Je me traîne
Je me traîne au physique
comme au moral.
Je pense que c’est un peu le
contrecoup. Et l’effet aussi sans doute des calmants anti-douleur. Je me sens
plus éteint, moins réactif et positif qu’immédiatement après « le
patatras ». Je me traîne une grande fatigue. Hier j’ai fait trois siestes
dans la journée, par trois fois bâillements et papillonnements des yeux m’ont
poussé à me traîner de ma table jusqu’à mon lit pour m’y allonger sans dormir
pourtant, peut-être surtout pour briser un rythme, pour casser une pesant
immobilité.
Tout est lourd. Tout est
lent. Le moindre déplacement pour aller pisser ou boire un verre d’eau... Les
multitudes de petites attentes minuscules que cela entraîne me sont finalement
plus difficile à supporter que les heures d’attente aux urgences, qui ont pu
elles être vécues aussi comme une expérience à analyser, comme un monde à
observer. Je réalise maintenant que les désagréments de la situation
s’inscrivent dans le quotidien, dans une certaine durée, que je ne suis plus dans
l’exceptionnel de l’événement lui-même.
J’ai potentiellement
quantité de choses à faire. J’ai fini la lecture d’Etty, j’achève de mettre mes
notes au clair pour pouvoir les mettre en ligne aujourd'hui ou demain. Je
voudrais pouvoir écrire aussi. Quoi de mieux qu’un tel loisir forcé pour
écrire, se dit-on. Mais je n’arrive pas à m’y mettre. Je voudrais reprendre ma
nouvelle, commencé à Hurtebise pour être en mesure de participer au concours de
la « Fureur de lire ». Impossible de m’y coller jusqu’à présent. J’ai
du mal à me concentrer, je papillonne…
Ainsi j’ai fait ce matin un
grand tour des blogs, d’un peu tout ceux que je fréquente, les anciens,
certains que je n’avais pas eu le temps d’aller voir depuis longtemps, les
nouveaux que je connais depuis peu, ceux notamment liés à mes récentes
rencontres. Mais je ressens vite au-delà de l’intérêt le sentiment de
saturation, le malaise de l’excessive dispersion. J’ai fait un tour aussi sur
Obsolettres et sur Paroles Plurielles pour lire ou au moins parcourir les
récents envois, là encore ça faisait un moment que je n’y avais pas mis le nez.
J’ai commencé enfin la lecture de la Tournée des Blogueurs. Déjà tant de textes
écrits ! A la fois j’admire ce genre de jeu littéraire, la dynamique qu’il
crée, la réactivité des auteurs, la multiplicité et la drôlerie des textes
produits, et en même temps j’ai le sentiment que si je m’y plonge je vais
m’éloigner de ce que j’ai à faire pour moi, c’est plus facile de suivre les
méandres de toutes ces aventures que de se coller à ce qui nous importe
vraiment mais qui nécessite une plus grande mobilisation de soi.
Avoir plus de temps ne
signifie pas meilleure utilisation du temps. C’est parfois au contraire sous la
contrainte de l’urgence qu’on devient efficace et productif.