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Les échos de Valclair
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24 juillet 2008

Vacances, début...

Ce ne fut pas sans mal mais j’ai trouvé une connexion internet locale.

J’utilise la borne wifi de la capitainerie qui permet aux plaisanciers de venir se connecter. Je me suis inscrit sur Netabord, j’ai acheté deux heures de connexion et me voici en ligne…

Ce n’est pas très pratique cependant. Et ça passe vite. Je ne viendrai pas souvent. En plus je garde cette idée de la nécessaire déconnexion, du nécessaire sevrage. Allez, disons du demi sevrage ! L’essentiel est que je sais où aller me connecter si j’en éprouve le besoin. J’ai été content de faire en quelques clics des incursions brèves sur les blogamis les plus proches, de mettre en ligne mes dernières élucubrations, de lire mes mails surtout, d’en envoyer quelques uns, de pouvoir faire partir quelques correspondances en souffrance. En souffrance, oui, c’était bien le mot !

A plus tard…

Voici donc quelques lignes et photos sur mes débuts de vacances :

Ecrit le 20 juillet : 

Voilà, nous sommes arrivés ici, depuis plusieurs jours maintenant, dans ce coin de Bretagne qui nous est cher…

Le voyage pour venir s’est effectué sous un ciel continûment très nuageux voire menaçant mais le temps s’est levé à l’approche de la mer et nous avons bénéficié d’une de ces belles éclaircies du soir dont ce pays à la secret. Heureux présage.

Nous sommes descendus sur la plage à peine arrivés. C’est le plus beau moment pour y aller. La lumière déclinante y est superbe, bien plus qu’en milieu de journée et la mer étale attirante. Je m’y suis plongé bien sûr. L’eau est fraîche, cette année, très, très fraîche. J’ai eu grand plaisir cependant à ce premier bain, C’est comme un sas, un passage initiatique, le signe qu’on y est vraiment. Je n’ai pu rester longtemps, je n’ai fait que quelques brasses mais m’en suis tout de même senti épuré, nettoyé, revigoré.

Le temps, quoique frais, est tout à fait correct et permet de longues promenades à la journée. Nous partons le matin avec le pique-nique et rentrons en fin d’après-midi, voire à la nuit tombée, c’est à dire tard, sur cette pointe occidentale où le décalage horaire est perceptible avec Paris. J’écris et je lis moins que je ne voudrais mais je ne vais pas m’en plaindre.

Nous avons fait une jolie balade autour de Fouesnant. La baignade sur le chemin, dans une des petites criques de cette côte, au pied du pavillon chinois, moins tournée vers le large que chez nous, donc plus chaude d’au moins deux degrés, était délicieuse.

Nous sommes allés à Douarnenez aux fêtes maritimes, où se retrouvent, après Brest, l’essentiel des voiliers qui ont participé aux démonstrations de Brest 2008. Je connais peu ce monde de la mer et des marins, je suis un terrien et un montagnard plutôt, je n’ai découvert la mer (la vraie, l’océan) que sur le tard. Je n’ai jamais fait de voile mais ce monde me fascine. Encore une chose qui pourrait occuper une prochaine vie ! Et esthétiquement certains bateaux sont des vraies merveilles, les bateaux géants comme le Kruzenshtern, somptueux quatre mats russe, (oui, pas très russe le nom, mais c’était un bateau allemand, construit dans les années 1920, récupéré par les russes, sans doute à la fin de la guerre et devenu navire école des cadets de la Baltique), mais aussi de bien plus petits, aux formes et voilures variées, que l’on voit manœuvrer avec élégance sur le plan d’eau depuis la digue.

Et nous n’avons pas manqué déjà d’aller contempler sur la baie d’Audierne, orientée plein ouest, le coucher de soleil, là où l’océan s’échoue sur la terre en long rouleaux paisibles venus tout droit d’Amérique (enfin, paisibles aujourd'hui, par temps calme et non venteux).

Mais je suis dans une disposition d’esprit étrange. Je ne suis pas rentré tout à fait dans cette coupure que sont habituellement les vacances. J’ai souci de mon blogomonde et de ce qui s’y joue. Le sevrage cette année ne se révèle pas facile et je sais bien pourquoi. Hier je suis allé en vélo à l’endroit où l’office du tourisme m’avait indiqué la possibilité d’une connexion internet. Las, le cyber point en question ne fonctionne plus. Il me faudra donc aller à la ville proche, ce qui implique de prendre la voiture, de mobiliser plus de temps et d’énergie, de caser ça dans les « programmes » d’activités et de balades, organisées avec Constance et belle maman.

