30 avril 2009
Je reviens...
Après un nouveau et riche week-end prolongé en province dont je parlerai peut-être, me voici cette fois revenu pour de bon à Paris. J’y ai retrouvé mes rythmes normaux, le bureau en premier lieu où le boulot est plutôt intense après deux semaines de break, non sans avoir laissé dans un premier temps dormir encore un peu mon blog, ma blogovie et tout ce qui tourne autour. Je n’avais pas rouvert mes échos depuis que j’ai déposé mon dernier billet. Ça c’est plutôt rare, je n’étais même pas allé voir si j’avais des commentaires. Alors ne parlons pas des autres blogueurs, je n’avais même pas été lire mes plus proches blogamis.
Ça fait du bien de se sentir un peu de côté pendant quelques temps, de laisser tout ça à distance. Mais là je reviens, j’ai repris tout doucettement ma tournée des blogs, écrit ces quelques lignes qui restaient en suspens à la suite de mes lectures de voyage.
Je suis parvenu à finir « Train de nuit pour Lisbonne ». Mon impression s’est confirmée malheureusement. Je ne suis pas plus parvenu à accrocher sur la fin que sur le début. Le récit est construit jusqu’au bout selon le même procédé et c’est justement ce côté procédé qui est lassant, fastidieux.
J’ai relu aussi « Villa Amalia ». Ma relecture confirme totalement mon impression première. Les 3° et 4° parties sont bien moins bonnes que le début, elles partent dans tous les sens en multipliant les personnages, en complexifiant inutilement l’histoire, en suggérant des interprétations psychologisantes inutiles. Elles décentrent l’attention de ce qui est le cœur du livre, cette femme « qui veut éteindre la vie qui précède » et qui renaît. Mais ce n’est pas un hasard si l’impression globale que j’ai retenu alors que ma lecture s’éloignait dans le temps est favorable car c’est du début du livre qu’on conserve fortement le souvenir, le reste s’éloignant très vite.
Et le film me fait la même impression. Alors que j’en étais sorti avec certaines réserves, celles-ci s’éloignent et ne reste que la force d’ensemble. Rarement un film m’aura semblé aussi fidèle à l’esprit d’un livre. J’ai même envie de dire si j’ose le paradoxe qu’il est plus fidèle à l’esprit du livre que le livre lui-même ! Cela tient précisément à ce qu’il se centre sur le processus de mutation de la femme, à ce qu’il taille largement dans la fin, réduit les personnages et les évènements annexes, conservant de ceux-ci essentiellement l’apparition du vieux père (dans une scène d’ailleurs très casse-gueule, tellement improbable que l’on se demande si l’on va accepter d’y croire, si l’ensemble ne va pas basculer dans le ridicule larmoyant, mais une scène qui passe finalement et se charge d’une grande émotion). Le film repose vraiment sur Huppert admirable pour montrer, faire ressentir le personnage sans l’expliquer, exactement comme dans le livre. Je suis frappé de lire dans le livre « une femme dont le corps changeait pas phase » après avoir écrit à propos d’Huppert dans le film : « elle est étonnante par les métamorphoses de son corps et de son visage ». Quel meilleur signe que l’esprit du livre et du personnage est parfaitement respecté que de retrouver à posteriori dans le livre un élément qui d’emblée m’avait frappé dans le jeu de l’actrice.
*
*
*
A peine la reconnait-on entre les photos ne trouvez-vous pas? Extraordinaire capacité à exprimer à travers le corps et le visage même ce personnage qui change.
22 avril 2009
Récit de voyage
Comment parler d’un
voyage ?
On peut être dans le récit
au jour le jour, les lieux traversés, les endroits visités, tel jour telle
promenade, tel château, tel musée mais je me dis qu’on risque à procéder ainsi
à être fort ennuyeux pour le lecteur, autant que pouvaient l’être les
interminables projections de diapos retour de voyage.
Portant ces mémentos ont
pour soi de l’intérêt, comme le légendage des photos pour aider la mémoire à
s’y retrouver (ou donner à la mémoire l’illusion de s’y retrouver ?) pour
garder les noms en tout cas, quand les images, du fait même de la succession
rapide des lieux visités, commencent à se mélanger, à s’interpénétrer.
Alors je donne ces mémentos
en essayant de les faire assez brefs et pas trop pesants, recopiant juste les
notes lapidaires que j’ai jetées au soir le soir sur mon carnet.
Mardi 14 : après
l’Eurostar, journée à Londres, balade dans le quartier de Bloomsburry, visite
rapide au British Museum, promenade et sandwiches dans Regent’s Park puis le
train de nouveau jusqu’à Cambridge. Installation au B and B puis retrouvailles
avec le fils au bord de la Cam, nous allons découvrir la maison où il vit en
colocation puis allons dîner au pub juste à côté de chez lui.
