Ça y est ! Je viens de déposer mon dossier de demande de retraite.

Toute la semaine dernière j’ai été dans un tourbillon d’hésitations extrêmement pénibles, pesant le pour et le contre de chacune des options qui s’offraient à moi. De demi-heure en demi-heure je basculais : il faut que je dépose pour telle date, c’est évident puis, mais non pour celle-ci, ça crève les yeux. Bref je buridanais, de la façon dont je sais si bien le faire !

Au départ je pensais à un départ franc et net au moment de la rentrée scolaire de septembre 2010. En raison de contraintes liées à ma date anniversaire ce n’est pas vraiment possible. Donc il me faut faire quelques mois supplémentaires. Mais combien ? Je vais assumer la rentrée, mettre en place le fonctionnement, préparer les projets. Alors, faut-il partir au milieu du gué ? Ou plutôt à quel endroit du gué ? Novembre 2010 ? Janvier 2011 ? Mais alors, à quelques mois près, pourquoi ne pas aller jusqu’au bout de l’année scolaire, finir ce qui est commencé ? Sans oublier que ça permet quelques trimestres de cotisation en plus, donc moins de décote sur ma retraite qui ne sera pas complète de toute façon puisque je suis loin d’avoir les annuités nécessaires.

Mais en embuscade derrière ces questionnements il y en avait d’autres aussi, que je reconnais moins aisément. Des angoisses floues. La peur du vide. Ne plus être dans un travail socialement reconnu et auquel malgré tous mes doutes sur la fonction que j’occupe je fais le crédit d’une certaine utilité sociale. Ne plus avoir ses repères habituels, fussent-ils des contraintes, ses horaires fixés, chaque matin ce chemin que l’on prend. Ce basculement dans un statut qui rappelle quotidiennement que l’on a atteint ce temps là de sa vie, en chemin vers l’irrémédiable fin. La peur de l’acédie, de la passivité, du « je remets à demain ». Je ne manque pas de projets divers, tous ces projets dont on dit : « ah, oui, ça enfin, je le ferai quand je serais à la retraite ». Mais est-ce que je m’y lancerai vraiment ? Et surtout pour ceux qui sont de l’ordre de la démarche, du travail vraiment personnel, comme d’écrire le livre par exemple que l’on porte en soi ou que l’on s’imagine porter (car si on le portait vraiment, dans l’urgence, il serait déjà écrit, envahissement par le travail salarié ou pas !)

Ce n’étaient que de petits clignotements d’angoisse, sans conséquence au final mais je suis sûr qu’ils ont joué leur partition cependant, qu’ils sont venus renforcer les hésitations que je me formulais pour de meilleures raisons. Evidemment que je la veux cette liberté, évidemment que j’ai envie de m’en emparer à belles dents et de faire des années à venir, des belles et de riches années.

Passé ses affres de l’indécision, j’ai décidé. La date la plus rapprochée possible. Bref dans un an, à cette date, j’y serai, je serai dans une nouvelle vie, je ne connaîtrai plus de ces jours sans jour passant de la nuit à la nuit !