Je n’avais pas prévu d’aller à l’exposition Monet. Je n’avais pas réservé, j’en savais les files d’attente, j’avais donc passé cette expo par pertes et profits. Je me disais pour faire passer la pilule : « Bof, de toute façon, Monet on connaît et on le voit partout ».

Mais ma belle sœur, hier, nous a proposé des billets suite à l’indisponibilité des personnes avec qui elle devait y aller.

Et bien vraiment je ne regrette pas !

Belle façon de quitter 2010 !

Cette exposition est somptueuse par les pièces présentées, par la façon dont elles sont agencées et mises en valeur. Il y a toujours une distance vertigineuse entre les reproductions que l’on peut voir dans les livres, y compris les meilleures et la réalité des œuvres. Les reproductions ne peuvent que donner une idée, particulièrement pour les peintres comme Monet où ce qui prime n’est pas le dessin mais l’impression, mais la lumière. Et puis il y avait aussi pas mal de tableaux que je n’avais jamais vu même en reproduction, comme ces somptueux chrysanthèmes rouges devant lesquels je suis resté scotché un bon moment et que je vous offre en viatique pour l’année à venir.

Bien sûr il y avait foule. Mais paradoxalement cela ne m’a pas tant gêné que ça. Peut-être parce qu’on est resté plus de deux heures dans l’expo et que donc, l’un dans l’autre, en allant et revenant, on a pu voir presque toutes les pièces à peu près comme il convenait. Sans doute aussi parce que les œuvres ont une telle puissance qu’elles parviennent à nous happer même si les conditions ne sont pas idéales.

Pour clore cette année 2010, pour démarrer cette année 2011, j’aurais pu écrire d’autres choses aussi, moins heureuses, moins plaisantes, tant sur ce qui effraie dans notre avenir collectif, que sur mon vécu et mes pensées dans ces jours charnières, dans ces moments censés n’être que fête, joie et légèreté et qui naturellement ne peuvent pas être que ça !

Je ne les écrirai pas, même pas dans la part hors-ligne de mon journal. Ne pas les écrire c’est aussi une façon de ne pas s’appesantir, de passer outre.

Donc, voilà, pour vous, pour moi, je me contente de la lumière de Monet et avec elle je vous adresse à toutes et tous mes vœux, à vous d’abord mes lectrices et lecteurs fidèles, parfois depuis des années, réguliers ou épisodiques, manifestés ou silencieux, à vous aussi passantes, passants de hasard…


chrysanth_mes_rouges

C'est typique! la photo ne rend absolument pas compte de la magie de lumière et de mouvement de cette toile. Ce n'est qu'une faible trace, juste pour tenter de se remémorer l'impression reçue en la voyant.