11 mai 2007
Enfui!
Confusion totale de mon
esprit dans le trouble de l’éveil.
Des mots me viennent pour
dire cette confusion et flottent en moi. Autant les écrire. J’allume, je prends
mon carnet à côté de mon lit.
Déjà ça change. Vite,
j’essaie de les retenir ces mots car déjà ils me fuient.
Il y a le fiston qui me
dit : « Tu écris un journal intime » sans que je sache vraiment
à son intonation si c’est une interrogation ou une affirmation. En tout cas je
ne nie pas, je ne confirme pas. Je fais comme si je n’avais rien entendu. En
même temps je réfléchis. Ou et quand a-t-il pu le lire ? Il n’est pas
question d’internet mais plutôt de cahiers. Mais sur quelles pages a-t-il pu
tomber ? Des pages récentes ? Celle où je parle de sa mère dans des
termes pas forcément amènes ? Celle où j’évoque une certaine soirée qui
doit avoir lieu bientôt ?
Mais, rien à faire,
l’essentiel s’est effacé. Je sais maintenant que le fiston ne m’a pas
dit : « Tu écris un journal intime ». Je ne suis plus dans cette
situation où « je ne savais pas si j’étais un philosophe chinois rêvant
qu’il est un papillon ou un papillon rêvant qu’il est un philosophe
chinois », cette situation d’entre-deux qui m’avait semblé durer longtemps
pourtant et où j’échafaudais. Il y avait une forêt de pensées. Mais à vouloir
coucher les mots, je les ai perdus et j’ai perdu les pensées et j’ai perdu les
images d’où je les échafaudais et qui pourtant étaient pléthore. Il ne me reste
rien…
Décidément après un ricochet
vide, un rêve et ses alentours qui s’en est allé…
Y a-t-il quelque chose que
je cherche à me cacher à moi-même ?
03 janvier 2007
Rêve doux
Je ne me souviens pas du
rêve, pas des péripéties qui ont mené aux dernières images mais celles-ci par
contre sont très prégnantes, pénétrantes comme disait le poète.
Il me semble que nous étions
au sortir d’une situation historique difficile, après des moments tragiques,
des gens se retrouvaient et c’était la paix mais une paix marquée encore de
souvenirs d’horreur. (Hier soir nous avons regardé le dvd du Pianiste de
Polanski, ceci explique peut-être cela). Nous étions nombreux autour d’une
table. J’avais à côté de moi une jeune femme brune très belle. Elle avait son
ami à côté d’elle. Elle lui tenait la main, la sentait, la caressait,
l’embrassait. Mais elle tenait ma main aussi, la sentait, la caressait,
l’embrassait. Elle disait en nous souriant à l’un et à l’autre :
« Vous avez des odeurs douces ». J’avais le sentiment qu’elle était
en train de devenir mon amie, qu’elle s’apprêtait, comme on dit, « à se
donner à moi ». Toute la scène était baignée d’une extrême paix, d’une
extrême douceur, d’une extrême tendresse. Il y avait un tel accueil dans son
regard !
Le temps avançait et en même
temps était suspendu. Nous allions « accomplir » mais rien ne
pressait. Je me suis éveillé sur ce suspens, pas comme c’est le cas
habituellement dans les rêves sexuels au pic de l’action, et c’était très doux.
J’ai encore dans l’oreille
ces « odeurs douces » et dans la mémoire ce regard tendre.
Ce n’était qu’un rêve. Mais
bienvenu après pas mal de moments un peu difficiles vécus ces derniers jours.
Il faut chouchouter les rêves. Il m’a permis mine de rien de démarrer ma
journée réelle dans un climat plus agréable, plus tonique…
20 octobre 2006
Fin de nuit
Quand viennent des insomnies de demi-nuit, souvent le sommeil me rattrape peu de temps avant l’heure où je dois me lever, un sommeil parfois profond dont j’ai du mal à m’éveiller ensuite, parfois haché au contraire, successions d’assoupissements et de réveils, de moments étranges d’entre deux où l’on ne sait trop si on est dans le rêve ou dans l’éveil.
