02 mai 2006
Pas trop au top
Soudain j’ai eu comme une
violente envie d’été. Comme une violente envie d’ailleurs. Le temps qu’il
faisait dehors y a contribué. Mais pas seulement. C’était une envie de fuite
aussi parce que je ne me sentais pas bien. Il m’a fallu sortir. Cela faisait longtemps
que je n’avais pas ressenti un tel sentiment de manque d’entrain, d’ennui,
d’étouffement au bureau. Il me restait pas mal de choses à faire mais je
n’attendais plus de rendez-vous, j’ai donc pris mes cliques et mes claques,
tant pis, je suis parti un peu avant trois heures mais pas dans l’allégresse,
pas du tout, pas comme lors de certains de ces jolis moments volés qu’il
m’arrive de prendre.
J’ai filé à la Villette, je
me suis dit que j’allais en profiter pour aller voir l’expo « l’amour
comment ça va ? ». Comment ça va l’amour ? pas trop bien. L’expo
était fermée en plus, ça n’ouvre que du mercredi au dimanche ! Un
signe ?
Je me suis installé au
confluent des canaux. C’est un coin tranquille un peu à l’écart des principales
circulations. C’est là que j’écris ces mots sur mon carnet. Eau miroitante du
canal dans le contre-jour. Petit vent frais venu de l’eau et soleil chaud
brusquement après ces journées si froides. Un couple qui s’embrasse tout près
de moi. Un saxo solitaire et mélancolique qui joue un peu plus loin. D’habitude
j’arrive bien à jouir de ce genre de moments un peu suspendus et de mes
promenades solitaires. Là pas trop. Je ressens le dépit d’être seul. Je me sens
assailli par toutes mes contradictions. Celles du bureau. Celles du cœur. Mes
affections vivantes du moment sont loin. Je voudrais dans l’immédiateté de
l’instant avoir quelqu’un près de moi avec qui me sentir en échange, en
complicité. Je ressens comme une douleur ce silence qui s’est installé dans mon
quotidien à la maison depuis longtemps, qui s’y est cristallisé, jusque là je
me débrouillais assez bien avec mais là en ce moment, j’ai du mal, j’ai
l’impression que cela devient de plus en plus lourd, de plus en plus épais, il
faudrait vraiment parler, mettre certaines choses au clair, pas seulement
écrire ou fantasmer que je vais le faire et puis toujours remettre à plus tard
parce que ce n’est jamais le bon moment.
Ça ira mieux demain ?
J’ai hésité à poster ces
mots. Mais bon il y a déjà trop d’entrées qui restent hors ligne. Il ne faut
pas toujours privilégier le lisse, le facile, le satisfait de soi, les braves
petites considérations intello sur les bouquins et les films, il y a d’autres
moments aussi, ils existent, ils ont droit de cité.
02 mars 2006
L'amour et l'attachement
Je
lis en ce moment de grands morceaux de l'ancien blog de Tristana,
pages vibrantes d’un
tout proche passé. J’avais croisé ses mots il y a un certain temps à
partir de
commentaires laissés par elle chez ceux (celles) que je lis mais je
n’avais que
brièvement survolé quelques pages, arrêté peut-être en partie par le
titre "chronique d'une séparation annoncée", comme si je m’étais
dit : quel est l’intérêt d’aller y voir puisque tout apparemment est
déjà
ficelé, quasi advenu…
J’avais
bien tort, les textes de Tristana sont magnifiques et poignants et ils me
parlent profondément. Certaines pages même me vrillent : malgré une
histoire totalement différente, malgré une façon de l’aborder qui n’a rien à
voir, par instants, je retrouve dans ce qu’elle dit de son compagnon en
déshérence des attitudes qui questionnent les miennes.
La
lecture de textes de ce genre me permet de mieux mesurer pourquoi j’apprécie
les blogs qui vont au cœur de l’intimité de celui ou celle qui écrit. Ici cette
intimité est donnée avec une détermination qui impressionne, une capacité à se
mettre à nu, à révéler les fragilités, les larmes, les douleurs, sans
tricherie, sans faux fuyants qui demande un sacré courage.
Tristana
l’a fait manifestement aussi pour des raisons thérapeutiques, parler aux autres
de sa douleur, recueillir leurs réactions, s’apercevoir des douleurs partagés,
se rendre compte que ses propres mots pouvaient aider certains de ses lecteurs
est à coup sûr une façon de s’aider soi-même, d’éviter la prostration et de mettre
une once de positivité dans ce qui est si douloureux. Ouvrir son cœur c’est
redresser la tête, c’est se mettre en chemin, c’est ce qui permet de commencer
à envisager « Les jours d’après ».
