24 octobre 2009
Je m'en vais voir l'océan
J’ai l’impression que bientôt je finirai par ne venir sur ce blog que pour dire que je m’en vais ici ou là et que je n’écris pas !
Pourtant plusieurs fois dans la semaine j’ai eu envie de parler de choses ou d’autres. Mais de là à faire le pas de rédiger ! Le week-end dernier j’ai repris à deux reprises le chemin du cinéma. Pendant les bandes annonces j’ai réalisé qu’il n’y en avait aucune que j’avais déjà vue. Signe que ça faisait un moment que je n’avais pas mis les pieds dans une salle obscure. J’ai vu « Mères et filles » et « Fish tank », deux films que j’ai apprécié avec certaines réserves pour l’un comme pour l’autre. J’aurais voulu dire ce qu’en eux j’avais aimé et ce que j’avais moins aimé. J’aurais voulu aussi développer les réflexions qu’avaient fait naître en moi ces deux façons de faire du cinéma, si différentes, le contraste étant rendu frappant par le fait de voir ces films de façon si rapprochée, à quelques heures d’intervalle. Ce genre de billet ne sort pas au premier coup de plume, il nécessite un certain travail, je n’en ai pas eu le temps, ou, plus exactement, je n’en ai pas pris le temps.
A défaut de ce billet je me suis dit qu’il fallait au moins – et là c’est de la fonction mémorielle pour soi-même du journal qu’il s’agit – noter le titre, l’impression qu’ils m’ont fait en quelques mots lapidaires. Mais ça n’a guère d’intérêt de publier ça. J’ai pensé alors à un autre fichier possible, une sorte de mémento, où noter ce que j’ai vu, ce que j’ai lu, qui j’ai rencontré, en une ligne, comme on le ferait dans les marges d’un agenda. J’ai même commencé ça une fois sans m’y tenir. J’y repense chaque fois que ce journal se fait peau de chagrin. Ainsi, n’arrivant pas à faire de vrais billets sur ces films vus, ai-je voulu reprendre ce fichier mémento mais non sans immédiatement me questionner sur le sens d’une telle pratique. A quoi ça rime ces prothèses de la mémoire, cette volonté dérisoire de retenir ce qui s’enfuit ? Ça aussi ça aurait pu faire un billet !
Bref pour l’heure je pars m’aérer une dizaine de jours, me gorger d’air marin, du grand vent, m’imprégner du rythme de l’océan, me sentir au plus près des éléments, ça, ça vous aère les neurones et remet les pendules à l’heure.
Pas de connexion, l’ordinateur tout de même des fois que je veuille écrire, plusieurs livres à bouquiner sous la couette (dont certains arrivés par porteur spécial depuis la Belle Province), ma parka, de bonnes chaussures…
En route !
10 octobre 2009
Vie provinciale
J’ai fini de vider le petit appartement du rez de chaussée que nous avions équipé de bric et de broc cet été pour pouvoir nous y installer. J’ai tout entassé dans une autre pièce de l’autre côté du hall pour laisser place nette. C’est cet appartement qui sera refait en premier, qui servira ensuite d’espace de stockage et qui pourra nous accueillir pendant le reste des travaux.
Avant de tout refermer et d’aller faire visite à ma cousine et à sa vieille mère à la maison de retraite, je me suis installé devant la porte fenêtre ouverte sur le jardin ensauvagé, je regarde la pluie tomber, je respire la bonne odeur des feuillages mouillés, tandis que me parviens de la fenêtre opposée la rumeur des conversations sur la place.
Je goûte, avant de reprendre tout à l’heure le train de nuit pour Paris, le calme de ce moment de suspens, le bien-être de ma tranquillité, le plaisir de faire courir mon stylo sur le papier. J’ai pu faire tout ce qui était prévu pendant ce bref séjour et j’ai donc l’esprit tranquille.
Il y a quelquechose de pacifiant dans ce rythme de la vie de province. J’en ai eu encore des exemples pendant ces quelques jours. Les gens sont tout de même sérieusement moins stressés ici qu’à Paris !
