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Les échos de Valclair
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12 octobre 2008

Où va-t-on?

La crise semble devenir totalement incontrôlable et menace d’avoir des conséquences de plus en plus douloureuses, de plus en plus dangereuses. On est dans le noir le plus total sur l’évolution des choses. Qui peut prétendre y comprendre quelquechose ? Pas moi en tout cas.

Les gouvernements libéraux, à contrario de tous leurs présupposés idéologiques garantissent les créances pourries et nationalisent à tout va. Il faut se pincer pour y croire ! La gauche, toute la gauche, la sociale-démocrate comme la radicale est parfaitement inaudible. Les économistes donnent des analyses et des prévisions totalement divergentes quant à la durée, la profondeur, les hypothèses de sortie de crise.

Comme c’était reposant ce temps où on savait, où on croyait savoir, où on comprenait ou croyait comprendre. Et rassurant, en donnant le sentiment qu’on pouvait avoir des idées claires et sûres (trop sûres !), les défendre, s’inscrire dans une direction, dans un projet, dans un combat. Aujourd'hui rien. On peut qu’observer passivement ce qui se passe.

Cette crise fait peur aussi en ce qu’elle montre que le pire semble se réaliser. Au-delà de la seule crise du capitalisme financier, elle donne crédibilité à tout ce qu’on peut imaginer de pire dans d’autres domaines : les tensions sociales gravissimes entre riches et pauvres, l’épuisement des ressources, la crise climatique, la crise écologique majeure qui se profile, comme conséquence de cette économie prédatrice, destructrice, entraînée dans une spirale incontrôlable. On savait bien que tout ça n’était pas seulement fantasme de catastrophistes mais on essayait de détourner les yeux en se disant : « le pire n’est jamais certain ». Certes mais cette crise renforce singulièrement la crédibilité des plus pessimistes.

La crise est pour nous mais au-delà surtout il y a nos enfants et les enfants de nos enfants. Quel monde leur sera-t-il laissé ?

Dans ce maelstrom Le Clézio a reçu le prix Nobel. Ça me plaît bien que cet homme là soit distingué. J’ai lu pas mal de livres de lui, certains m’ont beaucoup plu, d’autres moins et j’ai un peu tendance à les mélanger. Je me souviens en tout cas avec force de « Désert » qui m’avait beaucoup marqué. Le Clezio au-delà de ses qualités d’écrivain a une conscience aigue, profonde du monde, de la terre et des hommes, des liens entre eux au-delà de ce qu’en efface les vernis civilisateurs, la technostructure, la frénésie productive. Il est ainsi dans l’actualité, presque en contrepoint.

Je me faisais ces réflexions pas gaies, gaies, hier en me baladant par ce merveilleux beau temps de début d’automne, air frais mais soleil encore généreux. Je m’étais arrêté sur le port de l’Arsenal, j’y avais sorti mon carnet, commencé à noter ces réflexions, à la fois jouissant du soleil, du paysage, des visages, tentant de happer ce que je pouvais de bonheur mais taraudé en profondeur par ce mal-être du monde qui se développe implacablement et auquel on ne peut rien.

Dans tout ça naturellement il faut tenter de vivre. Sourire. Parler. Echanger. Cultiver les petits bonheurs à notre portée. Se régaler de ce soleil qui doucement me chauffe. Penser aux tendresses, penser aux amours. J’y parviens couci-couça dans l’ensemble même si par moment je ne peux empêcher que la pensée inquiète du monde vienne me bousculer un peu méchamment…


Bassin_de_l_arsenal_003a

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Commentaires
P
Et la guerre de 14-18, si proche et la crise de 29 et la guerre 40-45 et à partir de 73, la dégringolade...
P
Moi non plus, je ne peux pas vraiment ignorer. J'étais si heureuse, si tranquille, si à l'abri quand j'étais enfant! Maintenant, je me demande tout le temps de quoi demain sera fait! Demain et après-demain! Pas seulement pour moi, mais pour nos enfants (enfin, pour mon fils, je veux dire pour la génération de nos enfants), de mes petits-enfants... Après, je ne serai plus là. Nos parents nos grands-parents ont eu une guerre. Un autre pire. La mort tombait au hasard, mais on pouvait espérer la fin de cette guerre. Et finalement, pour ceux qui auront vécu longtemps, comme mon père par exemple, il y aura eu et la guerre et la crise ...
V
Sans doute as tu raison.<br /> C'est la sagesse.<br /> Mais je crois que cette crise là et la crise écologique sont profondément liées et qu'on ne peut les dissocier l'une de l'autre. La crise financière n'est qu'un symptôme d'une fuite en avant généralisée dont la terre paye les pots cassés.
P
Délibérément je préfère choisir l'ignorance plutôt que la peur, sachant que je ne peux rien changer à cette crise... inévitable. Je dirais presque "nécessaire". J'évite les infos alarmistes, qui font monter l'angoisse et nourissent le phénomène dont elles parlent. En revanche je suis très attentif à ce qui concerne notre environnement, parce que j'ai l'impression de disposer d'un pouvoir d'action et que les enjeux me semblent bien plus importants, parce que vitaux.
Les échos de Valclair
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