Certains
diront qu’il n’y a là que de l’exhibitionnisme. Et du voyeurisme chez ceux qui
viennent lire. Ils assimileront tout ça à ce qui a pu faire le succès des loft
story et autres reality show. Mais c’est si différent ! Rien ici n’est mis
en scène pour accrocher ou pour faire vendre. Il y a de l’authenticité et pas
de complaisance. C’est une façon de se livrer qui est un don fait aux autres
avec l’espoir de recevoir aussi et sans rien quémander pourtant.
La
confrontation de l’intime, des intimes, le notre et celui des autres, joue la
dialectique du même et du différent. « Mais bon sang c’est tout comme moi
ça » et puis « mais non c’est tout comme moi et pourtant ça n’a rien
à voir ». C’est cela qui est précieux, passionnant et enrichissant, qui à
la fois rassure et fait réfléchir, qui à la fois conforte et aide à se remettre
en cause, bref qui fait avancer. Et qui donne sens à la parole et l’éloigne de
ce qui ne serait qu’un couple infernal exhibitionnisme/voyeurisme.
Les
mots de Tristana justement m’ont donné envie de rebondir sur l’amour et
l’attachement. Ou plutôt ceux qu’elle citait, tirés d’un bouquin et invitant à
ne pas confondre amour et attachement. C’est sûr ce n’est pas pareil. Cela dit
l’attachement lorsque l’amour amoureux n’est plus là est-il toujours
négatif ? Autrement dit une relation de couple relativement harmonieuse,
vivable, apportant quelquechose à chacun des partenaires peut-elle perdurer en
se basant essentiellement sur cet attachement ou n’est-ce alors que faux
semblants, que repliement frileux, que peur d’affronter la vie et la nouveauté,
avec ses cahots ?
A
coup sûr il y a quantité de couples qui vivent uniquement sur un tel
attachement et parfois dans des conditions calamiteuses. J’en ai connu beaucoup
dans la génération de mes parents (et d’ailleurs mes parents eux-mêmes !)
mais il suffit de regarder autour de soi pour voir qu’il en reste beaucoup de
ces couples éteints mais qui persistent en s’enfonçant dans l’indifférence puis
dans la rancœur, ils ne se supportent plus qu’à peine et néanmoins ils se
traînent ensemble au long de la maturité et de la vieillesse comme si leur
relation était un destin, une mauvaise carte tirée. Dans certains cas les
partenaires s’ignorent, ils ne sont plus que des individus qui se croisent dans
le silence. Dans d’autres ils se chamaillent, s’agressent sans cesse, se
balancent de continuelles méchancetés, ce ne sont même plus des crises c’est
comme si ces hostilités continuelles étaient devenues une seconde nature, une
sorte de carburant de leur vie indispensable comme une drogue.
Mais
il en est d’autres où l’attachement prend une autre tournure. Il n’y a plus
rien de proprement amoureux dans les rapports, pas d’étincelle dans les
regards, pas d’envie brusque de se prendre dans les bras, plus ou trop rarement
de désir sexuel partagé, il y a quantité de petits agacements mais tout de même
il y a autre chose aussi, tout ce qu’a forgé un long compagnonnage, les
souvenirs partagés, les bons et les moins bons, une appréciation et une
reconnaissance de ce que chacun est malgré ses limites, une tendresse, la
conviction qu’existe toujours entre l’un et l’autre un fonds de solidarité et
d’entraide si devaient surgir des évènements difficiles. On est ensemble,
cahin-caha mais on y est et la relation est un lieu précieux de sécurité. Si
l’attachement permet cela, même s’il ne fait plus rêver et palpiter comme le
ferait l’amour amoureux, pourquoi faudrait-il le dévaloriser ?
Le
tout c’est qu’il soit pris comme tel par les deux partenaires, accepté et
assumé avec ses limites. Alors il pourrait être le soubassement d’un contrat renouvelé
dans un couple où se partage encore ce qui peut l’être à partir du moment où
l’on accepte de reconnaître ce qui ne le peut plus. Peut-être est-ce à cela que
fait référence la « déliaison amoureuse » dont parle Chaumier, je
n’ai pas lu ce bouquin mais je crois bien que c’est cela son sens général,
dégager le couple de ses illusions fusionnelles, accepter de limiter les
ambitions du couple, construire une relation fissionnelle qui a sa valeur.
La clé de tout cela néanmoins c’est la parole, la parole assumée, partagée. Non pas une parole totalitaire qui prétendrait tout débusquer. Il faut au contraire une parole qui respecte des espaces de silence et des jardins secrets. Mais une parole du moins qui reconnaisse pour l’un comme pour l’autre le droit à ces jardins secrets, les rendent licites. C’est alors que les mensonges par omission n’en sont plus, qu’ils deviennent la part normale des domaines réservés de chacun.
Je
m’illusionne peut-être à croire que cela est vraiment harmonieusement possible,
que les deux membres d’un couple peuvent avancer à peu près au même pas dans
une telle évolution, dans une telle refondation. Mais je veux croire que c’est
possible.
