Reprise
Quatre jours déjà !
Deux jours sous une pluie sinistre qui nous aurait fait nous croire en octobre,
deux jours sous un soleil revenu. Mais quatre jours que je n’ai pas vu passer.
Les heures filent, filent, c’est le matin, c’est le soir…
On réinstalle le service
dans nos locaux rénovés mais les travaux ne sont pas encore tout à fait
terminés. Ce qui ne simplifie pas les choses. Difficile mélange d’activités
avec les ouvriers qui font des finitions dans les pattes : discussions
avec les responsables du chantier, rangements et réorganisation, premiers
visiteurs qui viennent consulter le service, réception des nouveaux
collaborateurs, appels téléphoniques incessants et diversifiés, je suis encore
plus multitâches qu’à l’habitude. Il y a là-dedans des activités très physiques
quoique j’essaie de m’en dispenser vu mon handicap actuel. Quand je stimule les
troupes j’ai du mal à ne pas participer personnellement mais là il faut que je
fasse attention. Les collègues sont très sympas d’ailleurs et modèrent mes
ardeurs.
Cela dit hier j’ai failli
ajouter à l’accident de vélo l’accident de travail ! Les étagères
nouvellement posées sur lesquelles je rangeais des archives du service ont
soudainement vacillées, les chevilles se sont arrachées et dans un grand fracas
un mur de paperasses s’est abattu vers moi, je n’ai dû qu’à la vivacité de mon
recul de ne pas être assommé et enseveli sous les vieux dossiers (bon j’exagère
un peu, assommé peut-être, enseveli plus difficile). Du coup on a revidé toutes
les autres déjà installées (grr !) et les ouvriers ont tout repris en
mettant des chevilles plus nombreuses et d’un autre type. Ce coup ci ça a l’air
costaud.
J’appréhendais assez ce
retour au travail dans les mauvaises conditions du chantier non terminé. Mais
comme d’habitude c’est l’attente de ce qui va se passer qui est plus difficile
que la réalité elle-même. Une fois que je suis dans l’action, je m’y sens
finalement pas si mal même si je suis dans les difficultés. Il faut dire aussi
que ceux de mes collègues qui sont de retour sont les plus sympas et les plus
positifs, que les chieurs, les négativistes permanents et les poils dans la
main ne sont pas encore rentrés (tiens, ce sont les mêmes personnes qui
cumulent comme par hasard ces diverses qualités !). Quoique je n’ai
développé avec aucun de mes collègues des relations qui soient véritablement
d’amitié, (parfois je me demande pourquoi : trop de réserve de ma
part ? la peur de mélanger le professionnel et l’affectif ?), j’ai
plaisir cependant à retrouver certains d’entre eux, c’est un aspect que
j’oublie quand je me passe des films uniquement négatifs sur mon boulot comme
cela m’arrive parfois dans des fins de vacances ou certains mauvais dimanches
soirs.
N’empêche ces premières
journées sont vraiment denses et je rentre assez crevé. Je sens bien que je ne
suis pas tout à fait dans mon état normal. En fin de journée ça tire
sérieusement sur la patte, j’ai la cuisse et le genou douloureux et mon
boitillement redevient plus sensible. Alors long bain, l’envie de me coucher et
de bouquiner simplement, longuement au lit. Ce soir je fais exception en venant
taquiner le clavier.
Mes promenades en blogoland
sont rapides. Je survole plus que je ne lis. Je suis encore plus avare de
commentaires que d’habitude. Mais curieusement, indépendamment de mon cas
personnel et de mes contraintes propres, j’ai l’impression que pas mal de mes
blogamis parmi les plus appréciés, sont un peu dans cette même disposition de
relatif retrait, de reprise tout en douceur sinon de désir de prendre un peu de
distance. Comme s’il y avait envie, besoin, de prolonger la vacance. Certains
l’ont même exprimé clairement. Mais d’autres au contraire sont comme d’habitude
plein d’entrain et de tonicité bloguesque de confituriades en jeux d’images et
de mots.
Ainsi j’ai vu passer les
collections de seins de Monsieur Ka, quel joli jeu, la majorité de ces images
me disaient quelquechose et il m’aurait amusé de chercher exactement d’où elles venaient,
mais il m’aurait fallu suivre les commentaires et ouvrir mes bouquins d’art,
j’ai passé mon chemin. Non sans toutefois aller musarder un peu chez Monsieur
Ka, j’avais pas mal entendu parler de lui, je l’ai même croisé lors d’un
Paris-Carnet mais je n’avais pas pris le temps d’aller voir de près son site.
Quelle culture, quelle façon d’analyser et de décoder les images, de façon
précise, incroyablement documentée et non sans humour, des images de tous
types, ça a l’air passionnant. Je crois que je ferais une bonne plongée chez
monsieur Ka ce week-end. Comme quoi même en un moment où je me dis et où je
suis blogodistant je fais quand même des blogodécouvertes ! C’est ça qui
est fou et passionnant : on croit s’éloigner et l’on se fait rattraper et
l’on n’en a jamais fini…