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Les échos de Valclair
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18 août 2008

Un moment s'éloigne

Faut-il écrire, tenter de retenir par les mots ou laisser la mémoire faire son impitoyable et souvent fallacieux travail, faut-il tenter de disséquer le moment, faut-il creuser pour soi et/ou pour les autres les questions qu’il a porté avec lui ?

Hier dans le car qui me ramenait ici après cette parenthèse j’ai ouvert mon cahier, eu envie d’abord de poser des mots puis très vite, j’y ai renoncé, j’ai préféré regarder défiler le paysage tout en laissant flotter mon attention, en suivant ma rêverie, en revoyant les images d’instants tout juste passés, façon de conserver une part de réelle présence de l’amie qui pourtant n’était plus là…

Mais ce sentiment de réelle présence en absence bien sûr ne peut durer qu’un bref moment, un peu comme une persistance rétinienne.

Il s’est éteint dès que le halo de rêverie dans lequel j’avais pu le maintenir s’est déchiré, au moment où je suis descendu du car, où j’ai retrouvé la maison, retrouvé Constance, sa présence accueillante mais ses questions aussi, mes réponses évasives, le joli roman que je lui ai fait dont je ne sais si elle le croît ou feint de le croire.

Alors oui, j’ai ressenti l’absence, j’ai ressenti le vide, j’ai ressenti la sécheresse ! Non véritablement dans la douleur car je sais bien que l’absence est le mode dominant de cette relation et j’ai suffisamment caparaçonné mon cœur en conséquence. Mais c’est une brutale redescente, comme d’un trip, comme d’un retour sur la terre bien balisée du quotidien après un voyage dans les nuages.

Ce qui est difficile dans cette relation c’est que les rencontres réelles sont très difficiles à mettre en place, les escapades ne vont pas de soi. Les obstacles à vaincre pour les rendre possibles tiennent à bien d’autre choses que la distance. Nous nous sommes quittés sans savoir quand nous pourrions nous revoir, pas avant plusieurs mois de toute façon.

Alors ce petit mot que nous nous refusions à prononcer, parce que nous savons que notre relation n’a pas les conditions pour se développer autant que nous le souhaiterions, parce que nos rencontres sont trop rares et trop aléatoires, parce que nous ne voulons pas nous attacher, parce que nous ne voulons pas souffrir de l’absence, ce petit mot qu’elle m’a soufflé juste au moment où je m’éloignais : « je t’aime », ce petit mot si simple, si naturel, qu’on devrait oser dire et vivre plus souvent, ce petit mot m’a bouleversé…

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Commentaires
V
Pour ce qui est de moi, je n'emploierai pas de tels termes, justement parce qu'il s'agit d'une amitié amoureuse, qui s'est tenue à l'écart d'investissements excessifs, la déliaison en est de même, ni totale ni brutale et je ne saurais parler "d'un vide effrayant et insondable".<br /> Mais chaque histoire est singulière... <br /> Merci de ton passage Med'céline toi dont j'apprécie de plus en plus le blog.
M
Peut-on se remettre réellement, pleinement, lorsque s'éloigne de soi la possibilité d'une relation amicale aussi poussée, entière? Le morceaux se recollent-ils enfin, au prix d'une cicatrice plus ou moins belle? Peut-on rebondir, aller de l'avant, ou se reconstruit-on autour d'un insondable et effrayant vide?<br /> Aucune réponse aussi tranchée, j'en ai peur. Merci pour tes mots, Valclair.
K
Et moi, je te découvre... et je comprends mieux...
O
Touchée par tes mots, le non-dit, la tendresse qui s'en dégage, les déchirements aussi... Rien n'est simple mais tu l'acceptes, tu en vibres même...
Les échos de Valclair
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