Je suis dans un étrange climat intérieur.

Pas au meilleur en fait…

Mais difficile à décrire d’autant que je n’ai pas envie de m’y appesantir.

Une sorte de langueur. J’ai du mal à me lancer dans des activités qu’elles soient de « travail » ou de « vacances ». Il faut dire qu’il y aussi pas mal de contraintes extérieures. On est toujours plus ou moins requis par des discussions et des rendez-vous avec l’architecte, avec des entreprises ou des fournisseurs. Sans que ce soit en continu comme lorsque je suis venu ici sur des week-ends prolongés avec un programme bétonné. Là c’est plus diffus. On passe beaucoup de temps à attendre. On a l’impression de piétiner. Mais certaines choses murissent dans nos têtes du fait même qu’on est dans ce climat d’attente. Le retard nous permet de modifier des choses qui sinon auraient été figées sans nous. Donc tout ça n’est pas négatif non plus. Simplement je n’ai pas l’impression de faire grand-chose et déjà l’après-midi et la soirée sont là. On monte au lac. On va nager un moment. Ou bien on fait un petit tour de vélo à la tombée de la nuit. Ça nous fait du bien. Les journées sont radieuses. Mais elles passent comme des souffles, sans que j’aie l’impression de les avoir remplies et elles laissent en moi une vague amertume.

Depuis que je suis ici je lis pas mal, profitant des trous, des attentes. Des lectures de vacances que j’ai choisies de façon volontairement éclectique : « La langue maternelle » de Vassilis Alexaxis, « L’excuse » de Julie Wolkenstein, « Un temps fou » de Laurence Tardieu. Dans chacun de ces livres je trouve des bonnes choses et de moins bonnes. Mais je n’accroche pas vraiment émotionnellement. Lecture trop fragmentée ? Manque de disponibilité ? Je reste à distance, j’ai l’impression d’occuper le temps plus que de répondre à une nécessité intérieure.

Pour ce qui est d’écrire je ne veux pas me forcer. J’ai commencé plusieurs petits textes sans trop savoir s’ils étaient pour la part privée de mon journal ou pour le blog mais n’ai pas eu l’énergie de les finir. Contrairement à l’habitude je n’ai pas trouvé les raisons de persévérer. Comme s’il n’y avait plus d’enjeu ni pour moi-même ni à l’égard de mes éventuels lecteurs. Tout ça a fini au panier, enfin au panier virtuel, ces amorces sont là, dans les replis de la machine mais je sais que je n’y reviendrai pas. Par contre ce matin j’ai un peu travaillé à un article que je dois écrire. Ça m’a fait du bien. Impression de ne pas être dans une passivité intellectuelle totale. Du coup j’ai enchaîné avec ces quelques lignes…

Et puis, pour le reste, je verrai plus tard…