Incarnation
Je faisais ce matin un petit
zapping dans le blogomonde, une tournée des blogamis que je n’ai guère été
visiter ces derniers temps. Je suis dans une phase où j’ai pris un peu de
champs par rapport à internet et à l’écriture, vous le voyez d’ailleurs, il n’y
a pas beaucoup de billets chez moi depuis ce début janvier même si les sujets
sur lesquels j’aimerais me pencher ne manquent pas.
Bref, ainsi me promenais-je,
un peu distraitement, avec la radio en fond sonore...
Je suis arrivé chez Ondine.
Je n’avais pas encore vu ses vœux et le cadeau
qu’elle nous fait pour ce passage d’année. J’ai lancé. J’ai éteint la radio
évidemment. Je me suis mis à écouter, à écouter vraiment. Malgré la sonorité un
peu défaillante liée sans doute à l’instrument sur lequel elle a joué, ou
peut-être justement à cause de cette imperfection qui donne la vérité d’un
moment plus que ne le ferait un enregistrement épuré, nettoyé,
professionnalisé, c’était une présence tout à coup qui m’était donnée. Beaucoup
plus forte que dans les mots. Comme une incarnation. Merci Ondine.
C’est étrange la force de ce
sentiment de proximité au moment où arrive le son. Il y a des formes diverses
de progressive dévirtualisation avant que, peut-être, on ne finisse par
rencontrer les personnes en face à face. La photo que l’on échange en est une.
Mais le son, qu’il soit celui de la voix ou, ici, celui transmis par les doigts
courant sur les touches du clavier musical, me paraît intensément plus puissant,
plus charnel.
Je me souviens d’avoir eu
déjà ce sentiment, il y a longtemps à l’échelle d’internet. C’était Lou, je ne
sais si elle s’en souvient, il me semble que c’était pour souhaiter des vœux
mais je n’en suis plus très sûr, en tout cas elle disait une courte phrase et
en un instant elle était là, avec la rondeur de sa voix, avec son accent
québécois, ça m’avait fait une impression incroyable, le sentiment d’une
première et puissante dévirtualisation en un temps où ma pratique d’internet ne
m’avait encore fait rencontrer personne.
Depuis Ondine a mis aussi un
prélude de Debussy arrimé à sa jolie nouvelle « ce que dit le vent
d’ouest » et à la météo québécoise du moment, ici la sonorité est
parfaite.