Mercredi 15 : Temps
mitigé. Promenade dans Cambridge et visite de certains colleges que nous
n’avions pas vu la dernière fois, Trinity puis Jesus. L’après midi visite d’une
expo sur l’histoire de Cambridge dans la bibliothèque (un affreux bâtiment,
oui, il y en quand même quelques uns !) puis nous traçons à pied notre
route le long d’une piste cyclable vers West Cambridge pour aller récupérer
notre physicien à son labo après sa journée de travail : nous y visitons
un petit musée d’instruments scientifiques anciens qui évoque aussi quelques
uns des savants qui sont passés ici, puis allons voir les espaces concrets où
il travaille, son bureau, ses matériels, certaines salles d’expériences, et
nous nous efforçons d’imaginer ses conditions de vie et de travail qui me
paraissent je dois dire assez merveilleuses et qui me font rêver.
Jeudi 16 : Le temps
s’est gâté. Nous allons chercher notre voiture de location à la gare. Constance
est à la conduite, moi au copilotage. Légère anxiété pour le basculement dans
la conduite à gauche, d’autant que nous empruntons des routes moyennes mais au
trafic très dense, que nous suivons un itinéraire assez compliqué et que le
ciel nous gratifie d’une pluie de plus en plus soutenue. Vagues pensées :
qu’est ce que je fous là ? Arrêt à Woburn Abbey, qui n’a rien d’une
abbaye, sinon son origine. C’est un immense château de la grande aristocratie
anglaise au milieu d’un vaste domaine où vivent de nombreux troupeaux de cerfs.
La bâtisse à l’architecture plutôt lourde n’est pas très belle mais les
collections accumulées par les ducs de Bedford depuis le 16° siècle sont
impressionnantes.
Vendredi 17 : Nous
visitons Oxford. La zone centrale autour de la Bodleian Library, le
Christchurch College puis Madgalen College. Il y a de très belles choses bien
sûr mais j’ai le sentiment d’un ensemble moins harmonieux qu’à Cambridge, d’une
ville un peu moins agréable à vivre. L’architecture ici me paraît plus
pompeuse, plus austère, plus fermée, tous les collèges sont entourés de hauts
murs et pas comme souvent à Cambridge de grilles laissant passer le regards. On
a l’impression à Cambridge d’une symbiose plus grande entre la ville, les
collèges, les parcs. Ici on a plutôt l’impression de trois secteurs, les
collèges et bâtiments universitaires au centre, donnant d’un côté sur la ville
et ses grandes rues animées, de l’autre sur les parcs et les bords de la
Tamise. Mais bon, il faut reconnaître aussi que les conditions de notre visite
sous la grisaille voire sous la pluie nous donnent forcément une impression
moins riante que de Cambridge vu sous le soleil.
Samedi 18 : Château de
Blenheim : c’est une autre demeure de l’aristocratie anglaise, le château
est encore plus demesuré que celui de Woburn. Construit au début du 18° siècle,
il se voulait en concurrence directe avec Versailles (John Churchill, fondateur
de la famille, a reçu son titre de duc de Malborough, la terre et les fonds
pour construire la château à la suite d’une victoire décisive remporté contre
Louis XIV vieillissant en 1704, un moment de basculement qui signe pour les Anglais
la fin de la suprématie du Roi Soleil). La encore cette lourde architecture de
baroque anglais n’a rien de bien élégant et les collections ici sont moins
importantes qu’à Woburn (famille plus récente, moindre temps d’accumulation de
richesses !) mais le parc est extraordinaire, un parc qui est recréation
de la nature et du paysage (vaste lac, cascade, ponts, bouquets de grands arbre
savamment disposés). Nous avons fait une longue promenade dans ce magnifique
espace, sous un temps redevenu beau, découvrant ainsi de loin des perspectives
sur le château telles qu’on finit par le trouver beau lui-même.
Dimanche 19 : Nous
profitons du dimanche pour emmener fiston avec nous dans une grande excursion
au nord de Cambridge. Nous traversons la région des Fens, zone très basse
d’anciens marais devenu terre agricole par d’importants travaux de drainage,
nous nous arrêtons à King’s Lynn, un ancien port un peu l’abandon mais où
persiste une ambiance maritime, nous allons ensuite nous perdre sur de toutes
petites routes de campagne pour voir quelques églises de campagne réputées,
Walpole Saint Peter notamment où nous nous arrêtons un long moment pour nous
imprégner de cette ambiance de campagne anglaise . Nous visitons pour finir la
magnifique cathédrale d’Ely.
Lundi 20 : Nous avons
rendu la voiture et retrouvé notre légèreté de piétons. Le temps est toujours
splendide et devient même chaud. Nous visitons le jardin botanique, faisons de
longues stations sur les greens et au bord de la Cam, montons au clocher de
sainte Mary et visitons deux collèges qui manquaient à notre collection Queen’s
et Emmanuel. Le soir nous allons dîner chez le fiston, occasion de boire
ensemble la bonne bouteille que nous avions emmenée de France.
