J’ai passé une sale nuit encombrée de mauvais rêves et de réveils intempestifs. Je n’ai pas basculé dans une insomnie classique avec franc réveil et incapacité à me rendormir. Non là je m’éveillais à peine, envahi d’anxiété, puis me rendormais pour me réveiller un peu plus tard. J’ai eu le sentiment d’une nuit hachée, avec de longs moments dans les limbes aussi entre veille et sommeil. Ce n’est pas mieux que de la franche insomnie face à laquelle je peux tenter de réagir en prenant un bouquin ou en essayant d’écrire, qui se révèle parfois riche et constructive. En tout cas au réveil matinal l’impression de fatigue n’était pas moindre.

Parmi quantité d’images qui ont surgi et dont pour beaucoup je ne me souviens pas, il y avait un examen à passer pour le lendemain, j’avais des auteurs à lire mais ne parvenais pas à m’y mettre vraiment, c’était un examen scolaire (le bac ?) mais j’étais pourtant dans ma peau d’adulte. Je me disais que je connaissais déjà un peu tout ça et puis que j’avais acquis à force d’habitude une certaine capacité à écrire, que je devrais être capable de présenter sans peine quelquechose d’acceptable à ce niveau mais cela ne suffisait pas à balayer mon anxiété de ne pas parvenir à plonger mon nez dans les bouquins.

Et puis, à un autre moment, il y avait Constance qui me disait que ça y était, qu’elle avait pris une disponibilité à son boulot, et qu’elle allait partir incessamment se ressourcer dans la verdure quelques mois chez notre amie dans les Landes. J’étais très surpris, je lui disais que c’était un peu brutal, qu’il allait falloir absorber cette baisse de revenu, que ce n’était pas évident surtout avec les frais qu’on allait avoir avec les travaux dans la maison brûlée. Elle me disait « mais si, mais si, tu savais bien que j’avais ce projet », et je répondais « oui, bien sûr, mais normalement c’était pour plus tard », et j’oscillais dans mon ressenti entre satisfaction de la liberté que j’imaginais à me retrouver seul quelque temps et l’inquiétude face à la soudaineté de la décision et à l’insécurité brutale, matérielle et affective qui me tombait dessus.

Je n’épilogue pas ! Il y a trop de pistes d’interprétation à ces rêves, dans plusieurs directions d’ailleurs et d’une presque trop grande clarté !

Mais au-delà du contenu des rêves, ceux-là et ceux que j’ai oubliés, le désagréable de la nuit c’était les bouffées d’anxiété qui m’oppressaient à chacun de mes réveils, une espèce de panique à la perspective de la journée à venir, la peur de l’ennui ou du manque d’appétence à tout ce qui s’offre, alors même que je sors d’un tunnel de boulot impressionnant toute la semaine dernière qui ne m’a pas laissé les temps de respiration qui me sont nécessaires.