Addiction en effet
Ce matin c’est complet ! Une pluie tenace et soutenue s’est installée, il y a du brouillard, c’est à peine si l’on voit les maisons de l’autre côté de la route… Nous avions prévu de partir assez tôt, nous allons dans le golfe du Morbihan où nous sommes reçus ce soir et demain chez des amis, avant de poursuivre vers la forêt médocaine puis vers notre maison lauragaise. Le projet était de faire cette étape en promenade, de pique-niquer vers Carnac ou Locmariaquer. Raté, alors j’ai un peu bouquiné d’abord puis j’ai ressorti mon ordinateur et j’écris ces mots que je mettrai en ligne, mais quand… Mes billets s’accumulent dans le sas. La connexion en effet ne s’est pas révélée si facile. Il y aurait même de quoi en faire une petite scénette rigolote : Les malheurs du blogueur en vacances… Signe d’une addiction à coup sûr. Oh une addiction douce, je n’en suis pas à me rouler par terre, terrassé par mon état de manque et à tout abandonner pour aller me connecter toutes affaires cessantes. Non simplement, je vais, viens, retourne m’agace à chaque déconvenue. J’embarque mon portable dans mon sac à dos, j’enfourche ma bicyclette, il me faut une dizaine de minutes le temps de m’installer, promenade certes mais qui devient contrainte. Le système netabord fonctionne moyennement bien mais surtout je suis dépendant des conditions d’une connexion en extérieur que ne compense pas le privilège de se connecter face à un superbe paysage. J’y suis passé vendredi matin, beau soleil lumineux, pas moyen de trouver un point d’ombre, l’écran miroir ne me revoit que mon image, je tâtonne, j’y vais à l’aveuglette, m’épuise très vite les yeux, faire rentrer le courrier ça va mais tout le reste se révèle impossible, une petite difficulté technique surgit, je n’y vois pas assez pour tenter de comprendre ce qui se passe, je renonce. Le soir après que nous ayons accompagné les gars à la gare de Quimper, j’y retourne. Là c’est la bonne heure, la lumière est acceptable, j’envoie mes courriers, c’est toujours ça de fait, je veux aller sur Canal pour poster mes billets, mais c’est Canal cette fois qui a l’air de buguer, chaque page est affreusement lente à charger et ça finit par coincer au moment de poster, un seul texte passe et encore avec une mise en forme dégradée, je remballe de nouveau et je rentre, dépité. Hier matin le temps est couvert. J’y file assez tôt. Je m’aperçois que mon temps de connexion est épuisé. Je raque à nouveau. Me voici reconnecté. Mais ça marche mal, la connexion ce matin est capricieuse. Je laisse tomber, on a prévu de partir en promenade. Belle éclaircie d’ailleurs. Joli bain de mer. Allez, je reviendrai me connecter le soir pendant que Constance amènera sa sœur à la gare à Quimper, car aujourd'hui encore il y a une excursion gare au programme. Mais ça se couvre, fissa. Et ça fait plus que se couvrir. Il pleut, une pluie compacte, celle qui ce matin encore, persiste et s’éternise… Mes mots restent scotchés dans mon ordinateur. Pourquoi est-ce que ça m’agace tant de ne pouvoir me connecter ? C’est bien que j’ai basculé dans un usage d’internet et de mon écriture dans laquelle la communication a une part prépondérante. J’écris mes billets pour moi mais de plus en plus je les écris pour ceux qui me lisent. Je souhaite à travers eux donner des nouvelles à des cercles de lecteurs plus ou moins proches, qui d’ailleurs me liront différemment selon ce qu’ils connaissent de moi, selon les liens qui se sont tissés. Comme je souhaite en prendre d’eux. Ce qui compte alors ce n’est pas le monument de mots qui peu à peu, mois après mois, s’édifie lentement dans ce qui est devenu un journal au long cours, mais bien ce qui est donné dans le vif du moment ou en tout cas pas trop décalé dans le temps. Maintenant je vais fermer ma machine infernale. Il est quinze heure, nous avons pique-niqué dans l’appartement et allons finalement partir sous un temps qui n’est guère devenu plus engageant. Tout à l’heure cependant, j’ai fait un dernier petit tour de vélo ici. Il pleuvait toujours, mais la pluie s’était muée en une bruine très légère, le ciel était devenu plus lumineux. Je suis allé chercher du pain à la boulangerie. Malgré le temps j’ai fait mon tour habituel par la Pointe. Ciel bas, eaux mouvantes, se mêlent les odeurs de la lande, du bois et de la mer, je prends le temps de m’emplir d’elles, c’est beau ce festival d’odeur, ma pensée s’envole… (Ecrit le 3 Aout)