J’ai été hier midi acheter quelques bonnes cochonailles à rapporter à Paris. Le charcutier est un être qui fonctionne sur un tempo d’une extraordinaire lenteur, il semble comme physiologiquement lent, lent dans ses gestes, lent de le débit de sa parole. Mais en plus il est bavard et tient à faire de son échoppe une annexe du café du commerce. Autant dire qu’on y passe parfois un certain temps mais autant je pourrai m’en exaspérer à Paris, autant ici je m’adapte. Ainsi pendant que j’étais là est passé un groupe de collégiens devant la boutique, ce qui nous a valu des interrogations partagées avec ses pratiques sur le point de savoir s’il s’agissait des jeunes cinquièmes ou des petits sixièmes du collège voisin. Il s’est extasié ensuite sur le très jeune chien d’une de ses clientes et sur le regard suppliant que, de là où il était attaché à l’extérieur du magasin, il jetait sur sa patronne. Quand ce fut mon tour bien sûr il a évoqué l’incendie. Je lui ai donné quelques informations que j’ai tenu à laisser dans le vague mais que j’ai enrobé cependant de quelques considérations générales et consensuelles pour ne pas avoir trop l’air d’un ours parisien restant par trop sur son quant à soi.
L’après-midi en sortant de mes rendez-vous il y avait un joli rayon de soleil. J’ai donc été marcher un peu jusqu’au mini-canal qui fait un joli but de promenade aux limites de la ville et porte les eaux de la Montagne Noire jusqu’au Canal du Midi. J’ai croisé à un moment deux papys engagés dans une grande discussion et qui m’ont arrêté.
« Ah, vous sauriez peut-être, vous, comment appelle-t-on déjà ces maladies que l’on choppe à l’hôpital ? »
Je le sais bien sûr. Mais, sous le coup de l’émotion de la question posée à brûle pourpoint, le mot me fuit et je ne peux après quelques instants de conversation avec eux que reconnaître mon incapacité à les aider. Tandis que je m’éloigne, approche un autre promeneur, qu’ils arrêtent à son tour. Et dans la seconde qui suit j’entends, crié dans mon dos un triomphant et rugueux « nosocomiales ». Je me retourne, fais un petit signe de la main à leur endroit et lance à mon tour un jovial :
« Nosocomiales, mais bien sûr ! »
Et oui on peut même prendre un ton jovial en évoquant des sujets aussi peu plaisants que celui-ci !
Je poursuis mon chemin, le sourire aux lèvres. Ce n’est rien naturellement que cet échange légèrement surréaliste sur un bord de canal, mais c’est un événement quasi inconcevable dans un flux de parisiens, même en promenade et c’est un mini bonheur dont j’embarque avec moi le souvenir...
08 octobre 2009
Là-bas
Me voici donc en région toulousaine pendant trois jours, pour m’occuper de la maison brûlée.
Ces jours ici me font un joli moment parenthèse. Mes démarches ne sont pas pesantes. Le choc douloureux au moment du sinistre et les anxiétés qui ont suivi sont dépassées, le deuil de ce qui a été perdu est fait, je suis désormais dans le projet, je suis dans la reconstruction est c’est diablement porteur. C’est un peu plus que « à quelquechose malheur est bon », ce serait plutôt « ce sinistre, finalement, c’est une bénédiction ».
En tout cas quel brusque et bienfaisant sentiment de coupure avec mon quotidien. Je l’ai un peu payé dans les jours qui précèdent, j’ai dû concentrer mon activité de cinq jours de travail sur trois, mais ensuite dès que j’ai été installé dans ma couchette dans le train de nuit filant vers le sud, j’ai tout de suite été porté ailleurs, je n’ai plus le moins du monde pensé au boulot, et plus guère à Paris pas plus qu’à ma blogosphère.