10 février 2006
Trou d'air
Puits
de négativité aujourd'hui, enfin pendant quelques heures, heureusement ça passe
en général assez vite mes mauvais moments mais ce qui m’agace c’est que je ne
peux rien faire, les conduites qui seraient rationnelles et que j’analyse
parfaitement sont hors d’atteinte, je me laisse submerger et ne peux que suivre
la pente de mon malaise.
C’est
assez fréquent ça chez moi. Une espèce de cyclothymie. Qui m’exaspère d’autant
plus qu’il y a pas mal de choses plutôt bien dans ma vie en ce moment, plutôt
pétillantes, des relations, des projets, des envies et puis pouf, de temps en
temps, c’est comme ça, les bras tombent, pas moyen ni de se mettre à
quelquechose, ni de jouir de sa vacance.
Je
me réjouissais d’être en vacances réellement depuis ce matin (toute la semaine
déjà c’était plutôt cool, quelques heures au bureau sans plus, des
horaires quasi à mi-temps). Et puis, et puis, je ne me suis pas mis sur le bon
pied de toute la journée…
D’abord
j’ai voulu écrire. J’ai une idée de nouvelle qui m’accompagne depuis un moment
et à laquelle je n’avais pas encore trouvé le temps de me coltiner. Ce matin me
paraissait idéal. Mais rien à faire. Les mots ne sont pas venus. Je sais un peu
pourquoi. J’ai plusieurs directions possibles, je n’arrive pas à en prendre une
plutôt qu’une autre, ça arrive quand on écrit ces moments de blocage, puis ça
se débloque tout à coup mais pas là, au contraire la nouvelle a semblé
s’éloigner à mesure que je tentais d’avancer, j’ai senti que j’en perdais le
goût, j’ai commencé à me demander le sens qu’il y avait à tenter de l’écrire.
Mauvais, quand ça commence comme ça, inutile d’essayer de continuer. Je me suis
arrêté. Je reverrai plus tard, un autre jour, peut-être…
Cet
après-midi une des amies de Constance est venue travailler avec elle à la
maison sur un projet associatif qu’elles partagent. Cette fille, sympathique au
demeurant, a une voix très sonore et haut perchée. La configuration de
l’appartement est telle que je les entendais, parfois ce genre de situation ne
me gêne pas parce que je suis assez à ce que je fais pour entrer dans ma bulle.
Mais là si, ça me gênait, ça m’exaspérait même, c’était comme si je participais
sans le vouloir à leur conférence, bêtement je n’ai pas su leur dire (ou pas
voulu, peut-être parce que je craignais de me retrouver dans la même incapacité
que le matin, devant MON incapacité). J’ai préféré partir me balader, j’ai
traîné plus que joui de la balade, vague envie de cinéma mais sans grande
détermination, j’ai loupé l’heure de début de séance, je suis rentré à la
maison, voilà, pas content de moi...
En
arrière fond il y a aussi ce qu’on va faire ces jours-ci. Moi j’avais des
envies de partir, je pensais aller chez des amis dans les Landes mais ça ne se
fait pas, ça ne colle pas de leur côté, ça m’allait très bien ce petit voyage, j’avais
des envies de campagne, de forêt, de bords de mer,. Constance elle n’a pas très
envie de partir, on essaie vaguement de faire un projet alternatif, manque
d’énergie là aussi, mais c’est plus grave peut-être docteur, c’est un manque
d’énergie à tenter de faire quelquechose ensemble…
Et
qu’est ce que je trouve à faire en rentrant de ma sortie un peu languide de cet
après-midi, écrire ces mots, est-ce bien la peine…
Sorte
de catharsis tout de même, ça va mieux, voilà, de toute façon on attend des
amis qui viennent dîner ce soir, je vais me mettre à la pluche, ollé…
30 décembre 2005
Un jour sans
Hier
était un jour sans. Ça arrive. Un jour sans tonus, sans volonté, sans activité,
un jour sans tristesse particulière non plus mais avec un sentiment de mal-être
persistant. Un jour éteint, les heures ont succédé aux heures. Rien n’y a fait.