Mardi 21 : Pour notre
dernière journée nous retournons à Saint John, à coup sûr l’un des plus beaux
ensemble de Cambridge puis visitons Pembroke college. Dans le train du retour
je dévore « La proie pour l’ombre » un petit polar de P.D. James,
délicieusement british, et que j’avais embarqué surtout parce qu’il se passe
précisément à Cambridge, ce qui m’a permis de me resservir une bonne resucée du
lieu et de ses ambiances tandis que je m’en éloignais.
Voilà ça c’était le mémento.
Il faudrait y rajouter des notes plus subjectives, plus « intimes »,
des petits moments attrapés au vol, des moments suspendus de conscience, un
voici parmi d’autres sur lesquels j’avais pensé écrire :
Ainsi Oxford, le soir, pub
au bord de la Tamise, nous sommes bien placés, face au comptoir, je me plais à
observer les gens qui viennent commander, les tablées autour de nous, ce jeune
couple tout à coup dans lequel je ne sais quoi accroche mon regard, si je sais,
une certaine volubilité joyeuse du garçon, un éclat très vif du regard de la
fille au demeurant fort jolie, je sens qu’ils sont en train de se séduire, on
entendrait presque les phéromones voler (enfin ça ne fait pas grand bruit quand
ça vole ces petites choses !), ils ne se touchent pas, ont l’air de mener
une conversation très sérieuse mais je devine le sous-texte comme si j’étais
entre eux, petite souris discrète ou homme invisible captant leurs pensées.
J’ai envie de dire : allez-y bon sang, prenez-vous la main, tombez dans
les bras l’un de l’autre, vous en mourrez d’envie. Mais peut-être ont-ils aussi
l’un et l’autre le souhait de faire durer ce moment, le plus délicieux, celui
de l’attente, lorsqu’on pressent qu’elle va être satisfaite. A moins aussi que
tout simplement, porté par ma rêverie, je ne me raconte une histoire qui n’est
que dans mon imagination, mais ça ne fait rien, j’adore me raconter ce genre
d’histoire !
Ensuite en sortant, malgré la pluie, nous avons décidé de marcher un peu le long de la Tamise, dans la nuit presque entièrement tombée. Derrière nous les lumières du pub que nous venons de quitter, les formes fantomatiques des clubs d’aviron sur l’autre rive, les pelouses de Christchurch qui basculent dans la nuit, le très grand calme, l’animation qu’apporte seulement les mouvements de quelques oiseaux, le sentiment d’une très grande présence au monde, à l’instant présent puis soudain le vol d’un cygne, un vol à ras de l’eau, les ailes battant même la surface. Puis alors, un flash, la remémoration d’autres cygnes, paisibles ceux-là, glissant sur l’eau, les cygnes de Lisbonne, c’était il y a trente ans, quelqu’un qui en a lu l’évocation que j’en faisais m’en a parlé récemment, alors les voici eux aussi qui reviennent, étranges cheminements des rêveries, j’aime ces moments de conscience…
Pas mal le cadre, pour étudier!
Pas mal le cadre, pour étudier! bis
L'heure de la pose picnic
Saint John
Floraison printanière
Église de campagne
Les photos sont cliquables, mais diable, pourquoi ne veulent-elles pas se centrer aujourd'hui, ce sont les mystères de canalblog!
14 avril 2009
Dans l'eurostar
Quand je suis sorti dans la
cour ce matin, à six heures et demi il faisait nuit encore, un merle solitaire
chantait, il faisait doux et Paris même sentait bon, une bonne odeur de
floraison, une odeur de printemps. J’attendais pour fermer la maison que
Constance en soit sortie et ce fut un bref mais un joli moment d’avant départ…
Nous partons en voyage et
comme toujours maintenant je ressens une certaine ambivalence. Ce n’est plus
comme autrefois l’enthousiasme des départs. Il y a toujours une pointe
d’inquiétude. Qu’est-ce qu’on a oublié ? Comment va se passer ce
séjour ? On va voir le fils certes mais au-delà qu’est-ce qu’on va
chercher dans l’ailleurs, dans l’accumulation des visites touristiques ?
Et puis il y a tout ce que je laisse en plan, des quantités de choses que je
voulais faire et que je n’ai pas eu le temps de terminer avant de partir sans
parler même de ce que me coûte la mise à distance de mon cyber monde, de mes
relations, de mes affections.
Maintenant il est huit heures
et l’eurostar file à travers la campagne et j’ai l’impression d’être entré,
comme chaque fois dès que le départ est effectué, sans réserve dans le plaisir
du voyage, laissant de côté mes inquiétudes. Le disque tout rond du soleil
perce à travers la brume, je pense qu’une belle journée s’annonce.
Hier soir après avoir posté
mon billet j’ai eu la curiosité d’aller relire ce que j’écrivais sur Villa
Amalia. Je gardais le souvenir d’un livre qui m’avait beaucoup plu, ma note me
montre que mon impression première était beaucoup plus mitigée. Du coup j’ai
rajouté précipitamment ce bouquin dans mon sac pour le relire et c’est ce que
je vais commencer à faire là dans le train. Je me sens bien plus motivé que par
le Pascal Mercier qui est là aussi à côté de moi…
13 avril 2009
Un livre que je n'aime pas
J’avance laborieusement dans
la lecture de « Train de nuit pour Lisbonne » de Pascal Mercier.
