Un coup de pouce
J’ai été contacté il y a
quelque temps par un étudiant en sociologie qui commence un mémoire sur les
blogs.
Il a d’ailleurs créé
lui-même un blog pour partager au jour le jour les avancées de sa recherche
mais aussi pour récolter par ce biais des informations et des données.
C’est de l’observation
participante, telle que la pratiquent certains ethnologues. Il se glisse dans
la tribu pour en partager les usages (mais peut-on encore parler de tribu
devant le développement exponentiel des blogs ? Certainement non,
peut-être de tribus au pluriel à la rigueur, aux usages diversifiés et dans
lesquelles d’ailleurs les individus disposent d’une forte part d’autonomie).
Mais c’est un peu plus
qu’une observation participante, c’est une étude qui pour partie sera de fait
coproduite avec son objet d’étude. Bien sûr c’est lui qui fait l’étude, il en a
la responsabilité mais d’une certaine façon il la fait aussi avec ceux qu’il
observe, c’est l’esprit de ce qu’on appelle le web 2, le web participatif tel
qu’il se développe dans des phénomènes comme wikipedia. Et à ce titre ça
m’intéresse, ça s’inscrit dans cette révolution générale qu’induit l’internet
juusqu’au cœur des processus non seulement de diffusion de la connaissance mais
même de constitution de la connaissance.
Cela m’amuse aussi de voir
comment sa démarche va évoluer. Il a pour l’instant le regard naïf (au sens
premier du terme, celui qui naît, celui qui découvre), il se trouve face à un
océan dont il ne sait pas trop par quel bout l’aborder, il explore un peu tous
azimuts sans avoir encore vraiment délimité son sujet ni posé de problématique
sinon en termes très généraux, trop généraux à mon sens.
Je l’observe avec sympathie
parce qu’il me rappelle mon propre regard il y a déjà quelques années quand
j’ai commencé à observer le phénomène de l’expression en ligne, après le
lecture de « Cher écran » de Philippe Lejeune, d’abord simplement mû
par la curiosité devant cette pratique qui me paraissait étrange, sinon
vaguement perverse, me demandant ce qu’elle pouvait induire dans les modes
d’écriture, dans les modes de communication. C’était avant que les blogs
n’existent, bien avant que moi-même je n’ose me lancer à écrire en ligne.
Alors c’est volontiers que
je lui donne un coup de pouce, je vais répondre à son premier bref
questionnaire à visée statistique (quoique je ne sois pas sûr que la méthode de
diffusion choisie soit très adaptée, je pense qu’elle introduit des biais) et
j’en passe le relais à mes lecteurs. Soyez nombreux à lui répondre et à passer le
relais à votre tour, c’est à cette seule condition que son approche statistique
pourra prendre un certain sens. Vous trouverez ce questionnaire ici (Je vais pour ma part répondre de façon directe, cela enferme moins que le formulaire automatisé)