La journée a été intense. Je l’ai passée toute entière avec l’architecte, nous avons analysé ensemble les devis des divers corps de métier. Les choses se présentent plutôt bien. La quasi totalité de ce que nous voulons faire tient dans l’enveloppe allouée par l’assurance. Dans quelques mois j’aurai une maison qui sans perdre le charme de son ancienneté sera aux normes de confort actuel, conforme aux façons d’habiter qui sont les nôtres aujourd'hui et qui répondra à la plupart des envies que j’ai pu formuler. Ce ne sera plus la maison des mes grands-parents, ce deviendra véritablement la mienne. Le passé n’est pas renié mais absorbé, intégré, dépassé. Si nous faisons de cette maison notre résidence principale comme j’en ai le projet, nous n’aurons plus ce sentiment d’entrer dans un lieu modelé par d’autres, figé dans les formes dans lesquelles ils l’avaient laissé.
Même si l’essentiel du projet est arrêté il nous reste à nous prononcer sur diverses options ce que je verrai avec Constance et avec mon père dès mon retour à Paris. Puis il faudra rentrer dans de nombreux détails de décoration et d’aménagement dans de prochains voyages ici au cours de l’hiver et du printemps.
Je loge chez ma cousine. J’ai hésité un peu, sachant que j’aurais goûté après mes diverses tâches la tranquillité et ma solitude dans la grande maison vide. Mais outre que ma présence fait plaisir à ma cousine, je trouve aussi un certain agrément au babil avec elle, je trouve bien agréable le confort de son appartement, les douches chaudes et le fait de mettre les pieds sous la table et de ne rien avoir à faire pour les repas, toute tentative de ma part pour l’aider en quoi que ce soit se révélant voué à l’échec.
Cette cousine est d’une extrême gentillesse et d’un dévouement qui confine au sacrifice. Pendant dix ans elle n’a pas bougé de chez elle soignant un mari, épousé sur le tard, et victime quelques mois après leur mariage d’un accident cérébral qui l’a laissé aphasique et paralysé pendant dix ans. Puis, celui ci décédé, c’est sa mère qui est devenu impotente et avec laquelle elle passe à la maison de retraite proche tous les après-midi sans exception .
Sa vie tourne quasi exclusivement autour de ce qu’elle pense devoir à ses malades aimés. Je l’admire et la plains tout en me demandant s’il n’y a pas aussi quelquechose d’un peu pathologique dans son dévouement, si elle n’aurait pas pu, sans manquer à ses devoirs, s’organiser un peu différemment, pendre au moins quelques temps de vacances et d’éloignement dans sa vie de garde malade.
Lorsqu’elle est chez elle la télévision est sa compagne obligée qui est allumée de façon quasi continue. Même lorsqu’elle ne regarde pas vraiment, les programmes, les pubs sont présents en fond sonore. Cette omniprésence m’est pour le moins pénible. J’ai vaguement tenté de lui suggérer d’étreindre pendant les repas puisque j’étais là et que nous causions mais en vain, tout au plus l’a-t-elle baissée pour que le son ne gêne pas trop notre conversation.
Une autre chose me frappe : il n’y a pas ici, dans cet appartement pourtant relativement cossu, la moindre bibliothèque. Cette femme n’est pas inculte, elle a été à l’école jusqu’au baccalauréat, elle a passé ensuite le concours des impôts et a été fonctionnaire de nombreuses années avant de se marier à la cinquantaine, elle provient d’un milieu de petite bourgeoisie provinciale où il y avait des livres (à vrai dire peut-être était-ce surtout des livres pour la parade. Étaient-ils lus ?). Tous les ans elle faisait un voyage culturel avant d’être rivé sur place par ses malades et elle avait été active aussi dans la vie associative et municipale locale. Je ne la vois jamais avec un livre à la main, je ne la vois jamais lire, à part la Dépêche qu’elle parcourt et quelques magazines vaguement glamour. Ça me paraît stupéfiant. C’est, il me semble, comme si elle rajoutait d’elle-même aux mauvais tours que la vie lui a fait une amputation supplémentaire. Bien sûr ce n’est que mon regard de grand lecteur et il me faut bien concevoir que l’on puisse voir les choses différemment mais tout de même, moi, cette absence aussi radicale du moindre livre, ça me rend triste pour elle.
