Les échos de Valclair

Scènes de vie, pensées, rêveries, promenades et voyages, l'intime se dessine à travers le quotidien, livres lus, films vus, réflexions sur la littérature et l'écriture...

11 février 2008

Le tag d'Ondine

Donc j’ai été « tagué » par Ondine puisque c’est ainsi qu’on dit. Elle m’a lancé dans une chaîne blogosphérique. Je ne pratique pas très souvent ce genre de jeu un peu artificiel mais tout de même ça m’amuse et puis c’est l’occasion de clins d’œil, l’occasion d’en recevoir, l’occasion d’en donner. J’aime bien justement que ce clin d’œil là vienne d’Ondine alors c’est avec plaisir que je joue le jeu.

C’est amusant aussi d’aller voir ceux avec qui on est co-tagué. Je ne connaissais pas ces blogs, à l’exception de celui de Claudio. Et c’est un peu la magie d’internet, passer par un détour d’au delà de l’océan pour découvrir le site de quelqu’un qui doit sans doute fréquemment hanter les mêmes quartiers que moi, que j’ai peut-être croisé sans le savoir…

La consigne c’est : Citer le blog qui vous a lancé dans le jeu, redonner le règlement, mentionner six choses sans importance sur soi puis trouver six autres personnes auxquelles passer le jeu et les en prévenir.

Six choses sans importance donc. Pas facile en fait de démarrer. Il faudrait réagir presque en écriture automatique. Or justement quand on se pose la question comme ça, de but en blanc, les idées se dérobent. Alors pour me lancer je m’amuse à ricocher (le ricochet c’est très pratiqué dans la blogosphère !) à partir des éléments donnés par Ondine :

Maladroit je le suis mais sans bleu, coupure, ni bosse parce que j’en évite largement les sources, je suis l’anti-bricolo par excellence, planter ne serait-ce qu’un clou ça fait lurette que ça ne m’est pas arrivé…

Mon grand café du matin, c’est mon démarreur ! Et j’aime aussi un petit expresso bien serré en fin de repas. Une bonne bière quand il fait soif mais surtout un verre de bon vin pour accompagner les repas…

Mon banquier c’est une abstraction. Je n’ai pas recours à des services personnalisés, signe d’une vie de fonctionnaire aux revenus réguliers et à l’aisance modeste qui n’est pas obligé de se bagarrer avec les découverts et les crédits, mais signe aussi peut-être d’une vie un peu trop popote, qui ne s’est jamais lancé dans le risque de projets échevelés…

Le banjo je ne déteste pas, souvenir de cet impressionnant duel des banjos ouvrant Délivrance et commençant à créer le climat de ce film terrifiant. Mais mon instrument préféré, celui qui m’émeut le plus, c’est encore la voix humaine, et celle de Kathleen Ferrier, pourquoi celle-ci plus que d’autres. Viendraient ensuite le violoncelle puis le piano.

Je n’ai pas de film, pas plus que de livre ou d’auteur cultissime, plutôt des admirations variées qui se sont empilées au cours du temps et auxquelles je retourne parfois mais plutôt rarement finalement, les chocs esthétiques et émotionnels, créés en moi, persistent, me nourrissent à distance. Mais peut-être que ça me manque le film, le livre culte auquel revenir comme à une source, à un morceau préservé d’enfance.

Je ne danse pas. Un blocage, une arythmie que je me suis inventée à l’adolescence, dans un temps ou sans doute j’avais besoin d’une carapace, celle-ci je n’en suis pas vraiment affranchie, c’est un des regrets de ma vie…

Maintenant savoir si tout cela est « sans importance »… Pas sûr finalement ! Et c’est l’intérêt de ces petits jeux. Au travers de ce qui semble anodin apparaissent des facettes des goûts, de l’histoire personnelle, de la personnalité, de qui s’y livre, contribuant au travers de leurs accumulation à dessiner un portait, allez, disons, une « esquisse » de portrait.

Je me suis amusé à retourner à ceux peu nombreux auxquels j’ai participé. J’ai retrouvé avec amusement la galerie des couettes et houpettes chez Traou, et puis un autre questionnaire en six points, un peu analogue à celui-ci finalement. Ça m’a fait sourire de voir ceux vers qui j’avais lancé le hameçon à l’époque, des personnes avec qui bien des liens se sont noués, sourire pour toi Ségo, « que je ne connais pas mais que j’approche à travers ses mots forts et que je me plais à deviner ».

