Me voici rentré. Bousculade à tous les étages…

Nous avons quitté notre maison de la région toulousaine mercredi plus tard que prévu après une dernière concertation avec certaines entreprises afin de s’assurer cette fois de façon sûre de la date de la réception totale et définitive des travaux. Du coup nous sommes arrivés à Paris tard dans la nuit.

Le jeudi matin je voulais être au bureau dès huit heures. J’aime, et particulièrement quand j’ai été absent plusieurs jours du travail, disposer d’un moment paisible avant l’ouverture du service et l’arrivée du reste de l’équipe, pour me mettre tranquillement en fonctionnement dans le bureau désert, faire le tour du courrier, organiser ma journée, avant d’être pris dans les remous de l’activité habituelle. Las, au moment de partir de chez moi, impossible de trouver ma clé du bureau, elle n’était à aucun des endroits où je la mets habituellement. J’ai passé une bonne demi-heure à la chercher avant de la retrouver dans une veste que je ne mets pas souvent. En soi ça n’a absolument aucune importance. Mais quel signe j’y ai vu tout de même ! Je n’oublie pas que, selon ma première décision, c’est précisément à la date d’aujourd'hui que j’aurais arrêté mon activité professionnelle. Je n’aurais pas repris après ces vacances. J’ai dû me faire à moi-même ce petit clin d’œil qui dit bien mon ambivalence. Il est certain que si je n’avais pas dû reprendre, je serais resté dans le midi et j’aurais suivi personnellement les dernières semaines des travaux, l’expérience prouve qu’être sur place a un effet dynamisant à l’égard des entreprises tout à fait significatif. Mais peut-être aurais-je été aussi dans un bizarre climat mental et pas forcément spécialement joyeux, à entrer dans cette autre phase de ma vie, de façon brutale, en sachant que mes collègues redémarraient les activités programmées pour l’année, restant seul dans cette vaste maison en travaux, occupé à déballer, trier, éliminer, conserver, ranger les amoncellements venus de mes grands parents, activité en soi porteuse de mélancolie. Et je l’aurais fait tandis que s’appesantit l’automne, tandis que les nuits gagnent sur les jours. Non, je ne regrette absolument pas ma décision de rester jusqu’à la fin de l’année scolaire, même si tout ça en moi bouscule et tourbillonne.

En rentrant le soir j’avais justement mon cours de yoga. Je me suis dit : ça tombe bien : j’ai besoin de cette détente, de cette mise à distance. La pratique m’a fait du bien, j’en suis sorti, comme chaque fois, dénoué des tensions de la journée. Mais ça n’a pas duré. Je tombais de sommeil après le dîner, je me suis endormi mais je me suis réveillé deux heures après, la tête toute occupée de mauvaises pensées, saisi même par moments de violentes bouffées d’angoisse, montant sans prévenir, me serrant le ventre et la gorge et sans que je puisse en savoir la cause précise. Malgré la lecture, malgré le petit cachet, je ne me suis rendormi que peu avant le matin et je me suis senti plus ou moins vaseux toute la journée, une journée qui fut longue et chargée au bureau.

Mais voilà j’en suis sorti et je me pose. J’entre avec plaisir dans le week-end. J’ai pris le temps d’aller voir mon blog ce que je n’avais même pas eu la curiosité de faire depuis mon retour, je m’étais contenté d’aller voir mes mails. Puis j’ai écrit ces mots et mis en ligne consécutivement mon billet de mi-séjour et celui-ci. Bref me revoici…