Vacances
Deux jours de
vacances…
J’avais très envie de cela.
Pouvoir organiser un sas entre l’intensité apaïste et l’intensité de la reprise
du boulot. Mais c’est aussi un moment de pèlerinage. J’ai vécu à Lyon quelques
années il y a fort longtemps et je n’avais jamais eu l’occasion d’y revenir
avec un peu de temps pour moi.
Donc là j’en profite
d’autant plus que le temps superbe est propice à de longues promenades sans
hâte ponctuées de stations rêveuses dans des parcs ou à des terrasses de café.
Dans le quartier Saint Jean
j’ai retrouvé la rue où j’avais habité. Voilà le 19. La porte est désormais
fermée par un digicode, je ne peux pas entrer, revoir l’étroit
escalier en colimaçon, monter au second, ça ne fait rien, je regarde les
fenêtres de la rue. Quelques pas et me voici devant le 11, là habitaient de
grands amis à moi, une amie surtout, on passait beaucoup de l’un à l’autre des
appartements, amitiés intenses, affaires sentimentales inabouties, échanges
complices jusqu’au bout des nuits, les bistrots du quartier aux tables de faux
marbre où on allait boire des pots de beaujolais, parfois plus que de raison,
il y avait pendant un temps très bref, le blanc nouveau, un petit vin
légèrement pétillant qui ne se transporte pas et que je n’ai jamais bu ailleurs,
du vrai vin nouveau, rien à voir avec les produits d’aujourd'hui
industrialisés, envoyés en quantité aux quatre coins de la terre, quantité
d’images remontent, je me suis laissé aller au fil de la plume…
Sur les pentes de la Croix
Rousse aussi. J’ai péleriné au lieu où se trouvait le local de l’organisation
politique dans laquelle j’étais à l’époque investi jusqu’au cou. Il n’y a plus
les lourdes persiennes de bois que l’on tenait le plus souvent fermées par
mesure de protection mais des grilles, j’ai essayé de voir à l’intérieur, j’ai
distingué une sorte d’entrepôt-garage dans la pièce principale qui était notre
salle de réunion, je n’a pas pu pénétrer dans « l’allée » comme
disent les lyonnais. De l’autre côté de la rue, au premier étage s’est installée
une école de danse, les fenêtres étaient ouvertes d’où s’égrenaient sur la rue,
par ailleurs déserte et silencieuse en ce début d’après-midi, les notes d’une
pièce pour piano, paisible, aérienne, intemporelle, renforçant mon impression
d’être happé dans une bulle de temps suspendu, maintenant et autrefois
intrinsèquement mêlé. Moment un peu magique…
Je devais voir des amis
lyonnais de ce temps là retrouvé depuis peu, mais ça n’a pas pu se faire suite
à un bug d’organisation. Mais ce n’est pas grave, je les verrais à d’autres
occasions maintenant que le contact a été renoué et finalement j’ai apprécié
ces retrouvailles avec les lieux juste pour moi-même.
J’ai passé beaucoup de temps
aussi en conversations diaristes. Coumarine était également restée à Lyon
devant voir certains de ses blogamis personnels de cette ville et nous avions
de plus convenu de longue date d’une rencontre avec l’Idéaliste en dehors de
notre premier contact aux journées. J’ai fait faire quelques promenades
lyonnaises à Coumarine. Je l’ai amené sur la colline de Fourvière pour lui
faire découvrir Lyon de là-haut. Ici ce n’est pas mon Lyon à moi. Nul souvenir
sur cette « colline de Dieu » entre basilique et couvents, ce n’était
vraiment pas le genre d’endroit que l’on fréquentait ! D’ailleurs je
n’avais même jamais mis les pieds dans cette basilique, il faut dire que ça
vaut le coup d’œil: mélange improbable de colonnes de divers style, décors très
travaillés, chapiteaux, dorures, mosaïques, peintures, tout cela est
kitchissime. Le repas que nous avons pris ensuite en terrasse au restaurant qui
est juste à côté de la basilique a été un très bon moment, table sur l’extrême
rebord de la colline, Lyon à nos pieds, ombre douce de l’arbre qui est
au-dessus de nos têtes, vivacité de l’air, légèreté et finesse des plats
qu’accompagne la fraîcheur du Mâcon blanc, Nous sommes redescendus par les
jardins, longue station dans la roseraie très odorante qui est à mi-pente,
quelques cyprès qui donnent presque une impression d’Italie, oui, là c’était la
parfaite sensation de vacances, l’impression d’être très loin. Nous parlons,
longues discussions qui semblent inépuisables sur nos blogomondes et nos
blogorelations.
Le soir nous nous sommes
retrouvés avec l’Idéaliste. Gourmande aussi s’était jointe à nous. Je ne la
connaissais pas et même la lisais assez peu, (jusque là !) et je
l’apprécie d’emblée. Nous partageons tous quatre de larges intérêts et nous
retrouvons associés dans plus d’une liste de liens. Moment un peu bref
peut-être. Vu ce que nous connaissions déjà de nous peut-être faut-il un peu de
temps pour ouvrir la bonde et aller au-delà. Ou peut-être vaut-il mieux alors
des rencontres duelles car au-delà du plaisir de la découverte c’est bien dans
la rencontre un à un que l’on peut aller au profond.
Le moment était très
chouette au point que l’on a eu tendance à s‘éterniser sans surveiller d’assez
près l’horaire du dernier train permettant à l’Idéaliste de regagner son
domicile. Aura-t-il pu l’attraper ? Mystère. Réponse sur son blog
peut-être …
Pour l’instant j’écris ces
mots dans le train qui me ramène à Paris, le week-end apaïste puis ces deux
jours de vacances s’éloignent au rythme rapide du TGV, vite, passer à la
maison, poser ma valise, me changer, changer de peau, me précipiter au bureau
pour une longue après-midi de travail.
Parenthèse refermée !
Mais j’en viendrais presque à me poser la question : de parenthèses en
parenthèses qu’est-ce qui est vraiment parenthèse ?
( Ecrit jeudi 8 )