Ainsi en a-t-il été ce matin. J’ai cherché à accrocher sur mon petit carnet les images qui m’ont visitées, étranges et, sur la fin, franchement cauchemardesques quoique elles n’aient pas suscité de terreur panique comme il arrive parfois, là c’était plutôt un sourd malaise, empreint d’une acceptation fataliste mais triste face à ce qui ne peut s’éviter.
D’abord une grande maison où se tient une sorte de séminaire en résidentiel. C’est le matin. Je croise une grande femme avec qui j’ai conversé la veille au moment où elle sort de la salle de bain. Elle est enveloppée d’un drap de bain rouge et dégouline encore d’humidité. Elle est vraiment très grande, très imposante, elle occupe tellement l’espace du corridor que nous ne pouvons nous croiser sans nous toucher, le drap de bain s’ouvre et glisse au sol, elle est nue à l’exception d’une culotte noire, je suis collé contre elle, mon visage arrive bien en dessous de ses seins, je la regarde par en-dessous, elle s’excuse pour son indécence avec un sourire, il n’y a rien d’aguicheur en elle, elle me paraît plutôt bienveillante, suis-je troublé, je ne sais, je me sens plutôt comme un tout petit garçon, à la fois admiratif, interrogateur et un peu effrayé…
Puis l’image change, les couleurs qui étaient claires, vives, s’assombrissent. Mais est-ce d’un coup ou y a-t-il eu une phase d’entre deux, de semi éveil pendant laquelle j’ai eu vaguement conscience que j’étais en train de rêver, je ne peux le dire avec certitude…
C’est le soir désormais. Un soir sans lune, une maison aussi à la sortie d’un village donnant sur la route, sur une campagne vaguement menaçante, Constance est sortie, je sors derrière elle, elle s’avance sur la route, il y a du brouillard qui s’accroche aux branches des arbres, en s’éloignant elle s’efface, disparait dans cette brume, je l’appelle avec de l’angoisse dans la voix et marche à mon tour sur la route, je l’aperçois à nouveau, elle s’est accroupie comme elle le fait souvent quand le soir elle sort fumer une cigarette dehors, elle est adossée à une haie dans laquelle on devine un passage ouvert vers un au-delà de la haie mystérieux, soudain apparaît dans l’air, se déployant en mouvements sinusoïdaux, une longue écharpe blanche, brillante, diffusant une lumière froide comme le ferait la lune, l’écharpe s’enroule autour du buste et du cou de Constance, d’abord avec douceur (et la vision alors est franchement belle) avant de brusquement la déséquilibrer, la soulever, l’entraîner en arrière. Je suis là juste à temps pour la voir emportée dans le vaste jardin qui s’ouvre derrière la haie, on devine à peine au fond une maison, au delà de buissons et d’arbres touffus entre lesquels elle disparaît. Je ne cherche pas à courir à sa suite, d’abord l’endroit me fait peur, et puis j’ai le sentiment qu’il y a là une fatalité, qu’on ne peut se révolter contre la force qui l’entraîne, qu’on ne peut qu’assister impuissant et désolé à cet enlèvement…
Et je m’éveille avec un sourd sentiment de malaise…
Je me garderai bien de toute interprétation, il s’en présente de trop faciles que leur évidence même rend suspectes. Non j’ai seulement envie de collecter les images, elles sont toujours fascinantes ces images des rêves par leur puissance, leur netteté et leur fragilité aussi, s’effaçant si vite. C’est pourquoi j’aime les noter. Et les retrouver après, être surpris en les relisant, presque incrédule à les retrouver.
23 août 2006
Un rêve aux couleurs claires
Rêve lumineux cette nuit, un
vrai voyage, convoquant tous les sens en une belle fête. Des rêves comme ça, ça
vaut le coup de les attraper ! Je me suis éveillé encore tout baigné de
lui et me suis précipité pour en griffonner tout de suite sur mon petit carnet
le déroulement, pour ne pas laisser perdre comme un autre, récent, plein de
rebondissements et qui me plaisait bien dont j’avais le sentiment de me
souvenir avec beaucoup de force mais dont je n’ai pas absolument rien pu
retrouver quelques heures après.
