Profusion de rêves
J’avais tendance à dire que je rêvais peu et le regrettais. Dans la dernière période ce n’est pas le cas. Les rêves dont je me souviens se sont multipliés, surtout en novembre et décembre, un peu moins ce début janvier. J’en ai laissé échapper quelques uns mais pour la plupart j’ai réussi à ouvrir l’œil, à saisir le petit carnet qui est sur l’étagère à portée de ma main sans que j’ai besoin de me lever et à jeter dans l’immédiateté quelques mots, quelques images que je reprends ensuite dans la journée en les saisissant dans mon journal, en essayant de rester au plus près de l’impression telle que j’ai pu la happer au moment du réveil.
J’ai pu une nuit me réveiller deux fois, sur un rêve de la mi-nuit vers deux heures et demi, puis sur un rêve du matin, vers six heures.
Cela a donné une nuit, hachée, peu reposante, mal venue avant une journée que je savais devoir être professionnellement assez lourde et pénible. Et il est sûr qu’à tenter de les conserver j’accentue mon réveil et rend plus difficile le retour du sommeil. Mais ça ne fait rien. J’assume.
Il m’est arrivé de retranscrire certains de ces rêves dans ces Echos. Mais beaucoup d’entre eux touchent à l’intime de l’intime et n’ont pas leur place ici. D’autant, qu’en plus de les retranscrire, j’essaie non de les interpréter, je ne crois pas trop à l’interprétation des rêves, mais à faire le lien avec des évènements précis de ma vie ou de mes relations. Et sur ces points j’ai besoin d’être précis et explicite pour que ça ait un sens pour moi.
Au demeurant lire les rêves des autres n’a rien de bien intéressant pour le lecteur extérieur, sauf parfois lorsque leur étrangeté est telle qu’elle leur confère une certaine dimension poétique.
Je me demande un peu quoi en faire. Pour l’instant je les intègre dans mon journal en entrée hors-ligne. Mon journal s’enfle d’eux, ils se font envahissants et en déséquilibrent le contenu au détriment de ce qui peut être donné en partage. J’ai remarqué que les entrées hors ligne avaient depuis longtemps tendance à devenir plus nombreuses. Exceptionnelles à mes débuts elles ont eu tendance à se faire moins rares à mesure que mon anonymat se délitait. Pour le première fois, au mois de novembre, j’ai écrit plus de billets conservés hors-ligne que de billets donnés à lire mais depuis ces entrées hors ligne ont à nouveau régressé. La transcription de mon activité onirique a été pour beaucoup dans cette inflation de billets hors ligne.
Je pourrais peut-être faire de ces récits de rêve un tiré à part pour, à l’occasion, les relire à la suite les uns des autres et pour voir s’il se dessine quelquechose dans leur paysage. Cela dit les rêves relus longtemps après souvent ne disent plus rien, même au rêveur. Il reste les mots que j’ai transcrits, pas les images vives, pas l’émotion qui les accompagnait.
Pourquoi me suis-je remis à rêver ? Je n’ai pas d’hypothèse bien assurée. J’ai lu récemment des livres qui parlaient beaucoup de rêves, cela a pu jouer, comme aussi quelques émotions qui m’ont traversé ces derniers temps et sur lesquelles je me suis efforcé de travailler. Quoiqu’il en soit c’est un signe que des choses sont en mouvement et à ce titre j’aime à les accueillir, les plaisants, il y en a quelques-uns, mais aussi les autres, plus nombreux, qui le sont moins !