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Les échos de Valclair
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25 mars 2008

De tout un peu et pas ce qui comptait vraiment...

Il y avait donc la perspective de ce week-end pascal, trois journées sans travail professionnel et à priori pas trop encombrées. Nous avions prévu de ne pas trop bouger si ce n’est pour le rite d’un déjeuner de Pâques familial. Le temps annoncé, plutôt pourri, froid, venteux, pluvieux, n’incitait pas non plus à se lancer dans de grandes promenades parisiennes ou campagnardes. C’était donc plutôt la perspective d’un temps de cocooning et naturellement j’ai casé là-dedans plusieurs choses à réaliser, dont une d’importance, toujours repoussée et qui pourtant me tient à cœur depuis longtemps.

Et puis, et puis, le week-end s’est passé, je m’y suis pas mal dispersé, ce n’était pas désagréable et pas improductif sauf qu’il y a manqué ce à quoi j’attachais le plus d’importance et qu’il m’en reste un goût saumâtre d’inaccompli. Raté, une fois de plus !

J’ai passé pas mal de temps à mes activités associatives, rencontre, échanges de mails, textes à rédiger, articles à préparer et j’en suis content parce que j’ai bien avancé sur des choses qui traînaient.

J’ai avalé un petit bouquin, un livre d’une auteure parfaitement inconnue de moi, acheté au Salon du Livre lorsque j’y suis passé mardi après-midi, le seul livre que j’y ai acheté, juste parce que j’avais rencontré Gilda qui m’a vivement conseillé ce « Médées », un texte puissant en effet, noir, sombre, peut-être un peu trop démonstratif à mon goût des monstrueuses figures qu’il entend décrire. Mais j’ai eu ce plaisir d’une découverte, portée par une personne amie, donc bien autrement incarnée que lorsqu’elle provient d’une recommandation d’un article de journal.

J’ai été au cinéma avec Constance, nous avons vu « L’Heure d’été » d’Assayas, un film qui parle de la perte et de la transmission, un film sensible et attachant, répandant une douce lumière malgré son fond mélancolique, grâce notamment à ses personnages pétris de bienveillance les uns envers les autres, malgré leur points de vue différents, malgré les distances où les place leurs vies et interprétés par des acteurs tous formidables.

J’ai classé et collé dans mes albums une partie des photos de notre voyage en Turquie de cet été. J’ai de plus en plus de mal à faire ce genre de boulot refroidi et d’ailleurs je ne suis pas parvenu à aller au bout. C’est une activité qui me devient pénible, qui renvoie à d’autres choses sur la momification des souvenirs, mais c’est un autre sujet et qui mériterait un billet à lui seul.

Et puis j’étais déterminé donc à mettre sur la table ce qui se joue de non dits autour de mon activité de blogueur, cette sorte de présence béante et pour moi essentielle, cette béance de silence qui contribue à notre absence à nous-mêmes, ce trou noir de notre relation. Sans savoir jusqu’où je serais capable de porter la discussion, je savais du moins par quel bout j’allais l’aborder, je savais le moment où j’allais le faire. J’étais prêt. C’était dimanche après le dîner. Mais Constance n’est pas venue dîner, prise de maux de ventre et de maux de tête soudains, elle s’est couchée, elle s’est endormi comme une masse me laissant dépité. Simple coïncidence malvenue ? Ou trop claire réaction d’évitement dont le corps s’est chargé ?

Toujours est-il qu’il a suffi de cela pour que ma propre résolution fonde aussitôt et que le lendemain il n’en soit plus question pour moi, sinon comme un regret.

Mais ce n’est que partie remise…

Je veux le croire.

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Commentaires
V
Juste merci mes amies de vos pensées qui dans leurs approches différentes voient justes cependant toutes les trois. <br /> Je vous embrasse
S
C'est peut être parce que ça recouvre tant de " non dits " et de réalités autres que l'activité de blogueur que cela t'est particulièrement difficile...le blog n'est qu'un sas d'entrée (sans jeu de mots bien sur :), une amorce, au dialogue de fond...comment cela pourrait il être facile avec cette conscience que tu en as...<br /> <br /> Toute proche de toi...
P
Ah, (en lisant ce genre d'article, c'est toujours la même expression qui me revient en tête, "sacré Valclair, va!")... Ces curieuses dynamiques de couples... Eh quoi! Tenir un blog, ce n'est pas un crime que je sache. De 1) <br /> <br /> Mais admettons. Mettons que ce soit le début du fil de la pelote. A-t-on intérêt à tirer le fil ou pas? <br /> <br /> Je me demande ce que je ferais dans un cas pareil. Si j'étais une épouse. Ancienne mode? Je ferais sans doute semblant de rien pour que la vie continue comme si de rien n'était. Mais ancienne et nouvelle mode, c'est la même chose, je suppose... <br /> <br /> S'il n'y avait pas la possibilité de faire semblant de rien, de a jusqu'à z, dans la vie, ce n'est pas deux couples sur 3 qui divorceraient dans les grandes villes (et ailleurs), mais 2,9999 sur 3. Si pas 3!
T
Valclair, je souris en te lisant. Connaissait-elle seulement tes intentions précises ce soir-là ? Et quand bien même...<br /> <br /> Entre fonder sa résolution et la laisser fondre, il y a une marge ! Mais je comprends tes hésitations.<br /> <br /> Bonne nuit.
Les échos de Valclair
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