Ni le volontarisme, ni les objurgations intérieures, je peux faire mon fiérot
avec mes discours sur la sérénité intérieure, le savoir jouir de ce que chaque
heure peut offrir, essayer de me coller un sourire sur le visage et tenter de
pratiquer la méthode Coué, et bien parfois ça ne marche pas…
Une
mauvaise nuit, un réveil ensuite trop tardif, un temps sinistre, une tentative
infructueuse pour me mettre à écrire, l’impression de ne pas avoir la paix,
d’avoir toujours quelqu'un plus ou moins sur mon épaule, un fond de mal de
crâne lié au gros rhume qui m’est tombé dessus depuis hier, les heures dont je
ne fais rien et qui tournent pourtant. « Quoi, il est déjà cette heure
là ! »
L’après-midi
j’ai tenté de me bouger. Je suis allé à Orsay, je voulais voir l’expo sur les
Russes qui se termine dans quelques jours. J’étais seul. J’apprécie bien sûr
les activités partagées mais d’habitude ça ne me gêne pas d’aller seul me
promener ou voir un film ou une expo, j’y apprécie mon sentiment de liberté, la
maîtrise de mes rythmes mais là, ça me pesait, j’avais l’impression de me
traîner par pur volontarisme, arrivé devant Orsay il y avait une bonne heure de
queue, dehors dans le froid, pas le courage, tant pis pour les Russes, j’ai
traversé la Seine, perspectives admirables comme toujours même sous ce ciel bas
mais là rien à faire je ne me sentais pas en état d’admirer, j’ai marché dans
les Tuileries, sol légèrement paré de blanc, les sculptures, l’arbre de
Pennone, un canard glissant sur la glace, les perspectives là encore, la roue,
la cour et les toits du Louvre sur fond de ciel virant à la nuit, la foule, pas
moyen de me sentir en harmonie, en présence…
J’ai
repris le métro...
Demain
sera un autre jour. Demain on y est, demain c’est aujourd'hui, oui je crois que
je suis entré dans la journée d’un meilleur pied, j’ai été faire les courses
pour le réveillon, ça se passe chez nous pour le 31 avec un nombre limité
d’invités ce qui me convient bien, c’est moi qui serai aux fourneaux, je vais m’y
mettre, je vais tout à l’heure préparer la marinade pour la gigue de chevreuil
que j’ai acheté ce matin.
15 décembre 2005
Retour sur l'amitié amoureuse
L’Idéaliste
dans sa dernière entrée nous invitait à réfléchir sur la dépendance amoureuse
en nous proposant d’écouter une récente émission de France inter là dessus. A
vrai dire je n’ai pas eu le temps d’aller écouter mais la phrase qui présentait un des bouquins
accompagnant l’émission me paraît des plus sensées : « Et si la dépendance
amoureuse n'était pas de l'amour, mais de la dépendance ? Et si, en amour
aussi, il fallait grandir pour pouvoir passer de la dépendance à
l'individuation ? ».
Et
ça m’a donné envie de revenir un peu sur l’amitié amoureuse. L’Idéaliste avait
prolongé ma propre entrée sur le sujet, analysant mes mots quasiment comme dans
un commentaire de texte ! J’y avais retrouvé beaucoup de choses que je
pense et en tout cas cette façon partagée que nous avons de valoriser ce mode
de relation et de souhaiter pouvoir le vivre. Mais aussi quelques points sur lesquels il me semble que je diverge. J’avais eu
envie de commenter sur le moment mais j’ai laissé passer comme souvent. Alors
puisque sa dernière entrée d’une certaine façon m’y ramène, voici :
Une
relation d’amitié amoureuse doit-elle obligatoirement passer par une phase plus
passionnelle comme semble le dire l’Idéaliste, impliquant ensuite une
« défusion » avec tous les risques qu’elle comporte ? Doit-elle
au moins partir d’une vive attirance à priori des corps ? Moi je ne crois
pas. Il me semble qu’elle peut se bâtir à partir de la relation d’amitié elle
même, en être pensé comme le beau complément, ne pas être à priori portée par
le désir. Il peut y avoir même quasiment une pointe de volontarisme : on
se sent bien ensemble, en complicité, on ne ressent pas spécialement
l’attirance des corps, on peut avoir envie d’aller vers elle pour accomplir la
relation, faire qu’elle s’épanouisse dans toutes les dimensions possibles. Bien
sûr ça peut ne pas marcher et alors il faudra savoir s’arrêter à temps mais ça
peut aussi marcher formidablement, le désir peut se construire, il peut se
découvrir dans l’approche progressive, à partir des mots qui deviennent des
caresses tendres, à partir des caresses tendres qui deviennent un plus vif
désir puis la promesse de belles jouissances.
La
condition il me semble pour que cela soit possible c’est bien que chaque
partenaire entre dans la relation en l’ayant précisément bornée, hors
dépendance amoureuse, en sachant qu’elle n’est qu’une annexe d’une autre part
de la vie, d’une autre relation dont ni l’un ni l’autre des partenaires
n’envisage la remise en cause. Elle implique aussi sans doute que les
partenaires soient éloignés géographiquement dans leurs vies quotidiennes, que
leurs rencontres soient peu fréquentes, qu’elles restent des parenthèses qui
n’interfèrent pas ou peu sur le reste de la vie. Une trop grande proximité en
multipliant les occasions, risqueraient beaucoup plus de conduire à la remise
en cause des équilibres, à des dynamiques déstabilisantes. Évidemment tout ça
c’est un schéma, dans lequel de l’imprévu peut venir se glisser, remettant en
cause les belles constructions rationnelles. Heureusement d’ailleurs que
l’imprévu est possible et qu’il reste du risque, le risque c’est la vie !
