Encore un rêve bien tordu !

Mais où va-t-on chercher ça ? Évidemment il y a là-dedans quelques symboles gros comme des maisons et qui sans doute feront sourire tant ils sont transparents.

Mais que garde-t-on du rêve vraiment ? J’ai noté en m’éveillant les mots, les images aussi vite que j’ai pu sur le carnet qui est à côté de mon lit. Mais déjà en cherchant les mots, en les inscrivant les uns à la suite des autres, en les casant dans ces quatre séquences successives qui me semblent constituer le déroulé du rêve, j’avais le sentiment d’élaborer. Et plus encore ce soir en faisant, à partir de ces mots, des phrases compréhensibles et des paragraphes.

Je suis dans une soirée avec des amis. Je dois participer bientôt à une expérience scientifique : on doit m’enduire le corps d’un certain produit que je dois garder pendant une semaine et on fera la même chose à une de mes amies qui, un temps, fut un peu plus qu’une amie. Elle n’est pas là dans la pièce, je me sens heureux de la retouver et que nous participions ensemble à cette expérience. Mais les gens autour de moi sont plutôt lugubres. L’un vient me serrer la main avec une mine très contrite, on se croirait à un enterrement.

Maintenant on m’explique l’expérience. Je suis dans un amphi assis tout en bas. Ma femme est là aussi mais il y a très peu de participants à la réunion. Du haut de la salle un éminent professeur fait un discours général et ronflant qui ne m’explique rien en réalité. Lorsqu’il a terminé, je l’interroge, il me répond mais à côté, on ne se comprend pas, il interprète mal mes questions qu’il ressent comme des agressions ou un désir de renoncer, ce n’est pas le cas, je me suis engagé, je n’ai pas l’intention de reculer même si j’ai l’impression de m’être fait plus ou moins manipuler, simplement je voudrais comprendre de quoi il retourne exactement, je continue de parler mais je m’aperçois que le professeur est parti, je parle dans le vide, il n’y a plus personne dans la salle.

Je me retrouve dans une espèce de salle d’attente. L’amie avec qui je dois faire l’expérience arrive, elle est accompagnée d’une sœur et de sa mère. Je lui fais six bises, des bises tout ce qu’il y a de plus chastes mais six tout de même, j’en fais trois à sa sœur en me disant « vraiment les bises il y en a assez » et du coup je me contente de serrer la main de sa mère.

Je m’avance seul dans une sorte de sas, je passe en premier, elle passera ensuite. Je dois être douché et désinfecté avant qu’on ne m’enduise du fameux produit pour l’expérience, je dois me mettre complètement nu ce à quoi je ne m’attendais pas et je comprends que je le resterai pendant toute la semaine. Je réalise alors en quoi consistera l’expérience : mon amie sera enduite du même produit qui est une sorte de colle et on nous accolera littéralement l’un à l’autre, sans que je sache de quelle façon. Je pose mes vêtements en un petit tas à l’entrée du sas. On me fait remarquer que j’ai oublié mes chaussettes. Je les retire et les remets à un infirmier qui a plutôt l’air d’un gardien de prison. La porte du sas se referme derrière moi. Une voix venue du plafond m’indique que j’ai oublié d’enlever mon alliance et qu’il faut que je la dépose à mes pieds. Ce que je fais en me disant qu’elle va être perdue, entraînée par l’eau lorsque la douche va se déclencher. Je m’avance vers le fond du sas, l’ambiance est oppressante, angoissante même mais je ne m’affole pas trop, je me dis que c’est l’expérience qui veut ça, je me dis juste « j’espère que leur saleté de produit ce n’est pas cancérigène… ». Mais je suis calme, je prends ça avec fatalisme, je ne cherche pas à me révolter ou à m’enfuir…

Je me suis éveillé là-dessus, pas comme d’un cauchemar proprement dit, terrorisé, en sueur et sur un cri (ou en croyant crier), non c’était un réveil plutôt en douceur, juste avec un sale goût dans la bouche et une impression sinistre. Mais par exemple je n’ai pas pensé « chambre à gaz » pendant le rêve, ni au réveil, ce n’est que plus tard, des heures après, que ce sas où j’étais a commencé à m’évoquer ces fausses salles de douche dans les camps, ces pommeaux d’où jaillissaient, non l’eau bienfaisante, mais les vapeurs mortelles ! Mais était-elle vraiment ainsi cette salle de douche dans le rêve ou s’est-elle construite ainsi par les associations mentales qui ont suivi ? Impossible de le savoir. Ah si on pouvait filmer nos rêves !

Pas très rigolo n’est-ce pas ? On pourrait rêver de rêver d’autres choses, un peu plus joyeuses et croquignolettes, avec une douce amie, fut-ce une douce amie du passé !