Je n’accroche pas sur ce
bouquin que pourtant beaucoup ont apprécié. Ça m’ennuie de dire ça, parce que
c’est un livre estimable, écrit avec soin, dont le sujet est intéressant et qui
regorge d’idées ou de formules qui font penser. Mais ça ne passe pas et
j’essaie de voir ici pourquoi.
Le récit est l’histoire de
Raimund Grégorius un professeur suisse de lettres anciennes, un homme
exclusivement, caricaturalement, homme de tête et homme de livres (« celui
que ses collègues haineux appelaient papyrus parce qu’il avait plus vécu dans
les vieux livres que dans la vie ») qui ressent après une rencontre
mystérieuse un appel irrésistible vers une autre vie. Pour y répondre il
abandonne brutalement ses étudiants, ses collègues, ses livres, bref tout ce
qui faisait sa vie et se rend à Lisbonne à la poursuite de Prado, un médecin et
écrivain portugais mort depuis longtemps. Il mène son enquête en rencontrant
des personnes qui ont connu Prado et en méditant à partir d’extraits de son
œuvre. Il fait ainsi progressivement sortir des limbes un personnage qui lui
apparaît comme une sorte de maître qui lui serait destiné, et comme une image
de ce qui aurait pu être une potentialité de sa propre vie.
J’ai l’impression que le
récit suit un schéma trop simple et c’est ça qui m’ennuie. On assiste à une
sorte de voyage initiatique sans véritable surprise. Bien sûr chaque nouvelle
rencontre fait découvrir des aspects insoupçonnés de Prado mais on sait qu’il
va en être ainsi de rencontre en rencontre.
Quant à Grégorius beaucoup
de ses caractéristiques sont un peu caricaturales et les effets de l’initiation
paraissent téléphonés : ainsi portait-il de grosses lunettes inélégantes,
à peine arrivé à Lisbonne, il rencontre une opticienne qui lui fournit de
nouvelles lunettes légères qui modifient sa physionomie, il portait des
« nippes usées et déformées », le voici poussé par on ne sait quelle
impulsion à aller se choisir un joli costume dans un magasin.
Le récit apparaît donc comme
trop démonstratif. Est-ce parce que c’est un livre de philosophe et pas un
livre d’écrivain, qu’il est construit à partir d’une idée et pas à partir du
chatoiement de la vie ?
Je tiens à le terminer
pourtant. J’aurais des scrupules à ne pas aller au bout, à la fois par respect
pour le travail de l’auteur et parce que j’espère toujours que finalement les
choses vont se mettre en place et que je vais finir par pouvoir dire :
« quand même c’est rudement bien ». Mais là , au point où j’en suis,
à plus de la moitié du pavé j’ai vraiment des doutes.
J’ai vu cet après-midi
« Villa Amalia ». c’est aussi l’histoire de quelqu'un qui sort de sa
vie, d’une façon différente mais encore plus radicale que Gregorius. J’avais
bien aimé le livre de Quignard, le film de Jacquot m’a impressionné même s’il
n’est pas très facile d’y entrer, notamment pendant toute la première partie.
Huppert est étonnante, par la variété et l’incarnation de son jeu, par les
métamorphoses de son corps et de son visage. Par moments elle paraît juvénile,
à d’autres elle fait presque vieille femme, c’est très troublant. Pour le
spectateur qui se laisse prendre, tout passe par l’émotion, pas par
l’intellect, et l’émotion surgit des sensations que provoquent les visages, les
images, le sons.
Ce dont parle de façon un
peu trop démonstrative Pascal Mercier à travers son personnage de Gregorius, la
tentative de chercher l’autre en soi, de déployer les autres sois que chacun
porte en lui même, les vies rêvées et non vécues, n’est ce pas au fond le sujet
de beaucoup d’œuvres de fiction, pour ne pas dire de toutes.
En tout cas, puisque je m’en
vais en voyage je mets ce bouquin dans mes bagages, je le finis et reviens vous
dire mon impression finale si jamais elle devait changer. Pour l’instant je
m’efface et m’en vais profiter moi aussi de quelques jours d’ailleurs, mais
d’une façon toute pépère, en chambre d’hôtes et chez le fiston.
12 avril 2009
Mementos
Un film vu, un livre lu, une
scènette de la vie courante, un sentiment qui me traverse et surgit l’envie de
le fixer, l’envie de l’écrire. Ça a quelque chose du réflexe pavlovien. C’est
un pli d’esprit que j’ai pris à force de tenir journal et qui n’est pas sans
effet pervers.
