Sas
Je
suis revenu du boulot avec un mal de tête carabiné. J’ai assuré une journée de
formation intense aujourd'hui. Du côté formateur. Ce qui est tout de même
beaucoup plus stressant que du côté formé où l’on peut s’évader.
Je
voulais en rentrant faire ma tournée des blogs avant mon départ en week-end,
écrire un peu, il y a quelques petites choses dont j’ai envie de parler depuis
quelques jours sans en trouver le temps, des chroniques qui sont comme
« en attente » au fond de mon crâne. Mais rien de tout ça. Je me suis
senti trop pompé. Pas le courage de me remettre à quelquechose d’actif. Ecrire
c’est actif ! Tant pis. Ce n’est pas grave. Il ne faudrait surtout pas se
faire des obligations de ces écritures en ligne. Je passe le tour. Enfin
presque. J’écris cela quand même avant de me coucher !
J’ai
pris un immense bain, je m’y suis laissé mariner longtemps, avec de la musique,
plaisir à me laisser glisser au fond du bain, la jouissance de ce moment de
l’immersion totale, l’eau tiède qui couvre entièrement le visage, la musique
qui s’entend à peine, vibrations sourdes et pourtant la ligne mélodique se
devine, expulser l’air de ses poumons, souffler doucement, les petites bulles
qui montent vers la surface, sensation de légèreté du corps, impression que les
soucis du jour s’évadent comme la douleur dans le crâne, impression de
lustration, de purification de soi. Remonter à la surface, reprendre une gorgée
d’air et de musique, puis glisser à nouveau au fond. Faire cela dix fois, vingt
fois. Le bain qui refroidit, rouvrir du pied le robinet pour remettre de l’eau
chaude, continuer, s’immerger à nouveau dix fois, vingt fois. Laisser
vagabonder sa pensée. Savoir vivre ce genre de plaisirs…
Et
puis réintégrer le quotidien. Le dîner. Quelques paroles. Bilbo et Constance
qui sont fatigués aussi et se couchent vite. La parole ne va pas loin.
Retour
alors un petit moment devant l’ordinateur avec la musique en sourdine. C’est là
où j’en suis. J’envoie quelques mails. Pas plus d’envie d’écrire que tout à
l’heure. Pas envie de me lancer dans des « considérations ». Juste
ces quelques mots. Juste attraper un tout petit peu de la sensation de ce
moment qui passe.
Moment
un peu étrange dans lequel je ne me sens pas forcément très à l’aise, moment de
sasentre l’activité professionnelle très fébrile de ces derniers jours, la vie
familiale plutôt atone et le week-end qui commence où je m’en vais d’une certaine façon
« en retraite », où je pars vivre cette autre part de ma vie avec ces
autres relations, là où je pars écrire.
Voilà.
Bon week-end. Pas besoin de passer chez Valclair ces jours ci, il ne reviendra
pas remettre ses mots ici avant mardi sans doute...