Mais lorsque ça peut fonctionner ainsi dans l’harmonie et tant que ça le peut,
qu’elles sont belles ces annexes, ces parenthèse, comme elles irradient tout le
reste de la vie. Ce sont des annexes du point de vue de la durée, du temps
passé ensemble par les « amis amoureux » mais elles sont centrales
néanmoins dans leur économie de vie et de désir, elles sont de superbes
suppléments d’âme à des quotidiens qui, sans elles, seraient bien plus
difficiles à vivre.
23 novembre 2005
L'amitié amoureuse
J’ai lu ces jours derniers
chez l’Idéaliste qui est Le grand spécialiste de ce genre de débat dans la
blogosphère (amical sourire, cher Idéaliste) diverses considérations sur l’amour
en ces diverses formes. Il y était question entre autres et dans le désordre,
du désir, de l’état amoureux et de l’amour au long cours, de l’amour
« altruiste »(?) et de l’amour besoin…
Il me semblait que manquait
dans tout cela une autre modalité, ce qu’on pourrait appeler peut-être tout
simplement l’amitié amoureuse.
L’amitié c’est une très
belle chose, infiniment précieuse. Elle implique un échange assez profond et
une confiance mutuelle partagée. Elle peut perdurer à travers tous les aléas de
la vie, mais elle connaît nécessairement des moments où son intensité, les
rapprochements qu’elle induit sont plus ou moins fréquents, plus ou moins
riches. Elle peut aussi bien sûr s’étioler ou s’éteindre mais quoiqu’il en soit
elle s’inscrit dans une temporalité au minimum assez longue.
L’amitié peut s’enrichir de
tendresse partagée, de contacts plus ou moins poussés, plus ou moins accomplis
entre les corps, s’auréoler de ce plaisir qu’on appelle à la légère physique
comme disait une grande dame, bref se parer de tout ce qui peut la faire
qualifier d’amoureuse.
C’est une amitié comme une
autre mais qui comporte ce plus (et quel beau plus !) d’impliquer les
personnes dans leur entier, sans les saucissonner comme le fait trop notre
culture judéo-chrétienne entre l’âme noble et le corps méprisé.
C’est une amitié qui ne peut
fonctionner qu’en se pensant sans exclusivisme, sans attente démesurée, dans le
respect de l’autre et des liens auxquels chacun est attaché par ailleurs,
favorisée par un minimum de distance et un contexte qui ne saurait être celui
du quotidien. Elle n’est pas passionnée, certains pourrait penser que de ce
fait elle n’est que tiédeur, qu’elle n’en vaut pas la peine. Ils auraient bien
tort. Enfin peut-être est-elle le privilège d’adultes mûrs affectivement
(enfin, à peu près, qui l’est jamais tout à fait !).
Oui peut-être n’est-elle concevable
qu’à une certaine étape de la vie, quand les passions de tous ordres se sont au
moins en partie émoussées, il y a moins d’exaltation certes mais moins aussi de
déconvenues cruelles, oui elle est un privilège de la belle maturité, il nous
en faut bien quelques uns de privilèges à nous jeunes croulants qui ne le sont
pas encore trop…
Si nous la rencontrons,
l’amitié amoureuse, sachons en jouir.
12 novembre 2005
Atonie de novembre
Aujourd'hui
je me suis senti sans ressort, apathique toute la journée . Sans rien
spécialement qui n’explique cet état d’esprit.
Hier
au contraire j’ai fait une grande marche avec la bande de copains avec lesquels
de temps en temps on randonne autour de Paris. Un ciel uniforme et gris, un air
un peu vif, mais c’est normal, c’est l’automne cette fois, il n’a pas plu, la
campagne, les bois, un bord de rivière, un village assoupi de Seine et Marne,
le mouvement vif de nos corps tout simplement, rien que ça normalement ça remet
sur de bons rails, avec une bonne fatigue le soir qui donne la pêche pour le
lendemain...