Au départ on était dans un très bon restaurant dans un beau et vaste parc, on m’y fêtait mais pour une raison que j’ignore. Après un repas excellent, j’avais laissé à la table ma famille, mes amis et me promenais seul dans le parc avec une amie chère qui m’y donnait la main puis une accorte jeune femme venait vers moi, me déshabillait à demi et me caressait délicieusement, sous le regard complaisant de mon amie, nous marchions encore, le parc devenait un auditorium, une salle immense de grande hauteur, il fallait grimper et grimper entre les rangs de sièges pour atteindre notre place, on nous indiquait qu’il s’agissait d’une « promenade musicale » et, de fait, les musiciens se mêlaient à nous, nous entraînaient, ils produisaient une étrange musique avec toute sorte d’objets de la vie quotidienne, à ma grande surprise cela donnait une musique très mélodieuse et très douce, la salle de concert s’est transformée en un grand bateau de croisière, nous passions de coursive en coursive à la suite des musiciens, une ville apparaissait avec de beaux monuments italiens, on me disait « c’est Florence », j’y reconnaissais le Duomo, mais il y avait le mer aussi, des palais au bord de l’eau, je disais « il me semble que c’est Venise » et c’était très clairement les deux villes mises ensemble. Il y avait une incroyable circulation de bateaux, je me mettais à faire des photos, je ne savais plus où était mon amie mais n’en ressentait aucune angoisse, je cadrais des images magnifiques et chaque fois au moment de déclencher il se passait quelquechose, une tête qui s’interposait, un bateau qui coupait le cadre mais même cela je le vivais sans désagrément, je me disais « ce n’est pas grave, maintenant que je fais de la photo numérique je peux recommencer autant que je veux » et je photographiais, je photographiais et je me suis éveillé là-dessus bercé de tout cela, des caresses, des sons, des images…
(Ecrit le 13 Aout matin)
26 mars 2006
A la poursuite d'un rêve
J’aime
beaucoup rêver, plus exactement me souvenir de mes rêves, car naturellement je
rêve toutes le nuits mais rares sont les matins où j’en ai la trace en moi.
C’était
le cas aujourd'hui. Il me faut alors lorsque je sors à peine des limbes prendre
le petit carnet qui est à côté de mon lit, vite, noter les mots, les images,
les glissements et basculements surtout c’est ça qui est le plus intéressant.
Je
ne l’ai pas fait ce matin, par flemme et parce qu’au réveil il me paraissait
fort et structuré, donc peu susceptible de s’enfuir. Je me suis levé, j’ai
vaqué à deux trois occupations, préparé le petit déjeuner, puis je me suis
dit : ah mon rêve, donc, donc, c’était…
Et
c’était le blanc, le vide, l’absence. Je me souviens juste de son extrême fin.
Il y avait une histoire de recherche menée en commun, ou était-ce d’écriture
commune, cela prenait tout à fait pied dans mon présent, dans le monde adulte
mais encore une fois je me sentais lycéen, à la fois homme mûr d’aujourd'hui et
lycéen,(ça décidément c’est une sacrée récurrence dans mes rêves !), la
discussion se poursuivait dans une baignoire, j’étais seul avec une jolie jeune
fille, nous parlions sérieusement un peu comme dans ces congrès au bain assez
pratiqué je crois par les japonais où l’on voit des messieurs très sérieux,
genre cadre d’entreprise, occupé à lire leur journal, à discuter, à jouer aux
échecs en faisant une trempette collective. Nous étions l’un et l’autre
parfaitement nus mais on discutait comme on dit « en tout bien, tout
honneur », sauf que je sentais, nous sentions, que cela allait basculer et
cette sensation était délicieuse, et ça n’a pas été plus loin et je me suis
réveillé là, avant que le rêve ne devienne érotique, avec juste une raideur de
bon aloi et dans un sentiment de douce euphorie…
Mais
avant, avant, ça m’avait l’air si riche, si présent au réveil et là rien à
faire, rien de rien, la totale absence, j’ai eu beau tenter de chercher, de
repartir de ces images qui me restent de la fin, rien à faire. Je le sais
d’ailleurs, je sais qu’on ne remonte pas le cours d’un rêve perdu, perdu c’est
perdu…
Ça
me donne un peu la même impression de frustration irrémédiable que me donnait
un disque que j’avais enfant, où était raconté un conte, il y avait un prince,
il y avait la plus belle histoire du monde qui devait être racontée, il y avait
une mouche, je ne sais plus du tout comment tout ça se goupillait, toujours
est-il que l’histoire ne venait pas, qu’elle restait éternellement en suspens
aux lèvres du narrateur. J’adorais et je détestais ce disque. Je voulais
l’écouter et le réécouter comme si j’espérais qu’à force finalement j’en
dépasserais la malédiction et que l’histoire me serait enfin donnée.