Car entre avoir l’envie et
fixer ce que l’on a vu, ressenti, pensé, l’exprimer clairement il y a un fossé,
celui du travail à accomplir, du temps à prendre pour produire les mots, pour
les organiser. Je me retrouve parfois avec trois/quatre billets potentiels en
me disant : ah oui, de ceci ou de cela, je voudrais vraiment parler. Et
c’est comme Sisyphe. Car à peine un billet est-il écrit que d’autres se
pressent au portillon.
Car la vie continue.
Heureusement d’ailleurs. Je ne vais tout de même pas suspendre ma vie et
attendre d’être à jour de mes écritures pour accomplir quelque chose qui risque
d’ouvrir sur l’envie d’un nouveau billet…
Ce serait la perversité
même, ce serait écrire à la place du vivre, déjà qu’assez souvent je me dis
qu’il y a un peu de cela à l’œuvre en moi.
Donc, comme je l’ai souvent
dit je me défie de la tentation de l’impossible exhaustivité mais non sans
frustration et parfois je me dis que pour attraper ce quotidien qui passe sans
passer ma vie à lui courir après, je pourrais ouvrir autre chose, comme un
calendrier avec notes lapidaires au jour le jour, comme un contrepoint aux
notes écrites et développées, une sorte de mémento pour moi-même, juste pour me
souvenir, garder trace aussi minime soit-elle…
Je verrai…
Mais dans l’immédiat et en attendant de me construire peut-être un dispositif de ce type j’ai eu envie de donner un peu pêle-mêle quelques uns de ces mémentos pour ce premier trimestre de la neuvième année du nouveau siècle, qui déjà, déjà, s’est achevé…
Films vus :
« Les Noces
rebelles » : Bien, beau produit de qualité Hollywood, acteurs
excellents, histoire émouvante ;
« Valse avec
Bachir » : Moyen, trop porté peut-être par sa critique enthousiaste,
mais moi je n’ai pas vraiment accroché, je reconnais que c’est poignant mais
j’ai ressenti un certain ennui face aux modes de narration, aux allées et
retour passé/présent que je ne trouve pas si bien maîtrisés que ça ;
« Bellamy » :
Bien. Un Chabrol bien supérieur aux derniers opus, plus intérieur, magnifique
interprétation, de Depardieu mais pas seulement de lui. Dimension
supplémentaire : comment Depardieu a-t-il pu jouer ce rôle, avec ce demi
frère chaotique et autodestructeur qui devait tellement lui rappeler son propre
fils Guillaume
« Un Barrrage contre le
Pacifique » : Bien. Cela dit, juste après, j’ai eu envie de relire le
livre de Duras : beaucoup plus fort, plus cohérent et plus explicite
aussi ; là dessus aussi j’ai eu envie d’écrire, sur ma perception croisée
de l’œuvre filmée et du livre et je ne l’ai pas fait ;
« Picnic » :
Bien, passé l’agacement d’une façon de filmer à l’épaule fatigante, sensualité
douce, lumière intérieure de la prostituée candide et au grand cœur ;
« Che 1° partie,
l’Argentin » : moyen, pas inoubliable, un peu long. Tout de même
j’aurais aimé voir dans la foulée le second film pour voir ce qui se
construisait du contraste des ambiances ;
« L’étrange histoire de
Benjamin Button » : Bien, même excellent notamment au début, là aussi
une belle machine hollywoodienne. J’ai lu derrière la nouvelle de Fitzgerald au
climat assez différent, plus léger. J’ai repensé surtout à un court récit
d’Elsa Triolet lu alors que j’étais encore enfant et qui m’avait fasciné, me
donnant pour la première fois il me semble l’idée de l’irrémédiable du temps
qui passe. J’ai envie de retrouver ce texte et là vraiment ça mériterait un
vrai billet ;
« Espions » :
Bien ; divertissement agréable, thriller très bien fichu mais qui dépasse
le thriller, richesse psychologique du rapport entre les personnages ;
« Je te
mangerais » : Bien, décrit avec conviction et grâce à des actrices
formidables ce que peut être une vampirisation amoureuse. Isild le Besco et
Judith Davis, excellentes toutes les deux, cette façon de porter avec tout leur
corps, ce contraste formidable de leur personnalité, de leur façon d’être au
monde.
On le voit, je suis plutôt
bon public, c’est rare les films que je trouve franchement mauvais. Enfin il
faut dire que je ne vois pas n’importe quoi non plus.
Spectacle musical et théâtral : « Le Jazz et la Diva » : Formidable. La confrontation complicité entre Didier Lockwood, issu du monde du jazz et sa compagne Caroline Casadesus, issu d’une grande dynastie de musiciens classiques, ainsi qu’avec les deux garçons que celle-ci a eu de son premier mariage donne un spectacle formidable. Bonheur communicatif de voir des gens jouer ensemble, mêler leur culture, hymne au métissage ici musical et hymne aux familles recomposées. Et comme chaque fois je me fais la remarque : « bon sang je ne vais pas assez au théâtre, le spectacle vivant, c’est autre chose que le cinéma ».
