petite terrasse d’où je photographie des fleurs et des perspectives, j’aperçois en contrebas un couple allongé sur un banc. La fille qui porte un seyant maillot de bain noir est allongée sur le dos, sur son compagnon. Les bras de l’homme reposent sur le buste de la jeune femme, il lui caresse doucement les flancs et les seins. Elle est immobile, enfin presque, elle remue le bassin très légèrement et on devine bien à quel ferme et agréable contact son postérieur s’échauffe. Il n’y a nulle provocation, nulle vulgarité, nul exhibitionnisme. Le mouvement est à peine perceptible, sans doute faut-il un œil musard, aiguisé et quelque peu voyeur comme le mien pour le repérer. Un instant j’ai la tentation de faire une photo. La fille m’a repéré il me semble et me suit des yeux. Je n’ose pas tourner mon objectif vers elle et m’éloigne. Qui sait, peut-être en aurais-je accru son plaisir !

Sur l’esplanade il y a les jets d’eau qui se déclenchent par intermittence. Il y a beaucoup de monde tout autour, dans une ambiance bord de plage. Ça chahute ferme, les gamins vont s’asperger sous les jets et pas que les gamins d’ailleurs. J’aurais eu un maillot je crois bien que j’y serais allé aussi. Il y a ce panneau aussi qui m’amuse tant il n’est pas respecté. Il a manifestement non la fonction d’interdire vraiment mais celle de dédouaner la municipalité en cas d’accident. La foule nargue le panneau. Tout fout le camp ma bonne dame ! Ah mais n’oublions pas, c’est le joli mois de mai, interdit d’interdire, en mai fait ce qu’il te plait…


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Posté par Valclair à 23:46 - Promenades et voyages - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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