J’ai laissé la télé et ma cousine, prétextant que j’avais encore à travailler sur mes devis. Je me suis mis à écrire avec un certain plaisir. Pas d’internet ici et je n’ai pas même apporté mon ordinateur, je fais glisser le stylo sur le papier de mon carnet. Je vais me relire puis je vais me glisser entre mes draps et rejoindre avec un intense plaisir et jusqu’à ce que mes yeux se ferment, la belle Gabrielle et la maison du Mesnil, surgie d’entre les mots d’Anne Marie Garat.
21 septembre 2009
Eté indien
Ce week-end c’était l’été indien et ça a l’air de continuer…
J’ai joui, je jouis, de ce retour de la douceur et du beau temps.
Ce vendredi aussi et peut-être est-ce cela qui m’a psychologiquement fait ressentir l’été indien, j’ai enfin pu me libérer du boulot dès l’heure du déjeuner, la pression professionnelle baisse, j’ai pu renouer avec mes vendredis après-midi liberté.
Au déjeuner j’en ai profité pour retrouver une ancienne et très chère amie de blog et nous avons eu le bonheur d’un resto en terrasse dans une rue piétonne, réactivant sans peine et dans la pleine confiance nos discussions sur l’état de nos vies et de nos cœurs. Nous avons passé un moment ensuite à prendre le soleil dans un petit jardin public proche, où je n’avais pas mis les pieds depuis des années et où j’avais coutume de conduire mes enfants lorsqu’ils en avaient l’âge. Nous avons profité des caresses du soleil et poursuivi nos discussions tandis que, l’heure de sortie des écoles venant, le square s’est rempli de têtes blondes, de jeunes mamans et de nounous, contribuant à nous replonger nous parents de grands ados ou de jeunes adultes dans des ambiances passées.
Le curieux est que le lendemain matin j’ai eu un appel d’une autre chère amie de blog passant dans mon quartier et nous avons pu aller boire un café ensemble, retrouvant là aussi d’emblée le climat d’une totale complicité.
De ces deux amies, un temps très proches l’une de l’autre, qui furent blogueuses et qui ne le sont plus depuis lurette, j’ai été heureux de persister à être comme un lien indirect à quelques heures d’intervalle, et de ressentir dans le concret combien peut persister l’amitié vraie et pas du tout virtuelle au-delà de l’arrêt des blogs qui nous ont permis de nous connaître.
Tous ces soirs aussi, pour ce qui est du quotidien de la maison, nous avons pu remettre le couvert sur notre terrasse et profiter pendant septembre avancé de ce privilège estival du dîner dehors, dans le calme de la copropriété désertée ce week-end par nos voisins.
J’ai eu du temps ce week-end mais pas plus que le précédent je n’ai eu envie de me remettre à bloguer, de me remettre à écrire. Mais les commentaires laissés comme plusieurs mails que j’ai reçus ces jours-ci et qui m’ont conduit à initier de nouvelles correspondances m’ont reboosté pourtant. L’envie, disons, s’est rapprochée. Alors ce soir rentrant du travail, profitant encore une fois de la terrasse, j’écris sur cette douceur du temps, sur ce retour d’été indien.
Je me sens plutôt bien ces jours-ci, comme s’il y avait non seulement un été indien de la météo mais aussi un été indien du cœur.
Et je me dis, j’essaie de me dire que, quand on arrive au temps de l’été indien de nos vies, il n’y a pas d’autre choix que de tenter d’en jouir au mieux malgré les ombres qui éventuellement se profilent. J’ai puisé, tenté de puiser, des leçons de vie à cet égard dans un bref et beau billet d’Incertaine, comme dans ceux que donnaient souvent, jusque dans les derniers temps de sa maladie, notre amie récemment décédée et que je n’oublie pas.
06 septembre 2009
Fin de week-end
Le week-end a démarré dans l’ombre portée de la nuit qui l’avait précédé. Il commençait donc plutôt mal mais il s’est mieux terminé heureusement.