A qui le tour maintenant ? Je lance le hochet, à prendre ou à laisser, vers Telle, vers Pivoine, vers Cassy, vers Ada et je le lance aussi vers Pati et vers Marie, spécialement pour ces deux là parce que pour des raisons différentes elles étaient en mal d’écriture ces derniers temps et que ceci aussi peut servir de perche pour des relances...

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27 février 2006

Sans couette (bis)

Que ne ferais-je pour compléter la collection de Dame Traou !

Voici donc quelquechose d'un peu plus conforme à l'âge requis par la "consigne".  Mais guère en ce qui concerne  la chevelure! De ce point de vue, à tout prendre, l'autre valait mieux...

J’ai été déjeuner avec mon père hier. J’en ai profité pour aller mettre le nez dans les albums photos familiaux. Un joli voyage que nous avons fait ensemble avec plaisir et nostalgie et puis j’ai embarqué quelques clichés non sans promettre de les ramener sans faute après les avoir scannés.

Mais lequel choisir ? Ce sont de petites photos en général de format presque carré. Il y a peu de portraits en fait, ce sont plutôt des scènes de groupe, vu d’assez loin avec des personnages minuscules. Et puis il y a des photos d’un peu plus grande taille, faites par des professionnels dans des occasions commerciales, celle-ci à côté d’un Saint Nicolas, ce devait être lors d’une visite chez mes tantes de Belgique, celle là entre les pattes d’un ours blanc débonnaire ce devait être lors d’un séjour à la montagne. Il y a des photos d’école aussi, avec des photos de classe mais j’en ai peu datant de l’école primaire. Certaines années j’ai plutôt des portraits faits à l’école comme celui-ci.

Encore une fois je n’ai pas la date et ne saurait mettre un âge exactement. Mon père non plus. Ma mère elle aurait su peut-être. Allez disons à neuf-dix ans mais sous toutes réserves, en tout cas pas mal de St Epimaque d’Egypte avant la photo en poils et cheveux que j’ai mise l’autre jour.

J’ai un vague souvenir du moment. Ou je crois en avoir le souvenir. Il me semble que c’est le photographe qui avait apporté ce nœud papillon que l’on voit ici, ce devait être la première fois que je mettais une chose pareille, chacun le mettait à son tour le temps de la photo, c’était étrange, ce drôle de truc à élastique qui serrait un peu le cou…

Il y a ce côté petit garçon sage, cet air un peu figé qu’a dû m’imposer le photographe, un regard ouvert quand même, mes oreilles légèrement décollées que ne masquaient pas encore une abondante chevelure. Il y a le porte plume, ce n’était pas encore le temps de la généralisation du stylo bille, il y a le livre de classe ouvert avec sa page imagée et puis le panneau derrière, je crois me souvenir d’une série sur les saisons, là c’est l’été qui est représenté…

C’est sympa de prendre le temps de regarder une photo de près en cherchant à traquer tout ce qu’elle contient d’ambiance, cela fait madeleine finalement, des tas de choses remontent qu’on croyaient oubliées.

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21 février 2006

Sans couette

Ça oui, sans couette, mais sérieusement en barbe et cheveux le Valclair  !

Je m’amuse à suivre le fil lancé je ne sais d’où et suivi par de charmantes demoiselles, Mesdames Traou, Tita, Samandti, Vroumette, entre autres pour celles que je lis et par quelques jeunes messieurs. Traou vient de relancer la machine en offrant la galerie complète ici

J’ai cherché des photos d’enfance d’abord pour être dans le ton. Curieusement je n’en ai pas. Je n’en ai pas ici disons. Il y en a des quantités naturellement chez mon père, dans notre maison du sud-ouest aussi, je me souviens d’avoir feuilleté ces albums avec mon grand-père, nous les commentions mutuellement, il adorait cela tout à la fin de sa vie et c’étaient de beaux moments de partage. Mais ici pas la plus petite photo de l’enfant Valclair. Il faudra que j’en pique, tiens, dans les albums familiaux…

Alors j’ai cherché plus récent. Plus récent mais qui remonte quand même à plus ancien que la plupart des photos de nos jolies amies vu mon âge canonique. J’ai trouvé des photos d’adolescence ou d’adolescence prolongée, dans ce milieu ou cette fin des années 70, sur celle-ci j’ai une vingtaine d’années et quelques poussières, je n’en connais pas la date exacte…

Je me dis : est-ce que je casse un peu plus mon anonymat ? Pourrait-on me reconnaître ? Y a-t-il des gens d’aujourd'hui qui pourraient faire le lien ? Ou des gens de cette époque passant par ici par hasard ? Franchement je ne crois pas, je me trouve tellement différent. Et puis même cela serait-il... Je prends le risque. Moi-même il me semble que je ne me reconnais pas. Le regard pourtant, ça ne change pas un regard. Mais c’est curieux car je ne me retrouve même pas tant que ça dans le regard, dans cette expression un peu surprise, un peu interrogative. Je scrute. J’essaie de descendre jusque dans ce regard là, oui, c’est moi évidemment mais il me faut m’en convaincre.