19 février 2006
Retour aux écoles
Toutes
les nuits en ce moment je me réveille vers quatre heures. Je me sens alors tout
vif l’esprit délié. Je bouquine dans mon lit ou descends dans la chambre d’ami
avec le portable pour écrire un peu. Vers six heures, six heures et demi le
sommeil me reprend, je monte me recoucher, me rendors sans peine jusque vers
neuf heures. Tout ça va bien tant que je suis en vacances mais ce rythme fera
moins mon affaire à partir de demain où il faudra que je me lève précisément au
moment où revient le sommeil.
Cette
seconde phase de sommeil est précieuse, je me réveille reposé après elle alors
que si j’enchaîne après mon insomnie j’ai tout au long de la journée le
sentiment d’un manque. Cette période de la nuit est celle aussi souvent où je
rêve, celle plutôt où j’ai le sentiment de passer assez facilement et avec une
certaine délectation d’un côté ou de l’autre du miroir.
Je
suis au lycée. Je suis grand, je suis adulte, c’est moi aujourd'hui mais je
suis avec mes petits camarades de classe, qui ont eux tout à fait l’âge idoine,
l’âge de Bilbo, mais cette différence ne pose aucun problème, ne se remarque
même pas. Mon problème c’est qu’on est février et que je m’aperçois que j’ai
oublié d’aller à tous les cours d’histoire et de géo depuis le début de l’année
scolaire, que je ne connais même pas la prof. Je suis avec mes camarades de
classe, une jolie brunette notamment qui a l’air de m’avoir à la bonne, on
discute de comment je vais faire pour réintégrer le cours, jamais je ne serais
accepté, le lycée on n’y va pas à la carte, moi de toute façon je n’ai pas
séché, j’adore l’histoire-géo, j’ai juste « oublié ». On se demande
comment cette absence a pu passer inaperçue. La jolie brunette s’inquiète
particulièrement pour moi, elle me dit que jamais elle n’oserait, elle, se
présenter devant la prof dans une telle situation, moi je me sens plutôt à
l’aise, très assuré (moi qui pourtant manque si souvent d’assurance dans ma vie
réelle), je lui dis que ça se passera très bien, que j’ai le niveau de toute
façon, que j’ai accumulé pas mal de culture au cours des années, qu’il ne faut
pas s’inquiéter pour moi, elle me regarde avec des yeux enamourés…
Je
m’éveille. Je suis encore dans le rêve. Je me sens très bien, cette demoiselle
est bien jolie, je suis ravi d’aller découvrir ce cours, ma réintégration va
bien se passer j’en suis sûr. J’ai fait des études de fac en histoire-géo de
toute façon, donc… Donc il se pourrait bien que je ne sois plus élève au lycée…
Ben oui, ça fait une paye que je ne suis plus au lycée, et je m’éveille tout à
fait alors et réintègre mon moi d’aujourd'hui et dans tout cela il y a un
parfum délicieux de nostalgie.
