Contraste
Quel temps, mes aïeux, quel temps !
Ce matin tôt dans la nuit encore très noire je suis parti de la maison
sous une pluie battante, sous le vent en bourrasque, tenant mon
parapluie à deux mains et le manœuvrant pour éviter que, pris à rebours
par une rafale, il ne se retourne. J’ai marché vite, engoncé dans mon
imperméable, vite au bureau, rien à voir avec certains jours où je
viens ici comme en promenade…
Á vrai dire ce n’est qu’un mauvais temps d’hiver ce qui n’a rien de
rare et qui ne mériterait pas une mention particulière ici s’il n’était
à ce point en contraste avec le temps exceptionnellement beau de ces
derniers jours. Comme s’il fallait que les éléments soulignent à leur
façon le contraste entre les temps de ma vie, celui de mon quotidien et
du travail, celui de parenthèses enchantées de rencontres, de
promenades et d’écritures. J’ai énormément de boulot. Un petit week-end
prolongé comme celui que je viens de prendre se traduit immanquablement
par un surcroît de travail au retour. J’ai la chance de pouvoir
m’organiser à peu près comme je veux mais je ne dois pas m’étonner en
contrepartie de devoir à certains moments mettre le turbot. J’ai un peu
de mal. Je ressens de plus en plus mon travail comme extérieur à ce qui
me fait vibrer. Mais enfin il le faut, je m’y colle donc. Mis à part
ces quelques lignes hâtivement écrites pendant le break du repas de
midi je n’aurais pas le loisir de me pencher sur les textes que j’ai
envie d’écrire. Je repense à ma nouvelle amorcée ce week-end, je
voudrai m’atteler à sa rédaction dans la continuité des premières pages
écrites, impossible dans l’immédiat, du coup je la sens qui s’éloigne
de moi, elle bascule dans l’irréalité comme basculerait presque dans
l’irréalité sous les nuages et la pluie d’aujourd'hui le soleil de ce
week-end.
Tout est dans le presque heureusement. Il faudra simplement
trouver à un moment donné le temps de rapprocher les morceaux…