La chevelure et la barbe ! Impressionnante ! Que voulait-elle dire ? Bien sûr c’était une certaine mode, c’était la volonté d’être conforme à un certain non conformisme très cohérent avec l’époque. Mais peut-être aussi de façon plus intime et inconsciente, une façon de se cacher, de s’enfouir…

Voilà je donne ça, c’est un jeu. Mais le faisant j’ai le sentiment aussi de donner un peu plus de moi, après mes mots, cette image, oui, c’est plus sérieux qu’il n’y paraît, si je m’enfouissais alors, je crois qu’aujourd'hui, de plus en plus, je me publie…

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Val, dans sa vingtaine, né à la Saint Epimaque d'Egypte (pas mal ce saint quand même, tiens Epimaque, pour un des mes gars, j'aurais du y penser!)

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31 janvier 2006

Six choses de moi

Je me suis trouvé interpellé par Ophélie pour participer à l’un des blogo-jeux en cours en ce moment. J’aime et je n’aime pas les blogo-jeux. Ils forment une sorte d’autre type d’atelier d’écriture auquel il peut être intéressant de se soumettre, ils créent de la convivialité blogosphérique (sympa tu as pensé à moi et moi justement je vais penser à vous) mais ils alimentent aussi la dispersion redoutable bouffe temps et avale priorités…

Enfin bon celui-ci ne me déplait pas et puis venant de la sympathique Ophélie…

Il s’agit de donner « six faits aléatoires » de soi… Aléatoires ? Comment pourraient-ils l’être ? Il faudrait avoir toute une valise de faits, préparés à l’avance, qui seraient un peu une somme de soi et dans laquelle gentiment on piocherait… Où alors il faudrait chopper ceux qui viennent spontanément à l’esprit, pas facile ça, il faudrait peut-être lancer ce type de consigne dans un atelier d’écriture en temps très limité, allez y, vite, faites courir votre main sur le papier, tout de suite, voyons ce que ça donne, moi j’ai vu cette consigne avant-hier, ce n’est pas que j’y aie pensé consciemment mais sûrement il y a des choses qui ont dû cheminer…

Alors qu’est ce qui vient :

1) l’odeur du sapin, autrefois, au moment des Noëls chez mes grands parents, quand on rentrait dans le salon le matin, les adultes avaient installé l’arbre pendant que nous dormions, l’odeur nous saisissait en ouvrant la porte et l’éblouissement des cadeaux, et cette odeur je ne l’ai jamais retrouvé, je n’ai jamais retrouvé cette magie là, même dans les Noëls avec mes enfants petits.

2) La colère, il m’arrive de basculer dans la colère, je ne sais pas pourquoi, de façon parfaitement irrationnelle, ça bascule,à partir d’un petit fait, d’un petit mot, parfaitement dérisoire, d’une résistance d’un objet (ah le clou qui refuse de se planter correctement !), c’est une colère sombre, froide, toujours tournée d’abord vers moi-même , je déteste mes colères…

3) Le plaisir immense, quand la journée est close de me mettre dans mon lit, avec un bon livre, loin des babils de la journée, loin de l’écran fascinant de mon ordinateur, fermer les écoutilles et m’envoler dans les mots, l’ennui c’est que je suis souvent un peu crevé et que mes yeux se ferment plus vite que je ne le voudrais...

4) Les serpents, j’ai une phobie, une vraie phobie, si j’en aperçois un je ne peux m’empêcher de sursauter violemment, et ça peut être pareil avec un lézard, avec un ver de terre, avec une branche même à l’aspect trompeur. Allez, je suis grand maintenant, je me maîtrise à peu près, mais faut vraiment que je prenne sur moi... Et sur un écran, c’est pareil, les scènes où ça grouille, genre cette la fameuse scène de l’Arche perdue, impossible, je mets les mains devant les yeux même si je tente gorge serrée d’écarter les doigts…

5) Faire des courses quand il y a la foule, impossible, j’y vais toujours à contre-temps des autres, je suis au marché dès l’ouverture, pas de grasse matinée le week-end, pareil pour les boutiques, on ne m’y verra pas le samedi après-midi, alors les soldes pensez !!!