J’ai cahoté samedi sans me mettre à rien de façon efficace. Je me suis un peu plongé dans les arcanes de dotclear tentant d’y voir clair pour préparer ma migration mais je me suis trop vite lassé. J’ai tenté d’écrire mais sans y parvenir. J’ai basculé dans du zapping internautique lisant à demi ici, à demi là, tout en me demandant sans cesse ce que je fichais là, si je n’y étais pas simplement dans le fil d’une habitude, devenue pas loin d’une addiction. J’ai changé non sans mal le pneu crevé de mon vélo et me suis agacé de mon agacement face aux objets lorsqu’ils me résistent ce qui est fréquent, plus non-bricoleur que moi, il n’y a pas…
Aujourd'hui il y avait un anniversaire familial. Je n’aime pas trop les anniversaires familiaux ! L’idée m’en plombe à l’avance mais pourtant, à moins d’avoir vraiment un autre projet, je ne cherche pas à y échapper, je ne veux pas faire mon ours mal léché. D’abord quelle drôle d’idée de fêter les anniversaires ! Pour les enfants je veux bien, mais pour les vieux croûtons, quelle idée de s’appesantir sur l’implacable comput des années qui passent. Encore ce serait en petit comité, avec des amis proches que l’on aurait soi-même directement choisis, pourquoi pas. Ce n’est plus alors qu’un prétexte pour une réunion d’amis chers, celui ci vaut autant qu’un autre. Mais l’aspect rituel au contraire de ces grandes assemblées, où est présente la famille, indépendamment des sympathies ou des antipathies éventuelles, où l’on fête plusieurs anniversaires simplement parce qu’ils tombent à peu près au même moment - là c’était les anniversaires de fin d’été et de début septembre - ce n’est pas vraiment ma tasse de thé. Mais bon je dois bien reconnaître que c’est surtout l’idée que je m’en fais à l’avance, en général finalement ce sont plutôt de bons moments. Là c’était le cas, les gens de cette famille sont dans l’ensemble sympathiques et s’entendent bien et comme en plus il faisait beau, qu’on était dans un jardin, que le champagne était bon…
Donc, voilà, ça va mieux…
Il faut dire aussi que samedi soir j’ai été voir le dernier Woody Allen « Whatever works » et qu’il m’a enchanté. J’aime bien Allen sans considérer que tous ses films sont par principe géniaux comme a tendance à le penser une certaine critique (allez, Télérama, pour ne pas le citer !). J’avais été relativement déçu par plusieurs récents opus, spécialement par « Vicky, Christina… » dont on a fait tout un plat. Mais ce film ci me paraît un bon cru. C’est un plaisant conte de fées avec super happy end, il faut seulement accepter de se laisser charmer. Le rythme est échevelé, aucune scène ne dure la minute de trop qui laisserait le temps de se dire que tout ça pourrait être un peu lourd, les rebondissements sont prévisibles mais tellement bien amenés, les dialogues sont diaboliquement intelligents et constamment drôles. Et derrière le rire se glisse par moments une once de véritable émotion, là aussi, à peine esquissée, sans lourdeur, mais qui donne un peu plus d’épaisseur au moment que l’on vit. Bref je suis sorti du cinéma de bien meilleure humeur que je n’y étais entré et mon week-end dès lors s’est mis sur de meilleurs rails.
Merci Monsieur Allen. Du moment que ça marche !
26 août 2009
Dernière rentrée?!
C’est vraiment déprimant ce retour. Je suis confronté à quantité de dysfonctionnements du vaste système dans lequel mon service est un intervenant marginal, on essaie tant bien que mal de régler des situations mais on rencontre parfois des impossibilités administratives quasi kafkaïennes. Dans ces périodes la part gestionnaire de nos tâches l’emporte, la part humaine, celle qui peut être attachante, est réduite à la portion congrue.
Dans ce tournis je ne me suis même pas arrêté plus que ça sur l’idée que c’était ma dernière vraie rentrée !!!