Sentiment étrange. Je suis là et je n’y suis pas tout à fait. Mon esprit très souvent s’évade et file ailleurs. Je participe sans déplaisir à ce que nous faisons ici et parfois, souvent même c’est moi qui initie le mouvement et l’organise. Et pourtant je ne suis pas tout à fait dedans. Pas très conforme à l’esprit du yoga ça, qui enseigne à être profondément, totalement dans ce que l’on fait et dans le moment présent. Mais ces pensées qui me mènent ailleurs, bien que me créant une forme de malaise à me sentir ainsi séparé, me sont très douces aussi. Alors, je ne souhaite pas les bannir. Et le voudrais-je d’ailleurs, il n’est pas sûr que je le pourrai…

Aujourd'hui j’ai téléphoné à mon père, pour lui fêter son quatre vingt troisième anniversaire. Non sans une petite pointe d’anxiété. Il est Paris pour le moment mais s’envole demain pour la Bolivie, avec au programme, moult randonnées le long du lac Titicaca, sur le salar de Uyuni, au pied des sommets andins. Certes ce sont des randonnées assez courtes dans l’ensemble. Mais tout de même sur de hauts plateaux entre 3500 et 4000 m d’altitude, avec un jour une ascension du pied d’un volcan qui le mènera à peu de chose près à la hauteur du Mont Blanc. Il part apparemment sans inquiétude après, tout de même, avoir consulté, un cardiologue. Je suis assez admiratif de cette décontraction et de cette vitalité. De toute façon, je sais quand il me sort ses catalogues de voyagistes, en me disant avec son accent chantant et ses r qui roulent : « oh ça, ça me tente bien, ce voyage là, si je veux le faire, il ne faut pas que je traîne, c’est que je vieillis, je vieillis… » qu’une semaine après il me dira : « tiens, au fait, tu sais, je me suis inscrit ». Je me sens parfois, avec mes presque 30 ans de moins que lui, bien plus effarouché. En tout cas il donne la pêche, ce vieux monsieur, et me fais dire pour moi-même que même s’il est tard, il n’est pas trop tard…


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Ecrit le 22 Juillet :

Le temps est devenu magnifique, la température monte peu à peu, l’ambiance devient plus franchement estivale, l’eau se réchauffe, rendant le bain plus agréable (mais c’est aussi sans doute que je m’accoutume à la fraîcheur).

Nous avons fait hier une longue promenade dans les bois au bord de l’estuaire. Le slogan qu’arbore la plaquette de présentation touristique du coin n’est pas usurpé : « Le pays de la mer dans les bois ». Ensuite nous avons accompagné la maman de Constance au train à Quimper. Nous nous retrouvons seuls quelques jours ce qui, je l’espère, devrait être bénéfique. Puis débarqueront ma belle sœur et son fiston et nos deux garçons un peu plus tard.

Papa à l’heure qu’il est, après avoir survolé l’Atlantique, doit être au-dessus des Andes, entre Caracas et La Paz. Le fiston a reçu son classement de concours, il n’a pas de certitude mais est suffisamment bien classé pour espérer l’agro Paris, sinon celle de Montpellier, en tout cas le spectre de repiquer une année de prépa est définitivement écarté.

Avec tout ça, je me sens entré dans mes vacances finalement, bien plus que les jours précédents. Non que mes pensées parasites m’aient abandonnées. Heureusement non, j’y tiens à mes chères pensées parasites ! Mais elles ont trouvé leur place plus harmonieusement au milieu du reste, elles se coulent plus paisiblement dans le quotidien des jours, enfin dans le quotidien d’aujourd'hui …


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Commentaires
G
Bonnes vacances Valclair !<br /> <br /> Oui, moi aussi la 1ère coupure d'avec la blogosphère m'a été dure. Une mail-box à la clinique : inespéré ! Mais quelle joie de rester en contact grâce à elle avec les amis, même si je ne pouvais pas répondre !<br /> <br /> Admirative pour ton père et ses passions intactes de globe-trotter ! Il va ainsi au bout de lui-même, heureux et curieux de tout, c'est une grande et belle leçon de VIE !<br /> <br /> Allez allez... tel père, tel fils... et tel petit-fils !!<br /> <br /> Bises
F
Correction de la maniaque : je voulais dire, bien sûr, "On ne va pas s'en plaindre."
F
Sevrage, tu parles ! Tu vois bien que tu ne peux pas t'en passer ! Et ce n'est pas trois lignes que tu écris pour dire "grosses bises de Bretagne", c'est une vraie note ! On en va pas s'en plaindre. Allez, bonnes vacances quand même !!!
O
Contente de t'attraper au vol, comme ça, entre deux bains de mer, deux promenades, deux rêveries, deux interrogations profondes. Dis à la mer que je la rejoindrai bientôt (dans deux semaines). Prends bien soin de toi surtout.
Les échos de Valclair
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