Expositions :
« L’art de Lee
Miller » : une grande photographe dans sa vie, et, du coup me revient
en réminiscence une expo photo encore plus riche et forte, vue en 2008 et sur
laquelle j’aurais vraiment eu envie d’écrire, Annie Leibovicz
« Prévert » :
vu trop vite et dans trop de foule : il aurait fallu pouvoir se poser
longuement, s’imbiber des extraits de films, revenir aux images, aux affiches,
aux collages. Mais quelle richesse !
« Picasso et les
maîtres » : Somptueux. Passionnant. Moi qui adore les jeux d’échos
j’étais servi. J’ai été particulièrement fasciné par les premières sections
autour des portraits et autoportraits. En plus c’était une performance de voir
cette expo sans trop de monde, la carte Sésame ne vole pas son nom en
permettant outre le coupe fil un accès dès 9 heures avant l’ouverture normale.
« L’avant garde russe
dans la collection Costakis » : Décevant. Froid. Pas d’émotion.
Intéressant sans doute pour un historien de l’art mais rien là-dedans ne m’a
parlé.
« Séraphine de
Senlis » : Hum… Pas mal. Joli. Mais n’y a-t-il pas après le film une
surévaluation aussi excessive dans l’autre sens que le total oubli qui avait
prévalu auparavant ?
« Fred Deux et Cécile Reims » : superbe, l’un et l’autre dans leur aventure artistique commune et dans la grande différence de leur travail. Découverte en plus de cette Halle Saint Pierre que je ne connaissais pas : un beau lieu. En plus pour moi, l’enraciné de la rive gauche, c’est comme un voyage ce lointain 18°, le quartier Barbès, la promenade sur les pentes de la Butte Montmartre qui nous avons fait ensuite.
Voilà ce qu’il en est de ce
que j’ai vu mais il me faudrait noter aussi ce que j’ai lu sans que ça ne donne
lieu à un billet :
« Les
Déferlantes » de Claudie Gallay, un sacré pavé mais qui s’avale très bien,
excellente capacité à faire ressentir une ambiance et aussi à décrire un lieu
que d’ailleurs je connais un peu et cela rajoutait encore de l’intérêt à ma
lecture. J’avais commencé une note sur ce très bon livre mais elle est restée
en plan.
« De loin on dirait une
île » d’Eric Holder, évocation d’une installation dans le Médoc, là je
connais même très bien les lieux évoqués, c’est exactement le coin où vit
Baladine ma très ancienne amie de la forêt. Ce livre trouble, comme souvent ce
qui est autofictionnel parce qu’on ne peut s’empêcher de tenter de mettre la
ligne entre la part autobiographique et la part fictionnelle.
« Mendiants et
orgueilleux » d’Albert Cossery, ça m’a franchement déçu, je ne suis pas du
tout rentré dans les personnages, j’ai le sentiment d’ailleurs d’en avoir déjà
tout oublié.
D’autres livres aussi, de
petites choses, dont je ne me souviens même plus…
Ça en fait, tout ça, des
billets auxquels vous avez échappé !
09 avril 2009
Conserver
Mes lecteurs le savent, je
suis quelqu’un qui a une forte pulsion de conservation. J’ai gardé à peu près
tout ce que j’avais écrit, y compris des cahiers d’adolescents à peu près
illisibles ou des amorces de récits ou de romans qui dorment dans des boîtes
d’archives. Pour ce qui est de l’écriture intime, je ne suis pas capable comme
certain d’écrire puis de détruire en jugeant que cette sorte d’écriture vaut
surtout dans le geste éphémère de la produire. J’ai toujours eu cette fibre collectionneuse
y compris sur d’autres terrains. Par moments j’ai frisé une collectionnite à la
limite de la névrose. Je me suis assez souvent posé la question à propos de
cette activité même de tenir journal : que signifie au profond de soi
cette tentative forcément vaine de retenir quelque chose du temps qui passe en
l’écrivant, parfois au détriment de la vie même ? Et l’idée de conserver
tout cela au-delà même de moi a toujours vaguement été présente sans que je
sache sous quelle forme ce serait possible.
C’est cette forme d’esprit
en tout cas qui m’a conduit à l’APA, dont la fonction première, avant de
consister à réunir des personnes qui s’intéressent ou pratiquent
l’autobiographie, est de conserver des témoignages et des écrits de personnes
ordinaires qui sans cela auraient tous les risques d’être perdus. C’est elle
qui m’a conduit ensuite à déposer, non sans hésitation, une partie de mes
propres textes. Et c’est elle qui m’a amené plus récemment à y conduire avec
d’autres une réflexion sur la préservation de cet espace nouveau mais
éminemment fragile d’expression qui se constitue sur internet.
Quand l’APA m’a proposé
ainsi qu’à d’autres blogueurs, de participer à une sorte de veille internet
pour repérer des blogs qui nous paraissaient intéressants et les soumettre à la
BNF qui se proposait de les collecter dans le cadre de sa politique d’archivage
du web, j’ai été très intéressé et me suis porté volontaire pour participer à
cette collaboration.
