Journée plutôt pénible au boulot aujourd'hui. Ce mauvais ressenti est venu d’abord de moi-même et non de difficultés objectives. Je n’ai pas été très opérationnel, traînant une fatigue insidieuse après plusieurs nuits où j’ai manqué de sommeil, j’ai eu l’impression de beaucoup me disperser, de perdre du temps. C’était tout au long du jour un sentiment gris en criant contraste avec un bleu du ciel qui faisait plaisir à voir, mais par la fenêtre… Je n’ai pas mis le nez dehors de la journée, j’ai mangé sur place, les deux seuls rendez-vous que j’avais étaient concentrés autour de l’heure du déjeuner, ne me permettant pas une pause extérieure. J’espérais sortir tôt en contrepartie. Mais un petit imprévu de milieu d’après-midi m’a finalement contraint à rester un peu plus. Bref une journée finalement à la fois longue et atone!

Pendant ce temps fiston junior s’est envolé vers l’Orient, à l’heure qu’il est il doit être au-dessus de la Sibérie, voire peut-être déjà au-dessus des hauts plateaux de la Chine intérieure. Et alors qu’ici c’est la nuit noire, sans doute déjà le soleil point-il sous les ailes de son avion. Il est parti pour cinq mois et cette fois c’est plus loin que Berlin, les revoyures se feront attendre. Demain matin fils ainé reprend à son tour l’Eurostar vers Londres. Forcément cela va créer un vide après ces quelques jours de famille à nouveau réunie. Ces envols sont profondément normaux et foncièrement heureux, c’est la vie qui passe, mais porteurs aussi d’un inévitable petit pincement de tristesse, c’est la vie qui passe…

Tout à l’heure l’anglais s’est collé devant la télé pour regarder le match de foot et a vibré, avec certes un peu plus de distance qu’il y a quelques années, pour son cher PSG. Je me suis collé devant la télé avec lui, moi qui ne regarde jamais le foot. C’était en effet plutôt un bon match et j’ai pris plaisir à ce moment partagé. On se croyait revenu quelquess années en arrière.

Maintenant j’écris ces quelques mots avant de me glisser au lit. Je me dis que ces phrases n’ont pas beaucoup d’intérêt pour qui les lira et que je ferai mieux de prendre un bon livre en laissant juste filer et s’effacer cette journée. Pourtant écrire me fait plutôt du bien, j’ai l’impression que d’une certaine façon ça sort la journée de sa pure grisaille et qu’en la marquant je lui donne un petit surplus de présence et de sens.

Au moment de poster je me demande quel titre donner. Je n’en trouve pas spontanément. Alors j’écris : « Sans titre ». Et je me dis que de fait c’est un bon titre, cohérent avec le contenu si ténu de ce billet. La vie est aussi faite des jours « sans titre ».