Canalblog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Les échos de Valclair
Publicité
Derniers commentaires
12 juillet 2006

Coup de blues

Pourquoi cette lourde insomnie cette nuit ? Je ne m’endors pas, les pensées tourbillonnent méchamment, les heures passent...

Au point que je choisis de prendre mon petit carnet et d’y jeter des mots que je retranscrirais demain, peut-être, sur l’ordinateur, que j’enverrais, peut-être, demain sur l’océan de la toile. C’est une de mes techniques pour combattre l’insomnie. En général dans un premier temps ça conforte l’état d’éveil, l’excitation mentale étant plutôt stimulée par l’effort de mise en mots mais ensuite comme si s’était effectuée une catharsis par ce qui a été jeté sur le papier, je m’endors d’un coup. Je préfère cela au recours au petit cachet.

Je suis en vacances officiellement depuis hier soir. Je me suis fait porter en auto au bureau pour régler plus facilement que par mail ou téléphone différentes choses avec mes collaborateurs avant fermeture. J’ai béquillé là-bas pendant deux heures, ça a suffi à m’épuiser, je suis quand même encore bien fatigué et cela pèse à coup sûr sur mon moral.

Dans deux jours nous aurions dû nous envoler pour aller marcher sous d’autres cieux. Il n’en sera rien, nous ne savons pas encore exactement ce que nous ferons à la place et quand, cela dépend de ma remise sur pied. Il faudra décider de quelquechose. Ensuite il y aura en août des moments de séjour avec mon père d’une part, avec la mère de Constance d’autre part, moments agréables sans doute, j’ai plaisir à être auprès d’eux et je juge cela normal d’apporter un peu de notre présence, mais ce n’est pas la part propre de mes vacances, celle qui m’appartient vraiment, celle-ci pour cette année est perdue.

Hier Bilbo est parti à son tour avec sa bande de copains pour l’Italie, c’est pour lui l’excitation de premières vacances en autonomie, auto-organisées, ça me fiche la nostalgie des départs de ce type, dans des voyages plein d’attente, quand on est avide de découvertes, de rencontres, d’imprévus (encore que ces jeunes gens soient moins routards que nous à leur âge, départ en train couchette, auberges de jeunesse réservés à l’avance et même pour une semaine un petit appart sur la côte amalfitaine, on ne se refuse rien !). Les parents se retrouvent tout seuls en face à face, avec leur propre projet de voyage passé à la trappe.

Il y a quantité de choses à faire ici naturellement. Il faudrait s’auto entraîner mutuellement. Ce n’est pas ce qui se passe. Chacun est dans ses trucs de son côté. Sans énergie vraiment positive. Sans volonté forte et claire. Sentiment d’avoir été soutenu, accompagné pendant ces jours de dépendance, je n’ai à me plaindre de rien et pourtant sentiment de vide, de solitude...

J’ai dormi en bas dans la chambre du fils tous ces jours ci puisqu’il m’était difficile de monter l‘escalier vers notre chambre. Il fait bon dans cette pièce, plus frais, elle ouvre directement sur la verdure de la terrasse, j’y suis tranquille, la mini-chaîne est à côté du lit, je peux m’endormir en écoutant un disque choisi, en écoutant comme on peut écouter, dans la solitude et dans le silence de la nuit. Je vais réintégrer le lit conjugal maintenant que je me déplace mieux mais je ne me presse pas, conjugal, il s’y passe si peu de choses, il y a ce silence…

***

Plus tard dans la journée…

Publier ou pas ? Eternelle question, entre discrétion sur l’intime notamment lorsqu’il évoque autrui, et volonté de dire, de faire partager, de tracer une image fidèle de soi qui est aussi composée de moments comme ceux-ci.

Pas envie d’éliminer tout ce qui écorne une certaine image, pas envie de multiplier les entrées hors ligne. Je suis cela aussi. Ça va mieux d’ailleurs ce matin, dans la clarté du jour. Je me sens plus en énergie, je sais que je dois faire avec tout cela, avec toutes ces contradictions, avec les moments clairs, avec les moments noirs, comme chacun d’entre nous.

Pas envie par ailleurs d’être dans la plainte, d’avoir l’air de susciter la compassion. C’est un risque accentué avec le blog et avec le jeu des commentaires qu’il entraîne. Mais pas envie non plus d’affadir par trop ce journal, de le vider de toute substance intime parce qu’on me lit et parce que de plus en plus de lecteurs me connaissent « en vrai » ou parce qu’on me commente.

J’ai envie de rester sur ma ligne de crête, entre intime et extime, c’est celle-ci qui me plait, position difficile, en tension, source de tensions peut-être dans la « vraie » vie, mais source de vie donc…

 

Donc je publie. Voilà !


Publicité
Commentaires
K
J'ai écrit des pages et des pages et encore des pages, pendant mes années "noires". C'est une excellente thérapie. Nous traversons tous des moments de blues, et dans les couples tout n'est pas le nirvana perpétuel. Il faut surtout en parler, sinon ça ne peut s'arranger. Tout sauf l'indifférence qui peut s'installer peu à peu.
V
Oui bien sûr, je comprends que pour vous lecteurs, j'ai eu raison de publier, et vos approbations naturellement me confortent.<br /> Moi aussi d'ailleurs j'aime bien lorsque vos entrées vont au fond, cherchent à gratter, vont aux frontières du dicible...<br /> Mais ça n'enlève pas quand même mes propres hésitations par rapport à moi-même et à ceux qui m'entourent.<br /> N'empêche je suis content d'avoir choisi de publier malgré tout.
J
(Mince, je me suis trompé de case pour l'url, désolé).
J
Bien d'accord avec la teneur des précédents commentaires. Peut-être ai-je d'ailleurs éprouvé cela moi-même : que c'est quand on se pose la question de publier, qu'on a peur, honte, que ce sont les textes de la nuit, qui imposent leur nécessité, qui sont les meilleurs. <br /> <br /> Le lecteur est saisi de vérité, et dans tous les sens reconnaissant : reconnaissant son semblable, un homme, avec authentique joie, gratitude alors.<br /> <br /> Et bon courage, Valclair.
Z
Dire ou ne pas dire ?<br /> Merci d'avoir tapé sur "publier"
Les échos de Valclair
Publicité
Publicité
Publicité