6) D’ailleurs je suis du matin. Me lever tôt, sortir par une belle matinée, au premier soleil, quand tout est encore calme, quel bonheur, je suis plus ou moins du soir aussi, sauf qu’il m’arrive de m’écrouler (cf point 3), au fond c’est de l’après-midi que je suis le moins, je crois que je pourrais être un grand siesteur, allez vivement la retraite !

Voilà ce qui est venu, à peu près spontanément, l’un entraînant l’autre. Ce qui est drôle c’est cette image de mes Noëls d’enfance, je ne sais pas du tout pourquoi ça a surgi, comme ça, c’est un souvenir plutôt qu’un fait mais un souvenir naturellement c’est un fait…

Et l’autre aspect du jeu c’est de balancer le bébé à d’autres, cinq personnes en l’occurrence...

Alors voilà, je lance ça à Pralinette parce que je l’aime bien, je la connais un peu et que ça fait un moment que je n’ai pas dialogué avec elle, c’est une façon indirecte de le faire, à Iles Cook parce que je l’ai déjà croisée, qu’elle était partie pour d’assez longues vacances et vient de revenir, c’est une façon de lui dire bonjour, à Ségolène parce que je ne la connais pas mais que je l’approche à travers ses mots forts, que je me plais à la deviner, à Traou parce que je la découvre d’hier et de façon tout à fait indirecte (c’est chez elle que Coumarine a trouvé le tableau énigmatique et beau qui est l’acccroche d’écriture du dernier Paroles plurielles), à AlainX parce qu’il faut bien un homme tout de même, hé, ho, et parce que je pense qu’il ne se prêtera pas à ce genre de mondanités blogosphériques, mais sait-on jamais, histoire de me faire mentir…

Posté par Valclair à 17:53 - Jeux blogosphériques - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 octobre 2005

Etrange, tout de même

J’ai vu que circulait en ce moment un jeu dans la blogosphère consistant à :

Aller chercher sa 23° entrée ;

Repérer la 5° phrase de cette entrée ;

La servir au menu du jour.

Ce genre de petit jeu m’amuse. Il a l’avantage, contrairement à d’autres qui nécessitent de se creuser le ciboulot, d’être très facile à réaliser. Je n’ai croisé personne qui m’invite à y jouer mais ça m’importe peu, je me décide à aller y voir pour moi-même en me disant que selon la phrase sortie des profondeurs j’en publierai une note ou pas...

23° entrée donc. C’est que ça fait une paye tout de même ! Mine de rien dans ce monde des écritures en ligne où sites et blogs se multiplient mais dont certains disparaissent très vite, je suis déjà un ancien avec mes presque trois ans de pratique...

23° entrée, la voici, un texte daté du 2 mars 2003, intitulé « ne pas s’obliger ». Les phrases sont plutôt longues, certaines font un paragraphe, je vérifie bien que je ne me trompe pas, la cinquième est celle-ci et elle n’a rien d’anodin :

« J’ai toujours eu tendance à corseter ma vie par un système d’obligations que je me crée, qui ne concerne que moi et dont je m’aperçois, si j’y réfléchis, qu’elles n’en sont pas vraiment. »

J’ai peut-être un peu évolué là-dessus, disons que la tendance est peut-être un peu moins forte mais elle est toujours présente, ce petit rappel finalement n’est pas mal venu.

J’ai lu. J’ai noté. Mais j’en ai profité pour lire autour. Plutôt longuement finalement. Sans déplaisir. Un petit voyage en mars 2003. Quel Narcisse ! Enfin on l’est forcément tous un peu, nous qui pratiquons ce genre de sport d'écriture.

Curieux en tout cas d’être tombé là-dessus... Et je pense soudain à quelqu'un qui aime à dire qu’il n’y a pas de hasard (et à qui par la même occasion je fais un petit clin d’œil en passant). Enfin, je ne vais pas devenir par cette seule expérience un adepte du tirage des cartes ou de toute autre technique de ce genre mais enfin ce tirage dans mes mots m’a amusé et un peu plus...

Je passe le relais ? Allez oui, si le cœur leur en dit, je passe à Samantdi (une joueuse invétérée, ça devrait l’amuser, je crois qu’elle ne l’a pas fait encore celui-ci) et à l’Idéaliste (moins joueur sûrement, peut-être sera-t-il réticent mais un grand ancien comme lui et qui va devoir remonter loin en arrière, que pêchera-il dans les profondeurs de ses archives ?)

Posté par Valclair à 00:09 - Jeux blogosphériques - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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