27 septembre 2009
Journées du Patrimoine
Oui, je sais, c’était le week-end dernier !
Je vais me répéter mais bon sang, qu’est-ce que le temps file !
Je n’ai pas vu passer la semaine encore une fois. Beaucoup de travail au bureau toujours et en plus deux pleines journées de formation. Plutôt intéressantes au demeurant. Elles portaient sur le web 2 et les applications à développer dans mon canton professionnel. Il faut reconnaître que j’étais en avance sur la plupart des stagiaires mais n’empêche j’ai quand même appris pas mal de choses qui me serviront par ailleurs dans ma vie d’internaute.
Les soirées sont passées vite sans que je me mette à ma table d’écriture. J’avais commencé un billet lundi dernier sur mes promenades à l’occasion du week-end précédent que j’ai laissé honteusement de côté.
Et puis il y a cet été indien qui se poursuit et qui donne plutôt envie de se balader que de rester devant son ordinateur, grand bien nous fasse !
Alors je le reprends là où il en était, comme si de rien n’était, comme si nous étions encore en début de semaine…
Le week-end dernier donc avaient lieu les Journées du Patrimoine. Comme souvent à l’avance j’ai ressenti un léger flottement. Envie d’en profiter, de ne pas laisser passer l’occasion, avec en même temps une réserve face à ces grandes opérations programmées, un certain vertige devant des propositions tellement nombreuses, devant tant de sollicitations : on passe déjà une heure à zigzaguer sur le programme en se demandant où aller, à quoi renoncer, comment organiser un parcours entre des lieux géographiquement compatibles.
C’est un peu le même vertige que lorsque je me balade sur internet, devant toutes ces portes que de proche en proche je pourrais ouvrir, le même vertige face aux piles de livres dans les libraires ou aux offres culturelles surabondantes de la capitale. Il arrive que l’on reste paralysé par l’hésitation devant l’abondance de l’offre et qu’on finisse, tel l’âne de Buridan, à ne se décider pour rien.
Plus largement c’est le problème de l’abondance, de la pléthore, de la surconsommation quels qu’en soient les domaines : au fond est-ce qu’on besoin de tout ça, ne vaut-il pas mieux un rapport profond à moins de choses ? Mais bon, là je m’égare au fil de ma parenthèse...
Mais c’étaient les réserves d’avant promenade, celles que mon esprit trop tortueux ne peut manquer de faire surgir, histoire de me compliquer la vie et d’entraver la simple jouissance des choses.
Nos vélos nous ont finalement conduits jusqu’au quartier de l’Observatoire. Je me sentais alléché par la visite de la Maison du Fontainier.
Sur le chemin nous nous sommes trouvés amenés à longer la Techno Parade, une confrontation des plus pénibles, pour ne pas dite quasi physiquement insupportable. Les vibrations des basses provenant de certains chars, réverbérées par les immeubles alentours, non seulement me cassaient les oreilles mais me donnaient même l’impression d’agir sur mes rythmes profonds, cardiaque en particulier. J’avais l’impression tout ce qu’il y a de plus angoissante que mon cœur se calait sur le rythme de la musique et qu’il s’emballait. On a dépassé aussi vite qu’on a pu en se glissant entre les groupes. Je me demande vraiment comment les fans de ce genre de musique et d’ambiance supportent et restent des heures entières collés au plus près des chars en se trémoussant sur ces rythmes anxiogènes.
Arrivé au lieu de visite il a fallu se confronter à l’inévitable queue, autre ingrédient habituel de ce genre de Journées très médiatisées. J’ai horreur des queues. Pendant que je patiente me revient toujours l’inévitable antienne : « mais qu’est-ce que je fous donc là, mouton parmi les moutons… ».
Cependant il faisait bon, la Techno Parade s’était éloignée, l’ambiance dans la queue était détendue, Eau de Paris offrait des verres d’eau fraîche.
Et la visite elle-même était intéressante. On nous conduit dans les sous-sols de la maison, là où arrivait l’aqueduc souterrain construit au 17° qui menait l’eau du plateau de Rungis jusqu’à Paris et d’où partait le système de répartition des eaux vers les quartiers de Paris et vers les jardins du Luxembourg dont il alimentait les fontaines. On découvre ensuite le grand réservoir aujourd'hui désaffecté construit au milieu du 19° par Belgrand et qui a fonctionné jusqu’à ce que celui de Montsouris prenne le relais.
C’est le dynamisme et l’enthousiasme du guide qui nous accompagnait qui donnait tout son intérêt à la visite. Ce bâtiment qui se trouve dans l’enceinte d’un foyer d’accueil tenu par des religieuses est progressivement restauré par l’Association de Sauvegarde du Paris historique dont j’ai découvert l’action à cette occasion. Ce sont des bénévoles de cette association qui conduisaient la visite.
En sortant nous avons été à l’Observatoire. Nous l’avions déjà visité il y a quelques années à l’occasion de semblables Journées. Mais il y avait cette fois beaucoup plus d’animations dans les jardins et dans les salles faites par différents personnels de l’Observatoire, dont des chercheurs pointus manifestement ravis de se retrouver face à des publics variés et de pouvoir faire passer dans un climat chaleureux un peu de leur science. Le public d’ailleurs le leur rendait bien, attentif et questionneur, y compris de nombreux jeunes enfants.
Là donc aussi, comme à la maison du Fontainier, on sentait les gens passionnés par ce qu’ils faisaient et c’est ça qui est la plus forte valeur ajoutée, c’est cet engagement des acteurs eux-mêmes qui rend ces initiatives intéressantes, bien au-delà de ce que seraient de simples visites.
Il y avait beaucoup de monde mais là je n’en souffrais plus. J’étais content au contraire, je ressentais tout ça comme un joli partage, offert à moi même , offert aux autres, et je pouvais me dire : finalement c’est très bien quand même ces Journées du Patrimoine…
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