A vrai dire je ne l’ai même pas encore intégré profondément. Ça me paraît tellement étrange, improbable, irréel, que j’atteigne au cours de l’année à venir ce temps de ma vie où il va devenir possible que je demande « à faire valoir mes droits à la retraite » comme on dit. C’est pour ça que j’ai mis un point d’interrogation, j’ai du mal à croire moi-même que j’en suis là, je n’ai encore acté nulle part cette décision, elle reste en quelque sorte virtuelle. Mais ma décision est prise depuis longtemps, ça fait plusieurs années que je sais que je partirai dès que je pourrai et mon vécu professionnel de cette rentrée ne fait qu’accentuer les choses. Je serai loin d’avoir les annuités nécessaires pour toucher une retraite complète mais, basta, je ferai avec ce que j’aurai, le privilège de ne pas avoir de loyer à payer et d’être propriétaire de ma maison (et même de deux) m’y autorise.
Mes collègues au bureau commencent à me questionner. Je resterai muet le plus longtemps possible. Ils savent qu’une personne dont, disons, le style de management est très différent du mien et beaucoup moins cool, lorgne sur le service. Ils me disent : « tu ne t’avises pas de prendre ta retraite, hein, reste longtemps encore ». C’est plutôt plaisant de s’entendre dire ça mais bien sûr ça ne changera rien à mes choix.
Hier je disais qu’il était temps que je passe à autre chose. Et je savais bien qu’il y avait cette perspective. Mais il est un peu plombant de penser que cette autre chose c’est la « retraite » avec tout ce que porte ce mot. Naturellement je n’ai nullement l’intention de le prendre à la lettre, j’essaierai de vivre ce temps comme un nouveau départ, comme un plus de liberté, comme l’occasion de faire des choses rêvées, remises depuis longtemps. Mais cela me renvoie tout de même à cette incapacité que j’ai eu de rebondir professionnellement lorsque j’ai réalisé que je ne m’épanouissais pas vraiment dans mon boulot. Et ça ne date pas d’hier. Vraiment pas. A part le fait de candidater puis d’obtenir une fonction de responsable de service au sein de ma petite corporation, toutes mes autres envies de remises en cause plus radicales n’ont jamais été que des rêveries, au mieux des amorces de préparatifs de changement, jamais je n’ai été au bout d’un projet. Ma peur du changement et de la prise de risque m’a vissé à ce qui n’était pas si mal, à ce qui m’offrait un salaire décent, la sécurité, de bonnes conditions de travail. J’ai eu quelques satisfactions professionnelles naturellement mais jamais, sauf au tout début, je n’ai été passionné par mon travail. Je me fais l’effet de Swann constatant après trop d’années à propos d’Odette: « décidément elle n’était pas mon genre ». Ce qui est douloureux ce n’est pas tant finalement de n’avoir pas bougé que le sentiment de ma propre pusillanimité que cet immobilisme réactive sans cesse en moi. Je pense avec une sorte d’envie ou plutôt avec de l’admiration à mon ami aux quatre métiers. Non tant pour les métiers par lesquels il est passé (ou va passer) mais pour ce que son parcours révèle de sa capacité personnelle à oser des remises en cause parfois aventureuses mais sources de rebonds et finalement d’avancées. Cela vaut pour la vie professionnelle mais sans doute pas seulement pour elle !
Valclair retraité l’an prochain ! Non, j’y crois pas…
24 août 2009
La rentrée, la vraie
Cette fois c’est la rentrée, la vraie ! Ce ne sont plus les passages en pointillé au bureau de la semaine dernière pour préparer les choses, pour lire le courrier et y répondre dans la quiétude, mais la présence soutenue de toute la journée, le téléphone sonnant sans arrêt, le nouveau logiciel pourtant soigneusement vérifié les jours précédents qui justement ne fonctionne plus aujourd'hui au moment où on en a effectivement besoin, l’accueil d’un public nombreux et parfois difficile à gérer avec des situations à la limite de l’agressivité, les rapports de convivialité un peu forcés avec les collègues présents, certes sympathiques, mais avec lesquels je me lasse de faire assaut, entre deux tâches, des banalités d’usage post vacancières.
