Un certain soulagement
J’ai fait mon petit examen
ce soir en sortant du bureau. Il n’y a rien en effet. La gêne n’a pas disparu
pour autant mais ce n’est plus qu’une gêne avec laquelle je peux fort bien
vivre.
J’ai un peu creusé le trou
de la sécurité sociale pour rien mais enfin vaut mieux ça…
J’ai dit hier que le simple
fait de décider de l’examen avait un peu atténué ma sensation de malaise. Ça a
été vrai dans un premier temps. Mais ce soir en allant passer l’échographie ce
n’était plus ça du tout. J’étais carrément envahi par l’idée et commençait à me
dire qu’il allait sûrement y avoir quelquechose. Pendant l’examen j’observais
le visage placide de l’échographe à l’affût d’un quelconque signe sur son
visage. Je me sens un peu ridicule de réagir de la sorte. Mais je sais que je
ne suis pas le seul.
Me voici donc soulagé. C’est
un soulagement certain mais aussi ce n’est qu’un certain soulagement. Parce que
tout continue sous le rouleau impitoyable du temps. Sous une forme ou sous une
autre, cela viendra, de toute façon. Simplement on va en mettre l’idée sous le
boisseau pour vivre, tout simplement, dans le présent. Carpe diem !
J’envie ceux qui sont dans
la sérénité, ceux qui sont présents sans aucune angoisse à ce mouvement du
temps. Je parle d’une sérénité qui ne soit pas seulement de mots ou de
considérations philosophiques, ça c’est encore assez facile. Je parle d’une
sérénité profonde, habitée, vécue, telle que j’ai pu la supputer notamment chez
certaines personnes qui pratiquent le yoga en profondeur, ceux qui parviennent
à une conscience vraiment intégrée au fond d’eux-mêmes de faire partie de ce
grand flux, de ce continuum, ou à la fois sans cesse tout change et tout
perdure, où la conscience individuelle, séparée, qui est la nôtre n’est qu’une
modalité particulière de l’être.
Dans une entrée magnifique
Traou écrit aujourd'hui qu’elle aime le tic-tac des horloges et le flux du
temps. Oui, c’est cela, l’aimer ce flux du temps, dans toutes ses dimensions, y
compris celle qui conduira à notre dilution, l’aimer et ne pas seulement s’y
résoudre…