Ricochets, vous avez dit ricochets?
J’ai participé pendant
quelques temps aux « Petits
cailloux et ricochets » des blogueurs puis j’ai décroché. Kozlika vient
de nous suggérer de faire le point sur où nous en étions, les uns et les autres,
de cette aventure. Je l’ai fait et le faisant je me suis donné envie, je crois,
d’y revenir.
Voici ma contribution du jour et nous sommes jeudi justement, jour que j’avais choisi pour publier chaque semaine un ricochet. Est-ce le début de la relance ? A voir jeudi prochain. Peut-être…
Ohé des ricocheurs, ohé, il
y a quelqu’un… ?
C’est Dame Kozlika qui nous
interpelle et vient soudain secouer la douce hibernation ricochesque dans
laquelle je m’étais installé.
Tiens, oui, les
ricochets !
Oh je ne les ai pas oubliés
tout à fait. Ils sont là. Ils ont même droit à un raccourci spécial sur un coin
du bureau de mon ordinateur, pas un, deux raccourcis, un pour aller lire, un
autre pour aller publier. Souvent lorsque mon regard passe dessus je me dis :
« Ah oui, les ricochets, il faudrait m’y remettre pourquoi pas… ».
Mais ça fait un moment cela dit que je n’ai plus cliqué par là.
Alors aujourd'hui j’ai couru
y faire un petit tour. C’est qu’ils sont bien vivants ces ricochets. Il y a
même des petits nouveaux comme Johann ou de grands anciens qui s’y mettent,
n’est-ce pas Gilda. Il y a des fidèles comme Thomas qui vient de boucler son
parcours, Samantdi qui progresse avec régularité, Cassymary à la belle énergie.
Et bien d’autres. Et chez tous il y a beaucoup d’émotion et quelques bien beaux
textes…
Quant à moi ? Il date
de quand mon dernier ricochet ? Je ne sais même plus. Je vais faire un
tour dans les archives. 21 juin ! Déjà ! Tant de temps passé !
Dernier texte le 5 juillet, un texte dans la marge qui s’appelle
« Ricochets en déshérence ». Il est là pour dire je suspends sans
fermer, je reviendrai peut-être.
Ça n’a pas été le cas
jusqu’à aujourd'hui.
Pourquoi est-ce que je me
suis coincé là ? Ce n’est pas par hasard sûrement. Je sais très bien ce dont
j’avais l’intention de parler pour 1992. Ce n’est pas spécialement difficile ni
douloureux. Mais ce malaise que je voulais évoquer, survenu lors d’un événement
assez dérisoire ne me concernant pas directement, dit assez par sa force et son
étrangeté qu’était touché un élément important pour moi, un nœud sûrement.
Je crois avoir su très vite,
dès lors que ce petit événement s’est produit et parce qu’il est resté toujours
présent à ma mémoire de quoi il retournait. J’ai eu l’impression, sans doute
fallacieuse d’ailleurs, d’avoir épuisé la question. Et comme il y a malaise à
l’évoquer sans gain prévisible de compréhension ou de redécouverte, je n’ai pas
eu envie d’y revenir.
Plus globalement avec ces
années, j’étais dans des années plates, enfin me semblant plates. A écrire
dessus j’avais tout simplement le sentiment que j’allais m’ennuyer.
Je me suis posé aussi la
question du sens choisi. Tout à coup je me disais, c’est absurde ce sens à
rebours, j’aurais bien mieux dû suivre la flèche du temps. L’après ne prend son
sens qu’éclairé par l’avant. Certes, mais ça c’est une considération valable
dans la restitution, au moment où j’aurais voulu lire le texte entier de son
alpha vers son oméga. Elle ne l’est pas au moment de l’élaboration, la plongée
vers le début, du plus proche vers le plus reculé, peut au contraire faire de
ricochet en ricochet surgir de belles surprises. Donc tout ça, c’est du
prétexte !
J’aurais pu aussi, et j’y ai
pensé, m’affranchir de toute consigne, jouer le temps dans l’anarchie, passant
d’un souvenir proche à un souvenir lointain et vice-versa. Mais j’aurais alors
sans trop de peine écrit les « années intéressantes » et puis il
serait resté de vastes plages de temps inabordées et condamnées pour le coup à
le rester.
Il y a autre chose aussi,
peut-être plus insidieusement démotivant. Mon premier ricochet 2006 c’était
« l’homme immobile » qui était une sorte d’injonction à ne plus
l’être. Les ricochets, travail du passé dans le présent n’étaient-ils pas là
aussi pour débloquer des vieilleries au creux de soi ? Or qu’écrirais-je
si je devais faire un ricochet 2007 car « l’homme immobile pas si immobile
que ça » fondamentalement l’est toujours ? Est-ce que vraiment on
peut changer ou bien est-ce que les récurrences, les répétitions sont toujours
les plus fortes, toujours triomphantes?
Ah là, là, c’est bien du
Valclair tout ça ! Toujours avec ses éternelles et tortueuses
questions ! Et si tout bêtement, tout simplement, je repensais au plaisir
que j’ai eu aussi à produire mes ricochets au delà de l’aspect laborieux qu’ils
ont parfois pris.
Alors ? Revient ?
Revient pas ? Je ne sais pas encore. Je crois plutôt oui. Ce ricochet 1992
au moins il faudrait que le fasse maintenant que j’ai alléché. Et après, c’est
à dire avant ? Nous verrons.
Merci Koz de m’avoir ainsi,
peut-être, donné l’envie de relancer la machine.