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Les échos de Valclair
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10 juin 2007

Solitude et compagnie

Hier c’était plutôt une journée de solitude qui s’annonçait. Constance était à un stage de yoga toute la journée, les garçons pris chacun de leurs côtés dans des rencontres amicales.

A priori au programme pour moi il y avait une agréable rencontre matinale au Châtelet avec une blogueuse pour le rapatriement d’un livre et d’intéressants échanges autour de l’écriture, diverses courses dans le quartier de notre rencontre puis, pensais-je, simplement un film en solitaire, une promenade et le retour paisible…

Mais j’étais en route quand j’ai eu un appel de l’amie chère. Elle m’indiquait qu’une partie de la bande allait se retrouver cet après-midi dans Paris et précisément dans le quartier où je me trouvais déjà. Elle me demandait si je pouvais, si je voulais m’y joindre. Bien sûr que je veux ! J’aime qu’il y ait ainsi surgissement d’impromptu dans une journée apparemment balisée, d’autant plus lorsque cet impromptu vient du blogomonde, signe s’il en était besoin, que le blogomonde est bien de la blogovie.

Après mes courses j’ai été m’installer à la terrasse de Dame Tartine, un endroit où j’aime aller couper ma faim, tartine de magret et de lentilles, gâteau de pêche au coulis de fraise, un verre d’un Madiran costaud, je me sens bien, j’aime ce lieu, c’est Beaubourg avec son mouvement continu de foules bigarrées, mais c’est plus paisible que la piazza elle-même, j’ai en contrebas le mouvement coloré et la musique ténue des eaux des fontaines de Nikki de Saint-Phalle.

Puis j’ai été voir le film de Christophe Honoré, « Les Chansons d’amour ». J’ai été déçu de ne pas aimer, j’espérais beaucoup de ce film à la suite de la lecture des critiques, bonnes en général, et surtout du magnifique compte-rendu d’émotions de Traou. Mais dans ce genre de film soit ça passe et alors on est enthousiaste, emporté (par exemple j’avais adoré « Jeanne et le garçon formidable » qui parle au fond à peu près des mêmes choses, de l’amour et de la mort), soit ça ne passe pas, on reste de côté, ce n’est pas la sphère émotive qui est mise en branle mais plutôt la sphère intellectuelle, avec le risque alors de ne percevoir que l’aspect artificiel du procédé. Quelques moments m’ont paru forts, intenses, en particulier ceux autour de la mort de Julie/Ludivine mais ils sont une minorité. Bien sûr je comprends qu’avoir été confronté personnellement à des deuils au cœur de l’amour intense, ce qui n’est pas mon cas, permet bien plus les identifications qui font naître en soi-même les émotions. N’empêche il m’arrive d’être ému, bouleversé par des films qui sont à mille lieux de mon vécu et là non décidément ça n’a pas marché. J’ai trouvé faibles certains des acteurs principaux (Louis Garrel et Ludivine Sagnier en particulier, je n’aime pas Garrel en général, je ne peux m’empêcher de trouver quelquechose d’artificiel à son jeu, comme un relent de style nouvelle vague très décalé aujourd'hui, il est très mignon certes et j’imagine qu’il fait terriblement craquer les filles mais ça ne suffit pas) Les textes des chansons sont souvent beaux mais les voix sont ténues. Ça m’a frappé, sur le générique de fin il y a une chanson de Barbara, c’est autre chose, la voix en elle-même emporte et par comparaison fait paraître terriblement plat les mots susurrés dans le corps du film (je n’aime pas trop en général la « nouvelle chanson française » malgré la qualité de certains textes à cause justement de cette faiblesse des voix).

