Vacances, début...
Ce ne fut pas sans mal mais
j’ai trouvé une connexion internet locale.
J’utilise la borne wifi de
la capitainerie qui permet aux plaisanciers de venir se connecter. Je me suis
inscrit sur Netabord, j’ai acheté deux heures de connexion et me voici en
ligne…
Ce n’est pas très pratique
cependant. Et ça passe vite. Je ne viendrai pas souvent. En plus je garde cette
idée de la nécessaire déconnexion, du nécessaire sevrage. Allez, disons du demi
sevrage ! L’essentiel est que je sais où aller me connecter si j’en
éprouve le besoin. J’ai été content de faire en quelques clics des incursions
brèves sur les blogamis les plus proches, de mettre en ligne mes dernières
élucubrations, de lire mes mails surtout, d’en envoyer quelques uns, de pouvoir
faire partir quelques correspondances en souffrance. En souffrance, oui,
c’était bien le mot !
A plus tard…
Voici donc quelques lignes
et photos sur mes débuts de vacances :
Ecrit le 20
juillet :
Voilà, nous sommes arrivés
ici, depuis plusieurs jours maintenant, dans ce coin de Bretagne qui nous est
cher…
Le voyage pour venir s’est
effectué sous un ciel continûment très nuageux voire menaçant mais le temps
s’est levé à l’approche de la mer et nous avons bénéficié d’une de ces belles
éclaircies du soir dont ce pays à la secret. Heureux présage.
Nous sommes descendus sur la
plage à peine arrivés. C’est le plus beau moment pour y aller. La lumière
déclinante y est superbe, bien plus qu’en milieu de journée et la mer étale
attirante. Je m’y suis plongé bien sûr. L’eau est fraîche, cette année, très,
très fraîche. J’ai eu grand plaisir cependant à ce premier bain, C’est comme un
sas, un passage initiatique, le signe qu’on y est vraiment. Je n’ai pu rester
longtemps, je n’ai fait que quelques brasses mais m’en suis tout de même senti
épuré, nettoyé, revigoré.
Le temps, quoique frais, est
tout à fait correct et permet de longues promenades à la journée. Nous partons
le matin avec le pique-nique et rentrons en fin d’après-midi, voire à la nuit
tombée, c’est à dire tard, sur cette pointe occidentale où le décalage horaire
est perceptible avec Paris. J’écris et je lis moins que je ne voudrais mais je
ne vais pas m’en plaindre.
Nous avons fait une jolie
balade autour de Fouesnant. La baignade sur le chemin, dans une des petites
criques de cette côte, au pied du pavillon chinois, moins tournée vers le large
que chez nous, donc plus chaude d’au moins deux degrés, était délicieuse.
Nous sommes allés à
Douarnenez aux fêtes maritimes, où se retrouvent, après Brest, l’essentiel des
voiliers qui ont participé aux démonstrations de Brest 2008. Je connais peu ce
monde de la mer et des marins, je suis un terrien et un montagnard plutôt, je
n’ai découvert la mer (la vraie, l’océan) que sur le tard. Je n’ai jamais fait
de voile mais ce monde me fascine. Encore une chose qui pourrait occuper une
prochaine vie ! Et esthétiquement certains bateaux sont des vraies
merveilles, les bateaux géants comme le Kruzenshtern, somptueux quatre mats
russe, (oui, pas très russe le nom, mais c’était un bateau allemand, construit
dans les années 1920, récupéré par les russes, sans doute à la fin de la guerre
et devenu navire école des cadets de la Baltique), mais aussi de bien plus
petits, aux formes et voilures variées, que l’on voit manœuvrer avec élégance
sur le plan d’eau depuis la digue.
Et nous n’avons pas manqué
déjà d’aller contempler sur la baie d’Audierne, orientée plein ouest, le
coucher de soleil, là où l’océan s’échoue sur la terre en long rouleaux
paisibles venus tout droit d’Amérique (enfin, paisibles aujourd'hui, par temps
calme et non venteux).
