Entr'ouvert
J’ai trouvé ce matin sur
Lignes de fuite une très belle citation de Bachelard.
C’est vrai ça, nous sommes
fondamentalement des êtres entr'ouverts (notez l'orthographe choisie par Bachelard qui laisse plus que la plus commune entrouverture, le temps d'un suspens, l'espace où se glisser).
Chacun l’est plus ou moins
et peut l’être tantôt plus tantôt moins selon les moments de sa vie.
Il s’agit de savoir jusqu’où
nous nous entrouvrons.
Et d’abord comment même nous
nous entrouvrons à nous-mêmes, comment nous osons ou pas aller regarder ce
qu’il y a au fond de nous.
Le net là encore est un
formidable accélérateur en propulsant l’ouverture potentielle à une échelle
jamais atteinte, ouvrant de nouveaux cheminements à la communication, pouvant
conduire à des collapsus imprévus, éventuellement délicats ou douloureux, en
tout cas compliqués, pouvant mettre en lien des sphères relationnelles jusque
là séparées, que ce soient des sphères différentes de la vie
« privée » ou « personnelle » ou bien que ça atteigne
également les sphères de nos personnages publics ou professionnels.
Evidemment tout ça fait
sacrément écho à des questionnements qui sont les miens, qui donnent lieu à
débat ici et là et même à des évolutions dans la pratique des blogs concernés.
Selon le moment, selon la situation chacun dit plus, dit moins, dit
différemment, dit ailleurs, bref module, bref adapte l’entr'ouverture à ce qui
convient à son propre contexte.
Parti de mes propres
interrogations, les confrontant à ce qui s’est noué chez Pierre et Kyrann (faut-il
donner son nouveau nom, sa nouvelle adresse ou plutôt laisser chacun faire son
chemin vers elle s’il le souhaite ?), j’ai découvert au passage grâce à un
commentaire laissé par Gilda, le beau blog d'écriture et de vie (les deux sont intimement mêlés) « les corps
empêchés », portant aussi, dans un contexte différent, ce même
questionnement.
Décidément que j’aime cette
circulation de mots, d’expériences et de pratiques !
Je m’enrichis d’elle, grâce
à vous.
Nos entr'ouvertures se
nourrissent les unes des autres.