Sorti du cinéma je suis resté sur place puisque c’était par là que je devais retrouver la bande. J’ai dégusté ce plaisir d’observer, ce bonheur du piéton de Paris, tous ces mini spectacles qu’offre la ville, des images que l’on voudrait accrocher (une fois de plus je n’avais pas mon appareil photo) mais aussi des portes ouvertes à l’imaginaire et à des histoires qu’on aimerait mettre en mots :

Quelques flashs parmi d’autres :

Des militants de Greenpeace dans des costumes de poulpes et de poissons délicieusement ridicules et finissant par aboutir dans la fontaine où ils s’affrontant dans un grand chahut d’eau…

Une jeune fille seule sur les marches de la place, la tête dans les mains, pleurant, la foule indifférente passant autour d’elle, elle s’accroche à son portable ensuite, il y a des discussions manifestement vigoureuses, elle pleure, j’observe de loin…

Le passage d’une troupe joyeuse de « free huggers » dont les propositions de bisous et de câlins publics ne rencontrent qu’indifférence amusée…

Un peu plus loin, autour de la Fontaine des Innocents, un rassemblement de gothic dans leurs accoutrements uniformément noirs, les lourdes godasses cloutées, les bijoux métal et les piercings…

Sur la pelouse devant Saint Eustache, là où je commence à gribouiller ces notes sur mon carnet, une femme pas très belle, au look un peu ravagé, elle est avec un gamin de cinq-six ans, il s’est mis à jouer au foot avec deux grands noirs qui étaient par là, je sens le processus de drague bien engagé et je sens, gros comme une maison, que ça va marcher, que la femme n’attend que ça…

J’aime bien ça, ce qu’apporte la déambulation solitaire dans un moment de temps suspendu, cette possibilité d’être tout entier à ces spectacles minuscules de la vie, de voir des choses qu’on ne verrait pas sinon et de laisser courir mon imagination. Mais il faut aussi que ça ne dure pas trop. Le plaisir sinon s’en affadit et c’est alors brusquement l’impression de solitude, de vacuité, de n’être qu’à côté, de n’être que pur voyeur qui s’impose. Je connais bien cela, ces basculements brutaux ! Il était justement en train de s’effectuer quand le téléphone a sonné, l’amie chère était arrivée.

Nous nous sommes retrouvés. Elle m’a conduit en un lieu beau, agréable et paisible que je ne connaissais pas, un salon de thé à un premier étage, aux larges fenêtres ouvertes dominant la piazza de Beaubourg. Autour de cocktails de fruits délicieux j’ai pu profiter de sa réelle présence, moment précieux qui n’est qu’à nous, avant que ne nous rejoigne la bande que j’ai retrouvé avec un plaisir sans mélange.

Mais pour moi approchait l’heure du retour, je n’ai pu les accompagner au restaurant et partager la suite de la soirée, mon retour vers le cocon familial était choisi, assumé, mais tout de même, les quittant, j’avais un peu d’amertume, ce sentiment de laisser là-bas une des parts les plus vivantes de ma vie…

Bon, c’est pas tout ça. Il y a des élections aujourd'hui ! C’est incroyable la différence de climat avec les présidentielles. On oublierait presque d’aller voter. Allez je me secoue, j’y vais ! En ayant encore à l’heure où j’écris un petit doute sur le bulletin que je vais glisser dans l’urne.

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Commentaires
A
Pérégrinations parisiennes! Comme je t'envie! Mon heure se rapproche, ce sera bientôt mon tour!
A
Je ne connaissais pas cet endroit non plus et j'y retournerai avec plaisir !<br /> J'ai été sincèrement heureuse de te revoir, Val, et un peu déçue que tu ne puisses rester, même si ...<br /> <br /> Bises douces
V
Ah oui Zaza on était vraiment à deux pas. On se serait penché à la fenêtre on aurait pu presque se faire coucou...<br /> Alors la prochaine fois que tu passes à Paris...<br /> Je suis parti un peu tôt, c'est sûr, pour bien profiter de vous et j'en ai le regret, cela dit, quant à chanter, lamère, là je crois vraiment que tu n'as rien perdu...
L
parti trop tôt val', on n'a pas assez profité de ta présence.<br /> et j'aurais aimé t'entendre chanter avec nous!))<br /> (voté ségo?))<br /> <br /> > zaza<br /> oh zut alors! c'est vraiment trop bête qu'on se soit ratés...(((<br /> j'aurais vraiment été heureuse que tu sois là aussi.
Z
Mince alors ! J'étais moi aussi dans le quartier vers 18h avec homme et enfants pour voir un film:"I don't want to sleep alone"au MK2 Beaubourg.<br /> Ca me fait tout drôle de savoir que vous étiez sans doute à deux pas !
Les échos de Valclair
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