Lendemain
Donc le prévisible c’est
produit.
Il n’y a pas eu de miracle.
Sarko est élu
démocratiquement et largement.
Il faut donc faire avec et
remiser, je le crains, à plus tard l’espérance d’un possible renouveau.
Car hélas les dynamiques se créent
rarement sur les défaites.
Il n’y a qu’à voir cette
immédiate reprise des hostilités au sein du PS. Si c’est comme ça qu’ils
espèrent contrebalancer les choses aux législatives c’est mal barré !
J’ai trouvé que Ségo en
passionaria du peuple en faisait un peu trop. Qu’elle ne soit pas sinistre,
qu’elle montre sa combativité, son envie de continuer, son espérance, d’accord.
Mais le sourire en continu, comme un masque posé en permanence sur le visage,
non. Il y avait là presque un peu d’indécence vis à vis de tous ceux qui
avaient cru la victoire possible et se sentaient matraqués par le résultat. Ça
voulait presque dire : la défaite face à Sarko ce n’est pas si important
du moment que moi j’ai fait face. Le « en avant vers d’autres victoires »,
j’ai trouvé ça vraiment choquant !
Et pendant ce temps
Strauss-Kahn sortait son bazooka. Indécent ça aussi. Bien plus indécent !
Pas une parole pour celle qui tout de même a mené le combat avec une ardeur, un
engagement, une capacité à créer de l’espoir qui mérite d’être saluée. Les
éléphants, ni lui, ni Fabius n’auraient été capables de faire passer ce
« désir d’avenir » qui a su remuer y compris dans des milieux qui
étaient largement éloignés de toute implication politique. Ils n’auraient pas
percé dans les cités comme elle a su le faire, ramenant beaucoup de jeunes vers
les urnes.
Je ne suis pas hostile à
Strauss-Kahn et à l’effort de rénovation qu’il représente. D’ailleurs au moment
des primaires du PS je balançais un peu entre lui et Ségo. Je pense qu’une
vraie rénovation de la gauche a besoin des qualités de l’un et de l’autre, pour
aller vers une refondation bien plus large basée sur des valeurs et des
convergences, sur des solutions à inventer, ce qui est bien différent d’une
simple social-démocratisation ou d’un appel opportuniste au centre.
L’idée d’une sorte de ticket
entre elle et lui ne me paraissait pas absurde. Mais c’était sans compter avec
les détestations de personne, les rivalités d’ambition, les vieilles rancunes.
Le repas médiatique de l’entre deux tours et le « Dominique ferait un
excellent premier ministre » c’était juste une mise en scène pour draguer
au centre. La vieille politique a de beaux jours devant elle ! D’ailleurs
je n’en doutais pas. Mais de voir ça de façon aussi caricaturale, aussi vite,
c’est assez atterrant.
Et pendant ce temps l’autre
allait dîner avec ses potes au Fouquet’s avant de participer à un concert à la
Concorde, symbole de jeunesse, de renouveau, de créativité culturelle ! Et
sans hésiter à sortir le Johnny, qui ne s’est pas gêné pour partir en Suisse
histoire de ne pas payer ses impôts. Ah l’amour de la patrie n’est-ce
pas ! Quel symbole !
Oui, il faut faire avec…
Et pour moi revenir dans ces
pages à d’autres choses…
Enfin ce soir j’ai pris
encore une lampée de politique, je suis resté dans l’ambiance, je me suis amusé
avec le film de Serge Moati « la prise de l’Elysée » sur les dessous
de la campagne. Les coulisses c’est souvent plus intéressant, plus parlant que
bien des débats de commentateurs patentés. Et en plus bien plus agréable à
regarder !