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Les échos de Valclair
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6 juillet 2006

Je me traîne

Je me traîne au physique comme au moral.

Je pense que c’est un peu le contrecoup. Et l’effet aussi sans doute des calmants anti-douleur. Je me sens plus éteint, moins réactif et positif qu’immédiatement après « le patatras ». Je me traîne une grande fatigue. Hier j’ai fait trois siestes dans la journée, par trois fois bâillements et papillonnements des yeux m’ont poussé à me traîner de ma table jusqu’à mon lit pour m’y allonger sans dormir pourtant, peut-être surtout pour briser un rythme, pour casser une pesant immobilité.

Tout est lourd. Tout est lent. Le moindre déplacement pour aller pisser ou boire un verre d’eau... Les multitudes de petites attentes minuscules que cela entraîne me sont finalement plus difficile à supporter que les heures d’attente aux urgences, qui ont pu elles être vécues aussi comme une expérience à analyser, comme un monde à observer. Je réalise maintenant que les désagréments de la situation s’inscrivent dans le quotidien, dans une certaine durée, que je ne suis plus dans l’exceptionnel de l’événement lui-même.

J’ai potentiellement quantité de choses à faire. J’ai fini la lecture d’Etty, j’achève de mettre mes notes au clair pour pouvoir les mettre en ligne aujourd'hui ou demain. Je voudrais pouvoir écrire aussi. Quoi de mieux qu’un tel loisir forcé pour écrire, se dit-on. Mais je n’arrive pas à m’y mettre. Je voudrais reprendre ma nouvelle, commencé à Hurtebise pour être en mesure de participer au concours de la « Fureur de lire ». Impossible de m’y coller jusqu’à présent. J’ai du mal à me concentrer, je papillonne…

Ainsi j’ai fait ce matin un grand tour des blogs, d’un peu tout ceux que je fréquente, les anciens, certains que je n’avais pas eu le temps d’aller voir depuis longtemps, les nouveaux que je connais depuis peu, ceux notamment liés à mes récentes rencontres. Mais je ressens vite au-delà de l’intérêt le sentiment de saturation, le malaise de l’excessive dispersion. J’ai fait un tour aussi sur Obsolettres et sur Paroles Plurielles pour lire ou au moins parcourir les récents envois, là encore ça faisait un moment que je n’y avais pas mis le nez. J’ai commencé enfin la lecture de la Tournée des Blogueurs. Déjà tant de textes écrits ! A la fois j’admire ce genre de jeu littéraire, la dynamique qu’il crée, la réactivité des auteurs, la multiplicité et la drôlerie des textes produits, et en même temps j’ai le sentiment que si je m’y plonge je vais m’éloigner de ce que j’ai à faire pour moi, c’est plus facile de suivre les méandres de toutes ces aventures que de se coller à ce qui nous importe vraiment mais qui nécessite une plus grande mobilisation de soi.

Avoir plus de temps ne signifie pas meilleure utilisation du temps. C’est parfois au contraire sous la contrainte de l’urgence qu’on devient efficace et productif.

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Commentaires
P
Comme en ce moment je ne suis pas en apnée dans les blogs, ayant mille autres choses à faire, je découvre ton immobilisation.<br /> Je suis bien triste de ce qui t'arrive mon cher Val, et désolée pour le bouleversement de tes projets estivaux. <br /> A mon avis, Sam et Fauvette ont raison, laisse venir ce qui se présente, sans lutter : lenteur, tristesse, envie de dormir... tu sais que tu peux même pleurer un coup !<br /> Je pense à toi et t'embrasse affectueusement.
V
Oui c'est sûr, chères amies, vous avez raison il ne faut pas trop vouloir forcer la machine, il faut écouter le corps, ne pas checher toujours la performance ou la rentabilité.<br /> Se laisser un peu aller. J'en ai profité par exemple pour du foot fauteuil (accompagné en plus par tes superbes chroniques, Samantdi)ou pour écouter de la musique (vraiment l'écouter, en ne faisant rien d'autre, ce qu'on pratique trop rarement) .<br /> Cela dit l'atteinte que je subis n'est pas bien grave, donc je pense que ça devrait aller mieux très vite, je ne m'en fais pas, merci de vos encouragements.
F
Cher Valclair,<br /> Autorise toi cette convalescence, et ne lutte pas contre le besoin physique de récupérer.<br /> Vouloir "rentabiliser" ton immobilisation ne pourra qu'être source de frustration, car il faut que tu te reposes. corps et âme.<br /> <br /> Tu verras cela ira bien mieux dans quelques jours.<br /> Bon courage.<br /> Amicalement.
S
Quand on est souffrant, on ne peut en effet presque rien faire: notre corps mobilise son énergie, ses forces, pour guérir. On est vidé... <br /> Je te dis cela d'expérience. J'ai eu une lourde opération il y a 11 ans (presque jour pour jour d'ailleurs) à la suite de laquelle je suis restée complètement immobilisée 15 jours puis en fauteuil roulant deux mois. Je me disais, avant l'opération, que je regarderai la télé, des films, que je lirai...etc... <br /> <br /> Or, je n'ai rien pu lire, ni même regarder : je ne comprenais rien ! La seule émission à mon niveau était "Télé Achat" de Bellemare, que je dégustais et qui me "changeait les idées" ! <br /> <br /> J'en ai gardé une grande leçon de modestie et d'humilité : quand notre corps a subi un traumatisme, cela a des répercussions sur notre vigilance intellectuelle.<br /> <br /> Alors courage, accepte de vivre au ralenti, ce n'est qu'un passage, je te le souhaite le plus court possible.<br /> <br /> Lis des bédés, regarde des films comiques, ne t'attriste pas de ta lenteur, accompagne-là. <br /> <br /> Plus tard, tu verras que tu auras quand même appris beaucoup de cet intermède immobile.<br /> <br /> Je t'embrasse, et te dis "bon courage"
S
Oui Val Y'a comme un air de contrecoup dans ce que tu écris, mais d'alerte à prendre en compte peut être aussi...<br /> qui exige cette mobilisation dont tu parles.<br /> Seule la façon d'aborder le temps compte finalement.<br /> Toute mon affection.
Les échos de Valclair
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