Et
en plus on était vendredi ! Pas comme ces fichus dimanche soir avec leur
traditionnel coup de blues. Là on est rentré en se disant : c’est génial,
on revient de balade et pourtant le week-end ne fait que commencer, on a
rechargé les accus, demain et dimanche on va faire être porté par cette
énergie, on va faire pleins de choses…
Et
bien non. Journée languide au contraire. Difficultés à démarrer. On avait des
courses à faire. On fait retaper les chambres des garçons qui en ont bien
besoin. Il faut choisir les revêtements de sol, il y a les aspects esthétiques
mais aussi les aspects techniques et évidemment il faut rester dans un budget
assumable. Je n’y connais rien, j’écoute les conseils des uns et des autres, on
finit par choisir bien sûr mais sans être sûr du tout d’avoir fait le bon
choix. Tout ça m’ennuie profondément. L’après-midi j’ai voulu aller m’acheter
quelques vêtements, il y a des gens qui adorent ça, faire les magasins, mais
pour moi c’est plutôt une corvée, j’ai rarement des coups de cœur qui me
permettraient un vrai achat plaisir. Je me sens incompétent à peu près autant à
propos de ce que je me mets sur le dos que sur le type de plancher à poser dans
les chambres des garçons ! Je n’arrive pas à percevoir le vêtement qui
m’ira bien, que j’aurais plaisir à porter, dans lequel surtout je me sentirais
bien. J’achète sans trop savoir, je suis l’avis du vendeur ou de Constance
lorsqu’elle m’accompagne ce qui n’était pas le cas aujourd'hui. Il y avait
beaucoup de monde dans les magasins, je m’y suis senti oppressé, je ne me suis
pas décidé, je suis revenu bredouille.
Je
me suis senti ailleurs. Là et pas là à la fois. Lorsque je suis sorti de la
galerie commerciale la nuit tombait déjà portant avec elle je ne sais quels
ferments d’angoisse...
Un
bon petit ciné par derrière, pour au moins avoir un bon moment plaisir dans ma
journée ? Et bien non, il n’y avait rien dans l’immédiate proximité et à
l’heure qui convenait et j’ai eu la flemme d’aller seul prendre le métro pour
filer vers un autre quartier de Paris.
Est-ce
que c’est novembre qui veut ça ? Un peu sûrement. Mais il n’y a pas que
ça. Il y a sans doute d’autres choses qui grenouillent en moi et qui me coupent
les pattes…
Je
voulais écrire. J’ai plusieurs petits bouts de textes en chantier que je
voulais avancer. Rien à faire. Je suis passé de l’un à l’autre sans pouvoir
vraiment m’y mettre. Il n’y a que ces mots là qui sont venus, mots plutôt
inutiles et qui ne valent pas sans doute que je les balance sur la toile mais
enfin c’est moi ça aussi, ces moments de désarroi, alors je ne les censure pas.
Et
puis si, j’ai fait une chose quand même, j’ai été bricoler mon blog pour que
les signatures des commentaires fassent aussi liens avec les sites de ceux qui
commentent. Grand merci à Abstruse qui m’a efficacement piloté.
Et
pour le reste, passons. Que demain soit meilleur simplement.
02 novembre 2005
Et si je disparaissais...
Ce
matin j’ai eu un violent mal de tête, ce dont je ne suis pas coutumier. Ça a
été mieux ensuite grâce à quelques aspirines.
M’a
traversé l’esprit alors que ce pourrait être un signe avant coureur. Qu’un
vaisseau dans ma tête pourrait être prêt à lâcher. Que d’une minute à l’autre
je pourrais basculer de l’autre côté ou dans l’absence ou dans la perte
d’autonomie. Á vrai dire je n’ai pas d’inquiétude particulière, je ne suis pas
en train de me dire que ça va m’arriver, simplement il me vient à l’idée que
oui, ça peut toujours arriver, ça ou autre chose…
Comme
je me l’étais déjà dit une fois lorsqu’ en vélo j’avais de justesse évité une
voiture qui m’avait brutalement coupé la route.
Hier
j’ai reçu mon père à dîner. Il est encore vert et se porte très bien quoique
forcément insidieusement il vieillit et commence à entrer dans le grand âge. Et
chaque année, au point où il est arrivé, ça se met à compter sérieusement.
Cinq, six ans c’est comme un éclair, c’est le temps par exemple depuis lequel
j’ai repris mon journal, j’ai l’impression que c’était hier. Dans cinq-six ans
mon père forcément, s’il est encore là, sera dans la grande vieillesse. On a
parlé justement hier de personnes dont il vient d’avoir des nouvelles, mes
cousines de Belgique, ce sont de personnes que je n’ai pas vu depuis trente
ans, c’étaient des dames qui avaient alors l’âge que j’ai aujourd'hui, ce sont
désormais de très vieilles dames en bout de course, l’une avec son Alzheimer,
l’autre qui depuis dix ans se traîne dans son fauteuil roulant suite à une
congestion cérébrale.
