Canalblog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Les échos de Valclair
Publicité
Derniers commentaires
15 novembre 2005

En lisant Nina Bouraoui

Je commence juste la lecture de « Mes mauvaises pensées », le dernier bouquin de Nina Bouraoui qui vient d’avoir le prix Renaudot.

Cela fait longtemps que j’ai envie de lire cette écrivaine, indépendamment de ce prix, parce que le peu que je connais de sa personnalité et de son histoire m’attire, parce que les quelques fois où je l’ai aperçue sur un plateau de télévision je lui ai trouvé une beauté et un charme extraordinaire. Ça compte pour moi ça, la beauté du corps, dans l’envie d’aller vers un auteur, c’est un peu irrationnel mais c’est comme ça, comme si j’avais envie d’amorcer une liaison, oh combien virtuelle, encore bien plus virtuelle que dans nos approches par blogs interposés, comme si j’espérais pouvoir me trouver en communion avec des mots et avec la personne qui est derrière, comme si j’espérais être séduit autrement que par un visage ou un regard. (Ça m’avait fait pareil avec Hélène Grimaud, la pianiste aux loups, j’avais acheté ses disques puis son livre d’abord parce que je la trouvais belle, mystérieuse, attirante… en l’occurrence je ne l’ai pas regretté…)

De Nina Bouraoui j’ai déjà lu, tout récemment d’ailleurs, « Garçon manqué ». J’ai été un peu déçu. Par l’écriture surtout. Le parti pris des phrases extrêmement courtes, quand ce sont des phrases et pas seulement deux ou trois mots ponctués, la pratique systématique des répétitions, au bout d’un moment ça m’agace et me lasse. Je comprends bien sûr que c’est un choix, pour tenter d’écrire au plus près de l’émotion ou même de la sensation, par petites touches, pour donner le mouvement même du flux de la conscience, pour créer un rythme lancinant, quasi hypnotique destiné à emporter le lecteur, à le « ravir » au sens premier. Moi j’ai du mal. Je ne me laisse pas ravir comme ça. J’aurais tendance plutôt à décrocher au bout d’un moment. Ce n’est pas le procédé en soi dont je comprends l’intérêt que je remets en cause, c’est plutôt son usage systématique, au long d’un livre entier, quasiment sans rupture de rythme.

Mais le fond m’a passionné, j’ai aimé cette personne qui surgit peu à peu derrière ses mots avec à la fois son aptitude profonde à la vie et sa difficulté à vivre, avec sa façon d’avancer à travers ses contradictions et ses douleurs. J’aime cette figure d’enfant, éclatée entre ses deux appartenances, l’algérienne et la française, entre ses identités féminines et masculines, toujours en recherche de « la part manquante ». D’où mon envie d’en lire plus, d’aller plus loin en sa compagnie. J’ai hésité d’ailleurs à prendre ses bouquins dans l’ordre des étapes de sa vie, à la lire comme une espèce d’autobiographie discontinue. Mais actualité littéraire oblige j’ai envie de me lancer finalement d’abord dans ce bouquin dont on cause...

A priori le rythme n’est pas le même que dans « Garçon manqué ». Ça m’a l’air de démarrer comme un immense monologue continu, sans chapitrage et sans paragraphe. Allez, à plus tard, pour l’heure je m’y immerge. Je vous dirais…

nina_bouraoui

Publicité
Commentaires
C
j' admire nina bouraoui en tent qu' auteur , je vous souhaite beaucoup de reussite pour la suite !!! inch' allah
C
voila je suis d' origine algériènne et ce qui ma fait réver chez nina bouraoui . C' est la façon dont chaque mots sont bien posés, ils sont d' une t' elle transparence que j' arrive à comprendre le sens...SABRINA
M
je viens juste de terminer "la vie heureuse" et comme d'habitude j'ai beaucoup aimée..<br /> au dela de son aspect physique nina est une auteur de talent j'admire son style et la force de ses mots!<br /> Son histoire avec Diane et troublante et admirablement retranscrite,en espérant quelle continue encore longtemps à écrire et nous faire voyager...
C
Son style est en effet morcelé, c'est comme un spasme qui se répand par à coup comme pour pércer le lecteur dans ses entrailles, son écriture est présque psychotique, je crois pour que pour comprendre Nina Bouraoui il faut apprécier le goût du danger, cette saveur troublante qui nous traine de force dans le magma des émotions de l'auteur.
F
J'ai d'abord aimé "La voyeuse interdite" et vénéré l'écriture de "L'âge blessé"(extrait sur mon blog), avant d'adorer ce que dégage l'image...et Valclair, je comprends bien l'expérience inverse, malheureusement, beaucoup se contentent de l'image sans chercher à découvrir ce qu'il y a dedans...un écrivain otage de son image?
Les échos de Valclair
Publicité
Publicité
Publicité