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Les échos de Valclair
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25 mars 2007

Journée angevine

Hier soir dans le TGV j’ai commencé d’écrire ceci que j’ai digéré, laissé mariner, repris et mis en forme aujourd'hui avant d’oser le clic de la mise en ligne…

Le TGV file et me ramène vers Paris. J’ai lu quelques articles du très intéressant dernier numéro du magazine littéraire sur « Les écritures du moi », je me suis assoupi un moment et maintenant alors qu’on approche et qu’on atteint presque le terme du voyage, j’ai sorti mon petit carnet et suis pris d’une démangeaison d’écrire.

Mais parler de cette journée ? Mettre tout ça en ligne ? Rien d’intime à dire, rien de gênant ou de particulièrement impliquant, là n’est pas la question. Ce n’est pas une entrée qui relève de cette petite part de mon journal que je laisse à l’écart, hors ligne, parce que constituée de réflexions qui ne concernent que moi ou qui au contraire mettent en scène du relationnel périlleux ou des proches. Non ce qui est en cause ici c’est seulement la question récurrente de mon anonymat. Car publier cette entrée c’est faciliter la mise en relation de plusieurs mondes que je fréquente, celui des diaristes d’une part, celui de l’Association Pour l’Autobiographie d’autre part, celui où j’existe avec mon pseudo et celui où j’existe avec mon nom d’état civil. Je sais que le délitement de mon anonymat est en cours, je suis de moins en moins gêné que des gens découvrent qui je suis. Mais dois-je pour autant les aider ?

Une des personnes assistant à la conférence et que je connais par ailleurs dans le cadre de l’association m’a demandé lorsque nous étions seuls si j’écrivais moi aussi en ligne. J’ai répondu oui cette fois (alors qu’à d’autres occasions j’avais nié avec un aplomb parfait y compris après avoir évoqué les élucubrations d’un certain Valclair !). J’ai dit que je n’étais pas difficile à trouver et j’ai même eu la tentation de donner pseudo et adresse. Mais je me suis arrêté là, au milieu du gué, comme si je ne pouvais pas vraiment le dire moi-même, comme s’il fallait que trouver résulte d’un minimum de démarche, d’une envie suffisamment ancrée pour mener jusqu’à moi, enfin jusqu’à ce moi là, ce moi d’écriture et de dévoilement, ce moi valclairien.

Mais voilà maintenant je dis ici cette journée telle que je l’ai ressentie et sans me préoccuper de tout cela outre mesure...

Je dis ma tension encore et toujours avant de partir, lorsque je sais que je dois intervenir en public dans un cadre inconnu, une tension qui s’apparente au trac. Je sais qu’il n’y a aucune raison que ça se passe mal, je commence à connaître mon sujet et en principe je passe assez bien en public mais n’empêche, c’est là, m’empêchant d’être dans le pur plaisir de l’attente de cette activité de communication que par ailleurs j’aime beaucoup.

Je dis mon arrivée à Angers sous un soleil un peu timide mais soleil tout de même, ma promenade autour du château et dans les rues de la vieille ville très assoupie, le vrai plaisir que je j’ai eu à cette déambulation et aux photos que j’ai prises, quoique là encore ce plaisir fut un peu coloré par la tension à l’idée de l’intervention à venir.

Je dis la conférence dans cette superbe médiathèque, beau bâtiment moderne, aux volumes ouverts et clairs donnant en plein cœur de ville sur de beaux jardins, je dis mon plaisir, malgré le public restreint (moins d’une trentaine de personnes) à parler, à communiquer, à essayer de faire passer mon goût et mon intérêt pour les écritures diaristes, à sentir que mon public semble intéressé et réactif à ce que je raconte. Naturellement comme chaque fois en terminant j’ai réalisé qu’il y avait quantité de choses parmi tout ce dont je voulais parler que j’avais mal ou insuffisamment présentées mais je crois que c’est la loi du genre et que ce n’est pas grave.

Je dis ce retour en train maintenant, détendu et content, et cette envie de conserver quelquechose de cette journée en l’écrivant.

Bref je dis, je dis et ainsi pour mon apaïste curieux s’il passe par ici ou pour d’autres, je signe…


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Commentaires
A
"Je sais que le délitement de mon anonymat est en cours, je suis de moins en moins gêné que des gens découvrent qui je suis. Mais dois-je pour autant les aider ?" Tes amies le font pour toi !!<br /> <br /> "comme s’il fallait que trouver résulte d’un minimum de démarche, d’une envie suffisamment ancrée pour mener jusqu’à moi, enfin jusqu’à ce moi là, ce moi d’écriture et de dévoilement, ce moi valclairien." <br /> C'est le chemin inverse que je viens de faire mais l'intention est la même ! (sourires)<br /> Alma
M
Ecoute Valclair cette vérité première : plus on s'expose en public plus l'anonymat s'effrite ! <br /> Quand le nombre de lecteurs ou auditeurs s'accroit il régule les relations, alors la nécessité du masque disparait...et l'unité de la personne apparait !<br /> Sur ce, OK si l'occasion se présente...
C
A quand ton passage dans ma ville pour une conf ? <br /> Je pense que je serai aussi curieuse de te rencontrer que d'entendre ce que tu diras. Et ce la me fera l'occasion de découvrir un blogueur qui fait des conférences et non un conférencier qui blogue...Finalement, il y a un sens qui est plus facile à prendre que l'autre...
P
Evidemment si tu parles des élucubrations d'un certain Valclair, (sourires)... Voilà qui va sûrement mettre la puce à l'oreille des gens! <br /> <br /> Alors, Val, ça fait quoi de faire un coming out diaristique partiel ;-) ;-) ;-)
V
Je ne te savais pas angevine Marmor mais oui ç'aurait été sympa de te croiser. Mais alors tu n'aurais pas su. Maintenant tu sauras. Donc à une autre occasion peut-être...<br /> Quant à la douceur angevine, chère Lou, elle n'était pas encore tout à fait là mais j'imagine qu'aujourd'hui, vu le temps qu'il fait à Paris, là bas ce doit être délicieux...
Les échos de Valclair
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