Alors
je me dis : et si ça m’arrivait demain ? Cela arrive, oui, et même
plus jeune encore. Au-delà des gens qui connaissent mes proches, il n’y aurait
nulle information qui passerait. Mon site cesserait d’être mis à jour sans
avertissement, mes mails resteraient sans réponse. Les gens viendraient sur mon
site, ils se demanderaient pendant un moment pourquoi je ne publie plus,
certains peut-être m’enverraient des mails, échafauderaient des hypothèses ou
pas d’ailleurs, ils passeraient peut-être simplement leur chemin, puis ils
viendraient de moins en moins de toute façon puis plus du tout et un jour
l’hébergeur finirait par éliminer ce site inerte. Moi, pendant ce temps je
serais peut-être dans une petite voiture à tenter de bouger un cil ou un petit
doigt, à tenter désespérément de communiquer. Voilà c’est juste pour dire que
si un jour Valclair disparaissait sans préavis, ce serait quelquechose de cet
ordre…
Les
disparitions d’un coup comme ça c’est impressionnant. Je me souviens d’une
femme que j’ai aimé, c’est très vieux ça aussi, ça date d’avant Constance. Un
jour elle ne m’a plus donné aucun signe de vie. Je ne l’ai pas retrouvée, je
n’ai pas cherché avec beaucoup d’ardeur à l’époque il faut dire, passé un
certain temps de douleur. Puis j’ai oublié ou à peu près. Ça n’a refait surface
que bien plus tard. Et désormais j’y repense assez souvent. J’ai même écrit un
petit texte très autobiographique là-dessus sur Obso (disparue, oct 2004)…
Hé,
ho, le Valclair, secoue-toi, qu’est ce qui se passe là, avec toutes ces pensées
noires…
01 novembre 2005
Anniversaire:
Pourquoi
suis-je à cran aujourd'hui ? Et pourquoi l’étais-je depuis deux-trois
jours ? Pourquoi ai-je eu ces petites bouffées d’angoisse irrationnelles
alors même que j’étais en vacances ? Je crois que je le sais, c’est parce
qu’on est tout près de ma date d’anniversaire…
Par
curiosité j’ai feuilleté mon journal depuis que je l’ai repris de façon
régulière en 1999, il y a toujours des moments difficiles autour de cette date.
Il
y a le fait objectif, sûrement. Le fait qu’une année est passée, encore, et
qu’on va prendre le temps de le faire remarquer. Mais ce n’est pas seulement
ça. Le fait objectif, il me semble que je l’assume à peu près. Á peu près sans
plus sinon tout ce qu’il y a autour ne me serait pas si pénible. Enfin pénible
n’est pas exactement le mot puisque ces moments là peuvent aussi être source de
plaisirs et de bons moments au final, disons plutôt que ce temps est source de
malaise parce que je nage en pleine ambivalence.
Je
déteste la célébration des anniversaires et du mien en particulier et pourtant
je serai mortifié qu’on l’oublie. Je suis gêné par l’aspect rituel des cadeaux
offerts, cette espèce d’obligation que se font les gens de donner un livre, un
cd, un objet dont le plus souvent je n’aurais rien à faire et pourtant je
serais agacé de ne rien recevoir. Cela va même, comble du paradoxe, jusqu’à de
la frustration si j’ai l’impression d’être moins bien « servi » que
d’autres lorsque l’on fête collectivement des anniversaires (ou pour Noël aussi
où je vis à peu près les mêmes syndromes) ! Et puis je suis ravi quand par
hasard je reçois quelquechose que je n’attendais pas et qui rencontre vraiment
mes intérêts ou me fait faire une découverte, la surprise c’est plus plaisant
tout de même que le cadeau tiré d’une quelconque wishlist. D’ailleurs des
wishlist je n’en fais pas, j’aurais l’impression de quémander, ça ne me plait
pas, je prends ça de haut avec des « ce n’est pas la peine » ou des
« je n’ai besoin de rien ». Ou alors parfois j’en fais du bout des
lèvres, quand vraiment on me sollicite avec beaucoup d’insistance. Et avec de
telles réticences je m’étonne de recevoir parfois des choses dont je n’ai rien
à faire ! En fait je voudrais que les gens trouvent par eux-mêmes des
façons de marquer leur amitié ou leur affection qui colle avec ce que j’attends
ou qui soit vraiment personnelle, qui soit, pourquoi pas, un moment partagé
simplement, une invitation au théâtre ou au restaurant et pas ce défilé avec
les paquets obligés. Mais alors pourquoi ne suis-je pas capable de le formuler
si c’est cela que je souhaite ?
Le
seul point qui est clair c’est qu’il y a là-dessous sûrement chez moi des
éléments de malaise qui touchent à bien autre chose puisque je me sens atteint
alors qu’objectivement tout ceci peut sembler dérisoire. Je retombe tous les
ans à l’approche de mon anniversaire ou des festivités de Noël dans ce même
malaise tortueux.
En
général il ne dure pas. Une fois la festivité en cours ces agacements
s’estompent ou même disparaissent, en général je suis plutôt bon public une
fois engagé dans la fête et je n’y passe pas de si mauvais moments mais alors
pourquoi toutes ces complications dans ma tête avant...
Allez
y comprendre quelquechose !