Nous ne sommes évidemment
pas dans une logique d’exhaustivité (même pas en rêve !), pas même dans
une logique d’échantillon qui impliquerait que l’on se soit doté d’outils
d’exploration, de catégorisation, d’évaluation qualitative ou quantitative qui
n’existent pas. Notre travail est purement artisanal, très subjectif, on se
contente d’attraper des morceaux de cette toile qui passent à portée de nos
clics. Bien sûr nous faisons l’effort de sortir des territoires qui nous sont
les plus proches pour repérer des blogs qui nous paraissent significatifs même
s’ils ne nous accrochent pas personnellement et même si nous n’irons jamais les
lire pour notre usage ou plaisir personnel. Notre petit groupe partage certes
bien des goûts et intérêts communs, (ce n’est pas un hasard si nous sommes
trouvés sur la toile et étions des blogamis avant d’être des participants à
cette aventure), mais nos sensibilités, nos cercles ne se recoupent pas
complètement, donc nous piochons des sites et blogs différents. Tout ça pour
dire aussi que notre groupe est ouvert et que si quelque internaute venu
d’autres territoires de la toile s’intéressait à la démarche c’est bien
volontiers que nous l’initierions à notre méthode de travail et l’associerions
à notre petite équipe.
Le travail démarré il y a
deux ans donne ses premiers résultats concrets : constitution des
premières couches d’archives dans les profondeurs des serveurs de la BNF,
ouverture à la consultation de ces archives, réalisation par les
bibliothécaires de parcours guidés au sein des collections et, ces derniers
jours, présentation sur le blog des lecteurs de la BNF du parcours guidé
« (S’)écrire en ligne : journaux personnels et littéraires »,
dans sa double composante de blogs d’écrivains et de journaux personnels.
Ça fait plaisir de voir ce
travail ainsi reconnu.
Evidemment une autre forme
de reconnaissance serait que ces archives soient largement consultées et
qu’elles manifestent ainsi d’emblée leur utilité. La consultation a été ouverte
de façon très expérimentale il y a un an seulement et de l’avis des
bibliothécaires de la BNF la fréquentation reste très modeste à ce jour,
presque trop modeste à leurs yeux. Moi ça me paraît tout à fait normal. Par
définition un archivage ne prend son intérêt que dans le long terme. Il n’y a
pas encore assez de recul. La plupart des sites collectés sont encore actifs ou
en tout cas encore accessibles en ligne (quoique il y en ait déjà un certain
nombre malgré un temps si court qui n’y sont plus). Mais, ne serait-ce que dans
dix ans beaucoup auront disparus et qu’est-ce que dix ans à l’échelle historique
où se place la BNF ? C’est peu à peu que la collecte prendra tout son
sens. Certains d’entre nous viendront y retrouver avec plaisir des traces
d’eux-mêmes par ailleurs effacées, des chercheurs viendront y humer l’air des
premières années du nouveau siècle, et plus tard un passant curieux ou un
petit-fils ou arrière petit fils (fille !) pris de l’envie de savoir d’où
il vient se penchera peut-être sur les élucubrations de feu papy Valclair.
05 avril 2009
Visages
Je regarde très rarement les
informations à la télévision, j’appréhende la vie du monde extérieur avant tout
par la lecture quotidienne et assez addictive d’un célèbre quotidien du soir
(oui, oui, plus addictive que les blogs !).
Vendredi soir cependant j’ai
regardé le journal télévisé. J’y ai vu des images de la rencontre d’Obama et de
Sarkozy et de la conférence de presse qui a suivi. J’ai été stupéfait par le
contraste des visages. D’un côté il y avait le sourire rayonnant d’Obama, la décontraction,
le calme qui semblait émaner de lui et de l’autre le sourire crispé, la tension
intérieure, la surmobilité du visage à la limite des tics de notre président.
Le type m’a toujours fait un peu peur. Ça ne s’améliore pas avec le stress
voire le surmenage auquel conduit l’exercice du pouvoir, surtout avec la
conception qu’il en a. On a l’impression qu’il réprime sans cesse une violence
intérieure prête à déborder à tout moment (et qui déborde parfois d’ailleurs,
voir le désormais célèbre « casse-toi, pov con »). Se dire que ce
type là a toujours à trois pas de lui la mallette du feu nucléaire ça ne
rassure pas vraiment !
Je sais bien que l’habit ne
fait pas le moine, que le sourire, l’aspect avenant et le charisme naturel ne
suffisent pas à faire une bonne politique de même qu’à contrario le
volontarisme forcené peut à côté de beaucoup de rodomontades sans effet, donner
lieu à certains résultats (voir la réactivité et le dynamisme de la présidence
française de l’Europe).
N’empêche il me semble que
ce deux visages disent tout de même quelquechose des personnalités profondes,
au-delà des habiletés ou des maladresses de communication. Comme en son temps
le sourire carnassier de Mitterrand disait aussi le sentiment qu’il avait de sa
force, sa jouissance aux jeux du pouvoir et la distance qu’il savait y mettre.
