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Les échos de Valclair
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9 juin 2006

Vacances

Deux jours de vacances…

J’avais très envie de cela. Pouvoir organiser un sas entre l’intensité apaïste et l’intensité de la reprise du boulot. Mais c’est aussi un moment de pèlerinage. J’ai vécu à Lyon quelques années il y a fort longtemps et je n’avais jamais eu l’occasion d’y revenir avec un peu de temps pour moi.

Donc là j’en profite d’autant plus que le temps superbe est propice à de longues promenades sans hâte ponctuées de stations rêveuses dans des parcs ou à des terrasses de café.

Dans le quartier Saint Jean j’ai retrouvé la rue où j’avais habité. Voilà le 19. La porte est désormais fermée par un digicode, je ne peux pas entrer, revoir l’étroit escalier en colimaçon, monter au second, ça ne fait rien, je regarde les fenêtres de la rue. Quelques pas et me voici devant le 11, là habitaient de grands amis à moi, une amie surtout, on passait beaucoup de l’un à l’autre des appartements, amitiés intenses, affaires sentimentales inabouties, échanges complices jusqu’au bout des nuits, les bistrots du quartier aux tables de faux marbre où on allait boire des pots de beaujolais, parfois plus que de raison, il y avait pendant un temps très bref, le blanc nouveau, un petit vin légèrement pétillant qui ne se transporte pas et que je n’ai jamais bu ailleurs, du vrai vin nouveau, rien à voir avec les produits d’aujourd'hui industrialisés, envoyés en quantité aux quatre coins de la terre, quantité d’images remontent, je me suis laissé aller au fil de la plume…

Sur les pentes de la Croix Rousse aussi. J’ai péleriné au lieu où se trouvait le local de l’organisation politique dans laquelle j’étais à l’époque investi jusqu’au cou. Il n’y a plus les lourdes persiennes de bois que l’on tenait le plus souvent fermées par mesure de protection mais des grilles, j’ai essayé de voir à l’intérieur, j’ai distingué une sorte d’entrepôt-garage dans la pièce principale qui était notre salle de réunion, je n’a pas pu pénétrer dans « l’allée » comme disent les lyonnais. De l’autre côté de la rue, au premier étage s’est installée une école de danse, les fenêtres étaient ouvertes d’où s’égrenaient sur la rue, par ailleurs déserte et silencieuse en ce début d’après-midi, les notes d’une pièce pour piano, paisible, aérienne, intemporelle, renforçant mon impression d’être happé dans une bulle de temps suspendu, maintenant et autrefois intrinsèquement mêlé. Moment un peu magique…

Je devais voir des amis lyonnais de ce temps là retrouvé depuis peu, mais ça n’a pas pu se faire suite à un bug d’organisation. Mais ce n’est pas grave, je les verrais à d’autres occasions maintenant que le contact a été renoué et finalement j’ai apprécié ces retrouvailles avec les lieux juste pour moi-même.

J’ai passé beaucoup de temps aussi en conversations diaristes. Coumarine était également restée à Lyon devant voir certains de ses blogamis personnels de cette ville et nous avions de plus convenu de longue date d’une rencontre avec l’Idéaliste en dehors de notre premier contact aux journées. J’ai fait faire quelques promenades lyonnaises à Coumarine. Je l’ai amené sur la colline de Fourvière pour lui faire découvrir Lyon de là-haut. Ici ce n’est pas mon Lyon à moi. Nul souvenir sur cette « colline de Dieu » entre basilique et couvents, ce n’était vraiment pas le genre d’endroit que l’on fréquentait ! D’ailleurs je n’avais même jamais mis les pieds dans cette basilique, il faut dire que ça vaut le coup d’œil: mélange improbable de colonnes de divers style, décors très travaillés, chapiteaux, dorures, mosaïques, peintures, tout cela est kitchissime. Le repas que nous avons pris ensuite en terrasse au restaurant qui est juste à côté de la basilique a été un très bon moment, table sur l’extrême rebord de la colline, Lyon à nos pieds, ombre douce de l’arbre qui est au-dessus de nos têtes, vivacité de l’air, légèreté et finesse des plats qu’accompagne la fraîcheur du Mâcon blanc, Nous sommes redescendus par les jardins, longue station dans la roseraie très odorante qui est à mi-pente, quelques cyprès qui donnent presque une impression d’Italie, oui, là c’était la parfaite sensation de vacances, l’impression d’être très loin. Nous parlons, longues discussions qui semblent inépuisables sur nos blogomondes et nos blogorelations.

Le soir nous nous sommes retrouvés avec l’Idéaliste. Gourmande aussi s’était jointe à nous. Je ne la connaissais pas et même la lisais assez peu, (jusque là !) et je l’apprécie d’emblée. Nous partageons tous quatre de larges intérêts et nous retrouvons associés dans plus d’une liste de liens. Moment un peu bref peut-être. Vu ce que nous connaissions déjà de nous peut-être faut-il un peu de temps pour ouvrir la bonde et aller au-delà. Ou peut-être vaut-il mieux alors des rencontres duelles car au-delà du plaisir de la découverte c’est bien dans la rencontre un à un que l’on peut aller au profond.

Le moment était très chouette au point que l’on a eu tendance à s‘éterniser sans surveiller d’assez près l’horaire du dernier train permettant à l’Idéaliste de regagner son domicile. Aura-t-il pu l’attraper ? Mystère. Réponse sur son blog peut-être …

Pour l’instant j’écris ces mots dans le train qui me ramène à Paris, le week-end apaïste puis ces deux jours de vacances s’éloignent au rythme rapide du TGV, vite, passer à la maison, poser ma valise, me changer, changer de peau, me précipiter au bureau pour une longue après-midi de travail.

Parenthèse refermée ! Mais j’en viendrais presque à me poser la question : de parenthèses en parenthèses qu’est-ce qui est vraiment parenthèse ?

( Ecrit  jeudi 8 )

lyon_juin_06_012

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Commentaires
V
Merci de vos passages, les amis rencontrés et puis les 2 nouvelles que je vais aller découvrir...
G
Lyon une belle ville il est vrai et lorsque se mélangent les souvenirs, les découvertes et les rencontres, alors je pense que les ingédients sont reunis pour ressentir de belles émotions.<br /> Amitiés.
C
Je suis nouvelle mais je regrette presque en lisant ton récit ne pas m'être jointe à vous. J'habite à 1 heure de Lyon ;-). Peut-être dans quelques temps aurais-je la chance de croiser le chemin de certains bloggers dont j'apprécie particulièrement l'écriture et de partager de tels moments sûrement profonds, sûrement enrichissants, sûrement inoubliables...
I
Pour le train la chance était avec moi... comme s'il fallait que rien ne vienne ternir ce bon moment.
T
Bonjour Valclair, <br /> <br /> j'arrive ici via Coumarine et me délecte de tes billets. <br /> <br /> Si tu savais comme ces descriptions me touchent, moi qui ai vécu plusieurs années à Lyon. Saint-Jean et la Croix-Rousse, mes endroits favoris.<br /> <br /> Votre rencontre parait si profonde et si respectueuse de l'autre, si tendre aussi.
Les échos de Valclair
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