23 octobre 2005
Fusionnel
23/10/05 : Fusionnel :
Hier
nous avons été dîner chez un couple d’amis. Elle c’est une collègue et amie de
trente ans de Constance, nos fils aînés sont nés à quelques jours d’écart, lui
c’est son nouvel époux dont elle a fait la connaissance il y a trois ans par
l’intermédiaire d’un organisme de rencontre après une assez longue phase de
solitude après le départ de son précédent mari. Ils ont l’air de s’être
vraiment trouvé ces deux là et semblent vivre depuis une relation parfaitement
et constamment idyllique.
Et
pourtant il y a dans leur relation quelquechose qui me met mal à l’aise.
Á
l’âge qu’ils ont. Une cinquantaine bien affirmée. Après avoir vécu chacun leur
histoire, avoir expérimenté ce qu’il en est de toute relation humaine, même les
plus belles, peut-on se retrouver dans une relation aussi fusionnelle ?
Ce
n’est pas tant de les voir très amoureux qui me gêne. Au contraire. Que cela
puisse advenir à tout âge, que des désir mutuels puissent refleurir avec autant
de fougue qu’à l’adolescence, que ceux-ci soient manifestés aux yeux de tous par
les signes constants de tendresse qu’ils échangent je trouve tout cela très
beau. Ils sont amoureux et ne le cachent pas. Ils ne craignent pas de paraître par
trop naïfs ou fleurs bleu. Ils n’abolissent pas le monde autour d’eux, au
contraire ils le convient à admirer cette harmonie qu’est leur vie.
Mais
j’ai le sentiment qu’ils ont font trop, comme s’ils étalaient leur bonheur avec une certaine complaisance et
comme l’affirmation d’une supériorité de ce qu’ils ont construit sur la façon
d’être habituelle des couples de leur âge, tous plus ou moins brinquebalants ou
à tout le moins usés. En réalité je ne crois pas du tout qu’il y ait chez eux
une telle volonté, je suis même persuadé du contraire, sans doute seraient-ils
très étonnés de lire ces lignes, c’est leur attitude naturelle et c’est nous,
enfin moi, qui la lis un peu ainsi.
Il
n’empêche que ce côté fusionnel de leur relation est bien là et qu’il me gêne,
il me parait une forme d’infantilisme ou d’immaturité. Peut être est-ce une
expérience qu’il faut avoir vécu mais tout de même, aux âges que nous avons
atteints ça me paraît décalé, inapproprié. C’est une limitation, une façon de
couper les ailes à chacune des individualités qui composent le couple.
Amoureux, très amoureux, passionné, oui bien sûr, mais il me semble que chacun
doit pouvoir garder ses territoires propres, ses jardins secrets.
C’est
cela qui me semble aboli chez eux.
Ils
pratiquent toutes sortes d’activités, se sont lancés dans le chant, dans
l’expression corporelle, dans la danse, toujours ensemble, il n’y a aucune
activité qui ne soit que pour l’un ou que pour l’autre.
Ils
ont éprouvé le besoin de passer chez Monsieur le Maire et surtout ce qui me
paraît très symbolique elle a choisi de prendre son nom à lui alors qu’il n’y a
nulle perspective d’enfant qui à la limite pourrait justifier cela chez un
couple jeune (et encore, les règles d’attribution du nom ont changé récemment).
Ce choix me paraît une façon d’évacuer toute son histoire précédente, celle de
son enfance et de sa jeunesse, celle de sa première vie maritale, ça me semble
une volonté d’abolir symboliquement toute individualité pour ne s’affirmer qu’à
l’intérieur du couple dans sa forme la plus traditionnelle. Pourquoi ne pas
reprendre tout simplement son nom à elle, le seul en réalité, son nom de
naissance ?
C’est
comme s’ils avaient besoin de marquer cette relation en lui donnant de surcroît
tout les attributs de la respectabilité bourgeoise. Ils nous ont reçu avec les
petits plats dans les grands, nous offrant un repas au demeurant excellent. La
table dressée singeait le repas de réception dans les bonnes maisons. Chaque
convive était placé et avait droit à un élégant petit carton à son nom.
L’atmosphère cela dit n’était en rien compassée et donc on aurait pu penser que
ce n’était qu’une forme d’humour, un jeu avec les codes mais pas du tout en
fait. J’ai failli plaisanter autour de ça, j’ai senti qu’il valait mieux m’en
abstenir, que je risquais de blesser. Je me suis trouvé assis à côté de
Constance. Ce qui en soi évidemment ne me gênait en rien. Mais notre hôte m’a
dit : « nous on déteste être séparé dans les soirées, donc on ne
sépare jamais les couples autour de la table ! » C’est là que j’ai trouvé
qu’ils poussaient le bouchon un peu loin, là où je me suis dit « tout de
même, c’est trop, leur truc, s’ils se sentent mal à être séparés deux heures de
temps autour d’une table de dix personnes »...