Ce matin sur le chemin alors que je n’avais aucune anxiété ou déprime apparente à l’idée de ce redémarrage, je me sentais néanmoins physiquement mal à l’aise, j’avais la tête qui me tournait légèrement, je me sentais un peu vaporeux. Pourtant je suis en bonne forme physique ces derniers temps, mes petits soucis de santé d’avant les vacances ont fondu d’eux-mêmes, je me sens reposé mais aussi reboosté par mes marches en montagne et des vacances plutôt toniques. Je n’ai donc pas attaché d’importance à ce léger sentiment de malaise et naturellement il s’est effacé dès que j’ai été dans le bain. Mais ce coup de mou dit assez à quel point la tête influe sur le corps. Et dit aussi, un peu plus fort à chaque rentrée, qu’il serait plus que temps pour moi de passer à autre chose !
Le midi, alors que les collègues restaient sur place, je me suis échappé et ai été m’installer à une terrasse de brasserie. Je préférais être seul, tout à moi-même, à la dégustation de mon steak tartare et de mon verre de Morgon, tout aux spectacles et discussions attrapés autour de moi. J’aime à me laisser aller ainsi, l’attention flottante, au fil d’une rêverie qui parfois me fait deviner ou à tout le moins imaginer des personnalités, des métiers, des rapports de force ou de séduction entre les gens et même à broder des amorces d’histoires à partir des bribes de conversation entendus, de regards ou d’attitudes corporelles saisies au vol. En tout cas ça fait une coupure bien plus que si j’étais resté dans le service à papoter dans le vide ou à geindre sur les difficultés de la rentrée.
Le temps qui était beau le matin s’est chargé et assombri progressivement toute la journée. Tout un symbole ! Á cinq heures et demi je suis sorti du bureau au moment où se déclenchait l’orage. Malgré quelques arrêts sous des abris de fortune je suis arrivé complètement rincé chez moi. Mais au fond ça nettoyait finalement et, passé le désagrément du moment, j’en ai souri.
19 août 2009
Atterrissage
Ça y est me voici revenu à Paris. J’ai profité de la journée d’hier pour faire un atterrissage en douceur. Reprise du boulot également en douceur demain et après-demain avant le vrai redémarrage plus intensif lundi.
Il y a toujours une ambivalence à ces retours. Mon contact avec Annecy m’a tant séduit que j’aurais bien prolongé d’un ou deux jours. Retrouver la maison, les tâches qui m’attendent, mon ordinateur, internet, à la fois me réjouis et me pèse. J’ai transféré et organisé mes photos, j’ai repris et transcris mes deux brefs billets de voyage, j’ai commencé, un peu sur la pointe des pieds, à faire ma tournée de blogosphère entre réserve et attirance, je regarde tout ça d’un œil encore un peu distant avant, peut-être, sans doute, de m’y replonger avec plus d’intensité.
Dans l’après-midi hier nous sommes partis faire un petit tour pour nous aérer. Aérer est un grand mot ! Je suis saisi à chacun de mes retours par la pesanteur de l’air ici, par les odeurs de macadam chauffé et de bagnoles et pourtant ce n’était pas la canicule. Après l’air vivifiant des hauteurs j’ai l’impression d’étouffer et de ressentir presque une difficulté à respirer. Ça n’a été mieux qu’au Parc Montsouris où nous nous sommes arrêtés un moment dans la verdure pour lire nos journaux en regardant à nos pieds « le lac », joli certes mais si pâle succédané de lacs véritables.
Hum, décidément, il me semble que mûrit de plus en plus en moi l’envie de vivre plus près de la nature que dans cette trop grande ville que j’aime pourtant et dans laquelle je n’ignore pas que je bénéficie de conditions de vie très privilégiées.
01 août 2009
Passage éclair
Me voici à Paris pour un bref passage de trois jours mais déjà presque achevé. J'ai été plutôt bousculé.