Mais je suis dans une
disposition d’esprit étrange. Je ne suis pas rentré tout à fait dans cette
coupure que sont habituellement les vacances. J’ai souci de mon blogomonde et
de ce qui s’y joue. Le sevrage cette année ne se révèle pas facile et je sais
bien pourquoi. Hier je suis allé en vélo à l’endroit où l’office du tourisme
m’avait indiqué la possibilité d’une connexion internet. Las, le cyber point en
question ne fonctionne plus. Il me faudra donc aller à la ville proche, ce qui
implique de prendre la voiture, de mobiliser plus de temps et d’énergie, de
caser ça dans les « programmes » d’activités et de balades,
organisées avec Constance et belle maman.
Sentiment étrange. Je suis
là et je n’y suis pas tout à fait. Mon esprit très souvent s’évade et file
ailleurs. Je participe sans déplaisir à ce que nous faisons ici et parfois,
souvent même c’est moi qui initie le mouvement et l’organise. Et pourtant je ne
suis pas tout à fait dedans. Pas très conforme à l’esprit du yoga ça, qui
enseigne à être profondément, totalement dans ce que l’on fait et dans le
moment présent. Mais ces pensées qui me mènent ailleurs, bien que me créant une
forme de malaise à me sentir ainsi séparé, me sont très douces aussi. Alors, je
ne souhaite pas les bannir. Et le voudrais-je d’ailleurs, il n’est pas sûr que
je le pourrai…
Aujourd'hui j’ai téléphoné à mon père, pour lui fêter son quatre vingt troisième anniversaire. Non sans une petite pointe d’anxiété. Il est Paris pour le moment mais s’envole demain pour la Bolivie, avec au programme, moult randonnées le long du lac Titicaca, sur le salar de Uyuni, au pied des sommets andins. Certes ce sont des randonnées assez courtes dans l’ensemble. Mais tout de même sur de hauts plateaux entre 3500 et 4000 m d’altitude, avec un jour une ascension du pied d’un volcan qui le mènera à peu de chose près à la hauteur du Mont Blanc. Il part apparemment sans inquiétude après, tout de même, avoir consulté, un cardiologue. Je suis assez admiratif de cette décontraction et de cette vitalité. De toute façon, je sais quand il me sort ses catalogues de voyagistes, en me disant avec son accent chantant et ses r qui roulent : « oh ça, ça me tente bien, ce voyage là, si je veux le faire, il ne faut pas que je traîne, c’est que je vieillis, je vieillis… » qu’une semaine après il me dira : « tiens, au fait, tu sais, je me suis inscrit ». Je me sens parfois, avec mes presque 30 ans de moins que lui, bien plus effarouché. En tout cas il donne la pêche, ce vieux monsieur, et me fais dire pour moi-même que même s’il est tard, il n’est pas trop tard…
Ecrit le 22 Juillet :
Le temps est devenu
magnifique, la température monte peu à peu, l’ambiance devient plus franchement
estivale, l’eau se réchauffe, rendant le bain plus agréable (mais c’est aussi
sans doute que je m’accoutume à la fraîcheur).
Nous avons fait hier une
longue promenade dans les bois au bord de l’estuaire. Le slogan qu’arbore la
plaquette de présentation touristique du coin n’est pas usurpé : « Le
pays de la mer dans les bois ». Ensuite nous avons accompagné la maman de
Constance au train à Quimper. Nous nous retrouvons seuls quelques jours ce qui,
je l’espère, devrait être bénéfique. Puis débarqueront ma belle sœur et son
fiston et nos deux garçons un peu plus tard.
Papa à l’heure qu’il est,
après avoir survolé l’Atlantique, doit être au-dessus des Andes, entre Caracas
et La Paz. Le fiston a reçu son classement de concours, il n’a pas de certitude
mais est suffisamment bien classé pour espérer l’agro Paris, sinon celle de
Montpellier, en tout cas le spectre de repiquer une année de prépa est
définitivement écarté.
Avec tout ça, je me sens entré dans mes vacances finalement, bien plus que les jours précédents. Non que mes pensées parasites m’aient abandonnées. Heureusement non, j’y tiens à mes chères pensées parasites ! Mais elles ont trouvé leur place plus harmonieusement au milieu du reste, elles se coulent plus paisiblement dans le quotidien des jours, enfin dans le quotidien d’aujourd'hui …



