C’est l’angoisse des matins d’insomnie qui domine ma vie.

Pas les chants d’oiseaux que je m’efforce pourtant d’entendre, pas la jolie lumière du soir quand il nous arrive d’aller faire du vélo dans la campagne environnante, pas le délice dans la bouche de la figue pleine de soleil cueillie sur l’arbre…

Non, c’est l’angoisse des matins qui est ma vérité.

Je me réveille invariablement entre quatre heures et cinq tous les matins, dans le mal-être. Je me mets à lire alors. Contrairement à l’habitude les livres ne m’apportent pas un vrai plaisir, pas le soulagement de la fuite, ce qui me retient en eux ce sont les phrases qui font écho, celles qui me ramènent vers mes mauvaises pensées, vers mes obsessions. Je ne me rendors pas.

Je lis plus que je n’écris. Lire demande moins d’énergie. J’ai du coup presque fini le quatrième et dernier des livres que j’avais emporté avec moi.

Je n’arrive pas à écrire sur le blog. Car si je me montrais dans ma blogosphère forcément j’enjoliverais, ce serait de façon frelatée. Et je ne sens pas de mettre en ligne des billets comme celui-ci. Du coup j’ai le sentiment d’un éloignement accéléré de ma blogovie. Je n’ai pas eu envie de chercher à voir ou seulement à contacter Samantdi comme elle m’y avait invité. Et je me sens presque ennuyé de cette étape prévue chez Telle jeudi soir et dont pourtant je me réjouissais tant.

Constance dort paisiblement à côté de moi. J’en ressens presque de l’exaspération par envie alors que moi je ne parviens à me rendormir, que je reste dans ma souffrance, seulement un peu allégée par le fait de l’écrire.