A vrai dire on a été assez pris (agréablement!) par la présence de nos djeuns avec lesquels on a essayé de passer pas mal de temps. Il n’est pas si fréquent que nous puissions nous retrouver tous les quatre autour de la table familiale et là entre deux avions ou deux eurostars la conjonction s’est faite. Cela dit le Physicien est déjà reparti vers ses pénates anglaises, ne nous reste que l’Agronome en attente de départ pour l’Irlande.
J’ai réuni quelques documents pour un article qui vient de m’être commandé fort tardivement. J’ai essayé de me coller à la rédaction ce matin mais ça ne vient pas.
J’ai aussi sur le feu un billet sur « La beauté » de Zadie Smith dont j’ai terminé la lecture et que j'ai bien aimé finalement après un départ laborieux mais je crains fort qu’il ne reste dans les limbes.
J’ai fait un tour de blogosphère. Etrange, j’ai eu du mal à y entrer, je me sens loin même de mes plus proches. Etrange ou pas si étrange peut-être, j’ai quelques explications en tête mais là aussi je ne me sens pas l’envie d’essayer de développer quoique ce serait sûrement enrichissant.
J’ai fait quand même un petit ménage dans ma liste de liens. J’aime bien la modifier pour rendre compte de l’évolution de mes lectures et surtout pour pointer certaines de mes découvertes récentes. Un peu paradoxal au moment où j’ai du mal à me remettre dans le bain blogosphérique ? C’est qu’en fait ce sont des modifications que j’avais prévues d’intégrer au mois de juin, mais le crash de mon ordinateur m’avait obligé à parer à plus pressé.
Je note au milieu de ces découvertes cette définition du bonheur en exergue du blog de Pakita : « le bonheur c’est de continuer à désirer ce qu’on possède ». Une jolie formule qui mérite qu’on la médite et qu’on la garde quelquepart au fond du crâne !
Enfin j’en reste là. Car on en est déjà à refaire les valises à peine défaites, on prend les affaires de montagne et dès demain, en route, on part crapahuter.
Mais là ma coupure pour une bonne quinzaine va être plus radicale. Je ne prends même pas l’ordinateur avec moi. Juste quelques livres, un carnet si me viennent tout de même d’impérieuses envies d’écrire ou de meubler d’éventuels jours de grand mauvais temps, si, si ça peut arriver…
26 juillet 2009
Vacances!
Cette fois ci on est en vacances pour de vrai d’autant que le week-end a été merveilleux. Ciel absolument pur, fraîcheur le matin puis bonne chaleur estivale mais pas écrasante, le vent d’autan a cessé. On se la coule douce. Je passe de longs moments au jardin, je lis, il m’arrive même de tenter d’écrire mais surtout je me laisse aller au fil de mes rêveries me berçant du léger mouvement du rocking-chair et attentifs aux multiples agitations alentour dont sont principalement responsables deux couples de merles très actifs et peu farouches.
Hier nous avons fait dans une forêt à proximité une première randonnée un peu longue mais avec un dénivelée assez modeste. Pourtant je sentais sérieusement mes jambes le soir. Sérieux manque d’entraînement cette année !
Aujourd'hui nous sommes montés à un petit lac dont nous avons fait le tour et où nous avons passé plusieurs heures à buller, tout simplement. J’avais même du mal à lire le livre qui m’accompagnait, je me suis contenté d’alterner séances de nage pour me rafraîchir et moments où je réchauffait mes os, profitant à la fois de la chaleur douce diffusée par la dalle rocheuse sur laquelle j’étais allongé et des rayons plus violents du soleil. Pas très habituel pour moi ce genre de journées ! ça me lasserait assez vite, mais une fois de temps en temps, ça fait sacrément du bien !
Nous avons encore ici quelques rendez-vous avec les entreprises préparatoires à nos travaux, principalement mardi, puis nous remontons brièvement à Paris, nous y verrons l’Ingénieur qui fera un passage éclair à Paris avant de rejoindre l’Angleterre puis partirons pour la montagne pour une séquence un peu plus sportive ce qui me fera le plus grand bien.