Alors voir Obama, ça me fait
du bien. L’orientation nouvelle qu’il semble donner à l’administration
américaine avec toutes les conséquences en chaîne que cela peut avoir est à peu
près la seule bonne nouvelle en ces temps de crise. Peut-on croire que la
rencontre entre sa personnalité et les circonstances, que l’ampleur de la crise
qui conduit tout de même à des prises de conscience, peuvent entraîner des
remises en cause majeures et bénéfiques ? Du mal pourrait-il sortir un
bien ?
Je n’en sais fichtre rien.
Il y a tant de forces contraires, celles que génèrent les puissances installées
et les situations acquises des maîtres du monde, mais au-delà aussi la force
des habitudes en chacun de nous, la jouissance du court terme, une avidité, un
désir prédateur peut-être anthropologiquement enracinés en l’homme.
Je ne me hasarderai plus
quant à moi à m’avancer sur le terrain de ce qu’il faudrait faire. Il y a des
choses qui me hérissent, dont je sais que je ne veux pas. Mais de là à avoir
des idées sur les solutions ! Quand je lis des tribunes contradictoires
d’économistes je suis bien incapable de me sentir en état de pencher plutôt
pour l’un que pour l’autre. Ils se sont tous (ou presque, mon fils me bassine
avec Stieglitz dont il est fan) tellement trompés et avec tellement
d’assurance !
Donc ce petit billet je le
reconnais n’est pas très politique. Simplement, tout en me retenant de tomber dans
l’illusion de l’homme providentiel, je suis heureux de suivre des yeux dans ce
ciel noir le vol de l’hirondelle Obama, et d’apaiser par son sourire les
hérissements de poil que provoquent en moi les grimaces de l’autre.
03 avril 2009
Printemps bis
Ce coup ci c’est le
printemps vrai de vrai. L’air à l’ombre reste frais mais le soleil est bon, les
manteaux s’ouvrent, les cols se dégagent, les vêtements s’allègent, les femmes
sont belles, les terrasses de café sont envahies et pas seulement par les
fumeurs invétérés.
Je suis revenu du bureau par
le chemin des écoliers et je me suis posé un long moment au parc Montsouris.
J’y ai lu vaguement le journal, commencé d’écrire quelques lignes de cette note
sur mon petit carnet mais surtout j’ai laissé mon regard errer sur les
spectacles minuscules du parc et mon esprit vaguer au fil de ma rêverie. Ce
lieu est empreint de souvenirs. J’y emmenais parfois mes enfants jouer, les
aires de jeux ont été modernisées mais il reste encore par exemple cette mini
montagne en ciment avec ses routes et ses tunnels sur lesquelles mes garçons
ont poussé pendant des heures leurs petites voitures. Je regarde avec nostalgie
des enfants qui s’y amusent. Diable, est-ce qu’il me viendrait des envies
d’être grand-père ? D’autres couches de souvenirs plus récentes s’invitent
et même, par ricochet, des pensées chargées de présent.
Je suis célibataire toute
cette semaine, Constance est en voyage de classe, elle est au bord de la mer,
la chanceuse, elle voit l’océan de sa fenêtre. Je jouis de ma liberté, je jouis
de ma solitude. Pour l’instant elle est légère, je ne sais ce que ce serait si
elle devait durer plus longtemps.
Lundi j’ai invité une amie
très chère à la maison, c’était la première fois qu’elle y venait, d’habitude
nous nous voyons au restaurant. Tout ceci est resté en tout bien tout honneur
comme on dit (enfin quel bien ? quel honneur ?) mais n’empêche c’est
un moment qui ne pouvait se vivre à la maison que parce que Constance n’était
pas là, c’était un moment « à l’insu », un moment tout chargé de
tendresse, un moment qui a suscité en moi plus d’une réflexion et quelques
pages mais qui resteront, je le crains, à l’ombre de mon journal privé.
J’ai profité de l’allongement
de soirée qu’autorise le changement d’heure et suis rentré sans hâte à la
maison, tout gorgé de printemps, pour m’y faire un petit frichti pour moi seul.
Et puis dans la nuit, comme j’insomnisais, je me suis levé et me suis installé
à mon bureau pour écrire cette note. Je l’achève aux premiers chants d’oiseaux…
Et tout autre chose.
J’apprends qu’il y aura mardi prochain à 19h à la Bibliothèque Buffon, 15 rue
Buffon, une conférence de Gildas Ilien sur l’archivage d’internet à la BNF. Je
tâcherai d’y faire un saut. Comme on sait le sujet m’intéresse ! D’autant
que les collectes effectuées commencent à prendre forme comme on voit ici ou
sur le blog de lecteurs de la BNF que je découvre à cette occasion. Ça, c’est une
petite mention spéciale pour notre amie de très loin qui se demandait récemment en commentaire d'un billet ce que cela pouvait bien vouloir dire d’être « BNFisée » !