Ce
n’est pas la première fois que je fais ce genre de rêve où je me crois redevenu
lycéen ou étudiant. Comme si je recherchais les bonheurs que, l’un dans l’autre,
mes années d’école m’ont apporté. J’ai aimé mes écoles. J’y ai toujours été à
l’aise ou du moins c’est le souvenir dominant que j’en ai. J’étais bon élève, bien
calibré, bien scolaire. J’ai aimé le rapport avec mes enseignants, ce qu’ils
m’ont apporté, dans les disciplines littéraires surtout, en sciences c’était
autre chose, j’étais moins performant et moins motivé. Avec mes pairs, à partir
de l’adolescence du moins, à partir du moment où a commencé à se poser la
question « des filles » c’était plus compliqué, mon assurance avec
mes profs étant l’image inversée de ma maladresse et de mes blocages avec les
demoiselles. Je rêvais de boums où il se passerait quelquechose, mais il ne s’y
passait jamais rien, j’y traînais ma gêne et des désirs inaboutis, alors tant
qu’à faire je préférais encore les cours rassurants et la lecture des livres.
Ah
jolies jeunes filles d’antan, je reviendrais si volontiers vers vous! Remontent
vers moi des chansons de Maxime Le Forestier tellement entendues ces années là :
« Ce
soir à la brume
Nous
irons ma brune
Cueillir
des serments
Cette
fleur sauvage
Qui
fait des ravages
Dans
les coeurs d’enfants… »
23 janvier 2006
Le linceul
Par la fenêtre je vois un avion qui passe. Il
vole bas, lentement et silencieusement, on dirait qu’il est pratiquement à la
hauteur de l’immeuble. Un autre passe derrière lui. C’est tellement étrange ces
avions en pleine ville…
Je me précipite sur le balcon. C’est celui de
l’immeuble ou habite mon père, une de ces tours qui dominent Paris. Quelqu’un
d’autre est avec moi, mais je ne sais pas qui. Il fait nuit, tous les immeubles
sont éclairés comme l’avenue à nos pieds où passent des voitures. Les avions se
sont éloignés. Il règne un silence énorme, impressionnant, qui fait peur.
Toutes les lumières en même temps se sont éteintes. L’obscurité est totale. Je
voudrais rentrer dans l’appartement. Je sais qu’il en est de même pour l’autre
personne, nous voudrions parler, nous ne le pouvons pas plus que bouger, mais
nous nous percevons, nous savons que nous ressentons la même chose, nous savons
que tout s’est arrêté, nous savons que les avions silencieux ont lâché leur
cargaison létale, nous savons que nous sommes morts. Nous ne sommes pas dans la
révolte, nous savons qu’il n’y a plus rien à faire, mais il y a dans cet instant
qui menace de durer pour l’éternité une intense charge d’angoisse et de
terreur. Nous sommes dans un linceul. Est-ce que ce sera ainsi, la mort, dans
la prochaine guerre ?
C’était un cauchemar dur,
très court dans la perception de son déroulé, sans ces histoires compliquées et
chaotiques imbriquées les unes dans les autres qu’on essaie de se rappeler au
matin, juste cette courte séquence mais d’une effrayante présence. Je rêve peu.
Enfin, je me souviens peu de mes rêves. Cela dépend des périodes aussi. Disons
que je me souviens particulièrement peu de mes rêves en ce moment. Pas très
drôle que le seul qui vienne s’offrir à moi soit un tel cauchemar, j’aurais
préféré bien sûr un de ces rêves coquins où l’imagination baroque s’en donne à
cœur joie et qui viennent parfois rajouter un peu de sel à mes nuits.
Malfaisant coup de téléphone qui m’a réveillé en pleine nuit. Je suis sûr que sinon je ne me serais rappelé de rien. Et bienfaisant en même temps. Mieux vaut savoir ce qui passe dans le circuit. Et puis il y a ce plaisir toujours du réveil après un mauvais rêve, sortir des limbes, bouger la main, ouvrir la bouche, sentir le rêve s’affadir, le rêve auquel on ne croit plus tout à fait mais qui perdure encore pendant un moment dans la conscience comme un angoissant bruit de fond, le sentir qui s’éloigne, pouvoir dire enfin : « Ouf, ce n’était qu’un rêve, je suis vivant, bien vivant… »