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Les échos de Valclair
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18 juillet 2006

Haut les coeurs!

J’ai passé une mauvaise journée hier (mis à part cet instant un peu magique de compassion à l’égard de ce qui vit que j’ai raconté). Peu tonique, commençant des choses sans les terminer, poissé de mauvaise humeur, alourdi par la canicule qui revient, la chaleur maintenant commence à s’incruster dans la maison, même si l’on tire les rideaux et si l’on ferme les écoutilles. La journée est passée, je me suis endormi sans peine mais je me réveille maintenant et comme un boomerang revient sur moi la pesanteur d’hier.

Haut les cœurs ! Il faut que je me secoue.

C’est bien la peine de lire Etty et d’autres livres de vie et de sagesse si face à la moindre contrariété personnelle on se laisse aussi facilement déstabiliser ! Car elle est pourtant bien légère cette contrariété par rapport à celles que vivent tant d’autres personnes, qui parfois les assument sans se départir d’une joie de vivre communicative…

Il y a ceux qui naturellement par complexion heureuse voient le bon côté des choses et font avec, assument, acceptent avec légèreté ce qui est négatif, ça, c’est mon père, et puis il y a ceux qui au contraire voient d’abord le mauvais côté des choses, s’y arrêtent, s’y enferment, se complaisent à leur souffrance, ça c’était ma mère. Hélas j’ai plus hérité de ma mère, spontanément mon mouvement premier est le sien, heureusement moins qu’elle je n’en reste esclave mais c’est bien ma tendance, ma pente si je n’y prends garde et c’est un combat constant et pas toujours gagné de me dire : « ne cède pas, regarde le bon, décide de mettre du bon là où il n’est pas donné d’emblée, avance, ne te laisse pas aller… »

C’est ce que je tente de faire dans l’insomnie de cette nuit chaude. Demain ne pas laisser la journée s’effranger comme celle d’hier, avoir le tonus d’organiser ce qui peut l’être tout en respectant la patte folle, prendre les moyens d’une vraie sortie, booster mais sans brusquerie une compagne qui a besoin de l’être, tiens je crois que je vais faire cette chose que je ne fais plus depuis trop longtemps, inviter ma femme au restaurant sans raison particulière et sans être avec d’autres, ça quand même c’est possible, plus que possible il n’y a que la rue à traverser …

A ma décharge aussi. Je me suis laissé entraîner dans un livre qu’une amie avait déposé à la maison, nous disant que c’était bien. « Á Suspicious River » de Laura Kasischke, auteur dont je n’avais jamais entendu parler. Ne lisez pas ce livre ! Du moins si vous n’êtes pas au mieux et si vous cherchez à vous remonter le moral. J’ai rarement lu un livre aussi glauque, à ce point dénué d’espérance. Une bourgade américaine étroite et fermée perdue au fin fond du Michigan, des personnages plus veules et inhumains les uns que les autres, l’histoire de la descente aux enfers à la première personne d’une jeune femme dont la tragédie reproduit de façon implacablement déterminée une histoire familiale que l’on découvre peu à peu, le regard de cette jeune femme sur les êtres et sur le monde qui l’entoure, sur elle-même, sur son propre corps qu’elle donne en pâture aux mâles de la région, un corps comme détaché d’elle, qu’elle ne perçoit que derrière la glace d’une effrayante indifférence ce qui n’empêche pas pourtant la souffrance et le martyre. C’est bien écrit, c’est fort, c’est implacable, c’est pourquoi on ne le lâche pas, lisez le peut-être mais si vous vous sentez en état de l’affronter…

 

Oui la journée aujourd'hui s’est nettement mieux engagée que celle d’hier. Gardons là sur cette pente pour la soirée qui approche! On a commencé à faire quelques plans pour partir, je pense que d’ici une semaine ça devrait être jouable, et on a posé quelques jalons d’activités partagées sur les jours qui nous restent à Paris et qui devraient être tout de même plus mobiles que les précédents.

 

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Commentaires
J
39°àl'ombre à MontdeMarsan!Et la nuit qui n'apporte pas la moindre fraîcheur...
C
Je rentre de mes vacances en Espagne et je te lis...tu parles de "claudiquant avec une seule canne" pour la grace que tu as accordée à une guêpe, un peu comme les toréadors aux taureaux les plus braves ;-). Une seule canne ? je m'interroge et je remonte tes messages. Désolée pour cette chute qui te cloue chez toi. J'espère que tu n'as pas trop souffert ? La souffrance physique ou morale est ce qui me fait le plus peur dans la vie. Quant à cette période d'immobilité imposée, je suis sûre qu'elle sera pour toi l'opportunité d'analyser la vie d'une manière différente, une nouvelle expérience enrichissante peut-être ? J'espère que la souffrance qui semble exister encore s'atténuera très vite. Bon rétablissement ;-)
T
Haut les coeurs, cher Valclair ! Surtout le tien, si j'ose dire. :-)<br /> Essaie aussi de profiter de ce moment où tu es contraint de te reposer pour le faire VRAIMENT. Se mettre en "vacance" au sens premier du mot, corps et esprit... Vagabonder au figuré à défaut de le faire au propre.<br /> Trouveras-tu le moyen de t'échapper dans un lieu plus propice ?<br /> Amitié
P
(Car je te comprends...) je sors des livres "légers", mes livres d'enfants, que j'ai gardés précieusement (les romans de la bibliothèque Rouge et Or, entre autres, romans de Jacqueline Dumesnil), ou de la Bibliothèque Amitié Histoire, des romans sentimentaux (bon, oui, je suis une femme, pour un homme ce sera peut-être plus volontiers des romans policiers et de science-fiction), encore que... Et j'évite ce qui est triste. Etty, dis, ce n'est pas toujours très joyeux - les lettres de Westerbrok, quand elle décrit le départ des familles, des mères, des bébés, mon Dieu! Des bébés dans des infirmeries à qui on donne des tomates et puis qu'on envoie dans les chambres à gaz... Malgré tout, le malheur des autres, l'immense malheur du monde ne nous console pas de notre mélancolie quand on en souffre... Les lectures plus légères, c'est juste un petit truc que je me permets de glisser. <br /> <br /> Sinon, le traitement de choc, et qui vaut la peine, dans un endroit que tu connais aussi: une retraite animée à Hurtebise. J'en ai fait une la semaine dernière, en silence qui plus est, et ça m'a fait beaucoup de bien, et pas seulement sur le plan psy - sur un plan beaucoup plus large. <br /> <br /> Bon courage !!!
Les échos de Valclair
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