Les échos de Valclair

Scènes de vie, pensées, rêveries, promenades et voyages, l'intime se dessine à travers le quotidien, livres lus, films vus, réflexions sur la littérature et l'écriture...

14 mai 2008

Moment supendu

Je me suis enfui du bureau plus tôt que prévu. Je vais aller au cinéma tout à l’heure. Je suis un peu en avance pour la séance. Je suis passé devant la Sorbonne. Il y a une délégation d’enseignants qui protestent contre les expulsions de lycéens sans papier. Je devrais me sentir concerné, m’arrêter pour discuter, pour appuyer, mais je passe mon chemin...

Je vais m’asseoir dans le square de Cluny. La rumeur de la circulation sur le Boulevard Saint Germain est présente mais atténuée toutefois. Des moineaux tourbillonnent et pépient autour de moi. L’air sent la verdure neuve. Les toitures pentues du Musée brillent sous le soleil, le bâtiment m’apparaît dans la découpe du feuillage du haut marronnier à l’ombre duquel je me suis assis. C’est une belle image qui est dans mon champ de vision. Je n’ai pas mon appareil photo pour la restituer. Mais je la photographie mentalement. Non pour tenter de la conserver. Plutôt pour m’en pénétrer plus intensément dans l’instant.

Je lis de beaux textes d’une diariste que j’ai imprimé ce matin au bureau. Elle y parle de la douleur, des amours, de la mort, du temps qui fuit inexorablement mais aussi de la vie qui continue et qu’il faut saisir dans sa fragilité. Ces mots ne rendent pas un son triste, ils sont empreints de sérénité, les douleurs sont présentes mais comme mises à distance, comme enveloppées d’une aura de sérénité, de mélancolie douce mais colorée. Comme un climat de belle fin d’après-midi d’été...

C’est cette lecture qui m’a mené à mes propres songes dans ce jardin paisible et qui m’a fait sortir mon carnet pour y inscrire ces quelques mots que je retranscris ce soir ici tandis que l'orage gronde sur Paris.

Posté par Valclair à 19:55 - Varia - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1